Chronophagie

- temps de lecture approximatif de 7 minutes 7 min - Modifié le 30/06/2016 par FGrignoux

Casse-tête, énigmes, jeux de logique... ou plutôt Rubik's cube, Sudoku ou encore le célébrissime Tétris. Qui n'a jamais perdu (ou tué ?) son temps sur un de ces jeux sans pouvoir dire stop ? Retour sur les plus célèbres jeux de logiques, dont la pratique ne date pas d'hier.

Avertissement : vous avez une vie bien remplie ? Une famille comblée ? Un travail épanouissant ? Sachez qu’en cliquant sur ce point d’actu, vous renoncez potentiellement à tous ces bonheurs pour flirter avec l’exclusion sociale qui est, on le sait, la légion d’honneur du joueur. Bienvenue chez les game-geeks, les junkies de la perte de temps : votre voisin dans le métro, votre collègue de bureau, votre patron, moi : tout le monde peut sombrer dans l’enfer des jeux de logique… Vous voulez qu’on en parle ?

Sommaire

1) les origines du casse-tête
2) premiers succès populaires
3) et vint le Rubik’s cube !
3) Tétris et la mini-console
5) Sudoku, 2048 et le prochain
6) bonus : à toutes fins utiles

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1) Les origines du casse-tête

L’idée de s’amuser à se poser des énigmes, de se « creuser la tête » est probablement aussi vieille que la civilisation. On peut y voir l’envie de défi, de repousser des limites, notions présentes dans des pratiques bien plus extrêmes qu’un simple jeu, ou bien encore un moyen pédagogique pour faire passer une idée, un savoir. A moins que perdre son temps ne soit inscrit dans nos gênes, comme un besoin irrépressible, n’est-ce-pas Monsieur Archimède ? C’est à ce cher Archie que l’on doit le premier casse-tête connu : le Stomachion encore appelé Loculus : il s’agissait d’un puzzle de 12 pièces où le but était soit de refaire un carré, soit de réaliser des figures. Il y aurait plus de 500 manières de refaire le carré, quand aux figures elles sont innombrables.
Le Tangram chinois mentionné au XVIIè siècle est sans doute dérivé de ce premier jeu, mais ne comporte plus que 7 pièces. Des milliers de possibilités sont possibles, vous voulez essayer ?

Un livre sur les Tangram, de Daniel Picon, Mango Jeunesse, 2010.

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2) Les premiers succès populaires

Les premiers casse-tête en bois ont vu le jour sans doute dès l’apparition de l’artisanat. Basés sur des assemblages de pièces, ou bien sur leur coulissement, ils apparaissent de prime abord comme inextricables et certains sont aptes à rendre fou de frustration le premier moine zen venu. Ils peuvent aussi être en métal (les fameux clous enchevêtrés), ou en plastique, l’apparition de celui-ci ayant décuplé les possibilités et remis au goût du jour un passe-temps un moment passé de mode, résultat : tout le monde a eu en mains au moins une fois un de ces assemblages à démonter/remonter (et presque tout le monde a échoué à le faire).

Deux exemples bien connus : le solitaire (pas le jeu de carte), ou le taquin.
Ces objets parfois élégants peuvent intéresser les collectionneurs : ici sont référencés des dizaines de casse-tête et leurs solutions (même si c’est moche de tricher)

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3) et vint le Rubik’s cube !

Inventé en 1974 par un professeur d’architecture Hongrois, l’empereur des casse-tête était en fait destiné à former des étudiants sur les inventions géométriques. C’est en le colorant qu’Erno Rubik se rendit compte de la difficulté de reconstituer les faces de manière unie : on dit que lui-même mit plus d’un mois avant d’y arriver.
Il est mis en vente en 1977 et arrive en Europe occidentale au début de la decennie suivante. Le succès est phénoménal, au point que l’objet est aujourd’hui un symbole incontournable des années 80 avec des déclinaisons à 4 ou 5 faces (ça commence à être vraiment ardu). Il y a eu des championnats de rapidité. Tous les autres jeux « intelligents » ont été éclipsés : vous vous souvenez du Mastermind (jeu de déduction avec des pions de couleur) ou d’Othello ? (même s’il y a une fédération française d’Othello)

Un rubik’cube en ligne (parmi beaucoup d’autres)
Si vous n’arrivez pas (il n’y a pas de honte à cela), voici quelques méthodes, et ce n’est pas de la triche, car il faut quand même réflechir (et bouger les pièces tout seul).

La même chose en version papier : Le Cube : le guide définitif du puzzle le plus vendu au monde, sous la direction de Jerry Slocum, POLE, 2010.

Pour les fans de Mastermind : jouez !

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entrez dans la lumière…

4) Tétris et la GameBoy

Là au moins, tout le monde connait : on ne saurait imaginer une mini-console de jeux sans Tétris : il s’agit d’un des jeux vidéo les plus répandus dans le monde : de nos jours ses 30 ans d’âge ne l’empêchent pas d’être le plus diffusé sur Ipod, il aurait été vendu à plus de 170 millions d’exemplaires sur plus de 30 plateformes depuis 1984. Sa version sur Game Boy a notamment été classée 4e jeu vidéo le plus vendu de l’histoire des jeux vidéo, avec 30 260 000 unités vendues dans le monde. En janvier 2010, Tetris aurait atteint plus de 100 millions de téléchargements payants sur téléphones cellulaires. Même Google lui a rendu hommage !
Concu par un ingénieur Russe du nom d’Aleksei Pajitnov, il a rapidement passé le rideau de fer pour se répandre à l’ouest. Pour l’anecdote, son inventeur n’a touché aucun droit d’auteur durant de nombreuses années du fait de son statut de citoyen soviétique. Son installation aux Etats-Unis par la suite a changé les choses …
Une petite partie ? (mais juste une alors, parce qu’on a du travail…)

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jusqu’ici tout va bien

5) de sudoku à 2048… en attendant le prochain ?

Des nombres dans des cases : a priori rien de bien excitant, et pourtant… Il suffit de prendre n’importe quel transport en commun, de fréquenter une salle d’attente pour apercevoir des individus penchés sur une petite grille, crayon en main et l’air songeurs, que font-ils ? Ils remplissent des grilles de Sudoku ! Dérivé des carrés magiques, en plus simple, ils ont envahi les journaux et magazines, on en trouve en ligne, leur facilité d’accès est la clé du succès, matériel requis : 1 crayon, 1 cerveau, qui dit mieux ?
Les carrés magiques : du lo shu au sudoku, d’Arno van den Essen, Belin, 2011.

Toutefois, si on le souhaite on peut très bien se prendre la tête avec des Sudoku.

Dernier né des mini-jeux à succès, 2048 représente un mélange du taquin, du Sudoku et du Tétris. Est-ce là la clé de sa popularité ? Mis au point par un jeune programmateur Italien, et proposé en libre accès, il consiste à faire glisser des tuiles sur une grille de 16 cases et d’additionner celles de même valeur, jusqu’à arriver au fameux 2048 ce qui necessite d’avoir un peu de temps devant soi… Pas question d’expedier le jeu en 5 minutes.
Son pouvoir addictif semble illimité.
Il existe des solutions pour gagner presque tout le temps mais on le répète, c’est vraiment moche de tricher.
La version officielle : 2048.

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top moderne !

6) bonus : à toutes fins utiles

Il va sans dire que tous ces jeux en lignes ne sauraient entacher la productivité exemplaire du parfait salarié. Si toutefois vous ne pouviez pas faire autrement que de céder frénétiquement à la tentation d’améliorer votre score, voici quelques pistes pour le faire sereinement (sans risquer une réprimande hiérarchique, pour parler clairement).
Comment jouer sans se faire repérer, tout un art ! Par ici pour la version officielle
Connaissez-vous le bouton panique, aussi appelé « bouton patron » : d’un simple clic il permet de cacher vos onglets coupables, et de pouvoir les restaurer quand l’atmosphère est devenue plus sereine … Il y a même une version Mozilla.
Et si vraiment vous ne pouvez vous en passer, vous pouvez vous faire aider.

Du plaisir du jeu au jeu pathologique, d’Abdou Belkacem, éditions Maxima-L Du Mesnil, 2011.

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