Mutant disco et punk funk : un crossover new yorkais

- temps de lecture approximatif de 17 minutes 17 min - Modifié le 08/04/2020 par M&S

1980 : Reagan, le républicain est en passe de devenir président des Etats-Unis. Le pays n'échappe pas à la crise économique de la fin des années 70. Les grandes villes engendrent leurs ghettos...Et pourtant la scène musicale new-yorkaise vit une effervescence inédite marquée par un mélange des genres jubilatoire. Pour exemple, deux labels et quelques personnages adeptes du métissage entre punk, funk et disco.

mutant disco
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Préambule : New York 1977-78, sur les cendres (brûlantes) du punk et de la disco

 

  • A partir de 1973 et jusqu’en 1977 : le punk rugit dans les salles de New York. Les Ramones et les New York Dolls se produisent au CBGB. Le punk se consume rapidement mais laisse en héritage une autre scène que l’on nomme logiquement post-punk ou new wave. Patti Smith ou les Talking Heads en sont les principaux représentants.
  • L’autre genre musical qui explose à New York est le disco avec ses lieux de cultes comme le studio 54 et ses codes vestimentaires ou autres (consommation excessive de drogues, comportements sexuels débridés). Savoureux mélange de funk (lignes de basses profondes) et d’éléments soul (présence de cordes et de cuivres), le disco avec son rythme binaire assez rapide n’a qu’un mot d’ordre : exulter ensemble..et oublier la misère extérieure. Le cultissime DJ Larry Levan rassemble sur le dancefloor du Paradise Garage toutes les communautés noire, blanche, latino, gay ou hétéro et propose un mix éclectique en passant des morceaux post-punk ou de longues plages de disco instrumentales.
  • En 1978, sous la houlette de Brian Eno, sort la compilation “No New York” inaugurant ainsi la No wave. Autre enfant du punk, mais plus indocile, la No wave regroupe des formations d’artistes, pas forcément musiciens ayant un penchant certain pour la dissonance et la déstructuration. Sur cette compilation qui a fait date, on retrouve The Contortions, Teenage Jesus & the Jerks, Mars et DNA. Quatre groupes que l’on qualifie d’avant-gardistes et de bruitistes. Pas d’influence revendiquée, si ce n’est peut être celle de Captain Beefheart, une existence assez courte mais le mouvement aura un impact considérable sur les futurs Sonic Youth, entre autres.

Une playlist No-Wave :

 

ZE Records invente la mutant disco

Petit détour par Paris

Au milieu des années 70, le jeune Michel Esteban, finit ses études de graphisme à Paris. Il a envie de suivre les traces de Kerouac et file aux Etats-Unis pour un road trip initiatique. Arrivé à New York, il découvre Television et la scène que l’on appelle alors punk, devient ami avec Patti Smith et John Cale. Esteban revient en France et avec sa petite amie, Lizzy Mercier Descloux, ils fondent « Rock News », un magazine exclusivement dédié à cette scène punk émergente ainsi qu’une boutique de tee-shirts et de vinyls « Harry cover ». Celle-ci devient vite un lieu de rencontre et de répétition pour la faune punk de l’hexagone. Le couple s’enthousiasme pour Marie et les Garçons : groupe lyonnais qui rappelle à Esteban le Velvet Underground.

Esteban l’audacieux, fait écouter un de leurs morceaux, « Re-bop » à John Cale. Le morceau est accrocheur, la batterie de Marie a le charme d’un groove simple.

L’ex-Velvet accepte de signer les lyonnais, propose à Esteban de travailler avec lui sur son nouveau label « Spy » et tout ce beau monde décolle pour New York.

 

La rencontre

En 1978, Michel Esteban fait la connaissance de Michael Zilkha chez « Spy records ». Ce dernier est critique de théâtre pour le Village Voice… et riche (son père est le patron d’une multinationale). La No wave ne brille pas par son côté fun et la musique disco leur semble trop décriée par rapport à son potentiel fédérateur. (Z)ilkha et (E)steban sont témoins du bouillonnement des différentes scènes downtown de Manhattan. New York leur semble le lieu parfait pour une rencontre entre le disco et le punk : ils créent ZE Records.

Moins une catégorisation musicale qu’un état d’esprit plus espiègle et léger que la No wave, la « mutant disco»  est une tentative de célébrer la mixité de la musique à travers le disco et donc la danse.

 

Quelques artistes signés par le label et représentatifs de ce que ZE Records nomma la « mutant disco » :

 

James Chance and the Contortions :

James Sigfried est ce que l’on pourrait appeler un blanc-bec, né dans le Milwaukee, saxophoniste et féru de free-jazz qui débarque à New York en 1976 pour se noyer dans le courant No wave. D’abord membre des ultra dissonants Teenage Jesus & The Jerks (avec la vénéneuse Lydia Lunch) , il forme James Chance & The Contortions groupe punk mêlant free-jazz et rythmes funk désossés qui apparait également sur la compilation « No New York ». Comme le souligne le critique rock Simon Reynolds, la musique des Contortions « est parcourue de saccades et de soubresauts nerveux », à l’image de son leader. Un personnage à l’énergie explosive entre Iggy Pop et James Brown qui transforme souvent ses concerts en champs de bataille. Fin 1978, souhaitant revenir selon ses termes « à une forme primitive du disco », James signe un contrat avec ZE pour l’album « Buy ». Pas aussi disco que l’aurait imaginer le label , James Sigfried forme James White & the Blacks et enregistre dans la foulée « Off White ». Une version de « Contort yourself » (titre déjà présent sur « Buy ») ré-arrangée et qui deviendra le morceau phare de la « mutant disco », ouvre l’album.

 

 

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August Darnell et Adriana Kaegi

August Darnell alias Kid Créole :
Métis (sa mère est canadienne, son père dominicain) né dans le Bronx, influencé autant par les big bands des années 40 que les films noirs avec James Cagney. August Darnell est un touche à tout on ne peut plus talentueux : multi instrumentiste, acteur et chanteur hors pair. Il a déjà connu un petit succès grâce à un titre de disco raffiné « Cherchez la femme » avec le groupe « Dr. Buzzard’s Original Savannah Band ». Le mélange des cultures est tout sauf une dilution des héritages et il n’a de cesse de le démontrer avec des morceaux sur lesquels on entend de riches influences caribéennes, pop et funk. Le personnage du Kid Créole (un gangster latino et macho) entouré de trois superbes choristes blanches (dont sa femme Adriana Koagi) permettra à August Darnell de se jouer de tous les clichés musicaux ou culturels avec une ironie mordante.

 

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Kid Créole and the coconuts

Avec ZE records et son prodigieux arrangeur (Coati Mundi ) August Darnell composera d’excellents albums : « Off the coast of me » , « Fresh fruit in foreign places » ou « Tropical gangsters » (avec le tube « Annie, i’m not your daddy » ).
De plus, il est l’un des producteurs phare du label avec Ron Rogers (auteur pour ZE, d’un pur tube disco « Deputy of Love »). On le retrouvera aussi aux commandes de l’album de Cristina (la petite amie de Mickael Zilkha) qui s’était déjà fait connaitre avec l’ironique « disco clone ».

August Darnell produira également l’album « Former 12 year old Genius » d’Andy Hernandez (aka Coati Mundi) de son comparse de toujours (multi-instrumentiste chez Dr. Buzzard ‘s et Kid Créole).

 

 

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Lizzy Mercier Descloux :
compagne d’Esteban, poétesse comme son amie Patti Smith, Lizzy a le profil de l’égérie de la scène downtown : charismatique, avant-gardiste et artiste pluridisciplinaire (bien que non musicienne). Sentant elle aussi que le Lower East Side est un formidable carrefour d’influences musicales, elle sort son premier album « Press color«  en 1979 (après avoir joué un temps sous le nom de Rosa Yemen). L’album contient deux reprises de Lalo Schifrin (le thème de « Mission impossible » et « Jim on the move ») plus une autre du théâtral Arthur Brown : « Fire ». Ce titre devient entre les mains de Lizzy Mercier et de ses acolytes, une bombe disco punk.
Egalement très influencée par les musiques africaines qu’elle découvre via le label français

« Ocora» et les inévitables Talking Heads (avec leur titre « I Zimbra »), Lizzy Mercier Descloux sortira en 1981 « Mambo Nassau » dans lequel on retrouvera une version survoltée du morceau « Funky stuff » de The Kool & the Gang.

 

 

 

 Afficher l'image d'origineWas (not) Was :

Groupe fondé par David Weiss et Don Fagenson (qui deviendra un des producteurs les plus demandés de ces 30 dernières années avec des albums des Stones, de Dylan, des B 52’s, etc…) et originaires de Detroit (autre ville à l’histoire musicale très riche) , ils sont tout autant influencés par les MC5 que par Funkadelic. Le groupe livrera à ZE un premier LP avec des titres disco funk intrigants et engagés (on entend sur « Tell me that i’m dreaming » un montage d’un discours de Reagan lui faisant dire qu’il perd le contrôle de l’Etat).

La maison ZE a accueilli de nombreux candidats à la fusion des genres, mais pas seulement. La solidité financière du label assurée par Zilkha a permis de déjouer les tentatives de certains journalistes de les inscrire dans une esthétique particulière. En 1980, bénéficiant de la distribution de Island Records, le label est reconnu comme l’un des plus « hype » de la planète sortant tour à tour les premiers titres de Lio ou le « Bustin’out » de Material (un morceau disco funk marqué d’un solo de guitare très heavy metal !)

 

On retrouve également chez ZE Records :

 

Le « Queen of Siam » de Lydia Lunch. Plus apaisée qu’avec les Teenage Jesus & the Jerks, la chanteuse révèle à travers un univers de cabaret étrange et sombre tout son talent d’auteure et d’interprète.

Le « second album » de Suicide mais aussi Alan Vega libéré des machines de Martin Rev pour quelques titres d’un rockabilly qu’on pourrait dire expérimental et… sous acide.

La poursuite de l’aventure des Garçons sans Marie (pas faite pour le disco) avec le bien nommé « Divorce ».

 

ZE Records se découvre aussi au travers de compilations :


« Mutant disco : a subtle discolation of the norm », la plus emblématique, tout est dit dans le titre.

« Mutant disco : Garage sale »

« N.Y no wave : the ultimate East Village 80’s soundtrack »

A visiter également pour faire le tour des productions du label, le site de Ze Records

 

 

ZE et ses passeurs (nécessaires) : 

La plupart des disques sortis chez ZE Records ont été enregistrés au Blank Tapes studio. Bob Blank, guitariste, producteur a été un formidable intermédiaire entre la scène No wave et des musiciens de soul ou de disco. Il a enregistré aussi bien Sun Ra que Lydia Lunch. Avec August Darnell et pour ZE, il vont former un duo extrêmement créatif. Ils fonderont même avec Andy Hernandez, James Siegfried, Adriana Koagi et d’autres, le supergroupe Aural Exciters le temps d’un album : « Spooks in space ».

A écouter : The Blank Generation : Blank Tapes NYC 1975-1987

 

Parmi les habitué du Blank Tapes Studio, on compte une autre passeur en la personne d’ Arthur Russell, dont il est nécessaire de dire quelques mots ici.

Violoncelliste, attiré par la musique contemporaine (il va écouter Philip Glass au Kitchen) il est un proche des Talking Heads dont il a failli faire parti. Au Blank Tapes studio, il a enregistré des plages de disco expérimentales sous le nom de Dinosaur L avec des musiciens du mythique Salsoul records. A découvrir absolument pour vous faire une autre idée de la disco.

Décédé en 1992, Arthur Russell laisse derrière lui une discographie marquée par son incroyable curiosité et une grande sensibilité . Afficher l'image d'origine

 

 

 

9.9 RECORDS et le Punk Funk

Dans le West Village (au 99 Mac Douglas Street), Ed Bahlam, disquaire venu d’Angleterre, a lui aussi donné toute sa valeur aux mélanges de cultures musicales à priori sans rapport.
Très influencé par les labels anglais tels que Rough Trade ou Factory, Ed Bahlam propose dans son magasin les albums de P.I.L. (groupe fondamental s’il en est, introduisant des lignes de basse dub dans ses morceaux) ou des mancuniens de A Certain Ratio, qui ont les idées larges concernant le post-punk.

A noter que A Certain Ratio et d’autres groupes comme Gang of Four ou Delta 5 ont été des représentants d’un courant punk-funk britannique souvent lié à une exigence politique de décloisonnement culturel.

Avec la découverte du groupe ESG, Ed Bahlam transformera sa boutique en label et donnera ses lettres de noblesse à ce que l’on a appelé le punk-funk. Soit un post-punk nourri de funk certes, mais aussi très imprégné d’influences afro-cubaines et portoricaines. Un post-punk à dominante rythmique pourrait-on dire.

  • ESG  C’est l’histoire d’un groupe qui ressemble à celle d’un conte de fée : une mère de famille offre à ses filles des instruments de musique, soucieuse qu’elles ne trainent pas les rues dévastées du South Bronx et les voit devenir l’un des gro99 recordsupes les plus influents de ces 30 dernières années. Les sœurs Scroggins renommées ESG (pour Emerald, Sapphire et Gold) et accompagnées aux congas par leur ami Tito Libran commencent par répéter des titres des Stones ou de James Brown. Leurs obsessions pour les moments de tension dans les morceaux de Brown (ces fameux ponts pendant lesquels des rythmes ultra syncopés et des lignes de basses accompagnent les appels répétés de James…) les poussent à composer des morceaux construits en boucles. Sur des répétitions de patterns de batterie et de quelques notes de basses égrenées, ESG crée un univers musical mécanique et dépouillé mais étrangement dansant et hypnotique. Par l’intermédiaire d’Ed Bahlam, les filles enregistreront un premier Ep éponyme avec Martin Hannett, producteur du label anglais Factory et déjà célèbre pour avoir façonné le son de Joy Division.
    Magnifiés par Hannett les titres d’ESG deviennent des hits et le groupe jouera dans tous les clubs (post punk ou disco de la ville) ainsi qu’ en première partie de P.I.L., d’Afrika Bambaataa ou de A Crtain ratio. Ces titres auront un écho considérable sur les scènes house et Hip-hop. Le morceau « UFO » ayant été samplé plus de 370 fois selon le site « who sampled« .

 

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  • Liquid Liquid : autre signature importante pour 9.9 Records, Liquid Liquid a construit sa musique autour d’un élément omniprésent

dans le New York de cette époque : le rythme. En effet, dans le South Bronx mais aussi ailleurs dans la ville, les populations afro-cubaine et portoricaine vivent leurs cultures musicales dans les parcs sur fond de percussions.
Richard Mc Guire, bassiste de Liquid Liquid décrit l’environnement dans lequel leur musique a évolué : « Beaucoup d’hispaniques vivaient dans le Lower East Side et on entendait ces trucs latinos s’échapper de tous les bodegas, tout le temps. C’est à force d’être exposé à ça que nous nous sommes mis à utiliser des cowbells et des congas ».
Influencé par les percussions démentielles de Tito Puente et l’afro-beat de Fela Kuti, le groupe propose à son public de monter sur scène avec des objets sur lesquels taper, transformant ainsi leurs concerts en un exutoire tribal. Le groupe enregistre trois eps pour 9.9 Records et commence à connaître un petit succès dans les clubs. La voix de Salvatore Principato (utilisée comme un instrument) mariée à la basse de Mc Guire et au mur rythmique du duo Young (au marimba) et Hartley (à la batterie) fait des merveilles dans les clubs comme le Paradise Garage ou le Hurrah.

La musique de Liquid Liquid trouve également un écho très favorable auprès de la scène hip hop émergente. L’imparable ligne de basse de « Cavern » est reprise par Grandmaster Flash & Melle Mel sur le morceau « White Lines (don’t do this) ».
Au début des années 80, la notion de sample est floue et la perméabilité des scènes musicales bien qu’enthousiasmante a aussi des aspects négatifs… Le morceau « White lines » devient un des premiers tubes du hip hop mais Liquid Liquid n’est pas crédité sur le morceau. Ed Bahlan entamera des poursuites judiciaires longues et coûteuses qui précipiteront la fin de 9.9 Records.

En tout juste 4 ans d’existence, 9.9 Records aura eu le temps de créer quelques passerelles entre post punk, funk et musiques latines.
Avec deux groupes essentiels (ESG et Liquid Liquid), 9.9 Records marquera tout autant le hip hop du début des années 80, Carl Craig et Frankie Knuckles que les productions de LCD Soundsystem et de DFA dans les années 2000.

Le label à également soutenu :

Bush TBush tetrasetras : emmené par Pat Place, la guitariste de James Chance & the Contortions, les Bush Tetras jouent aussi la carte du cowbells sur « Cowboys in Africa » et du groove avec des titres comme « Can’t be funky » ou « Too many creeps ». A redécouvrir l’excellent « Boom in the night ».

Glenn Branca : Glenn Branca a déjà participé à l’aventure No wave avec les Theoretical Girls. « The ascension » est un condensé de musique minimaliste, bruitiste, jouant sur l’atonalité et autres dissonances. Un artiste influent et un album important pour tous les guitaristes « noisy » à venir (Thurston Moore et Lee Ranaldo en tête).

Pour en savoir plus : un site (en anglais) qui détaille l’histoire et toutes les productions du label (également marqué par le dub et le reggae avec The Congos et Vivien Goldman). Ici.

Crossover encore et encore :

Entre les « block parties » naissantes imprégnées de percussions latines qui résonnent dans le South Bronx et les expérimentations post-punk des artistes downtown de Manhattan, tous les éléments étaient présents pour que se vive un âge d’or musical. Comme le souligne Simon Reynolds dans « Rip it up and start again » :

“… une glorieuse époque où se croisèrent, dans tous les sens du terme, les cultures et les idées du punk, du funk, de la scène artistique downtown et du Hip Hop venu de l’extérieur de Manhattan ”

La culture Hip Hop en plein essor à elle aussi ses passeurs dont il faudrait parler plus longuement.

  • En attendant, une référence bibliographique et un docu :
    « Can’t Stop Won’t Stop » de Jeff Chang. A lire, le chapitre sur l’indispensable Fab Five Freddy qui infiltra les sons Hip Hop dans downtown.  Fab Five Freddy est aussi l’un des initiateurs du docu-fiction (réalisé par Charlie Ahearn artiste downtown) « Wild style« . A voir ou à revoir. Il signera également le clip du premier (et dernier) rap de Blondie, « Rapture » diffusé en boucle sur MTV en 1981. Tout un symbole !

Histoire de croisements et d’aller-retour dont on ne peut faire le tour. Quelques pistes supplémentaires pour aller plus loin :

  • Enfin, « last but not least », Downtown 81 docu-fiction, qui suit Jean- Michel Basquiat, personnage central de cette scène audacieuse et bigarrée. A voir absolument pour sentir la pulsation new-yorkaise de l’époque.

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