Pour s’occuper pendant le confinement… #1

Que lire, que regarder ?

- temps de lecture approximatif de 15 minutes 15 min - Modifié le 20/11/2020 par Lydie S.

Le confinement vous pèse ? Vous ne savez plus quoi lire ni visionner ? Pas d'inquiétude ! Nous vous proposons une jolie sélection automnale qui vous permettra de traverser cette période plus sereinement. A retrouver en librairie et bientôt en bibliothèque.

Nature
Nature Feuilles d'automne

Cette sélection s’adresse aux passionnés et aux curieux de philosophie, d’ésotérisme, de psychologie, de religions, d’ethnologie et d’histoire !

 

Philosophie

 

Ivan Illich : l’homme qui a libéré l’avenir, de Jean-Michel Djian

Une biographie grand public et enlevée sur ce penseur aujourd’hui redécouvert pour sa critique de l’économie marchande et sa pensée écologique.

Intellectuel inclassable et cosmopolite (né à Vienne, formé à Florence, prêtre aux Etats-Unis, directeur de centre au Mexique, conférencier en Europe), Ivan Illich connut son heure de gloire dans les années 70, où sa critique des institutions et de la technique rencontra un large écho y compris en France. Un peu oubliées ensuite, ses œuvres sont relayées depuis les années 2000 pour leur contenu prophétique. Admiratif sans être hagiographique, cet essai présente un personnage haut-en-couleurs, avec ses richesses et ses ambiguïtés.

Et pour mieux comprendre les résonances de son œuvre avec plusieurs enjeux du présent, découvrez Ivan Illich, pour une ascèse volontaire et conviviale de Thierry Paquot et Philo – Le philosophe Ivan Illich exorcise la société de surcroissance de Franck Olivar.

 

Consolation philosophique, de Vincent Delecroix

La philosophie peut-elle consoler ?

Pour certains auteurs bien en vogue, la philosophie est une manière d’accéder au bonheur. Une médecine de l’âme qui nous console. Pour Vincent Delecroix, philosophe et romancier, elle n’est plus rien de cela. Celui qui vient de perdre un proche va-t-il se jeter sur l’Ethique de Spinoza à la recherche d’un « souverain bien » apaisant ? Que peut la philosophie face au deuil, à la séparation, à la souffrance personnelle ? Dans cet essai brillant, en forme de vagabondage lucide, l’auteur part en quête de ce que pourrait être une consolation proprement philosophique, celle qui nous apprendrait à perdre plutôt que de chercher à nous réconforter.

En écho, nous vous conseillons : Apprendre à perdre, Ce qui est perdu, Le deuil : dialogue sur la perte entre chagrin et néant avec Philippe Forest, Le temps de la consolation de Michaël Foessel et Consolation de philosophie de Michaël Foessel.

 

Faut-il en finir avec la civilisation ? de Pierre Madelin

Faut-il revenir revenir au temps des chasseurs cueilleurs pour sauver l’humanité ?

L’auteur, traducteur de plusieurs classiques de l’ « écosophie », présente plusieurs théories à tendance primitiviste, qui voient dans le passage à la sédentarisation et à l’agriculture la catastrophe fondatrice de l’anthropocène. Pour lui, ces théories philosophiques, historiques ou anthropologiques, si elles ont le mérite d’introduire une critique de notre modernité, aboutissent à une impasse. Les sociétés dites primitives n’étaient en effet pas exemptes de domination, et n’étaient ni égalitaires, ni dépourvues de violence.

Une synthèse lucide et nuancée, qui encourage à chercher une voie nouvelle, sans le recours à un mythique « paradis perdu ».

Extraits à lire sur Terrestres.org.

 


Esotérisme

 

Le guide pratique du féminisme divinatoire, de Camille Ducellier

Ou comment associer féminisme radical et traditions ésotériques.

Camille Ducellier, plasticienne, auteure et réalisatrice, propose ici un guide pour mettre en œuvre le féminisme divinatoire, une transmutation en 13 rituels. Le féminisme divinatoire se veut syncrétisme, féminisme matérialiste et radical augmenté d’une dimension païenne, spirituelle et ésotérique. Un concept ouvert, sans prérequis théorique ou confessionnel. Il se destine à toute personne s’écartant de la « bonne femme contemporaine » de quelque manière que ce soit.

Ce guide s’adresse donc à la sorcière qui sommeille en chacun-e-s. Sorcière, donc, mais plutôt Starhawk, sorcière engagée, que Samantha, sorcière au foyer. Et féministe, mais plutôt Monique Wittig qu’Antoinette Fouque.

 


Psychologie

 

La psychologie cognitive du bébé, de Roger Lécuyer

Ce très éclairant essai nous montre qu’une discipline se construit autant par ses erreurs et fausses routes que par ses découvertes éclatantes.

Roger Lécuyer, professeur émérite de psychologie du développement, choisit une voie originale pour nous raconter l’émergence de la psychologie cognitive du bébé. Il ne met pas en avant, comme on pourrait s’y attendre, les « prodigieuses victoires » de ce champ de recherche. Il choisit au contraire, après un rapide historique du développement de cette spécialité, d’en présenter 13 erreurs.

Cette exploration des tâtonnements d’une discipline en construction permet, en plus de présenter un état des connaissances, de poser de passionnantes questions méthodologiques et épistémologiques.

 

Le Temps d’exister. Pour soi, en famille, dans la société, de Michel Delage

Michel Delage cherche à comprendre le temps propre à chacun.

Le temps n’est pas seulement une donnée extérieure objectivable, comme on pourrait le penser au premier abord. C’est aussi une expérience intime, liée à notre histoire personnelle et familiale, nos activités ou la société dans laquelle nous vivons. Cet aspect physique se conjugue ainsi avec des dimensions biologiques, psychiques, sociales et  historiques, afin de construire le temps vécu par chacun.

Michel Delage, inspiré par l’écologie du développement humain, décrit ces différents aspects et leur construction. Il explore ensuite les difficultés que peut entrainer le brouillage des repères temporels et démontre l’intérêt d’une prise en compte de cette dimension dans les actions éducatives et thérapeutiques.

 


Religions

 

Aux origines du yoga postural moderne, de Mark Singleton

Le yoga est un marché, et la pratique des asanas, les postures que nous connaissons aujourd’hui, a fort peu à voir avec la tradition ancestrale du hatha yoga tel que le pratiquaient les yogis avant la colonisation de l’Inde.

L’historien et universitaire britannique Mark Singleton montre que c’est par un détour par la culture physique occidentale et une gymnastique féminine teintée de spiritualité que cette discipline a pu devenir une technique « indigène » au service du nationalisme indien pour nous revenir comme « authentique ». L’invention de la photographie, avec la mise en scène artistique du corps yogique, fut un excellent vecteur de cette pratique bricolée, mêlant tradition et innovation.

Cette somme érudite et très documentée reste toutefois de lecture aisée.

 

Le rabbin et le psychanalyste : l’exigence d’interprétation, de Delphine Horvilleur

Petite conférence prononcée à l’Hôpital Sainte Anne à Paris par la rabbin libérale invitée par l’Institut Hospitalier de Psychanalyse. Ces deux pratiques ont en commun de ne pas épuiser l’interprétation des textes sur lesquels elles travaillent, que ce soit le récit du patient ou celui de la tradition biblique. On peut être Juif par les mots comme le disait si bien Amos Oz. Et psychanalyste peut-être sans le savoir…

Le style, regorgeant d’humour et de jeux de mots, illustre le propos.

 


Ethnologie

 

Friction : délires et faux-semblants de la globalité, de Anna Lowenhaupt Tsing
 

Un bel et dense essai, où l’auteur questionne aussi bien la notion de globalité que la façon de faire de l’anthropologie.

L’auteur a eu un beau succès avec Le Champignon de la fin du monde. Ce travail, antérieur, vise aussi à montrer ce qui peut vivre sur les ruines du capitalisme et les nombreux liens entre autochtones, écologistes, exploitants, qui agissent souvent en réaction. La globalisation, ici à Bornéo, son terrain d’études, ne s’effectue pas unilatéralement mais est aussi affectée par le local. C’est une démarche au plus près des acteurs locaux, loin du « regard éloigné » cher à l’ethnologie traditionnelle, qui permet de mettre au jour les multiples « frictions » qui interviennent dans la marche du monde.

Découvrez également Alliances naturelles, par Benjamin Caraco (Nonfiction) et Fragile comme un matsutake, par Clotilde Riotor et Cyprien Tasset (La Vie des idées).

 

Masques, un film d’Apsita Berthelot-Cissé

Plongez dans la folie du carnaval guyanais, un des plus longs du monde.

Durant près de deux mois, entre l’Épiphanie et Mardi gras, le carnaval rythme les week-ends guyanais.

« Masques » vous propose de plonger au cœur des préparatifs, des débats qui divisent les groupes traditionalistes et les tenants d’une interprétation plus moderne des personnages emblématiques. C’est surtout l’occasion de découvrir les anonymes Touloulous, qui prennent le pouvoir sur les dancings lors des bals parés-masqués. Elles désignent alors leur partenaire, qui ne pourra leur refuser un « Piké Djouk » sensuel. Mais gare à celui qui cherchera à percer le masque, le souvenir des sanglants affrontements de 1946 reste présent dans toutes les mémoires …

 


Histoire

Histoire du sucre, histoire du monde, de James Walvin

Intéressante traversée de l’histoire à travers les aventures du sucre, denrée de luxe connue au Moyen-Age.

Disponible chez les épiciers de Londres à la fin du XIVe siècle, il est produit en quantités importantes par les esclaves dans les plantations au XVIe et s’impose peu à peu dans la vie sociale européenne au XVIIe.

Le livre traite à la fois des aspects historiques qu’anthropologiques et économiques de la production, du commerce et de la consommation du sucre dans le monde.

 

 

Le magasin du monde : la mondialisation par les objets du XVIIIe siècle à nos jours, sous la direction de Pierre Singaravélou, Sylvain Venayre

Une histoire des humains et de la mondialisation à travers les objets, produits et témoins de la diversité des cultures matérielles créées par l’homme.

C’est un livre-magasin qui présente un choix d’objets où les plus communs côtoient les moins connus, un entrepôt où chacun d’eux porte une étiquette avec son histoire, ses usages, leurs évolutions et diverses informations et anecdotes qui permettent de mieux comprendre son ancrage dans la société humaine.

 

Américanisation : une histoire mondiale (XVIIIe-XXIe siècle), de Ludovic Tournès

La création d’une nation-planète est un projet américain entreprise sur le long terme, initié dès la révolution de 1776.

Ce document est consacré à l’histoire mondiale de l’américanisation et non pas à une histoire de l’américanisation du monde. Il s’agit de deux processus inextricablement liés : du phénomène de l’assimilation des immigrants aux États-Unis, mais aussi de la transformation du monde en Etats-Unis d’Amérique.

 

L’aventurière de l’Etoile : Jeanne Barret, passagère clandestine de l’expédition de Bougainville, de Christel Mouchard

Un vrai récit d’aventure loin des clichés du genre et féministe, que demander de plus !

Voici un petit bijou de micro histoire qui nous entraine des forêts du Morvan à celles, plus tropicales, du Brésil à travers la folle destinée de Jeanne Barret, pauvre paysanne du XVIIIe siècle, qui grâce à sa curiosité et ses compétences en botanique va embarquer, travestie en valet, pour une fameuse expédition menée par Bougainville.

L’histoire est belle et surtout vraie ! Le talent de Christel Mouchard est aussi de documenter ce siècle des Lumières effervescent, qu’une de ces  « diables de fille » obligent à se transformer. Louis XVI, lui-même, malgré la ruse de la jeune femme lui reconnaitra sa témérité mais au-delà de ça, sa science et son savoir…au doux parfum de fleur de bougainvillier.

 

Le pacte des diables : une histoire de l’alliance entre Hitler et Staline (1939-1941), de Roger Moorhouse

Le pacte appelé officiellement de « non-agression » signé le 23 août 1939 entre les ministres des affaires étrangères du IIIe Reich et de l’URSS, Ribbentrop et Molotov, concernait une grande partie de l’Europe orientale.

D’une importance stratégique majeure, ses protocoles secrets vont déterminer le cours des évènements. C’est pourquoi il mérite d’être réintégré dans la mémoire collective.

 

Kaspar l’obscur ou L’enfant de la nuit (1833) : essai d’histoire abyssale et d’anthropologie sensible, de Hervé Mazurel

Kaspar Hauser, enfant sauvage séquestré jusqu’à ses 16 ou 17 ans, réapparaît en 1828 sur la place de Nuremberg.

Qu’est-ce que cette brusque entrée dans le monde commun, comme une seconde naissance, révèle de l’existence humaine ? C’est à cette question que l’ouvrage tente de répondre en décryptant les effets de l’isolement sur son comportement face à la société (rapport au temps et à l’espace, perception, relation aux autres…), aboutissant à la description d’un « être anhistorique ». En effet, le portrait de Kaspar fonctionne comme un miroir et nous montre à quel point l’histoire est gravée dans nos corps, nos esprits et chacun de nos gestes.

Un très beau livre qui interroge nos vies au prisme de l’histoire et du sensible.

 

Le fauteuil de l’officier SS, de Daniel Lee

Une liasse de papiers à croix gammée cachée dans un vieux fauteuil, voilà le point de départ de l’enquête historique menée par Daniel Lee qui nous emmène sur les traces d’un nazi ordinaire : Robert Griesinger.

L’auteur découvre que l’homme a exercé comme avocat au Q.G de la Gestapo à Stuttgart, avant d’être officier en Europe pour la Wehrmacht. Son passé familial se dessine, et notamment du côté de son père né à la Nouvelle-Orléans. L’histoire de la famille Griesinger en tant que propriétaire d’esclaves a donc sans doute affecté la façon de penser la race et les relations avec les minorités des générations suivantes. A cette histoire se mêle celle des enfants de Griesinger, qui en savaient finalement très peu sur leur père, et découvrent son histoire … leur histoire.

Écrit à la façon d’une enquête historique, Daniel Lee nous embarque dans le récit de vie de Robert Griesinger, un nazi ordinaire.

 

Maitres et secrétaires (XVI-XVIIIe siècles), de Nicolas Schapira

A partir du XVIe siècle, l’usage du papier comme support de décision se généralise et es secrétaires prennent une place importante dans les fonctions de pouvoir.

Bien que de statuts variés, leur point commun est de mettre leur plume au service d’un autre et d’être dans une relation de domesticité avec leurs maîtres. Pourtant, leurs rôles de confidents fidèles -ils doivent garder le secret- et d’acteurs politiques -car l’écrit est toujours une action- les placent dans un rapport paradoxal de servitude et d’autorité au sein de l’appareil du pouvoir.

Nicolas Schapira analyse avec pertinence la naissance de ce « couple » politique durant l’Ancien Régime et dessine sa continuité dans l’exercice du pouvoir aujourd’hui, notamment au sein d’une haute administration politisée, et plus largement d’un système politique en crise.

Un beau travail d’histoire sociale.

 

Révolutionnaire & dandy : Vigo dit Almereyda, de Anne Steiner

Vivre vite et mourir jeune? Voici la triste devise qui pourrait s’appliquer aux Vigo. Fils et père.

Car oui, Jean Vigo, le réalisateur de l’éternel Zéro de conduite, fût le fils de ce révolutionnaire et dandy dont il est question dans cet essai. Ici, le bref itinéraire d’Eugène Vigo dit Almereyda est retracé avec sensibilité : enfant livré à lui-même, détenu à Clairvaux à 16 ans, il devient un collaborateur essentiel du journal antimilitariste « La guerre sociale » avant de céder aux sirènes de la SFIO et de délaisser ses anciennes amours anarchistes pour un train de vie plus mondain.

Compromis dans une affaire jamais élucidée, celle du « Bonnet rouge », il est emprisonné en 1917 et est retrouvé mort dans sa cellule huit jours plus tard. Il avait 34 ans. De cette trajectoire brisée, Anne Steiner, fait une biographie hors norme dans cette Belle Epoque tumultueuse.

 

Hindenburg : l’homme qui a conduit Hitler au pouvoir, de Jean-Paul Bled

Il semble que J-P. Bled ait comblé une lacune en consacrant ce livre à un personnage de premier plan de l’histoire allemande.

Fanatique de l’unité, ennemi du multipartisme, il a incriminé les forces hostiles à « l’union sacrée » d’avoir compromis les efforts allemands pour l’emporter dans la Grande Guerre. Sur le fond sombre de l’époque, faite de manipulations et théories du complot, les traits de la personnalité et les convictions du Feldmarschall ont propulsé au pouvoir le chef du NSDAP.

 

Les bateaux de l’espoir, de Eric Jennings

Voilà un fait oublié de la Seconde Guerre Mondiale : entre 1940 et 1941, plus de 5000 réfugiés ont été évacués vers la Martinique, Vichy souhaitant se débarrasser des indésirables de l’époque.

Les réfugiés partaient de Marseille, faisaient étape en Martinique et reliaient les pays du continent américain. Les profils sont multiples : des révolutionnaires, des Juifs, des républicains espagnols et des résistants antinazis. Au milieu d’anonymes, on croise quelques intellectuels comme André Breton, Claude Lévi Strauss ou Victor Serge.

L’auteur relate cet épisode grâce à une étude documentée et un récit vivant, qui trouve un écho actuel avec la crise des réfugiés en Méditerranée.

 

Belchite. Ruines-fantômes de la guerre d’Espagne, de Stéphane Michonneau

Que faire des ruines de Belchite, ville de Saragosse détruite par les violents combats entre républicains et nationalistes pendant la guerre civile espagnole ? Ce village fut en effet une vitrine du franquisme puisque c’est là que Franco annonce en 1938 l’avènement d’un monde nouveau construit sur les débris de l’ancien. C‘est également actuellement l’un des sites de la guerre d’Espagne les plus visités aujourd’hui. L’auteur refait ici l’histoire de ce village, puis analyse le traitement de la mémoire de cette ville : quel sens donner à ses ruines, quel usage en faire.

Un questionnement sur l’histoire mémorielle de la guerre d’Espagne et ses traces des plus captivant.

 

Norma Marcos : palestinienne et féministe de cœur !  de  Norma Marcos

Norma Marcos est une journaliste et réalisatrice française d’origine palestinienne.

Ce coffret propose de découvrir ses cinq films réalisés entre 1994 et 2017, et révèle un portrait singulier de la Palestine. Si son thème de prédilection est la condition et les luttes des femmes palestiniennes, notamment dans son premier film L’espoir voilé, son œuvre évolue au gré des déboires de ses tournages retardés par les contrôles d’Israël, de rencontres et/ou de tweets qui la bouleversent. Elle s’ouvre alors aux thèmes de la jeunesse, de la poésie et de l’art ou du quotidien de la guerre, avec en filigrane, l’omniprésence de son exil et de sa vie entre deux mondes.

Une découverte émouvante et précieuse, qui donne à voir l’évolution de la Palestine au cours des décennies.

 

Corps politiques, le sport dans les luttes des Noirs américains pour l’égalité depuis la fin du XIXe siècle, de Nicolas Martin-Breteau

« Les Noirs courent plus vite… » : voilà un des clichés racistes sur le corps des Noirs.

Pourtant, non seulement la prééminence des Noirs dans certains sports n’est pas liée à leur spécificités physiques mais surtout le sport a été utilisé par les Noirs américains pour combattre les inégalités et les préjugés raciaux et regagner leur dignité. En effet, dans une société où il était impossible de se faire entendre face à une haine raciale très corporelle, ils ont développé une tactique « d’élévation de la race » pour promouvoir l’avancement physique, intellectuel et moral de leur communauté. Celle-ci sera critiquée dans les années 60, notamment par le Black Power, la réfutant au profit d’une vision structurale et politique : l’important n’étant pas ce que les Blancs pensent des Noirs mais plutôt qu’ils acceptent de partager le pouvoir.

L’actualité récente a montré que la question reste prégnante aux États-Unis et plus largement pour les minorités dans les démocraties occidentales.

 

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