A la mémoire des soldats du Rhône tombés en Algérie, au Maroc et en Tunisie…

- temps de lecture approximatif de 11 minutes 11 min - Modifié le 17/06/2016 par Laurent D

Le 18 septembre 2006 sera inauguré au coeur du parc départemental de Parilly, sur les communes de Bron et de Vénissieux (69) un nouveau monument financé par le Conseil général du Rhône, consacré aux hommes tombés pour la France en Algérie, au Maroc et en Tunisie entre 1952 et 1964. Les commémorations avaient lieu auparavant chaque année devant le mémorial Les enfants du Rhône dans l’entrée du parc de la Tête d’Or, dans le 6ème arrondissement de Lyon.

L’érection de ce monument ravive les mémoires sur les relations anciennes, riches et complexes de la France et de Lyon avec l’Algérie.

 

Intelligence d’une ville – Présence des immigrés à Lyon entre 1945 et 1975. Diverses questions seront abordées lors du colloque : Quelles sont les caractéristiques de cette immigration par rapport à celle de l’entre-deux-guerres ? Comment la prédominance de l’immigration algérienne, essentiellement masculine et célibataire, s’inscrit-elle dans le paysage au milieu des soubresauts de la guerre d’Algérie, puis de l’Indépendance, qui transforme des sujets français en étrangers ? Bibliothèque de la Part-Dieu, le samedi 7 octobre à partir de 10 H 00, programme complet dans TOPO.

 

L’essentiel pour comprendre :

 * L’Algérie à Lyon, une mémoire centenaire, par Philippe Videlier. Bibliothèque municipale de Lyon, 2003.

 Ce livre a été écrit à l’occasion de l’exposition qui eut lieu en 2003 à la Bibliothèque municipale de Lyon, en lien avec l’année de l’Algérie en France. Il retrace l’histoire de la présence de l’Algérie à Lyon et dans le Rhône depuis la moitié du 19e siècle.

La guerre d’Algérie fut à Lyon cruelle et impitoyable. Cela se sait peu car ce qui demeure est une mémoire française, distante du coeur de la lutte souterraine que se livraient le FLN, les messalistes et l’Etat français. Il n’existe pas, en réalité, de mémoire algérienne de la guerre d’Algérie à Lyon. Ou très peu…

* Des Algériens à Lyon de la Grande guerre au Front populaire par Geneviève Massard-Guilbaud, préf. de Gilbert Meynier, 1995.

Maître de conférence en histoire contemporaine, Geneviève Massard-Guilbaud travaille sur ce phénomène d’immigration algérienne dans la première moitié du XXe siècle et s’intéresse aux processus de constitution et d’intégration de cette population de migrants, de leur lieu de départ à leur arrivée.

 * Ma guerre d’Algérie par Bernard Gerland, préface d’André Benedetto.

Inspiré par le film La Guerre sans nom de Bertrand Tavernier (1994), Bernard Gerland a travaillé sur son propre vécu de la guerre d’Algérie. L’acte qui semble le plus important dans cette réappropriation de soi et dans le dévoilement de la violence vécue est de l’ordre de l’intime. Ce travail est la mise en scène d’une mémoire en reconstruction qui dit l’horreur de la guerre et la difficulté du deuil à faire. L’écriture de cette pièce tourne autour de l’exécution d’un prisonnier. Cette pièce fit l’objet d’une censure en 1998. Bernard Gerland a créé l’association « Parlons-en » en 2001.

 * Traces 2005 en Rhône-Alpes

Répertoire des projets montés au dernier trimestre 2005 dans le cadre de la 2ème édition de Traces en Rhône-Alpes : forum régional des mémoires d’immigrés. Ce répertoire est le résultat d’un travail de repérage mené par l’association Aralis en collaboration avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Chaque projet est décrit avec les contacts des maîtres d’oeuvres, établissements culturels, associations etc.

 * Place du Pont ou la medina de lyon, par Azouz Begag, chercheur au CNRS, romancier lyonnais, et fils d’immigré algérien.

Ce quartier populaire, d’immigrés en tout genre (algérien, grecs, italiens, arméniens…) est un témoin privilégié des différentes vagues d’immigration à Lyon.

 * Le Gone de Chaâba, par Azouz Begag.

Doc : Le Chaâba - M. Vallet, 204.8 ko, 150x150

Le Chaâba – M. Vallet – BML

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Premier roman qui a fait connaître Azouz Begag du grand public.

Dans la langue de ses habitants, le Chaâba est un peu le synonyme de « gourbi », explique Azouz Begag qui a passé son enfance dans le bidonville, certains appellent leur villa La Gentilhommière, nous, nous appelions notre endroit le Chaâba pour dire « quel taudis ! ».

 * Ecarts d’identité , par Azouz Begag.

Etude sur l’intégration, en collaboration avec Abdellatif Chaouite.

Quelques autres lectures…

 * Appelés en guerre d’Algérie par Benjamin Stora, 1997.

Benjamin Stora retrace ici la mémoire des conscrits de la guerre d’Algérie, à travers des témoignages : paroles, photographies, lettres, objets conservés…

* Lettre d’Algérie. André Segura, la guerre d’un appelé (1958-1959) par Daniel Lefeuvre, 2004.

Travail de l’universitaire Daniel Lefeuvre autour de la correspondance d’André Segura.

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* Connaissance de la guerre d’Algérie, trente ans après : enquête auprès des jeunes Français de 17 à 30 ans par Alain Coulon, préface de Benjamin Stora.

Enquête réalisée auprès d’individus vivants en France, ayant été scolarisés, mesurant leurs connaissances de l’histoire de la guerre d’Algérie.

* De l’immigré au citoyen par Jacqueline Costa-Lascoux, 1989.

Directeur de recherche au CNRS, cette étude présente les politiques de l’immigration en France depuis 1945, à travers les deux flux d’après 1945 et 1970.

D’autres perspectives :

Les futures commémorations sont fixées au 19 mars et au 5 décembre, et non au 16 octobre, correspondant à la commémoration en 1997 de la mémoire du Soldat inconnu d’Afrique du Nord à la nécropole nationale de Notre Dame de Lorette .

Deux dates pour une même mémoire ?

Les anciens combattants se réunissent dans toutes les communes de France le 19 mars, date du cessez-le-feu officiel entre le gouvernement français et le futur état algérien. D’autres ont choisi le 5 décembre correspondant à l’inauguration le 5 décembre 2002 du Mémorial National de la guerre d’Algérie (1952-1962) et des combats du Maroc et de la Tunisie, à Paris.La Nation associe les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l’hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord. (Article 2 de la loi du 23 février 2005).

Les positions des associations…

 La FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie) La date du 19 mars, jour anniversaire du cessez-le-feu proclamé le lundi 19 mars 1962 à midi sur l’ensemble du territoire algérien mettant fin à 10 années de cruels et meurtriers combats en Afrique du Nord, est désormais légitimée par la loi reconnaissant officiellement la guerre d’Algérie, votée à l’unanimité en 1999, à l’Assemblée Nationale et au Sénat…In Légifrance.

L’ARAC (Association républicaine des anciens combattants)accepte la date du 19 mars dans la mesure où elle représente le cessez-le-feu officiel entre les deux parties belligérantes. D’ailleurs, cette date a été validé, historiquement, par référendum et approuvé le 8 avril 1962 à 91 % des voix. Nouveau message pour le 19 mars 2006

La FARAC (Fédration des amicales régimentaires et des anciens combattants), quant à elle, prône le choix d’une date « neutre », le 5 décembre.

A la mémoire des Harkis : le 25 septembre…

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Le 25 septembre à la Duchère, dans le 9ème arrondissement de Lyon, on célèbre la mémoire des Harkis devant le Monument aux morts d’Oran.

Ce monument a été démonté et « rapatrié » d’Oran, pour la communauté pied-noirs de Lyon, installé massivement dans ce quartier à partir de 1962, à l’initiative de Louis Pradel, maire de Lyon.

Sur ce thème, la Coordination associative et citoyenne du Nord-Isère organise un colloque du 28 au 30 septembre 2006, intituléHarkis : les chemins de l’Appartenance à Bourgoin-Jallieu et Villefontaine.

Quelques figures qui ont contribué à tisser les relations entre la France et l’Algérie (et vice-versa)

Un lyonnais de 164 ans en Algérie : Le Sergent Blandan

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Statue du sergent Blandan à Lyon

Jean Pierre Hippolyte Blandan est né à Lyon le 9 février 1819. En 1842, il appartenait au 26e de Ligne stationné dans l’Algérois. Il est connu pour son acte héroïque à Beni-Mered à l’occasion d’une embuscade le 29 juin 1841 alors que le 2e Bataillon rejoignait Alger.

Ses cendres reposent à Nancy. Le Sergent a sa statue à Lyon, place Sathonay, aujourd’hui en pierre, mais à l’origine en bronze, fondue durant la dernière guerre mondiale.

Le Sergent Blandan, Lyon – Boufarik – Nancy

Publications du Centre d’Etudes de l’Agence Inter-France – 1942, Le Sergent Blandan

L’Emir Abd-el-Kader, de passage à Lyon

L’émir Abd-el-Kader fit un passage à Lyon et Villeurbanne en 1852, pour assister aux manoeuvres du Grand-Camp. On retrouve des articles dans  Le Courrier de Lyon, journal quotidien, politique, industriel et littéraire, , 19 octobre 1852 et 14 décemdre 1852.

Voir ci-dessous les articles du 19 octobre et du 14 décembre 1852 du Courrier de Lyon.

Edouard Herriot, maire de Lyon, discours lors de l’Exposition rétrospective sur la conquête de l’Algérie en 1914

Au dix-neuvième siècle, on suit avec beaucoup d’intérêt l’actualité de l’Exposition retrospective de la conquête de l’Algérie dans  Le Progrès du dimanche 31 mai 1914.

Voir ci-dessous l’article du Progrès du 31 mai 1914.

Et aussi :
– l’émir Khaled, capitaine de réserve sorti de Saint-Cyr et petit-fils de l’émir Abd-el-Kader qui écrivit à Edouard Herriot, afin d’intercéder en faveur des algériens vivant dans cette ville.
– Messali Hadj, « le père de la nation algérienne et l’inventeur de l’Etoile Nord-africaine, qui fit quelques passages à Lyon à l’occasion de meetings.
– Mohamed Ben Salah, Mohamed Ben Ali et Joseph Boukobza. Les deux premiers ont été assassiné par les nazis à Lyon en juin 1940 ; le dernier faisait partie d’un réseau de résistant, il fut assassiné près de la place du Pont.

 


Le Progrès du 31 mars 1914

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Le Courrier de Lyon du 19 octobre 1852 – 1

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Le Courrier de Lyon du 14 décembre 1852 – 2

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Le Courrier de Lyon du 14 décembre 1852 – 1

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