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Térébenthine

Carole Fives

Lucie, Luc et la narratrice sont coincés dans une institution qui leur jette à la figure que le monde n’a pas besoin d’eux : les Beaux-Arts.

Dans Térébenthine, il est question d’art mais surtout de violence, violence des professeurs, des autres élèves, qui n’admettent aucune déviance, seulement la soumission. Ce que l’on attendrait de l’Armée, on l’a dans un lieu de formation et de création artistique et c’est insupportable. Tout de suite, aux trois nouveaux élèves, on leur dit que la peinture est morte, que la seule forme d’expression c’est l’installation, la vidéo et que la beauté de la peinture ne crée pas de sens. Comment survivre à ça ? Chacun va trouver sa voie, sa manière de refuser les ordres de l’institution, son carcan. Cela ne se fera pas sans amertume, sans colère et désespoir.

Ce que Carole Fives parvient justement à nous faire aimer, c’est l’acte de peindre, l’aspect sensoriel de la toile, la texture et la couleur. On perçoit combien il est d’abord un acte du corps, des sens, plutôt qu’une manière de produire du sens. Il est rare de pouvoir transcrire la matérialité d’un art dans un autre art qu’est la littérature, et Carole Fives y parvient. Dans le même temps, tout en défendant la peinture, elle porte l’attention sur la place des femmes dans l’institution, dans les circuits de l’Art. Comment trouver sa voix, si l’on n’entend pas celle d’autres femmes comme étant digne d’être étudiées ? Comment se juger légitime, si le sexe suffit à déligitimer ? C’est un cercle vicieux que montre Carole Fives et qui semble difficile à briser.

Voir dans le catalogue de la BML

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