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Luxe misère

Sages comme des Sauvages

Sages comme des Sauvages et leur album "Luxe misère". Dit comme ça, on pourrait croire à une avalanche de contrastes violents, genre punk pas content.

Mais non, cet album est une fusion douce et ensoleillée. Des thèmes graves évoqués avec pudeur dans une musique pleine de lointains. Et expurgée de tout exotisme de carte postale.
Langue inquiète et oreille ultrasensible convoquent des influences multiples, passées au filtre d’arrangements délicats. Gorgés de mélancolie, sobres et chatoyants, ils sont une des grandes forces du disque.

Un horizon musical inédit se dessine doucement. On pense à un album de Lhasa si elle avait été réunionnaise. Passent des sons de bossa, maloya, rumba, biguine ou calypso, au gré d’un instrumentarium luxuriant. Le tout transporté par la magie vocale du binôme Ava Carrère et Ismaël Colombani, épaulés par deux musiciens. Ce deuxième album du duo bénéficie de la production de Jean Lamoot (complice aussi de Bashung, Dominique A ou Noir Désir), et de la présence de Danièl Waro sur un titre.

La brutalité froide du monde, le cynisme affairé et la désolation sentimentale sonnent étrangement dans cette musique pleine de caresses et de vitalité. Comme une résistance en musique, qui sait jouer de contrastes abrupts sans violence, avec une tendresse inextinguible. Luxe misère, un album lucide et rayonnant.

Voir dans le catalogue de la BML

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