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Elle dit…

Claire

Le label EPM réédite souvent des fleurons oubliés du patrimoine de la chanson. En témoigne ce disque consacré à la chanteuse Claire, figure attachante éclose dans les années 1970, à l'ombre d'Anne Sylvestre ou Georges Brassens.

Claire est née née Claire Martin en 1949  dans un milieu militant de la gauche catholique. Syndicaliste, musicienne, elle sort un premier LP très “rive gauche” en 1972. Puis elle s’engage en 1973 auprès de l’expérience autogestionnaire de l’usine Lip. Elle y consacre un disque, réalisé à partir de paroles d’ouvriers. Claire poursuit sa vie musicale le long d’une dizaine d’albums confidentiels, et de 2 prix de l’Académie Charles Cros…

Guitare sèche et voix, les premiers textes sont clairement d’inspiration militante mais pleins d’autodérision sur le genre de la chanson engagée :

 

Claire se veut plus “femme qui chante” que chanteuse, selon ses propres termes. Plus Anne Sylvestre que Colette Magny, elle refuse la chanson manifeste, préférant le portrait sensible ou la tranche de vie. Plus conteuse que militante, ses aspirations et engagements transpirent dans la fibre humaniste des textes, ses arpèges légers mais pleins de tact, et son ironie poétique.

 

Plutôt Brassens que Ferrat ou Ferré, elle aborde les tragédies, grandes ou petites sans violons ni tambour..

Au fil du temps, musiques et textes se délient, moins en prises avec l’urgence politique des décennies précédentes. Le free-jazz est passé par là, qui ébouriffe un peu les arrangements. La formation classique et le swing ressurgissent aussi. Clarinette, contrebasse, vibraphone ou violoncelle colorent des chansons, la chanteuse ose une pointe de lyrisme, s’autorise la légèreté. Demeurent le piquant et la tendresse, l’oeil acéré, le féminisme à fleur de peau..

Un portrait sur Nosenchanteurs.

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