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Discours à la Nation

Ascanio Celestini

Attention, il ne s'agit pas du texte d'un philosophe européen du 19ème siècle visant à éveiller un sentiment nationaliste chez ses concitoyens. Et il ne s'agit pas non plus du discours d'un homme politique exalté du 20ème siècle en quête d'un électorat pro-nationaliste...

Il s’agit d’une cinquantaine de courts monologues écrits pour le théâtre, et adressés par l’auteur à une Nation décrite comme un « un petit pays dans lequel vivait un petit peuple gouverné par un petit gouvernement »…

On y voit l’Italie, dont est originaire l’auteur, mais ce peut aussi bien être tout autre pays démocratique soumis à la violence des lois économiques contemporaines, au cynisme d’un gouvernement corrompu et dont le peuple ne trouve ni les moyens, ni le courage de mener sa propre révolte.

L’incapacité du peuple à faire face à cette violence n’a d’égale que la violence du peuple face aux différences et aux faiblesses de ses semblables.

La lutte des classes n’a pas disparu : elle n’a même jamais été autant d’actualité. Et désormais, rien ne semble plus pouvoir atteindre les dominants ; les dominés ne luttent plus que contre eux-mêmes !

Chacun de ces monologues se lit et se retient comme une fable. Fable surréaliste à l’humour noire, mais vivifiante comme un seau d’eau glacée lancé au visage !

A travers cette contre-utopie saignante, Ascanio Célestini, loin de réveiller tout sentiment nationaliste, secoue le citoyen qui sommeille en nous !

Des textes à la férocité politique et d’une force poétique incroyable !

Ralf du département Arts Vivants à la médiathèque de Vaise

Extrait

« Chères et chers camarades,
je tiens à vous appeler ainsi bien que je sache
que vous n’employez plus ces mots gracieux,
car pour moi vous restez des camarades,
vous les exploités et les gueux, vous les humiliés et les offensés,
en somme vous prolétaires du monde entier
qui deviez vous unir pour briser vos chaînes.

Moi je ne suis pas un camarade,
je suis un maître, un patron.
Ou plus exactement
un représentant de la classe dominante, comme l’affirmait Marx,
ou de la classe hégémonique, comme aurait pu le dire Gramsci.

J’aime bien ces termes.
Le binôme hégémonie/subalternité est, ô combien,
plus plaisant et plus scientifique
que le couple maître/esclave, qui fait un peu froid dans le dos, non ?
Le binôme dominant/dominé est nettement plus attrayant,
il veut dire, l’air de rien,
« moi je suis au-dessus, toi tu es en dessous ».
Ce sont quand même des termes plus jolis que victime bourreau. »

Pour aller plus loin

Voir dans le catalogue de la BML

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