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Cul de Judas

Antonio Lobo Antunes

Comme le dit Daniel Pennac : « Si j’avais 15 théâtres, je programmerais 15 fois par jour le Cul de Judas. Comme je n’ai pas de théâtre, je me suis contenté de le voir 15 fois ».

Le roman Le cul de Judas écrit par Antonio Lobo Antunes a été adapté pour le théâtre, pour notre plus grand plaisir, par François Duval.
Cette pièce est le long monologue intérieur d’un médecin, qui est revenu détruit du bourbier d’Angola. Il raconte sa descente aux enfers à une inconnue tout au long d’une nuit de beuverie. L’écrivain Antonio Lobo Antunes est l’un de ces milliers de jeunes Portugais qui ira briser sa vie dans le début des années 1970 dans cette guerre coloniale qui a duré de 1960 à 1974.
Face à la misère des peuples, au désarroi, à la bêtise, à l’absurdité, à la souffrance des corps, l’officier se réfugie dans l’évocation de son épouse. Le « cul de Judas » est une expression portugaise qui signifie le trou pourri, le lieu où l’on vous a oublié… et trahi.

Le style d’Antonio Lobo Antunes me fait penser à Céline. Dans sa violence, son excès, ses images percutantes. Dans ces longues phrases qui montent doucement et redescendent brutalement.
Certains passages très noirs, notamment quand l’auteur parle de son dégoût de lui-même, m’ont fait également penser à Pessoa.

AUTEUR

Né en 1942 à Lisbonne et issu de la grande bourgeoisie portugaise, Antonio Lobo Antunes a fait des études de médecine et s’est spécialisé en psychiatrie. De 1971 à 1973, il fut envoyé en Angola où il a participé à la guerre coloniale, comme tous les jeunes hommes de sa génération. Auteur de nombreux ouvrages traduits, il est aujourd’hui l’une des grandes figures de la littérature contemporaine. Il a reçu de multiples prix littéraires dont le prix Union Latine en 2003 et le prix Jérusalem en 2005.

EXTRAIT

« …parce que c’est cela que je suis devenu ou qu’on m’a fait devenir : une créature vieillie et cynique qui rit d’elle-même et des autres du rire envieux, aigre, cruel des défunts, le rire sadique et muet des défunts, le rire répugnant et gras des défunts, et en train de pourrir de l’intérieur, à la lumière du whisky, comme pourrissent les photos dans les albums, péniblement, en se dissolvant lentement dans une confusion de moustaches. »

Voir dans le catalogue de la BML

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