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Chiennes de gardes

Dahlia de la Cerda

"Toutes les trois heures vingt-cinq, au Mexique, une femme meurt démembrée, asphyxiée, violée, rouée de coups, brûlée vive, mutilée, déchirée par les coups de couteau, les os brisés et la peau couverte de bleus. Le corps d’une femme, d’une femme de plus. Une femme quelconque, une femme sans nom."

Véritable uppercut, ce roman dénonce la violence perpétrée envers les femmes. A travers l’histoire de treize femmes, l’autrice montre sans fard la violence systémique . Elle dévoile la cruauté des hommes dans une société mexicaine misogyne et corrompue.

Tu savais qu’au Mexique, tous les jours, sept femmes sont assassinées?

Les différents portraits de ces femmes entrent en résonance pour former un chant polyphonique. Ces femmes sont toutes différentes mais similaires dans leur lutte pour la survie. Qu’elles soient jeunes ou âgées, délinquantes ou ouvrières, héritières d’un père « narco » ou filles des rues, elles partagent le même combat. Les héroïnes de ce recueil sont féroces et courageuses, fortes et extraordinaires, stupéfiantes et sororales. Dans un contexte politique, social et culturel qui veut les mettre à terre, elles combattent, s’adaptent, se vengent et font entendre leurs cris. Cris de colère, de douleur, d’injustice, de frustration…

La vie est une chienne, c’est pour ça qu’il faut ruer dans les brancards.

Dahlia de la Cerda dépeint une société corrompue et patriarcale où l’ordinaire se mélange aux cartels et aux narcotrafiquants. Où les viols collectifs, la violence conjugale, les assassinats, les enlèvements… sont monnaie courante. Un Mexique, qui comme d’autres pays, tue les femmes, piétine les corps et broie les rêves.

Le Mexique est un énorme monstre qui dévore les femmes. Le Mexique est un désert fait de poudre d’os. Le Mexique est un cimetière de croix roses. Le Mexique est un pays qui déteste les femmes.

Outre les parcours évoqués, la force de ce recueil est sa langue. Dahlia de la Cerda rend compte de ces féminicides grâce à une écriture crue, brute, réaliste et familière. Sa plume enragée peint ces histoires avec une oralité, une force primaire, qui impacte d’autant plus le lecteur. Malgré les destins souvent tragiques et sordides, l’engouement gagne le lecteur.

Recueil dur, engagé, et percutant qui montre que tant que des femmes seront soumises à la violence des hommes le combat ne sera pas terminé.

Être une femme est un état d’urgence.

Voir dans le catalogue de la BML

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