Danse

Voyage à travers les danses du monde : le tamure

- temps de lecture approximatif de 6 minutes 6 min - Modifié le 03/09/2016 par le fonctionnaire inconnu

Le tamure a contribué, au moins autant que le peintre Gauguin, à idéaliser et populariser l'image de Tahiti. Le tamure, vous l'aurez compris, c'est la plus connue des danses traditionnelles tahitiennes, celle où, notamment, la vahiné effectue son ancestral roulement de hanches à un rythme frénétique !

Crédit :  supergiball / Flickr CC
Crédit : supergiball / Flickr CC

Les origines du tamure

(source Wikipedia.org)

Le tamure est l’une des nombreuses danses traditionnelles de Tahiti nommées Ori Tahiti.

Jadis interdite pour obscénité par le clergé, la danse est devenue la vitrine de Tahiti. Ainsi, la danse, qui avait choqué les missionnaires par son caractère explicitement sexuel, entre au XIXe siècle dans la clandestinité. La danse survit alors dans la culture populaire dans un cadre privé.

Au début du XXe siècle, elles se manifestent à nouveau publiquement lors des fêtes du 14 juillet ou des arrivées et départs de bateaux, ainsi que lors des fêtes du Tiurai qui leur sont consacrées.

Dans les années 50, Ori Tahiti évoluent avec des chorégraphes comme Madeleine Moua ou Coco Hotahota, fondateur du groupe Te Meva. Les danses fixent des standards « traditionnels » et s’organisent en troupe de danse. La pratique populaire décroit, au profit des groupes et écoles de danse qui organisent des représentations lors des concours de danse du Tiurai (qui devient Heiva à la fin du XXe siècle), de fêtes publiques, et dans un cadre professionnel touristique.

À partir des années 1980 et 1990, les danses traditionnelles connaissent un regain de popularité et le nombre d’écoles de danses s’accroit fortement. Des groupes participent à des manifestations internationales et organisent des tournées. Les danses et costumes évoluent également sous l’impulsion de la compétition engendrée par les concours organisés pour le heiva (voir ci-dessous). Cette évolution finit par franchir les limites imposées par la « tradition », conduisant à la création de groupes comme Les Grands Ballets de Tahiti (voir paragraphe ci-dessous) qui s’affranchissent de ces restrictions pour poursuivre la recherche de nouveaux mouvements de danse, de chorégraphies, de musiques et de costumes. Une séparation se crée alors entre les groupes en fonction du respect de ces critères de tradition, conduisant à l’exclusion des groupes « modernes » des concours.

Si vous voulez voir les Grands Ballets de Tahiti sur scène, rendez-vous sur leur site internet !

Comment danse-t-on le tamure ?

Plutôt que de vous proposer des vidéos du tamure, trouvées sur Youtube ou Dailymotion, je vous propose plutôt de laisser libre cours à votre imagination grâce à la lecture de ces quelques lignes !

Le tamure est un duo où l’homme bat des cuisses dans un mouvement de ciseau, et où la femme roule des hanches.

Chaque mouvement des bras et des mains possède une signification symbolique qui accompagne un récit gestuel d’une légende. La danseuse se déplace relativement peu, et le danseur se déplace généralement autour de sa partenaire qui est le pivot central de la danse.

Le tamure se danse sur un accompagnement de percussion formé de to’ere, des cylindres de bois creux frappés à l’aide de baguettes, et de tambour pahu. Le rythme des percussions et le balancement des hanches de la danseuse sont liés, où se succèdent des phases lentes et d’accélérations rapides.

Le tamure se danse généralement avec des costumes végétaux, des jupes en fibres végétales, et des couronnes. Les hommes sont torse nu et souvent tatoués, et les vahine portent des soutiens gorges en noix de coco. D’autres costumes sont également utilisés, fabriqué en feuilles de auti sacré, en tissu pareo ou en tapa.

Le tamure est principalement un duo, lorsque dansé en groupe, il forme un ‘ote’a. D’autres styles, qui partagent les mouvements de danse du tamure, possèdent un nom spécifique, comme l’aparima. Les premiers navigateurs européens décrivent environ 17 danses traditionnelles tahitiennes différentes. Aujourd’hui, quatre formes principales sont pratiquées : le ‘ote’a, l »aparima, le pao’a, et le hivinau. La survivance de la culture marquisienne et maori ont conduit à la réintégration du fameux haka, exclusivement masculin et guerrier, bien connu pour être pratiqué néo-zélandais par les rugbymen avant chaque rencontre.

Le festival Heiva i Tahiti

Il s’agit d’une manifestation culturelle annuelle, qui se déroule en juillet, comprenant des concours divers : pirogues, sports traditionnels et surtout de chants et de danses. Le Heiva i Tahiti a remplacé le Tiurai en 1984, lorsque la Polynésie française obtint le statut d’autonomie interne.

Vous trouverez les résultats officiels des concours de danse sur le site de Tahiti tourisme.

Apprendre le tamure

Si vous ne pouvez pas vous déplacer jusqu’à Tahiti, parce que décidément vous détestez l’avion, mais que vous souhaitez apprendre la danse tahitienne, alors rendez-vous du côté de Craponne vers Lyon pour suivre les stages de Joëlle Berg (voir son site), danseuse et chorégraphe de l’école Te Oro de Tahiti.

Ressources sur le tamure


- Ori Tahiti : la danse à Tahiti / Marion Fayn [Livre]
Un joli petit livre abordant l’aspect historique de la danse, tout autant que les différentes composantes des groupes de danse (instruments, costumes, organisation sociale). Vous y trouverez aussi quelques pas de danse décomposés, pour les hommes ou pour les femmes. Et puis un petit lexique de tous les termes techniques employés pour évoquer ces danses.

- La Danse à Tahiti / Patrick O’Reilly [Livre]
Il s’agit là d’un livre daté de 1977 et que je ne suis pas allé consulter car il se trouve dans les réserves de la bibliothèque. J’indique ses références surtout parce qu’il n’y a pas grand chose d’autre à se mettre sous le dent. Alors si vous le consultez, n’hésitez pas à laisser ici vos commentaires !…

Ressources sur Tahiti

- L’art en mouvement : émergence d’un art contemporain à Tahiti / Tauhiti Nena & Chantal Selva [Livre]
Comme on n’a malheureusement pas vraiment d’autres références spécifiques à la danse à Tahiti, voici un livre, initié par le Ministère de la Culture et du Patrimoine de Polynésie française, sur l’art contemporain à Tahiti. Dix-sept artistes d’origine polynésienne ou résidant en Polynésie française font ainsi l’objet d’une présentation et d’une étude critique de leur œuvre. Ces artistes sont classés en deux courants : les artistes de l’ombre –Survival Art- et les artistes du lien –Nati Art.

- Gauguin à Tahiti, le premier voyage : tableaux 1891-1893 / Metken, Günter [Livre]
Et puisqu’un passage par Tahiti ne peut pas se faire sans penser à Gauguin, voici les tableaux qu’il a réalisés après son premier voyage dans l’archipel.

- Guides de voyage à Tahiti [Catalogue]
Compréhensibles de tous, finalement, rien ne vaut un bon guide de voyage pour comprendre (enfin au moins avoir l’impression qu’on a compris !) toute la vie et l’histoire de Tahiti et des îles de la Société.

- Chants et danses de Tahiti [CD]
Ah oui j’allais oublier, il n’y a pas que les livres dans la vie !! Alors voici un disque comprenant plus d’une heure de chants et danses (même si là, vous ne verrez pas grand chose des danses…), interprétés par les groupes folkloriques Iaora, Tumata et Manureva qui sont parmi les groupes les plus prestigieux de Polynésie.

- Nuutania : Chants des prisons tahitiennes [CD]
Beaucoup moins folklorique et prestigieux, ces enregistrements ont été écrits et interprétés par les prisonniers du centre pénitentiaire de Faa’a Nuutania à Tahiti. Constituant un « kaléidoscope chamarré de leurs talents, on est saisi par l’authenticité et la puissance expressive de ces voix polynésiennes ».

- Voyages et rencontres à Tahiti : contes, légendes, chansons, découvertes [CD]
Pour finir, voici un disque pour les enfants qui les invitera à découvrir et à apprécier le monde des îles. Interprété par le groupe folklorique du marché de Papeete et le groupe du Tiki village de Moorea !

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