Danse

Festival Montpellier Danse 2015, ardent et frais !

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - Modifié le 06/10/2017 par Hélèna D.

Comme le dit Jean-Paul Montanari, le directeur du Festival Montpellier Danse : « Être curieux, c’est basculer dans l’univers de la danse. » Le festival a démarré ! Il se déroule cette année du 21 juin au 8 juillet 2015. Et j’y étais le week-end dernier !!! Youhouuuu !

16 jours, 18 spectacles, des grands noms de la scène mondiale en danse contemporaine tels que Ohad Naharin, Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, Raimund Hoghe, Phia Ménard, Bouchra Ouizguen, David Wampach ou encore Fabrice Ramalingom…
Et aussi des rencontres, des apéros-débats, des ateliers pour les festivaliers, un concours de critiques, des projections, une exposition photographique…

Des « Grandes leçons de danse » sont proposées quotidiennement par les chorégraphes et danseurs du festival sur les places et dans les parcs de Montpellier. C’est l’occasion de voir les artistes dans leur simplicité et autrement.
Munissez-vous de chaussures confortables, de votre envie de danser et laissez-vous guider ! A essayer sans modération !

2 spectacles m’ont particulièrement touchée : Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï de Trajal Harrel et Belle d’hier de Phia Ménard par la compagnie Non Nova.

Le fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï pourrait être le nom d’une légende japonaise ou le titre d’un film de kung-fu, mais c’est celui d’une pièce de Trajal Harrell…
Cette parodie de talk-show télévisuel est consacrée à une improbable rencontre entre Dominique Bagouet et Tatsumi Hijikata et aux 2 pièces de danse qui auraient pu naître à partir de là, un soir de grande beuverie.
Entre standing comedy, parodie des défilés de mode, chants et jeux, le tout en anglais-français, la compagnie enchante le public avec beaucoup d’humour et de fraîcheur !

Les hommes en particulier, montrent une souplesse et une sensualité singulière, dans leurs démarches croisées et ondulées, s’inspirant des tops modèles en talons aiguille (mais sans les talons !).
Trajal Harrell travaille le thème du défilé de mode jusqu’au bout. Et fait défiler-danser ces danseurs avec des accessoires et des vêtements complètement loufoques et délirants (comme par exemple des baskets en guise de chapeau !).

Un belle relecture de la danse postmoderne et du voguing ! Explosif !
Une mise en scène qui fait penser à celles de Julien Gosselin et peut-être un petit quelque chose des mises en scène d’Angelica Liddell.

Belle d’Hier de Phia Ménard, a été pour moi l’un des spectacles les plus étonnants. Cette artiste hors norme, qui vient du cirque, travaille avec la glace, l’eau, la vapeur et le vent.
Le désir de se former aux arts, notamment la jonglerie, est né chez Phia Ménard en découvrant Extraballe de Jérôme Thomas. Elle n’a cessé depuis d’élargir ses horizons, étudiant la danse contemporaine ou le mime.
Dans ce spectacle Phia Ménard mixe performance, installation plastique et manipulation d’objets.

Avec Belle d’Hier, le mythe du prince charmant est dynamité !
Sur la scène, un immense lingot d’or. Quand il se soulève, apparaît une chambre froide, un énorme congélateur. A l’intérieur, figés, des carapaces, des costumes d’homme à l’allure inquiétante de Dark Vador que 5 danseuses vont extraire de la chambre froide. Ils seront manipulés, arrosés, piétinés, battus, lessivés dans des bassines, jusqu’à les étendre comme un vulgaire linge. Peut-être dans le but de tuer le mythe du mâle dominant ?

“Pour ce projet c’est la violence de la confrontation entre l’humain et la matière qui est importante pour donner la force dramaturgique et émotionnelle”. Sur le plateau 5 “rageuses” déferont le mythe sur une scène qui ressemble à un champ de bataille.
« Une fois encore, je me replonge dans des question de transformations, d’identités, d’images des corps, de la trace du temps, de l’interaction des éléments, de paysage visuel, de manipuler ou être manipulé pour tenter de questionner les codes de nos sociétés. » (P.M.)

« Le Prince, la princesse, l’amour éternel et son mythe ?… Et si sa destruction nous était salvatrice ? Attaquons-nous à la détresse qu’il provoque. Intéressons-nous à sa transformation, au moment où il s’effondre et qu’il provoque le rejet et l’envie d’exploser. Passé le moment de la désillusion, de la violence, jouissons du souffle de vie qu’il crée. Fêtons la crise qui engendre un sursaut d’envies. Je m’intéresse à une utopie qui serait d’échapper au mythe. Je m’intéresse à « l’après-mythe » ! » (P.M.)

Cette pièce performance fait écho au parcours personnel de la chorégraphe. Elle est née Philippe Ménard, a changé de sexe en 2008 et a beaucoup évoqué la question du genre sur scène…
Phia Ménard fabrique des images scéniques fortes avec la glace, l’eau, la vapeur. C’est un choc visuel et émotif !

Bon c’était super, ce festival Montpellier Danse était inoubliable ! Mon seul regret : ne pas être restée plus longtemps et ne pas pu avoir de places pour Urge de David Wampach. Snif !
Bon je me demande si je vais pas y retourner pour voir les spectacles d’Anne Teresa de Keersmaeker et Raimund Hoghe

Pour aller plus loin

- Jean-Paul Montanari : « Être curieux, c’est basculer dans l’univers de la danse » [Article en ligne / BSC news.fr]
- A Montpellier, la danse trace sa route [Article en ligne / Le Monde.fr]
- Pour en savoir un peu plus sur le voguing, lire cet article en ligne et un article papier sur le voguing en France dans le n°77, mai-juin 2015 de la revue Mouvement.
- Pour en savoir plus sur Belle d’Hier de Phia Ménard [Article en ligne]

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