Des effets pas si secondaires…

- temps de lecture approximatif de 5 minutes 5 min - Modifié le 19/02/2019 par Isaac Newpomme

Ils sont partout, on les nomme sans les connaître, tant certains sont passés dans le langage courant (comme par exemple l’effet de serre), d’autres sont tellement abscons qu’ils en deviennent pittoresques. Pourtant, derrière ces noms, il y a toujours une ou des découvertes scientifiques, et du travail de parfois toute une vie. Une tradition permet de nommer un phénomène par le nom de son inventeur (même si ce n’est pas toujours le cas), comme un visa pour la postérité. Partons donc pour un voyage au pays improbable des effets scientifiques (et gare à l’effet d’accumulation…).

Oh ! le beau bleu...
Oh ! le beau bleu... (effet Vavilov)

 

 

 

 

I. Les incompréhensibles

Un nom qui pourrait évoquer un savant fou dans une vieille BD, des formules incompréhensibles par l’immense majorité du public, tout cela finit par devenir poétique et servira assurément à briller en société lors du prochain dîner en ville (si on arrive à les placer).

L’effet Aharonov-Bohm : de la physique quantique incompréhensible pour le commun des mortels mais qui semble d’une importance capitale. Vous voulez savoir pourquoi ? Allez jeter un œil par là (mais on vous aura prévenu…)

L’effet Vavilov-Tcherenkov : vous connaissez forcément la lumière bleue dans les piscines nucléaires (baignade interdite). Il se produit lorsqu’une particule se déplace plus vite que la vitesse de la lumière. La lumière bleue est la résultante de cette vitesse extrême des particules.

L’effet Coandă (du nom de l’ingénieur roumain né en 1886 Henri Coandă) est l’attraction ou l’attachement d’un jet de fluide par une surface convexe sur laquelle il s’écoule. C’est plus simple en images (c’est aussi pourquoi il est très difficile de verser un liquide depuis une tasse sans en mettre partout).

L’effet corona, aussi appelé « effet couronne » ou « effet de couronne », est un phénomène de décharge électrique partielle entraînée par l’ionisation du milieu entourant un conducteur (à savourer avec modération). Les feux de Saint Elme sont une manifestation naturelle de ce phénomène.

L’effet Droste est une visualisation graphique de la mise en abyme. En effet (hum…), il montre une image à l’intérieur de laquelle apparaît l’image entière, l’image réduite contenant à son tour une plus petite image, et ainsi de suite. Comme ça :

Effet Droste avec sa propre page Wikipédia

L’effet Kaye désigne le comportement complexe d’un fluide visqueux thixotropique décrit pour la première fois par Arthur Kaye en 1963. Regardons la scène au ralenti :

L’effet Leidenfrost : pour faire léviter une goutte d’eau sur une plaque chaude (c’est fou ce qu’on s’amuse sur internet…).

Effet Doppler : l’un des plus connus : ses applications sont nombreuses, de l’échographie médicale aux radars qui flashent les automobilistes imprudents… Un autre exemple avec le coup de la sirène.

II. Les pittoresques

Ici, pas forcément de nom propre mais une appellation qui interpelle. C’est là que l’on trouve généralement les plus connus, même si on ne sait pas les nommer :

L’effet d’assoupissement : non, ce n’est pas ce qui guette le lecteur de ce sujet (enfin, on l’espère…). Il se traduit par un oubli de l’émetteur d’un message alors que le message reste, lui, parfaitement mémorisé. Il devient alors difficile de juger de la pertinence du message dans la mesure où la source ne nous est plus accessible de façon fiable (vous êtes toujours là ?).

L’effet Barnum : qui n’a jamais lu un horoscope ou répondu à un test dans un magazine et a eu ensuite l’impression que le résultat s’appliquait vraiment à sa personne ? Eh bien tout est faux ! Nommé ainsi en hommage à l’homme de cirque Phinéas Barnum, dont les talents à manipuler une foule étaient réputés, ce biais nous pousse à accepter toute vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à nous-même. Un truc bien connu des charlatans.

L’effet boule de neige : est-il besoin de le décrire ? regardez plutôt (jusqu’au bout !)

L’effet Boycott : ne partez pas ! Ce phénomène physique fut observé pour la première fois par le biologiste Arthur Edwin Boycott en 1920 alors qu’il étudiait la sédimentation des globules rouges. On observe que la sédimentation est plus rapide dans un tube incliné que dans un tube vertical. En effet, lorsque le tube est incliné, les sédiments s’accumulent rapidement contre la paroi inférieure du tube, libérant ainsi un flux de contre-écoulement le long de la paroi opposée.  L’illustration du principe :

L’effet ELIZA : en informatique, l’effet ELIZA désigne la tendance à assimiler de manière inconsciente le comportement d’un ordinateur à celui d’un être humain. Les premiers ordinateurs à commande vocale utilisaient ce phénomène : l’utilisateur rentrait son prénom et l’ordinateur pouvait s’en souvenir.

L’effet Larsen : attention les oreilles !

III. Les biais cognitifs

Au carrefour de la psychologie et des sciences, ces phénomènes peuvent être décrits de manière scientifique.

L’effet Colavita : en psychologie, l’effet Colavita se manifeste par le fait que, lorsqu’on doit répondre simultanément à un signal auditif et à un signal visuel, on a tendance à ne répondre qu’au signal visuel. Il s’agit d’une illustration de la dominance visuelle dans les processus attentionnels.

Loi de Murphy : tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal. Sous des aspects humoristiques, cette théorie a servi dans bien des domaines, de l’astronautique à la conception d’objets de tous les jours afin de diminuer les risques et d’améliorer la qualité.

L’effet Dunnig Kruger : « Le problème avec le monde, c’est que les gens intelligents sont pleins de doutes tandis que les plus stupides sont pleins de confiance » (Charles Bukowski). On appelle cela l’effet de surconfiance, c’est à dire le fait que des individus surestiment leurs capacités dans un domaine défini. On raconte que les deux psychologues qui ont donné leur nom à cet effet avaient été interloqués par la mésaventure d’un braqueur de banques qui s’était enduit de jus de citron en pensant devenir invisible aux caméras, façon encre sympathique (pour ceux qui se poseraient la question : ça ne marche pas).

L’effet Ikea : tout simplement le fait d’attribuer une valeur plus importante aux objets que l’on a contribué à construire (à notre avis, cela est très variable, en fonction des qualités manuelles plus ou moins développées des bricoleurs…)

Qu’allons nous construire aujourd’hui ?

 

Effet Vlebben, aussi appelé effet de snobisme : plus un objet est cher, plus il est désirable et plus la perception de sa qualité sera importante. Démontré notamment avec des bouteilles de vin : plus l’étiquette est prestigieuse, plus le ressenti de qualité sera important, même si le prestigieux breuvage a été remplacé par de la piquette…

Principe de Peter : devenu célèbre suite à l’ouvrage éponyme (en 1970), ce principe se voulait satirique et donc bien peu scientifique… Il a depuis été validé par des études universitaires (et par l’expérience d’un certain nombre d’entre nous…). Selon ce principe, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence », avec pour corollaire que « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité » (toute ressemblance, etc.).

Principe de Dilbert ( Scott Adams)

Effet Google : désigne la faculté à oublier l’information facilement accessible, et plus généralement la modification de la façon dont notre cerveau travaille désormais.

Effet Mona Lisa : vous regardez un portrait sur un tableau, vous vous décalez et celui-ci semble vous suivre du regard… Non, le tableau n’est pas vivant, cet effet est bel et bien démontré et expliqué… Sauf pour la Joconde ! Un comble…

Regardez-moi dans les yeux !

 

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