Abeilles urbaines : la ville au service de la biodiversité ?

- temps de lecture approximatif de 27 minutes 27 min - Modifié le 05/07/2016 par Bibliothèque municipale de Lyon

En mars 2011, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) a émis un rapport sur la disparition des abeilles. Ce rapport témoigne d'une préoccupation grandissante de la part de nos institutions gouvernantes pour un problème aux ramifications bien plus dramatiques qu'on ne l'imagine en général. La disparition des abeilles porterait un coup sévère à la biodiversité.

© Pixabay
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Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE explique : « La manière dont l’humanité gère ses actifs liés à la nature, notamment les pollinisateurs, définira en partie notre avenir collectif au XXIe siècle. Le fait est que sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70 sont pollinisées par les abeilles. (…) Il n’y a pas de catastrophe immédiate pour la pollinisation mais nous y allons tout droit. Nous devons faire quelque chose pour garantir la pollinisation pour les générations futures. »

La Communauté européenne, de son côté, finance un projet pilote, initié par une association de la région lyonnaise, dont l’objectif consiste à établir au sein des villes des enclaves préservées où les abeilles pourraient survivre loin des menaces causées par l’agriculture intensive. Ce projet, au nom évocateur de « Urban Bees » a vu le jour en janvier 2010, inaugurant une « année de la biodiversité » dont l’intention ressemble davantage à une injonction de la dernière chance, quand on sait que ces 20 à 30 dernières années cette biodiversité subit un déclin sans précédent. Fin juin 2011, pour la deuxième année consécutive, Lyon participera aux APIDays, manifestation festive et militante organisée par l’Union Nationale des Apiculteurs Français. Pendant tout un week-end, petits et grands sont invités à butiner autour des ruches urbaines installées pour l’occasion.

Le paradoxe c’est que l’abeille devenue cause internationale, alors qu’elle est sur le point de disparaitre, n’a jamais été aussi présente, jusqu’au cœur des parcs et jardins de nos cités, sur nos balcons ou les terrasses de nos immeubles.

1. Des ruches en berne…

Un être manque et tout est dépeuplé…

ButinageOn connait la fameuse allégation de Einstein concernant les abeilles : si celles-ci venaient à disparaître, l’Homme ne leur survivrait pas. On peut se demander naïvement en quoi le destin de l’Homme est-il si étroitement lié à celui de ces hyménoptères : si le miel produit par ces insectes a longtemps constitué l’unique aliment pourvoyeur de sucre, on voit mal en quoi il est aujourd’hui indispensable à la survie de l’espèce humaine. En fait, le père de la théorie de la relativité s’aidait de cette image pour expliquer les liens étroits qui unissent les maillons d’un écosystème. Les abeilles jouent un rôle écologique essentiel : dans le contrôle de la prolifération des ravageurs, ou dans le recyclage de la matière organique (nourrissage des sols et plantes), mais avant tout et surtout dans la pollinisation des plantes à fleurs. Les abeilles butinent pour récolter le nectar des plantes, nectar à partir duquel elles produisent le miel. Au moment de l’extraction de ce nectar, en s’activant sur le cœur de la fleur, elles s’empoissent de pollen. En butinant de fleurs en fleurs, elles assurent ainsi, malgré elles, la circulation du pollen d’une plante à l’autre, et donc la pollinisation et la reproduction des plantes. La grande diversité des plantes garantit la diversification des pollinisateurs, et réciproquement : on observe là les effets d’une co-évolution, processus au cours duquel les particularités de l’un et l’autre des organismes se développent en étroite coordination, liant les destins des deux espèces. La disparition des abeilles compromettrait très sérieusement la reproduction d’une bonne partie de la flore de cette planète.

abeille2Sans elles, la plupart des cultures fruitières et maraîchères resteraient stériles : leur action pollinisatrice est cruciale pour 70% de la diversité de la production agricole, comme pour le maintien de plus de 80% de la flore sauvage [1]. La seule pollinisation des fleurs a été estimée en 2006 à plus de 153 milliards d’euros sur la planète [2], soit 9,5% de la valeur de la production mondiale de produits agricoles (en gros, chaque habitant de la planète prend un repas sur trois grâce à ces pollinisateurs). Dans certaines zones du monde où les abeilles sauvages ont disparu [3], les fermiers doivent aujourd’hui fertiliser eux-mêmes les fleurs des arbres fruitiers avec des plumeaux. Sans elles, disait donc Einstein, la survie même de l’homme se trouverait compromise.

De la très grande diversité des espèces d’abeilles dépend donc la diversité de la flore (et vice-versa) puisque chaque espèce de fleurs possède son ou ses pollinisateurs. On dénombre à ce jour 20000 espèces différentes d’abeilles dans le monde (2500 en Europe) réparties essentiellement dans la zone climatique méditerranéenne (climat doux et relativement sec : pourtour méditerranéen, Californie, Afrique du Sud, Chili, Australie). Sur les 1000 espèces que comptent la France, on peut estimer que 400 sont représentées en Rhône-Alpes, surtout dans les parties méridionales de la Drôme et de l’Ardèche.

Les abeilles, comme on le voit, joue un rôle essentiel dans l’équilibre de notre écosystème global. En y réfléchissant, si l’on prend en considération la bonne marche de cet écosystème, elles occupent une place bien plus importante que celle de notre espèce si peu douée de raison. Pourtant, cruelle injustice, c’est à notre cupidité qu’il faudra sans doute imputer un jour, peut-être, la disparition de cet irremplaçable maillon.

Chronique d’une disparition programmée

Depuis quelques années, il ne fait plus l’ombre d’un doute que la biodiversité connait un déclin sans précédent [4]. Une étude parue en juillet 2006 dans la revue Science révèle l’aspect très préoccupant d’une diminution dramatique des espèces d’abeilles, baisse d’autant plus grave qu’elle concerne l’ensemble des groupes étudiés. Le grand public est surtout sensibilisé à la disparition des ouvrières mellifères et à l’appauvrissement des récoltes de miel (il suffit en général de constater la très forte progression du prix du miel dans les rayons de nos supermarchés), mais il faut bien se rendre compte que Apis Mellifera (l’abeille d’élevage) ne représente que 0.1% des espèces établies dans nos contrées. Pourtant la disparition des butineuses chez les abeilles sauvages présente un caractère bien plus radical que chez leurs homologues domestiques : comme les abeilles sauvages ne sont pas organisées en colonies, les butineuses sont également pondeuses, et leur disparition compromet directement la génération suivante.

Cette disparition semble s’être produite assez brutalement. Les apiculteurs ont très nettement perçu une chute démographique de leur cheptel dans le courant des années 1990. Aux USA, en à peine quelques années, plus de la moitié des abeilles a déjà disparu. En France, si on manque de coordination pour réunir des données fiables, il est certain que le phénomène est au moins aussi dramatique : en 10 à 15 ans, la production de miel a largement baissé de moitié. On appelle « effondrement de ruche » l’hécatombe pouvant survenir dans une ruche qui laisse par poignées les cadavres d’abeilles gisant au pied de leur abri.

Aujourd’hui, les conséquences de cette disparition des insectes pollinisateurs commencent à se faire sentir : des chercheurs indiens sont parvenus à établir de fortes corrélations entre la baisse de la productivité agricole de leur pays et la disparition des insectes pollinisateurs. Pour obtenir ces résultats, l’équipe de chercheurs de l’Université de Calcutta a comparé les rendements de deux types de cultures : « Les données prouvent que les rendements de cultures indépendantes de la pollinisation ont continué à augmenter tandis que ceux des cultures dépendantes de la pollinisation ont diminué ».

Dans le département du Rhône, les disparitions d’abeilles semblent s’être accrues au début du siècle, après les premiers décès massifs constatés à partir de 1997. On estime par exemple que 44% des colonies d’abeilles ont péri en hiver 2009-2010 : belle façon d’inaugurer 2010, « année de la biodiversité ». En fait, depuis 1995, près de 30 % des colonies disparaissent chaque année et, en dix ans, 10 000 apiculteurs professionnels ou pluriactifs ont cessé leur activité. Autre chiffre accablant : des 80000 ruches établies dans la région de Lyon en 1990, il en reste moins de 15000… Seul le Jura semble encore à peu près épargné, peut-être du fait d’une agriculture extensive et d’une biodiversité remarquable favorable aux abeilles.

D’après le rapport de l’ONU publié en mars 2011, ce phénomène est principalement observé dans les pays industrialisés de l’hémisphère nord. La douzaine de facteurs explicatifs recensés dans le document n’apportent pas de révélation fracassante. Les raisons du déclin, multiples, sont à peu près celles déjà avancées depuis quelques années, se réduisant pour la plupart aux conséquences d’une gestion ultra libérale des ressources naturelles, mues par la logique du gain à court terme : parmi les causes principalement évoquées, on retiend :

  • le déclin de la biodiversité : certaines études ont mis en évidence que les abeilles qui ont accès à un mélange de pollens de différentes plantes sont en meilleure santé que celles qui se nourrissent d’un seul type de pollen.
  • l’apparition de parasites mortels pour l’abeille, par exemple la mite « Varroa destructor » affectant les abeilles en Europe et Amérique du nord, mais que les abeilles africaines tolèrent, ou encore de prédateurs comme le redoutable frelon asiatique qui coupe la tête des abeilles et garde le thorax pour construire son nid. Plus récemment c’est la combinaison de deux micro-organismes qui ont été mis sur la selette : le micro-champignon Nosema ceranae et le IIV-6, une souche du virus irisé des invertébrés (Invertebrate iridescent virus ou IIV), de la famille des Iridoviridae dont l’association « a été parfaitement corrélée avec les colonies frappées par les symptômes d’effondrement de la colonie » lors des études effectués sur des populations saine et malade d’abeilles. Des chercheurs américains viennent en outre de démontrer que les pollens sont un réservoir de virus, pouvant constituer un foyer de transmission entre pollinisateurs.
  • les modes de gestion violents des talus et des haies qui, tout en contribuant d’une part à la raréfaction des ressources alimentaires, modifie les espaces de nidification d’autre part.
  • et surtout l’évolution des pratiques de l’agriculture intensive, tels le remembrement et la mécanisation de l’agriculture, la réduction des surfaces en légumineuses (arrêt des rotations de culture), les fauches précoces et répétées des prairies, le traitement des bords de route au gyrobroyeur…

Sans oublier la cause longtemps pointée du doigt, notamment par les apiculteurs : l’utilisation de pesticides et engrais de synthèse. Un article publié en 2006 dans la revue Nature corrobore l’hypothèse chimique d’une extinction de masse ; l’abeille possédant certaines carence en gènes codant les enzymes de détoxification, elle subirait davantage que tous les autres groupes zoologiques l’action de substances toxiques.

abeille fleur 2Les abeilles, particulièrement fragiles, sont aussi les premières à subir en butinant les pesticide déversés sur les plantes mellifères. Mais c’est également leur mode de nidification qui les rend sensible à ce type d’intoxication. Certaines espèces colonisent des trous existants : branches, tiges creuses ou galeries dans le bois creusées par des larves de coléoptères… D’autres espèces sont des cleptoparasites : les femelles déposent un œuf à l’entrée du nid de l’espèce parasitée, puis la larve tue l’hôte et se nourrit de ses réserves accumulées. Cependant la grande majorité (80%) des espèces sont terricoles : elle nidifie dans le sol, ce qui évidemment les rend vulnérables à la pollution généralisée des sols par les pesticides. D’autre part, les abeilles climatisent leur nid en faisant évaporer de l’eau récupérée à proximité : les pesticides et résidus chimiques contenus dans l’eau contaminent les larves.

Hugues Mouret, président de l’association Arthropologia, résume la situation : « Des études récentes (parues dans les revues Nature et Science) montrent un déclin catastrophique des pollinisateurs, ce qui pourrait entraîner une chute des productions agricoles ; la flore sauvage entomophile (qui nécessite le transport du pollen par les insectes) le subit déjà. L’agriculture mono-spécifique intensive et les pratiques de gestion conventionnelle entraînent une destruction des milieux qui abritent les insectes comme les haies, les zones humides, les talus et fossés, etc. Enfin, les habitats naturels sont morcelés et quelquefois détruits par l’urbanisation. Tout cela induit une perte de la biodiversité. Il apparaît nécessaire et urgent d’enrayer ce déclin… »

En 1999, Alain Rouchon, actuel président du Syndicat des apiculteurs du Rhône, constate au moment de la floraison des tournesols la disparition de 20% de son cheptel ; sa récolte qui s’élevait à 20kg l’année précédente atteint péniblement les 4kg cette année là. Il soupçonne une corrélation entre la mort subite de ses abeilles et l’utilisation d’un nouvel insecticide sur les cultures de tournesols, le Régent [5]. Dans une affaire de ce type, c’est aux plaignants que revient la tache de démontrer la nocivité du produit : les expertises mandatées par les apiculteurs (pour lesquelles ils investissent 3.5 millions d’euros sur 6 années) ne tardent pas à mettre en cause le Fipronil et l’Imidaclopride, molécules utilisées dans certains insecticides tels le Régent ou son concurrent direct, le Gaucho [6]. En vertu du principe de précaution, l’utilisation du Régent est suspendue en février 2004, après la mise en examen du fabricant, BASF Agro, par un juge de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) notamment pour « mise en vente de produits agricoles toxiques nuisibles à la santé de l’homme et de l’animal » et « complicité de destruction du bien d’autrui » [7]. Le ministère de l’Agriculture autorise cependant l’écoulement des stocks : en réaction à cette décision, la Confédération Paysanne décide l’occupation des bureaux du ministère. Les manifestants découvrent à cette occasion certains documents confidentiels parmi lesquels une lettre du service juridique du ministère qui indique que d’éventuelles poursuites pour avoir permis d’écouler les stocks coûteraient moins cher que l’interdiction des semis.

Certains scientifiques émettent cependant de sérieuses réserves sur la possible responsabilité du Fipronil dans les effondrements de ruches. C’est le cas de Patrick Ravanel chercheur à l’université Joseph-Fourier de Grenoble dans une unité mixte CNRS qui travaille depuis 1994 sur le Fipronil. Mais malheureusement, il n’est pas toujours facile d’accorder le crédit qu’il faudrait à ce type de témoignage quand on sait les liens étroits qui aliène parfois la recherche scientifique à l’industrie : sur les trois thèses conduites par Patrick Ravanel sur le Fipronil, les deux premières ont été financées par Rhône-Poulenc, le détenteur à l’époque de la molécule [8].

En 2007, au cours d’un réexamen automatique et sur la foi de nouveaux résultats apportés par la firme BASF Agro, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concluent que le Fipronil ne présente pas de danger significatif pour l’environnement. En janvier 2009, le juge de Saint-Gaudens prononce un non-lieu dans la plainte contre BASF Agro déposée sept ans auparavant, dégageant l’industriel d’une suspension de la commercialisation de son pesticide qui pourrait reprendre en 2012.

S’il est difficile d’incriminer aujourd’hui l’action d’un seul insecticide, thèse longtemps soutenue par les apiculteurs, on suppose que leur nocivité pourrait provenir de leur combinaison, même à très faible dose, ou des réactions combinées de molécules entre elles, qui pourraient en plus favoriser la vulnérabilité des abeilles en face de certains virus [9].

butineur1L’affaire du Régent fait en tout cas scandale en France : elle attire l’attention du public sur les possibles conséquences pour l’environnement d’une utilisation intensive de pesticides par l’industrie agro-alimentaire. Une enquête publiée par deux journalistes en 2007, Pesticides, enquête sur un scandale français [10], plutôt bien accueillie par la presse polarise les foudres du lobby de l’industrie phytosanitaire : le livre explique comment l’industrie phytosanitaire qui s’est développée dans l’immédiat après-guerre à partir d’armes chimiques utilisées par l’armée, a infiltré jusqu’à aujourd’hui les commissions officielles chargées du contrôle des pesticides [11], et dénonce l’ « implication de la haute administration française dans la mort de milliards d’abeilles. » Aujourd’hui, la filière apicole réclame l’interdiction du Cruiser et du Proteus… contre l’avis positif émis par l’Agence Française de la Sécurité Sanitaire et Alimentaire (AFFSSA).

Pour s’attaquer au problème, un Institut technique et scientifique de l’abeille a été créé. Et un « monsieur Abeille », Jean-Pierre Comparot, a été nommé par le gouvernement ; le discours officiel a tendance à minimiser l’implication de l’industrie des produits phytosanitaires, en insistant sur la multiplicité des facteurs responsables de ces « effondrements » de ruches. Pourtant, l’empoisonnement des sols et de la flore reste la cause la plus souvent privilégiée par les scientifiques indépendants, et celle retenue majoritairement par les apiculteurs eux-mêmes [12]. Ces derniers sont sceptiques quant à l’implication du gouvernement face à ce problème : « Jamais les politiques n’oseront mettre en cause le secteur des industries chimiques. C’est un lobby bien plus puissant que nous ».

C’est tout un système de culture qu’il faudrait réformer. Mais l’industrie peut-elle se passer d’insecticide ? Pour Alain Rouchon, il existe des solutions : « L’alternative qui me semble la plus juste serait de recourir à un mode de culture par rotation. (…) Ça consiste à changer la nature du produit cultivé chaque année. Procéder par alternance : cultiver du blé pendant une année, ensuite des tournesols l’année d’après et ainsi de suite. Certains prédateurs ne pourraient alors pas se développer (…) Si les agriculteurs ne le font pas, c’est parce que cette pratique ne leur rapporte pas de prime ».

Gérard Chopin, Agent sanitaire apicole : « En théorie, c’est à la campagne que les abeilles devraient être le mieux et là où elles devraient trouver le plus de nourriture. Mais aujourd’hui, la campagne est fragilisée. Des pesticides sont utilisés et notamment dans toutes les régions de culture céréalière, arboricole et viticole, où les abeilles sont menacées de disparition. C’est le cas dans le Rhône où l’on a enregistré plus de 40 % de perte. Il ne s’agit pas de taper sur les agriculteurs et les viticulteurs, le problème n’est pas sur l’utilisation ou non de produits chimiques mais plutôt la surdose et l’association de certains produits. Le mélange peut provoquer une mortalité aiguë des abeilles. Depuis six mois, plusieurs personnes spécialisées dans ce domaine, assermentées par les préfets, et intervenant pour la Direction départementale de la protection pour la population (DDPP) sont chargées de faire des relevés d’échantillons d’abeilles, pour les faire analyser en cas de maladies réputées contagieuses ou en cas d’empoisonnement. Par ailleurs, notre rôle est aussi de visiter tous les apiculteurs d’un secteur qui, depuis plusieurs mois, sont soumis à un cahier des charges pour une meilleure traçabilité. Les abeilles en ville : ce n’est pas rare. C’est même plutôt bon signe. D’ailleurs, certaines municipalités l’ont compris et installent des ruches à sentinelles, sur leur territoire. C’est en quelque sorte un vérificateur de pollution de l’air ! Dans le cadre de la réalisation de sa station d’épuration, la communauté de communes de Belleville envisagerait d’ailleurs de faire de même. »

2. Exode rural

Abeilles domestiques

Les abeilles en ville, ça ne date pas d’hier. Les arrières cours, les jardins, les terrasses et même dit-on certaines salles à manger sont parfois le théâtre d’une activité bourdonnante : les apiculteurs amateurs ne sont pas rares dans le Grand Lyon [13]. Il faut dire que les abeilles s’acclimatent assez facilement à la ville ; et même, on pourrait croire qu’elles y sont mieux qu’à la campagne : les espaces verts sont moins pollués qu’en zone agricole avec, en moyenne, de 2 à 3 degrés de plus qu’à la campagne. De plus la diversité botanique des balcons, parcs et jardins y est souvent mieux développée.

Si les abeilles sont sensibles à la pollution de l’air, le miel qu’elles produisent en ville est aussi pur que celui produit en pleine campagne : le nectar qu’elles recueillent sur les fleurs n’entre pas en contact direct avec l’air… Une ruche en ville peut produire entre 15 et 20 kg de miel par an : autant dire qu’une seule ruche suffit largement à une consommation personnelle. Mais attention, on ne s’improvise pas apiculteur : des formations permettent d’appréhender le métier, et la presse spécialisée de se tenir au courant. Et puis l’installation de ruches est règlementée : le code rural définit le cadre général (article 206 et 207, chapitre « Des animaux de basse cour, pigeons, abeilles, vers à soie et autres ») et c’est ensuite à chaque département (le préfet ou, par défaut, le maire) que revient de fixer les règles de distance ruches-habitations.

Sentinelles de l’environnement

Fin 2005, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) lance un programme national de sensibilisation et d’information du grand public, des collectivités territoriales et des entreprises à la sauvegarde de l’abeille et des pollinisateurs sauvages : l’abeille, première victime des insecticides et pesticides neurotoxiques systémiques utilisés en agriculture, a le triste privilège depuis l’affaire du Régent d’incarner le statut de « fusible » face aux diverses pollutions de l’environnement. C’est donc comme « sentinelle de l’environnement [14] » que le programme de l’UNAF choisit de lui faire franchir les portes de nos villes. Les abeilles, qui butinent dans un rayon de trois kilomètres, sont les mieux placées pour fournir un certains nombres de données environnementales à partir du pollen ramené à la ruche dont l’analyse permet l’étude des impacts de la pollution sur la flore locale. En installant des ruches sur les toits, terrasses, espaces verts et jardins des villes, l’UNAF espère en outre familiariser le public à ce fragile pollinisateur, et donc le sensibiliser à son dramatique destin.

Les 17 et 18 Juin 2011 dans plus d’une soixantaine de villes en France, collectivités publiques (régions, départements, villes) et entreprises, tous engagés avec les apiculteurs de l’Union Nationale de l’Apiculture Française proposent gratuitement un programme festif et pédagogique : récoltes et dégustations de miel, conférences, projections de films, jeux, ateliers et animations pour les enfants. Les journées nationales de l’abeille, APIdays, ont été inaugurées en juin 2010.

En 2010, à l’occasion de ces journées, plus de 80kgs d’un miel à l’arôme de fleurs d’acacia ont été récoltés dans les ruches installées au siège de la Région Rhône-Alpes. Depuis le printemps 2007, la Région est partenaire du projet « Abeille, sentinelle de l’environnement » : son siège de Charbonnières-les bains accueille huit ruches aux couleurs du programme. Si Jean-jack Queyranne, président de la Région et membre du Comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement, tient à exprimer ainsi son soutient au projet, ce n’est pas tout-à-fait par hasard : la Région s’est engagé dans une véritable politique apicole ; elle élabore notamment un projet de développement de cette filière sous la forme d’un contrat régional d’objectifs et filières. D’autre part, elle apporte son soutien financier à des actions de recherche appliquée : observation des cas d’intoxication de ruchers, études génétiques sur le mâle et les reines, sur le parasite varroa ou sur la loque américaine, collecte de données technico-économiques sur la filière. Rappelons tout de même qu’en Rhône-Alpes, près de 10000 apiculteurs exploitent plus de 146000, soit 11% du cheptel national, pour produire environ 3000 tonnes de miel par an.

abeilles ruches saint-exuperyLe projet de l’UNAF fait des émules : ce n’est pas un hasard ; le public est aujourd’hui particulièrement sensible aux discours environnementaux. L’abeille, devenue bien malgré elle le symbole de la lute pour la biodiversité, est volontiers conviée dans le jeu socio-politique autour des questions d’environnement. C’est ainsi qu’on la retrouve butinant aux abords de l’aéroport Saint-Exupéry… Sous l’égide de Lionel Lassagne directeur du développement durable des Aéroports de Lyon, 10 ruches (soit 50000 abeilles) sont installées en bordure des pistes : c’est que, après le bruit, la qualité de l’air est la deuxième plus importante préoccupation des riverains ; la présence des abeilles à proximité des pistes apporte une caution très symbolique à cette qualité environnementale. Mais plus prosaïquement, des prélèvements de pollens, retenus dans les « trappes à pollen » dont les ruches sont équipées sont envoyés trois fois par an au Comité de contrôle de la pollution atmosphérique dans le Rhône et la région lyonnaise (COPARLY), permettant l’identification et la quantification des polluants atmosphériques, comme métaux lourds et hydrocarbures [15]. De plus, le miel est analysé afin d’établir la biodiversité de la flore et de suivre son évolution [16].
Si ce projet semble s’inscrire en droite ligne dans le programme « Abeille, sentinelle de l’environnement », il s’agit en fait d’une initiative locale : en collaboration avec l’ADARA (Association pour le développement de l’apiculture en Rhône-Alpes) et la chambre d’agriculture du Rhône, c’est un apiculteur professionnel, Michel Beraud, qui s’est vu confié la responsabilité de ces ruches en mars 2007.

Des projets indépendants de ce type, il s’en monte un peu partout depuis quelques années : les ruches fleurissent dans les parcs municipaux. « Marqueur de biodiversité », « sentinelle de l’environnement », l’abeille est sollicitée par toute les municipalités : à la Duchère [17], Grenoble, Villefranche, Sainte-Foy-lès-Lyon , etc. Et même sur les toits du siège du Grand-Lyon à la Part-Dieu et de certaines mairies d’arrondissement… Le parc de Miribel aura bientôt ses propres ruches et un label sous lequel distribuer leur production.

Abeilles urbaines

abeille solitaire 1Ce type de projet n’est pourtant pas toujours bien perçu par les apiculteurs eux-mêmes. Ils redoutent que la récupération politique de ce type d’actions ne limite les réponses à donner au problème de fond que constitue la disparition des abeilles.
« C’est en train de nous nuire. Les ruches en ville font de très bonnes récoltes, tous nos dirigeants veulent des ruches chez eux pour avoir bonne conscience… Mais ce n’est pas en mettant des abeilles en ville qu’on va sauver l’apiculture ». Le risque, c’est que ces opérations symboliques se transforment en folklore, au détriment d’une vraie politique de sauvegarde des abeilles.

On reproche aussi à ces opérations de manquer d’envergure, de s’inscrire un peu trop dans l’évènementiel local, voire l’opportunisme de clocher, alors que le problème qu’elles dénoncent est bien global. Les abeilles mellifères ne représentent qu’une toute petite minorité des espèces d’abeilles ; si elles sont les stars de ces opérations sentinelles, c’est que les abeilles d’« élevages » sont le maillon central de la filière économique apicole : liée à sa sauvegarde, c’est la survie d’une industrie qui est en jeu, symbolisée par les ruches installées dans les parcs de ces municipalités. Avec le risque que le public n’associe trop étroitement l’abeille à sa seule fonction de productrice de miel, ce qui tendrait à minimiser dans son esprit l’impact de leur disparition. Or l’abeille sauvage est au moins aussi en danger que sa consœur domestique. Et mérite tout autant qu’on se soucie de son devenir : même si son installation dans nos cités ne promet pas la récolte festive d’un miel du « cru », ou qu’on ne peut espérer tirer de leur butinage des statistiques environnementales sur la qualité de l’air ou l’empoisonnement de la flore par la pollution.

C’est en partant de ce constat, qu’une petite association de Sourcieux-les-Mines, Arthropologia [18], créée en 2001, et qui aujourd’hui compte 6 salariés et 25 membres, décide à partir de 2006 de monter un projet destiné à enrayer la disparition des abeilles sauvages. Constituée à l’initiative de quelques amoureux de la nature, pour préserver les milieux naturels des abus irresponsables de l’Homme, l’association articule son action autour de trois axes : études de terrain (inventaire, gestion d’impact), information et formation (sorties, conférences, expos, formations professionnelles) et protection des milieux naturels. Partant du constat que la ville, dont les espaces verts sont épargnés par l’engorgement phytosanitaire des sols et de la flore, peut jouer le rôle de refuge transitoire ou permanent pour certaines espèces, l’association veut mettre à profit son expérience de terrain et son expertise pour assurer un travail de collecte, d’inventaire et d’étude des abeilles en milieux périurbains afin d’y faciliter leur acclimatation.

Pour monter son projet, elle répond en 2009 à un appel à projet du programme de financement européen Life+, en proposant d’étudier sur 5 ans à l’échelle d’une métropole européenne, le Grand Lyon, la viabilité d’un plan de gestion des abeilles sauvages en milieux urbains – projet destiné par la suite à servir de modèle à l’ensemble des grandes villes européennes. Pour crédibiliser ce projet et en assumer l’énorme logistique de trésorerie, elle fait appel à l’Institut National de Recherche Agronomique à Avignon (INRA) [19], et se garantit le soutien de solides partenaires : le service Science et Société de l’Université de Lyon, le musée d’histoire naturelle de Londres, les villes de Lyon et de Villeurbanne. Le projet, ambitieux, chiffré à plus de 2 millions d’euros est finalement pris en charge pour moitié par l’UE. Une aide logistique (montage du projet) et financière du ministère de l’Ecologie (300000 euros), du Grand Lyon (150000 euros) et in extremis de la Région (250000 euros) mais aussi de la société Botanic complètent le budget alloué au projet.

Lancée en janvier 2010, « Urbanbees [20] » dévoile ses ambitions dans la presse locale par la voie du président de l’association, Hugues Mouret : il revient sur « l’objectif de tester une méthode pour enrayer la disparition des populations d’abeilles, une première en France. Le chantier à mener en 5 ans (2010-2014) est vaste : réaliser un état des lieux des populations, installer une vingtaine d’hôtels à abeilles dans le Grand Lyon, étudier leurs impacts, communiquer et généraliser la méthode si elle s’avère fructueuse. » Sans perdre de vue que le projet à des allures de modèle européen, destiné à être reproduit ensuite : « L’idée est de mettre en place divers outils d’expérimentation pour voir ce qui fonctionne, ou pas, pour favoriser la reproduction des abeilles selon les espèces, les essences de bois ou les sols, explique Charlotte Visage, coordinatrice Urbanbees. Notre étude sur le Grand Lyon va durer jusqu’en 2013. Au fur et à mesure, nous validerons des préconisations. En 2014, nous diffuserons un guide de gestion au niveau de l’Europe. »
Hugues Mouret : « D’un point de vue pratique, ce projet aboutira à la diffusion de publications à destination du grand public et des étudiants, mais aussi d’un guide de gestion pour les techniciens des collectivités territoriales et les élus. Ce guide devra immanquablement être scientifiquement valable, techniquement réalisable. »

Gerland Avril 2010Le grand public est quant à lui aussitôt mis à contribution par le biais de nombreuses animations, notamment la construction de zones d’habitats artificiels en cinq points stratégiques de Lyon : le parc de Gerland, celui de la Tête d’Or, le Jardin des Plantes dans le 1er arrondissement, mais aussi la Cressonnière dans le 9e et le Parc de Chambovet dans le 3e.

Construire un hôtel pour abeille : une activité en plein air qui ne manque pas de piquant, si l’on en croit l’enthousiaste témoignage d’un internaute qui a mit la main à la pâte [21] :
« Venez vous rendre utile au grand air, le temps d’une matinée, d’un après-midi ou une journée entière… Il y aura un peu d’« huile de coude » à fournir, c’est certain, mais le tout dans la bonne humeur, l’échange et la pédagogie puisqu’on apprend plein de choses sur les abeilles. »

Trois types d’habitat sont prévus, respectant les particularités des nombreuses espèces d’abeilles sauvages :

L’hôtel à abeilles : bûches percées de différentes essences, tiges creuses, tiges à moelle tendre et terre sèche pour les abeilles arboricoles qui en pleine nature pondent dans des abris constitués par un trou dans une branche morte ou un vieux tronc.

Gerland Octobre 2010

Les carrés de sol : sorte d’enclos délimité par des planches limitant l’accès des racines avoisinantes aux différents substrats de terre, sable, argile dont il est constitué, protégé d’une grille contre les déjections de chiens, c’est l’habitat idéal des espèces d’abeilles qui trouvent refuge dans le sol, soit la grande majorité.
Gerland Juin 2010

Les spirales à insectes : un muret élevé en spirale permettant d’assécher la terre qu’il retient, condition favorable à la culture de plantes mellifères (dont le nectar permet aux abeilles de fabriquer du miel), même en climat plus froid et humide.

Et pour ceux que la promiscuité avec ces aculéates sauvages inquiéteraient : les allergies conduisant à quelques dizaines de mort par an en France sont dues aux abeilles mellifères, la piqure des abeilles sauvages, quand elles piquent (rarement), s’atténue rapidement : « Ce sont les abeilles de ruches et non les sauvages dont on peut craindre le venin. Si jamais une abeille vous pique, c’est d’abord parce que vous l’aurez agressée. Les sauvages ont peu de chances d’arriver à percer votre peau. Si c’est le cas, la piqûre disparait en quelques heures » rassure Hugues Mouret, le président d’Arthropologia

Il reste encore beaucoup à faire d’ici 2014 pour parvenir à mettre sur pied un modèle transposable à l’ensemble des grandes villes européennes. Mais la presse locale se fait régulièrement l’écho de la floraison de ces logements inattendus à travers tout le département. Et la réaction très positive des habitants semblent confirmer l’impact essentiel de l’entreprise :
informer le grand public de la situation dramatique sans faire de catastrophisme alarmant, en misant plutôt sur une note d’espoir : la disparition des abeilles n’est pas une fatalité. Et leur survie en ville, dans un milieu épargné par les méfaits de l’agriculture intensive prouve bien qu’une agriculture raisonnée pourrait les sauver.

Conclusion

abeille fleur1Si aujourd’hui on admet que les raisons pouvant expliquer la disparition des abeilles sont complexes, et qu’elles interdisent d’imputer aux seuls insecticides la responsabilité de cette hécatombe, il semble en revanche indéniable que pour une bonne part cette « chronique d’une catastrophe annoncée » est causée par tout un système d’agriculture irraisonnée, soutenue par une vue à très court terme. Les projets d’acclimatation des abeilles en ville peuvent s’apparenter à une forme de folklore opportuniste aux yeux de certains, mais il faut leur reconnaitre le mérite d’attirer l’attention du grand public sur ce problème aux implications bien plus grave que la seule disparition d’une espèce. D’une certaine façon, ces projets, généralement soutenus, voire encouragés à tous les niveaux de gouvernance des nations, témoignent de la prise de conscience par les gouvernements de ces problèmes environnementaux majeurs : une prise de conscience de toute façon assez inévitable, puisque au-delà des luttes politiciennes, des clivages nord-sud, nous sommes tous également concernés par la catastrophe qu’engendrerait une éradication des espèces de pollinisateur. Le rapport du PNUE préconise d’ailleurs une transition urgente vers des pratiques écologiques d’agriculture, moins dépendantes des pesticides et plus résistantes aux menaces telles que le changement climatique. Ce rapport constitue ainsi une pression supplémentaire pour le respect du plan Ecophyto 2018, qui prévoit de réduire de moitié le nombre de traitements à l’horizon 2018.

On peut interpréter la disparition des abeilles comme une forme d’avertissement sur les dérives d’une agriculture irraisonnée, assujettis aux règles d’un libéralisme destructeur. Laissons à Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, le soin de conclure : « Les êtres humains se sont donnés l’illusion au 21ème siècle qu’ils avaient fait les progrès technologiques nécessaires pour être indépendants de la nature. Les abeilles nous rappellent la réalité, c’est-à-dire que nous sommes plus – et non moins – dépendants des services de la nature dans un monde comptant près de sept milliards d’individus ».

Bibliographie


[1] D’après Hugues Mouret, président de l’association Arthropologia : « Les insectes, et principalement les abeilles, pollenisent 70% des plantes cultivées, et 84% des plantes sauvages. Sans insecte, il n’y a donc ni transport de pollen, ni reproduction. C’est la biodiversité végétale qui est en jeu. »

[2] 14 milliards en Europe

[3] En Chine, par exemple, dans la province du Sichuan, les abeilles ont déjà totalement disparu, suite à l’utilisation massive et irraisonnée de pesticides dans les années 80.

[4] au moins depuis que l’homme est homme, c’est à dire bien après les dernières ères d’extinctions massives

[5] D’après Alain Rouchon, les premiers dégâts provoqués par le Régent sont constatés dès 1997 dans les Dombes, puis un peu partout dans la région, surtout dans les zones d’agriculture intensive : les plaines de Corbas, les vergers des Monts du Lyonnais, etc.

[6] La profession a obtenu, grâce au principe de précaution, la suspension du traitement des semences de tournesols au Gaucho en 1999, et en 2001 pour le maïs.

[7] Dans le cas du Régent cette suspension se contente de remettre les choses en ordre : l’insecticide était utilisé illégalement puisque son autorisation provisoire délivrée en 1996 et valable quatre ans n’avait jamais été reconduite.

[8] Lire au sujet de la suspension du Régent cette revue de presse du Groupement de Défense Sanitaire – Section Apicole

[9] L’étrange silence des abeilles de Vincent Tardieu

[10] Voir le site promotionnel de l’ouvrage en question.

[11] Comme les médicaments, la mise sur le marché de produits phytosanitaires est en théorie très règlementée : après évaluation par l’AFSSA (Agence Française de la Sécurité Sanitaire et Alimentaire), ils doivent bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché par le ministre de l’Agriculture.

[12] « hors zones de culture, on a fait des récoltes au-dessus de la moyenne. En zone de culture, [on n’a] rien fait du tout ».

[13] Selon la Direction des Services Vétérinaires de la Préfecture du Rhône, il y aurait 602 apiculteurs domiciliés dans le Rhône pour 873 ruchers comptabilisant 7024 ruches, toujours dans le Rhône. Cependant, les apiculteurs sont déclarés à la préfecture de leur domicile, et ces 602 apiculteurs du Rhône peuvent tout à fait posséder des ruches dans d’autres départements. La DSV ne dispose malheureusement pas de chiffres par commune. (cf Guichet du Savoir)

[14] voir le site.

[15] Voir les résultats de ces analyses sur le site de l’observatoire de la qualité de l’air en Rhône-Alpes

[16] Cette utilisation un peu particulière des abeilles n’est pas nouvelle : elles sont déjà sollicitées pour étudier, par exemple, l’impact sur l’environnement des pratiques agricoles dans la région de Bologne en Italie.

[17] par le biais de l’Association Naturama.

[18] voir le site de l’association.

[19] L’INRA n’en est pas à son coup d’essai : il était déjà partenaire du module Pollinisateurs du projet européen ALARM (Assessing LArge-scale environmental Risks for biodiversity with tested Methods) chargé d’évaluer les risques encourus par la biodiversité terrestre et aquatique. Son rôle consistait à évaluer l’impact agronomique et économique de l’évolution des populations de pollinisateurs sur l’agriculture de l’Union Européenne.

[20] voir le site de l’opération Urbanbees et la plaquette de présentation de l’association Arthropologia.

[21] voir le blog

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