Alimentation et cancer

- temps de lecture approximatif de 5 minutes 5 min - par Sabine Cap'Culture Santé

Le cancer est une maladie complexe. Les médecins mettent tout en oeuvre pour éradiquer la maladie en oubliant bien souvent de prendre en compte les autres aspects de la maladie : psychologie, alimentation, bien être... Cependant la prise en charge diététique et nutritionnelle, notamment en cancérologie, est de plus en plus développée et devient un des piliers fondamentaux de ce que l'on appelle les "soins oncologiques de support". Pour les personnes atteintes d'un cancer, les allégations plus ou moins farfelues de certains médias sont une source importante de pressions et de craintes. Essayons de démêler le vrai du faux !

Photo by Esther Wechsler on Unsplash
Photo by Esther Wechsler on Unsplash

Le cancer est un fléau en expansion qui nous touche de plus en plus. En parallèle, les médias nous alertent régulièrement sur des produits ou des substances toxiques pour la santé. Ses craintes ainsi exacerbées amènent certains sites et entrepreneurs peu scrupuleux à en profiter pour nous vendre du placebo à prix d’or. Le rôle de l’alimentation en prévention ou, pendant un cancer, y tient une place importante. De plus, c’est un domaine sur lequel nous pouvons facilement faire des choix et orienter nos habitudes. Cette impression de pouvoir maîtriser sa santé via son estomac est donc très utilisée par toutes sortes de personnes plus ou moins qualifiées. Mais où se situe le vrai du faux ? Y a-t-il un lien entre l’alimentation et le cancer ? Existe-t-il des aliments anti-cancer ?

1/ Info ou intox ?

Régulièrement, des allégations santé concernant des régimes, des aliments ou des compléments défraient la chronique et font une mini révolution qui retombe comme un soufflé. Relayés par les médias, ses allégations deviennent la clé de sauvetage de personnes atteintes d’un cancer en souffrance physique et psychique. Cela constitue un marché très rentable pour certaines entreprises

Pourtant, les institutions françaises ou internationales tentent de diffuser des informations vérifiées et prouvées sur les liens avérés entre alimentation et cancer, et, soulignent le fait qu’il n’existe pas d’aliment, régime ou complément miracle pouvant à lui seul prévenir ou traiter le cancer.

Mais les messages de santé publique bénéficient de moins de presse que les messages publicitaires permettant de vendre un produit miracle.

Le magazine Sciences et pseudo science donne quelques éclairages :

« En s’appuyant sur des travaux d’expertise collective de l’institut national du cancer (INCa), du centre international de rechercher sur le cancer (CIRC), du world cancer research fund (WCRF) et de l’american instute for cancer research (AICR) ont montrés, qu’en France, 40 % des cancers sont liés au mode de vie et à l’environnement. Sur les causes de cancer évitables, trois concernent la nutrition : l’alcool, l’alimentation déséquilibrée et le surpoids. »

Pour aller plus loin :

Journée mondiale de la santé des personnes Vecteur gratuit

2/Nourriture et cancer

Manger, cuisiner « quoi de plus simple ?« . Effectivement, mais réaliser ces exercices relève de la performance quand on est malade.

Manger, quand on est atteint d’un cancer, devient pénible. Parfois les papilles gustatives sont touchées par les traitements et on ne sent plus le goût. En temps normal, l’acte de manger est associé à du plaisir, à du partage, à une socialisation, à un bien être. Surtout en France, pays gastronomique avant tout. Essayer de se nourrir au mieux peut aider le malade à mieux vivre cette période difficile. Il peut s’agir d’être attentif à la manière dont est préparé et présenté un plat. Certains aliments sont une source de plaisir et peuvent déclencher des envies. Il n’est cependant pas conseillé au malade manger ses aliments préférés lors d’une chimiothérapie. Il y a un risque d’association à la maladie qui risquerait de l’en dégoûter définitivement. Certains dégoûts peuvent apparaître au début du traitement mais sont quasiment tous passagers. Au delà du plaisir de manger, manger permet de lutter de manière indirecte contre le cancer. Faites toutefois attention, si certains aliments présentent des bénéfices pour votre métabolisme, certaines associations avec votre traitement pourrait modifier l’action bénéfique, voire augmenter la toxicité des médicaments. Parlez en à votre médecin.

Certains aliments, herbes aromatiques ou épices peuvent aider, à des doses recommandées, à supporter certains effets indésirables. Ces derniers sont référencés dans un ouvrage validé scientifiquement et appelé Pharmacopée. C’est un ouvrage encyclopédique qui recense des plantes à usage thérapeutique, des substances d’origine animale, minérale et chimiques. Elle informe notamment sur la limite toxique des actifs. Le codex alimentarius est aussi une source intéressante pour disposer d’informations sur les produits transformés et les appellations commerciales.

En résumé, privilégier les vertus plaisirs et fonctionnelles de votre alimentation vous permettra de conserver une autonomie alimentaire, une place au sein des repas familiaux ou amicaux, de maintenir votre qualité de vie, d’éviter le renoncement à cuisiner à cause de l’isolement, de garder sa liberté de choix alimentaire et, surtout, de prévenir la dénutrition.

Selon les traitements, les effets secondaires se caractérisent par une grande fatigue, des diarrhées ou des contispations, des ballonnements, une mucite, une candidose, une gingivite, des aphtes, une dermatite, une déviance du goût ou de l’odorat, une paresthésie, des troubles cognitifs, dont les répercussions sur la santé sont évidentes. Certains symptômes ont même une influence sur la vie sociale, comme la perte de cheveux et le changement de couleur de peau.

Les spécialistes préconisent de démarrer très tôt l’éducation alimentaire et culinaire dans le parcours de santé du patient.

 

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’excellent site Mieux dans mon assiette avec le cancer qui propose des conseils et recettes  rédigés par une diététicienne du Centre Léon Bérard, Alix Mottard-Gœrens, et un cuisinier, Grégory Cuilleron. Vous pouvez venir écouter Alix Mottard-Gœrens à la Médiathèque du Bachut le mardi 11 février 2020 pour une conférence sur Comment s’alimenter pendant un cancer ?

Voici un extrait de leur travail avec la recette d’un cake au saumon mozzarela :

Vous pouvez aussi retrouver un document regroupant quelques conseils pratiques de la Ligue contre le cancer sur L’alimentation de l’adulte traité pour un cancer.

Sur le site du Réseau National Alimentation Cancer Recherche (réseau NACRe) qui rassemble des équipes de recherche publique et des experts, quelques conseils de spécialistes sur la nutrition pendant un cancer

 

Enfin, ces documents à retrouver dans nos rayons :

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