Théâtre

La nourriture au théâtre

- temps de lecture approximatif de 10 minutes 10 min - Modifié le 16/05/2024 par Hélèna D.

Comment la nourriture est mise en scène au théâtre ? Voici une bibliographie sélective de pièces de théâtre, principalement issues du registre contemporain, ayant pour sujet la gourmandise, la cuisine, les restaurants et l’instant du repas. Nous n'avons pas pu résister au fait de rajouter quelques pièces sur le cannibalisme. Des textes à savourer et à déguster sans modération !

Festival d
Festival d'Avignon / 2017 / Festival In / Où sont les ogres ? - Pierre-Yves Chapalain / © Émile Zeizig - mascarille.com

Sur la gourmandise

-Confessions gastronomiques / Théâtre en coulisses / 2000 [Livre]
Voyage gastronomique chargé d’odeurs, d’expériences intimes et personnelles, de saveurs amères. Les mots et les idées bouillonnent, les histoires se font parfois écho mais ne se ressemblent pas : un fromage, sujet de discorde entre deux communes, un homme orange, objet de tentation, un masticateur des mots du troisième millénaire, la vengeance d’une femme cannibale…
Cette anthologie contient :
Le brognet / Rémi De Vos
L’homme orange / Lise Martin
Le menu de Frango Twix / Jean-Michel Ribes
Douce aigreur / Sabine Mallet
Le congri / Eduardo Manet
Gourmandise… verbale / Anca Visdéi
Bakou et le sandwich / Jean-Gabriel Nordmann
Tripes et boyaux / Christian Rullier
Crouchinades / Christian Siméon

-La gourmandise / Jean-Paul Alègre in Les Sept Péchés capitaux / L’Avant-scène théâtre / 2007 [Revue]
Comédie
Durée : 15 mn
À l’heure du bilan trimestriel sur l’état des sept péchés capitaux dans le monde, Satan et son disciple ne cachent pas leur déception. Madeleine, chargée de faire prospérer la Gourmandise dans les chaumières, serait de mèche avec Dieu. Satan brûle de percer ce mystère…
Distribution : 2 hommes + 1 femme

-Des papilles dans le ventre / Kim Schwarck / L’Avant-scène théâtre / 2018 [Livre]
C’est l’histoire d’une jeune femme gourmande et joyeuse pour qui manger c’est vivre. Cherchant à comprendre d’où lui vient cet appétit constant, elle remonte le temps et délivre ses souvenirs d’enfance, ses dégustations, mais aussi ses épreuves et ses secrets.
Distribution : 1 femme

Quand ça cuisine !

-Baïnes / Adrien Cornaggia / Ed. Théâtrales / 2015 [Livre]
Monologue pouvant être joué par une dizaine de personnages, mettant en scène un cuisinier rêveur partant à la recherche de son amour. L’homme parcourt du pays et gravit des obstacles physiques ou intérieurs, comme le baïne, un état de spleen tenace et de dépression temporaire avec lequel il tente de composer.

-The Dark Master / Kurô Tanino / Espaces 34 / 2023 [Livre]
Le patron d’un restaurant situé à Osaka propose à un jeune randonneur de devenir le chef de son établissement et de suivre ses indications grâce à une oreillette. Une relation faite de domination, de manipulation et de transmission s’installe entre eux.
Distribution : au moins 9 personnages

-La priapée des écrevisses ou l’affaire Steinheil / Christian Siméon / Ed. Crater / 1999 [Revue]
Marguerite Steinheil, impliquée dans le meurtre de son mari et de sa mère, a surmonté le scandale le plus licencieux de la troisième République. A la force du poignet elle est devenue l’honorable, la richissime, baronne et très pieuse pairesse d’Angleterre. Alors désormais, elle cuisine, elle cuisine avec hargne, elle cuisine avec obstination, elle cuisine avec jubilation juste pour nuire encore un peu…
Distribution : 1 femme

-Notes de cuisine / Rodrigo Garcia / Les Solitaires intempestifs / 2002 [Livre]
Une jeune femme fatiguée, un mari avec ses doutes et ses rêves de boxe ou d’opéra, un amant… Ils se retrouvent entre les quatre murs d’une cuisine où le mari et l’amant rivalisent y compris sur le plan culinaire afin de reprendre possession de la femme de plus en plus fatiguée par les deux autres…
Distribution : 2 hommes + 1 femme

-Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres / Elizabeth Mazev / Les Solitaires intempestifs / 1993 [Livre]
“Mon père, un couillon d’immigré bulgare, qui à son arrivée en France nourrit sa famille avec de la viande pour chien en s’émerveillant qu’elle soit si bon marché… Il se met à son compte, construit sa maison, son monde… Les recettes de cuisine deviennent le moyen d’enraciner sa mémoire…” E.M.
Distribution : 1 homme + 2 femmes

-La cuisine : pièce en deux parties, avec un intermède / Arnold Wesker / Gallimard / 1997 [Livre]
La journée dans la cuisine d’un restaurant, avec ses hauts et ses bas, ses moments de calme et d’affolement, sa routine et ses crises. Le monde du travail à la chaîne, dans cette cuisine où l’on prépare 1500 repas par jour. Wesker réussit à créer un concentré de notre vie à tous.
La pièce date de 1955 et est fondée sur les expériences de l’auteur dans un restaurant parisien.
Distribution : 19 hommes + 12 femmes

Dans des restaurants

-Rien pour Pehuajo / Julio Cortazar / Ed. Théâtrales / 2001 [Livre]
Une salle de restaurant. La disposition des tables et les couleurs suggèrent un échiquier. A la table du fond, l’Homme Blanc, sorte de maître de cérémonie, observe (et dirige ?) les luttes qui opposent entre eux les clients, les employés, les mets, les objets.
L’absurde côtoie l’irrationnel. Le quotidien se laisse envahir par le fantastique.
Distribution : 9 hommes + 7 femmes

-Pâte feuilletée / Alain Stern / [Livre]
L’ambiance n’est pas au beau fixe dans un petit restaurant dont le patron croule sous les dettes. Arrive un nouveau plongeur, un jeune apprenti qui pourrait bien arranger les choses…
Distribution : 3 hommes

-Pièce montée / Joël Beaumont / L’Avant-scène théâtre / 1999 [Revue]
L’itinéraire de Maurice, le cuisinier inventeur du canard aux pêches, et de son entourage. On le suit de 1954 jusqu’aux grandes grèves de décembre 1995, où un secret de famille sera enfin dévoilé. Pour Maurice, faire de la grande cuisine, c’est changer la vie… C’est s’élever, réussir ses amours et sa vie. Par malheur, rien de ce qu’il a rêvé ne se réalisera comme il le souhaitait…

Sur les repas

-Pauvre Bitos ou Le dîner de têtes / Jean Anouilh / L’Avant-scène théâtre / 1955 [Revue]
Pièce grinçante
Dans une petite ville de province, des fils à papa attardés veulent se venger de leur ancien camarade de collège. L’un d’entre eux organise une soirée-piège au cours de laquelle il devra être ridiculisé. C’est un dîner costumé et il le persuade de se faire la tête de Robespierre…
Cette pièce acide est bourrée d’allusions politiques (collaboration, résistance, épuration…).
Distribution : 10 hommes + 3 femmes

-Le souper / Jean-Claude Brisville / Actes sud / 1989 [Livre]
Deux valets de Talleyrand s’occupent du souper qui va avoir lieu ce soir, nuit du 6 au 7 juillet 1815. Souper entre Talleyrand et Fouché (président du gouvernement provisoire) à la veille de l’insurrection des jacobins, alors que la conjoncture politique les contraint à la négociation, mais que tout les sépare. Affrontement des deux hommes. Fouché accepte le retour de Louis XVIII.
Distribution : 4 hommes

-La cuisine d’Elvis / Lee Hall / L’Arche / 2002 [Livre]
Une comédie sur le sexe, la bouffe, le bonheur et sur Elvis Presley. Une famille anglaise, un homme handicapé à la suite d’un accident de voiture et une fille de quatorze ans qui raffole de cuisine doivent faire face à maman, une femme dans la force de l’âge qui veut profiter pleinement de la vie. Elle a nouée une liaison avec Stuart, un superviseur en gâteaux au très beau corps.
Distribution : 2 hommes + 2 femmes

-Cuisine et dépendances / Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri / L’Avant-scène théâtre / 1991 [Livre]
Un dîner en l’honneur du mari de Charlotte, présentateur-vedette de la télévision. Cinq personnages, Jacques et Martine, les hôtes, Fred le frère de Martine, Charlotte, l’épouse de celui qui a réussi et Georges qui habite depuis deux mois chez Jacques et Martine. Tout se passe dans la cuisine où les convives viennent parler, se plaindre et s’expliquer.
Distribution : 3 hommes + 2 femmes

-Le repas / Valère Novarina / P.O.L. / 1996 [Livre]
Huit invités : la Mangeuse Ouranique, la Bouche Hélas, l’Enfant d’Outre-bec, Jean qui dévore corps, le Mangeur d’ombre, la Personne creuse, l’Avaleur jamais plus, l’Homme mordant ça, autour de la table du banquet, face au public. Ils mangent de tout : des pâtisseries, des amours, eux-mêmes, des questions, du temps, des cailloux, des mots, des néologismes, des jugements définitifs, des aphorismes ou quelques contrepèteries…
Distribution : 4 hommes + 4 femmes

-Célébration / Harold Pinter / Gallimard / 2003 [Livre]
Au cours d’un anniversaire de mariage, trois couples échangent des répliques acerbes.
Distribution : 5 hommes + 4 femmes

Voir notre Bibliographie de pièces sur les repas de famille et autres repas…

Sur le cannibalisme !

Enfin, quand on parle de gourmandise, comment ne pas évoquer le cannibalisme…

La cuisse du steward : une farce en trois actes / Jean-Michel Ribes / Actes sud / 1998 [Livre]
L’anthropologie considérée comme le moyen le plus fiable pour connaître son prochain ? ou le cannibalisme ?
Distribution : 4 hommes + 1 femme

La gelée d’arbre : vaudeville noir en cinq chapitre et deux parties / Hervé Blutsch / Théâtre ouvert / 1998 [Livre]
N’ayant trouvé d’autre alibi que la faim au meurtre qu’ils viennent de commettre, Maxence et Clamince sont surpris par la police alors qu’ils mangent le cadavre. De prison en asile psychiatrique, de cabaret en crèche provençale, s’ensuit une épopée endiablée. Le cannibalisme, l’amour, les meurtres, la prostitution, la pègre et le commerce s’entremêlent allègrement. Cette pièce témoigne d’un réel talent de dialoguiste chez un auteur qui pose un regard amusé sur des travers de notre société.
Distribution : 18 hommes + 7 femmes

L’ Ordinaire : pièce en 7 morceaux / Michel Vinaver / PUF / 1982 [Livre]
Peut-on pour survivre en arriver à manger son prochain ? Pour en savoir plus.
Distribution : 7 hommes + 4 femmes

Démêler la nuit / Grégory Pluym / Quartett / 2016 [Livre]
Bernd est invité chez Armin Meiwes, qui a pour habitude de recevoir des hommes chez lui afin de s’adonner au cannibalisme.

Avec, pour finir, cette petite citation de Jean-Michel Ribes : “Dans l’épais catalogue de mes frayeurs, les accidents d’avions et les gens qui veulent sauver l’humanité sont en bonne place. L’anthropophagie, par contre, ne s’y trouve pas. Je regrette que cette coutume, à la fois nourrissante et franche quant à la nature des rapports humains, ait de moins en moins cours aujourd’hui.

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