New wave et rétroconfort

L'humeur peut ne pas avoir de nom, mais quelque part (avec l'espoir de le trouver dans votre collection) il existe un disque qui l'exprime parfaitement. (Evan Eisenberg, Phonographies)

- temps de lecture approximatif de 6 minutes 6 min - Modifié le 25/04/2020 par pj

Choisir la musique qui accompagne nos réveils, nos journées, notre concentration ou nos siestes, nous aide à vivre. Et parce que les voix et les musiques que nous aimons sont de merveilleux soutiens, voici quelques disques réconfortants et légèrement hors des sentiers battus, désormais déserts pour cause de confinement...

Le moment que nous vivons impose subrepticement une adaptation de tous les instants ou presque. Et pour que notre isolement prolongé ne se borne pas seulement à son issue tant espérée, voici une très modeste sélection de « feelgood music » à base de new wave.

En 1985, dans son deuxième numéro, l’éphémère revue L’Équerre [rocks modernes] proposait à ses lecteurs ce petit jeu sous forme de test : quelle est votre new wave  – êtes-vous plutôt destroy, intellos-dansants, profonds, fun, romantique ou kitsch-sixties ? 

Nous empruntons avec liberté ces étiquettes vintage afin d’illustrer cette sélection…

 

  • Profond et romantique et intello-dansant

From A to B (1980), Anywhere (1981) et Warp (1982). Soit trois albums d’une belle cohérence avec lesquels New Musik aurait pu rencontrer le succès ; mais ce n’est pas arrivé. En France, le 45t On Islands s’est discrètement classé dans les hits-parade de l’époque.

  • Intello-dansant et profond

Le groupe de Green Gartside, Scritti Politti, porte la profondeur de son nom. Sur Cupid & Psyche 1985, la jouissance immédiate du mouvement ajoute sa dimension organique à la sophistication du son. Dansez maintenant !

  • Kitsch et fun et  intello-dansant

Musique de jeu vidéo pour Yellow Magic Orchestra dont le premier album sans titre sorti en 1979 sonne comme la rencontre nippone entre Kraftwerk, Jean-Jacques Perrey et Giorgio Moroder, cocktail improbable et drôlement réussi.

  • Intello-dansant et destroy

Sur le mal aimé Album/Compact Disc/Cassette paru en 1986, Public Image Limited sort de sa grande période désincarnée pour un disque plus chaud et très énergique. Pour un réveil en colère.

  • Romantique et profond et fun

Le jeu des frères O’Neill, guitaristes de The Undertones, sur lequel se superpose si légèrement et pourtant si puissamment la voix de Feargal Sharkey, les mélodies pop punk, font de Positive Touch (1981) un album parfaitement délicat.

  • Profond et romantique

On trouve des chansons tout aussi chaleureuses et plus éthérées sur le très bon et unique album de The Sun And The Moonprojet sans suite de Mark Burgess de The Chameleons, l’un des tout meilleurs groupes post-punk des années 80.

  • Romantique et romantique

Dés 1979, Midge Ure est non seulement le chanteur, mais également le guitariste et claviériste d’Ultravox. Vienna (1980), Quartet (1982) et Lament (1984) méritent d’être réécoutés pour leur belles atmosphères garanties d’époque.

  • Romantique et fun 

A l’image de la sautillante Clare Cogan et de ses copains d’Altered Images  sur deux albums particulièrement allègres, Happy Birthday (1980) et Pinky Blue (1981). Les tubes imparables que sont I Could Be Happy et Happy Birthday en témoignent parfaitement.

  • Romantique et profond 

Pour un peu moins de fun et plus de romantisme, choisissez The Passions. Autour d’une poignée de jolis albums où la voix de Barbara Grogan ondule élégamment, le charme opère notoirement sur Thirty Thousand Feet Over China (1981) où figure le très beau I’m In Love With A German Film Star.

  • Kitsch et dansant

Lene Lovich cousine américaine, pas si éloignée, des excentriques allemands Nina Hagen et Klaus Nomi et comme eux décadente et pop, pas sérieuse. Ses deux premiers albums, Stateless en 1978 et Flex en 1979 sont à son image

  • Profond et romantique et intello-dansant

Il est tellement dommage de ne retenir qu’un seul titre de Soft Cell, grand duo synthpop des années 80, responsable de deux disques très touchants, The Art Of Falling Apart (1983) et This Last Night… In Sodom (1984). Baroques et enflammés.

  • Romantique et intello-dansant

In The Garden (1981) est le premier album d’Eurythmics et mérite une écoute attentive. Réalisé avec la complicité des membres de Can et impeccablement produit par Conny Plank. Beau mélange de froideur et de chaleur, si caractéristique du chant d’Annie Lennox.

  • Profond et intello-dansant

Matt Johnson est la tête pensante et le multi-instrumentiste de The The. Le musicien discrètement éclipsé par son alias signe en 1983 avec Soul Mining l’une des plus admirables et inclassables réussite de la new wave.

  • Fun et dansant et kitsch

Groupe canadien parfaitement méconnu et parfaitement irrésistible, Men Without Hats signe avec Rhythm Of Youth en 1982 et Folk Of The 80’s (part III) en 1984, deux albums déjantés et malins.

  • Fun et kitsch

Folie contrôlée, énergie décalée chez Oingo Boingo groupe gonzo de Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton.. Cette musique de Luna-park peut elle aussi se révéler chaleureuse à l’aune de ces jours sans fin.

Ici et maintenant, ces disques et tellement d’autres méritent d’être sortis de nos discothèques simplement pour le bien qu’il nous font.

Lectures :

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *