Une Fabrique de l’innovation : un regard nouveau sur la Vallée de la Chimie

- temps de lecture approximatif de 23 minutes 23 min - Modifié le 17/06/2016 par SBR

La Bibliothèque municipale de Lyon programme du 5 novembre 2013 au 1er mars 2014 une série d'évènements qui parlent des révolutions industrielles en Rhône-Alpes à travers les domaines des pôles de compétitivité : le textile (Techtera), la chimie (Axelera), la plasturgie (Plastipolis), l'automobile et les transports (Lyon Urban Trucks and Bus), les biotechnologies (Lyonbiopôle), et l'image-cinéma (Imaginove). Expositions et rencontres sont regroupées sous le label Une Fabrique de l'innovation. En octobre 2013, la seconde campagne régionale d'information sur les risques industriels majeurs est lancée. Des guides d'information et de prévention sont largement diffusés aux habitants des communes environnantes permettant ainsi de connaître les activités industrielles à risques et les conduites à tenir en cas d'alerte. Elaborés par les services de protection civile des préfectures, les industriels concernés et l'Association des entreprises de Rhône-Alpes pour l'environnement industriel, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, l'Autorité de Sûreté Nucléaire et les Secrétariats Permanents pour la Prévention des Pollutions et des Risques dans les agglomérations lyonnaise et grenobloise, ils présentent les établissements concernés décrivant pour chacun d'eux leurs activités, les risques encourus mais aussi les moyens de protection de la population, de l'environnement et des biens. Ainsi mieux informés, les riverains de la Vallée de la Chimie se sentent plus en sécurité.

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Vallée de la Chimie
Sept. 2013, S. B-R.

Sommaire

1. Bref historique de la Vallée de la Chimie

2. Développement et prospérité

- Pôle de Compétitivité Axelera

3. Prise de conscience des risques et Prévention

- Les PPRT
- Les SPPPI
- SPIRAL

4. Réhabilitation souhaitée et réussie

- Opération « Nice Looking »
- Retour de la nature

Large de 2km et longue d’une quinzaine, la Vallée de la Chimie située le long du Rhône, s’étend sur plus de 800 hectares situés sur les communes de Lyon (7ème), Feyzin, Pierre-Bénite, Saint-Fons et Solaize. Sa rive droite présente le caractère naturel des anciennes lônes, offrant des écosystèmes fluviaux. Les industries ainsi que les grandes infrastructures de transport (A7, gare de triage de Sibelin) se trouvent quant-à elles sur la rive gauche. Elle est le troisième pôle d’emploi de l’agglomération lyonnaise grâce aux secteurs de l’industrie, de la logistique et du traitement des déchets. Elle regroupe une dizaine de grands groupes mondiaux de chimie et pétrochimie présents sur le territoire (Total, Arkema, Solvay, Bluestar Silicones, Air Liquid, Bayer, Mérieux, Kem One … ) représentant plus de 6500 emplois et 6 centres de recherche : Solvay, Arkema, Bluestar Silicones, Total, l’Institut Français du Pétrole et une unité mixte de recherche Solvay/CNRS dédiée aux matériaux polymères composites.

21. Bref historique de la Vallée de la Chimie2

Jusqu’en 1850, la majorité des territoires qui vont devenir la Vallée de la Chimie ne sont que des broteaux, zones de marais soumises aux aléas du fleuve, le Rhône. On y trouve quelques hameaux comme Saint-Fons et Pierre Bénite, les activités des habitants sont dédiées au fleuve, ils sont mariniers, pécheurs et parfois agriculteurs.

A partir du XIXème siècle, ces terrains inoccupés vont devenir le lieu d’installation et de développement de l’industrie chimique lyonnaise. Plusieurs facteurs vont influencer ce choix : le peu d’habitations mais surtout la proximité de Lyon et la présence du Rhône, intérêt non négligeable pour l’implantation d’industries chimiques nécessitant un besoin en eau important. Le fleuve facilite par ailleurs le transport des marchandises.

Jusqu’au XVIIIème siècle, la majorité des expériences résulte de l’empirisme et de l’alchimie. Leur déroulement devant être tenu secret, les résultats ne peuvent qu’être fortuits. Une telle pratique n’a pas permis l’apparition notoire de la chimie.

C’est à partir du XIX siècle qu’elle va connaître un véritable essor, l’industrie textile lui permettant de prendre racine en région lyonnaise. En effet la Fabrique lyonnaise s’organise, se crée de nouveaux besoins et provoque de nombreuses innovations comme l’évolution des métiers à tisser, la découverte de nouveaux colorants comme le bleu d’Outremer par Guimet, la fuchsine par Verguin. Outre les teintures, l’industrie textile a de plus en plus recours à la chimie pour diverses opérations comme le blanchiment, les impressions, l’apprêt….

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La raffinerie de Feyzin
1987
Fonds Lyon Figaro BmL

Dès le XIXe siècle, le souffre commence à être largement employé dans l’agriculture, principalement dans les vignobles grâce à ses importantes propriétés désinfectantes et fongicides. Il est aussi utilisé pour faire de la poudre à canon, des allumettes. Des chimistes parviennent à fabriquer du gaz sulfureux grâce à la combustion de pyrites (sulfure de fer) extraites de gisements à Chessy et à Sain-Bel. Le succès de cette découverte va permettre le développement d’une chimie lourde, celle de l’acide sulfurique à Lyon et dans la région lyonnaise dont les précurseurs sont la famille Perret. En 1822, Claude Perret possède une vitriolerie à Perrache mais manquant de place, il installe en 1853, sa « Grande Usine » sur un terrain marécageux dans le quartier de Vénissieux appelé alors « Saint-Fons ». Au fur et à mesure que se perfectionne la fabrication de l’acide sulfurique, des fabriques de soude, de colle, de colorants et de gélatine, l’utilisant comme matière première, s’implantent à proximité de l’usine de Saint-Fons et prennent, elles aussi, rapidement une grande extension. En 1872, la « Grande Usine » est absorbée par fusion avec la Manufacture de Saint-Gobain, Chauny et Cirey. Jusqu’en 2004, l’ensemble est géré par Atofina puis par Arkema, entreprise créée par le groupe pétrolier Total.

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Vallée de la Chimie
Sept. 2013, S. B-R.

Parmi d’autres usines, va s’implanter à Saint-Fons, dès 1871, l’usine Gilliard, Monnet et Cartier qui devient une vingtaine d’années plus tard la Société Chimique des Usines du Rhône. En plus de la fabrication des couleurs artificielles, elle se lance dans celle des produits pharmaceutiques et la distribution de produits chimiques pour l’industrie photographique. En 1928, la Société chimique des Usines du Rhône fusionne avec les Entreprises Poulenc Frères créant ainsi Rhône-Poulenc et s’orientant vers la production de fibres synthétiques. Durant cette même période, d’autres entreprises s’installent comme Saint-Gobain (devenu Arkema), Ciba…

Mais c’est durant les années 1960-1970, en pleine période favorable à la croissance, que la Vallée de la Chimie va connaître un véritable essor en se tournant vers la pétrochimie. Son site le plus symbolique, la raffinerie de Feyzin, est construit entre 1962 et 1964 sur des terrains remblayés lors de la construction du canal de fuite. Elle est mise en service en 1964, le 1er vapocraqueur, structure permettant de procéder au raffinage du pétrole brut afin d’en extraire des matières premières à haute valeur marchande, entre en service de 1966 à 1983 et marque un grand tournant dans l’histoire de la chimie régionale. Un second vapocraqueur est mis en fonctionnement en 1972.

22. Développement et prospérité2

La raffinerie a facilité le développement industriel de la région Rhône-Alpes. Son positionnement le long du Rhône ainsi que les nombreuses infrastructures routières, autoroutières, ferroviaires servent au développement, sur ce territoire industriel, d’une activité transport-logistique de plus en plus nécessaire, ainsi des sociétés de transport vont malgré des réglementations de sécurité et environnementales strictes se développer.

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Pipe-line
Île de la Table Ronde
Sept. 2013, S. B-R

Actuellement la majorité du trafic de marchandises généré par la Vallée de la Chimie transite par le mode routier bien que le transport fluvial soit le plus sûr et le moins polluant. Mais grâce à la présence des pôles de frêt importants comme le Port Edouard Herriot et la gare de triage de Sibelin, des modes de transport de marchandises alternatifs à la route vont se développer.

Dans le domaine de la chimie, un lien important se crée entre l’industrie, la formation et la recherche. Les chefs d’entreprises lyonnais prenant conscience, dès 1879, de l’intérêt d’un enseignement supérieur en chimie demandent la création d’une chaire spéciale en Chimie industrielle et agricole à la Faculté des Sciences. En 1883, est créée avec l’appui de la Ville de Lyon, du Conseil Général du Rhône et de la Chambre de Commerce de Lyon, l’Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon (ESCI) qui devient en 1993 l’Ecole Chimie Physique Electronique (CPE).

La région Rhône-Alpes est, aujourd’hui, le 1er centre de production chimique de France. Hier, essentiellement fondée sur l’exploitation du pétrole et de certaines matières premières non renouvelables, la chimie d’aujourd’hui se tourne notamment vers des ressources végétales. La chimie du végétal repose sur l’utilisation et la transformation de produits issus de la biomasse ou de ressources végétales renouvelables pour produire des molécules chimiques.

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La Boule Solvay
Août 2013, S. B-R

Actuellement les différents acteurs de la chimie que ce soient les institutions de recherche, les services de recherche et de développement des grands groupes, les entreprises ou industriels, tous vont œuvrer ensemble avec la volonté de créer une chimie propre.

Apparue au début des années 1990, la chimie verte cherche à réduire et à éviter la pollution en concevant des procédés chimiques qui réduisent ou même éliminent l’utilisation de substances dangereuses. L’un de ses principes fondateurs est qu’il est préférable de produire moins de déchets que d’investir dans l’assainissement ou l’élimination de ceux-ci. Ainsi les substances utilisées doivent être choisies de façon à réduire au maximum les risques d’accidents chimiques.

[actu]Pôle de Compétitivité Axelera[actu]

Aujourd’hui, la Vallée de la Chimie a pour vocation de devenir un territoire stratégique pour l’implantation d’activités liées aux cleantechnologies et après avoir connu de nombreuses évolutions liées aux mutations de l’industrie chimique, elle est actuellement reconnue comme étant une vallée de recherche dans le cadre du Pôle de Compétitivité à vocation mondiale, Chimie Environnement, Axelera.

Afin de devenir une référence internationale pour l’innovation dans le domaine de la chimie-environnement et d’être la vitrine de la « chimie du futur », le pôle Axelera, créé en 2005 pour accélérer la mutation de la chimie vers une chimie d’avant-garde, coordonne les acteurs de l’industrie, de la recherche et de la formation au sein de 5 axes stratégiques : la chimie au sein des grands enjeux sociétaux ; la préservation des espaces naturels : la recyclabilité totale des matériaux ; la chimie issue du végétal ; l’usine du futur et les procédés éco-conçus.
De plus, dès 2014, la plateforme PMI d’Axel’one accueillera les projets en recherche et développement sur les matériaux innovants dans le domaine de la chimie et de l’environnement.

Pour en savoir plus :

- La Maison de la Chimie,
- Le Pôle de compétitivité à vocation mondiale Chimie-Environnement Lyon & Rhône-Alpes,
- Vallée de la Chimie Agenda 21,
- Annales de la vallée de la chimie : document ressource 2011 / Grand Lyon,
- Vallée de la chimie : éléments de diagnostic pour le projet de territoire : synthèse (déc. 2011),
- Histoire croisée des textiles et de la chimie en région lyonnaise / Millénaire 3,
- Une Fabrique de l’innovation : la saga des colorants à Lyon au 19e siècle. Point d’Actu réalisé par la Documentation Lyon et Rhône-Alpes en février 2013.

23. Prise de conscience des risques et Prévention2

Grâce à un dynamisme économique s’appuyant sur une longue histoire industrielle, la région Rhône-Alpes possède un nombre important de sites chimiques et pétrochimiques à risques représentant 13% des sites Seveso français recensés au titre de la directive européenne Seveso II. Pour ces derniers, un accident peut entraîner des conséquences immédiates graves pour le personnel, les riverains, l’environnement ainsi que pour les biens. L’accident de la raffinerie de Feyzin le 4 janvier 1966 ou l’incendie du port Edouard-Herriot en 1987 ont démontré qu’il est indispensable d’avoir une politique de prévention.

Ainsi, les municipalités environnantes de la Vallée de la Chimie mais aussi les entreprises ont mis en place des actions de prévention afin de réduire les risques et leurs conséquences.

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Attention, danger…
Île de la Table Ronde
Sept. 2013, S. B-R

Pour cela, en plus des campagnes de prévention, des démarches de communication de proximité telles que visites d’usines, partenariats lors d’événements ponctuels, interventions en milieux scolaire et associatif sont organisées. Ainsi la Ville de Feyzin et la raffinerie ont développé une culture commune du risque. Leur préoccupation est d’en faire une commune de référence en termes de prévention et de gestion des risques industriels éventuels comme par exemple en réduisant les rejets et la fumosité des torches, en surveillant la qualité des sols….

La catastrophe en 2001 de l’usine AZF de Toulouse donne lieu à une réflexion nationale aboutissant à la loi promulguée le 30 juillet 2003, appelée aussi loi Bachelot, relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages.

[actu]Les PPRT (Plans de Prévention des Risques Technologiques)[actu]

Ainsi ont été créés des Plans de Prévention des Risques Technologiques qui sont des outils organisant la cohabitation avec les zones riveraines des sites industriels à hauts risques dits Seveso seuil haut, ou Seveso Avec Servitude (Seveso AS). Leur mission est de protéger les vies humaines en cas d’accident en réduisant le risque à la source, grâce à des mesures devant être appliquées par les industriels sur leur site mais aussi en gérant l’urbanisation (future ou existante) dans les zones géographiques à risque.
Quatre zones ont été définies selon le niveau de risque :
- la zone d’expropriation, la plus proche du risque.
- la zone de délaissement, les habitants ont le choix de rester ou de partir.
- la zone de prescriptions de travaux obligatoires. A l’origine la loi Grenelle 2 indique que 40% du coût des travaux imposés aux riverains, comme la réalisation de locaux de confinement pour la protection en cas de nuage toxique ou la pose de peinture résistante au feu, serait pris en charge par l’Etat, via un crédit d’impôt. Mais la loi des finances 2011 a revu l’aide de l’Etat à la baisse passant à 30% provoquant le désengagement des collectivités et des industriels pour des travaux jugés obligatoires.
- et la zone de recommandation de travaux. Aucune aide financière n’est apportée aux propriétaires.

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Vallée de la Chimie
Sept. 2013, S. B-R.

Des Comités Locaux d’Information et de Concertation (CLIC) vont aussi être créés constituant un cadre d’échanges et d’informations entre les différents acteurs (exploitants, riverains, salariés, collectivités locales et Etat). Le public est donc mieux informé et peut ainsi émettre des observations. La loi Grenelle 2 (12 juillet 2010) transforme ces CLIC en Commissions de Suivi de Site (CSS).

[actu]Les SPPPI (Secrétariats Permanents pour la Prévention des Pollutions Industrielles)[actu]

La cohabitation ville-industrie est loin d’être évidente, les unes souhaitant poursuivre leur développement alors que les industries chimiques ont pour obligation de limiter l’urbanisation afin de s’entourer de périmètres de sécurité. Les dialogues entre les acteurs locaux sont primordiaux afin de préserver les atouts liés à la présence de l’industrie tout en réduisant les contraintes liées à cette proximité. Dès 1971 sont créés les premiers SPPPI, nouvelles structures d’information, de concertation, de dialogue, de propositions et d’actions entre tous les acteurs de l’environnement : élus, administrations, industriels, experts, associations de protection de l’environnement… La concertation indispensable à l’élaboration de programmes d’action, la coordination au sein de ces programmes, mais aussi la transparence fondement de la confiance réciproque permettant la réussite de ces actions sont les trois notions fondamentales caractérisant les SPPPI.

[actu]SPIRAL (Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles et des Risques dans l’Agglomération Lyonnaise)[actu]

Lors de sa création le 10 Décembre 1990, des tensions existent entre les industriels, les élus locaux et l’Etat en raison de la loi du 22 juillet 1987 obligeant la prise en compte des risques technologiques dans les documents d’urbanisme. A cette époque la pollution atmosphérique provoquée notamment par le dioxyde de soufre, ainsi que les risques encourus par la population lors des transports de matières dangereuses font accroitre la prise de conscience des nuisances environnementales liées aux industries.

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En cas d’alerte…
Île de la Table Ronde
Sept. 2013, S. B-R

Le SPIRAL a donc pour mission de réconcilier l’industrie et son environnement en renouant ainsi le dialogue. Il participe aux orientations de la politique locale de prévention des pollutions industrielles et des risques de l’agglomération lyonnaise et veut prouver qu’un développement harmonieux et équilibré entre l’industrie et la ville est possible. Ainsi de 1991 à 1997, sept groupes de travail sont constitués (SPIRAL Localisation des nouvelles industries, SPIRAL risques industriels, SPIRAL transports de matières dangereuses, SPIRAL air, SPIRAL eau, SPIRAL information, SPIRAL déchets).

Quelques actions menées à bien :
- le dispositif Respiralyon reconnaissant et mesurant à l’aide, entre autres, d’un réseau de nez humains les odeurs dans l’agglomération avant de les analyser et de prendre des précautions s’il y a lieu.
- la création d’outils d’information comme la lettre d’information sur les risques industriels majeurs en Rhône-Alpes : Regards sur le risque et le site dédié au CLIC de Rhône-Alpes.

Depuis 2009, la DREAL Rhône-Alpes, fusion d’une partie de la DRIRE, de la DIREN et de la DRE réalise des contrôles en matière de produits chimiques aux côtés et en coordination avec d’autres services de l’Etat. L’objectif est de s’assurer que la réglementation est bien respectée par les fabricants, importateurs et utilisateurs de produits chimiques. Elle est aussi chargée de la conduite des procédures administratives préalables lors de la construction ou de l’extension des canalisations de transport de matières dangereuses (gaz naturel, hydrocarbures, produits chimiques). Réduire les risques a toujours été le souci permanent de tous les acteurs de la chimie. Ainsi la DRIRE Rhône-Alpes est à l’initiative de la suppression d’une sphère d’hydrogène de 63 m3, stocké à 35 bars sur le site de l’usine de Solvay Belle-Etoile, réduisant énormément les conséquences en cas d’accident ou même d’incident.

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Île de la Table Ronde
Sept. 2013, S. B-R

Par ailleurs, le réseau Coparly, composé de l’Etat, des collectivités dont le Grand-Lyon, des industriels et des associations, mesure le degré de pollution de l’air à l’aide de capteurs, en analyse les sources et intervient en temps réel pour limiter les rejets en cas de pic de pollution. Il a été établi qu’actuellement c’est principalement le trafic automobile, et non les industries, qui contamine l’air, responsable des 2/3 des principaux polluants.

Pour en savoir plus :

- Campagne d’information Rhône-Alpes 2013,
- Site d’ APORA :
Association des entreprises de Rhône-Alpes pour l’environnement industriel,
- Site de DREAL :
Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du logement,
- Site d’ ASN : Autorité de Sûreté Nucléaire,
- Site de SPIRAL : Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles et des Risques dans l’Agglomération Lyonnaise,
- Site de SPPPY : Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles et des Risques dans la région grenobloise,
- Les Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) par Lydie Némausat in Rhône-nature : l’actualité nature dans le Rhône, n°253, automne 2011,
- Plan de prévention des risques technologiques, plaquette éditée par le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable,
- Profil environnemental régional Rhône-Alpes 2005,
- Gérer les risques technologiques Feyzin et Total,
- Site d’ Air Rhône-Alpes,

24. Réhabilitation souhaitée et réussie …2

A la toute fin du XX° siècle, une prise de conscience apparaît : la Vallée de la Chimie doit conquérir un nouveau statut. Un projet urbanistique et paysager est lancé devant réconcilier ce gigantesque territoire industriel du sud de Lyon avec les agglomérations environnantes en le requalifiant. Intégrer une réflexion paysagère et artistique dans la gestion du site de la raffinerie permet d’augmenter la qualité de vie quotidienne des riverains et de donner une image positive de l’entrée Sud de Lyon. Ainsi des actions de mise en valeur ont lieu sur les sites de Feyzin afin d’humaniser la Vallée de la Chimie.

[actu]Opération « Nice Looking »[actu]

Ainsi Total veut améliorer l’esthétique de la raffinerie de Feyzin et mettre en valeur le site industriel. Pour cela, les installations hors service sont démontées, des matériaux inoxydables sont utilisés comme revêtement des calorifuges des nouvelles unités, permettant de conserver un aspect brillant et neuf sur le long terme ainsi que la mise en lumière du bâtiment administratif de la raffinerie, bâtiment classé au patrimoine industriel et l’opération « Nice Looking ».

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Opération « Nice Looking »
A. et L. Lumière
Août 2013, S. B-R

Ainsi deux murs d’enceinte et surtout 23 cuves de stockage ont été peints. Les artistes de Cité de la Création ont alors créé le concept d’un clip visuel de 30 secondes, composé de flashs colorés. Les cuves de stockage reçoivent des pictogrammes mêlant portraits de personnages célèbres (par exemple André-Marie Ampère, Auguste et Louis Lumière) et symboles de l’histoire industrielle régionale, quant-au-mur d’enceinte il devient un long pipe-line sur lequel vont se décliner les thèmes abordés sur les cuves.
Suite au succès de cette expérience, une seconde œuvre est réalisée de l’autre côté de l’autoroute, le long d’un chemin départemental, sur le « Mur des Expéditions », derrière lequel se trouve la gare de triage de Sibelin.

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Mur des Expéditions
Feyzin
Sept. 2013, S. B-R

Cette fresque, effectuée par des graffeurs encadrés par des muralistes de Cité de la Création, veut porter à la connaissance de tous, la vie animale dans les Îles et lônes du Rhône.
Puis en 2006, toujours dans un souci d’esthétisme et d’acceptation des lieux, Cité de la Création réalise une autre fresque, longue d’un kilomètre, sur le mur d’enceinte de l’Usine Arkema de Pierre-Bénite.

C’est, par ailleurs, dans un souhait de concilier l’efficacité économique, le respect de l’environnement et l’équité sociale qu’est créé par le Grand Lyon, un outil de développement vivant et évolutif, l’Agenda 21. La stratégie de développement durable du Grand Lyon répond aux 5 objectifs du cadre de référence fixé en 2006 qui sont la lutte contre le changement climatique et protection de l’atmosphère ; la préservation de la biodiversité et protection des milieux et des ressources ; la cohésion sociale et solidarité entre territoires et entre générations ; l’épanouissement de tous les êtres humains ; la dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.

[actu]Retour de la nature[actu]

L’espace Nature des Îles et lônes du Rhône est un site fluvial remarquable s’étendant sur 700 ha, dont 400 ha de milieux terrestres et sur près de 10 km accueillant une forêt alluviale, sillonnée de lônes, anciens bras du Rhône, souvent asséchés et envahis par la végétation notamment depuis la construction du barrage de Pierre Bénite et du canal de navigation. Le Rhône et ses berges font l’objet de démarches de revalorisation.

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Au bord du Rhône
Sept. 2013, S. B-R

Le SMIRIL (Syndicat Mixte du Rhône des îles et des Lônes) est créé en 1995 pour réhabiliter les îles et lônes du Rhône asséchés. Les enjeux majeurs sont de préserver cet espace de nature sauvage aux portes Lyon et de renouer des liens étroits entre les riverains et le Rhône. Grâce à une mobilisation générale impliquant les associations de protection de la nature, le Conseil Général du Rhône, les élus des communes riveraines et le Grand Lyon, des travaux sont réalisés par la Compagnie Nationale du Rhône. Ainsi le débit minima du Rhône est passé de 10 m3/seconde à 100 m3/seconde et trois lônes restaurées sont aujourd’hui en eau permanente.

- L’Île de la Table ronde

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Île de la Table Ronde
Sept. 2013, S. B-R

Cet espace de nature sauvage est désormais protégé. Il s’agit, en effet, d’un extraordinaire havre de verdure abritant la plus grande saulaie du département, où vivent de nombreux oiseaux migrateurs, plus d’une trentaine d’espèces de poissons et bien sûr le castor, animal symbolique du Rhône, qui est de nouveau très présent. De jeunes pousses de saule sont même plantées pour assurer sa pérennité. Des plantes rares y ont même été identifiées lors d’un inventaire réalisé à l’initiative du Grand Lyon. Le Sentier de l’Homme et du Fleuve est aménagé et agrémenté de panneaux explicatifs sur la vie et les évolutions du fleuve pour les promeneurs et le SMIRIL, gestionnaire de l’espace, propose des activités pédagogiques faisant de ce lieu l’un des principaux centres d’éducation à l’environnement de Rhône-Alpes.

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Île de la Table Ronde
Sept. 2013, S. B-R

- Les Grandes Terres

Ce plateau, d’une superficie de 450 ha situé entre Feyzin et Corbas, a failli disparaître sous les constructions sans la détermination de quelques élus et agriculteurs. Le Projet Nature des Grandes Terres lancé en 1998 traduit la volonté de poursuivre les actions engagées lors du dernier remembrement : préservation du patrimoine naturel et amélioration de la qualité paysagère de l’agriculture intensive, rapprochement des agriculteurs et des citadins, organisation de la fréquentation grâce à la création de sentiers de randonnées ou de VVT. Ce projet nature est piloté par un syndicat intercommunal (Feyzin, Vénissieux, Corbas) et mis en œuvre par l’Office National des Forêts. Le maintien de la vocation agricole de ce site a permis le développement de la culture céréalière et oléagineuse ainsi que l’implantation d’un rosiériste et de maraîchers. L’association Naturama intervient sur ce site en rénovant la signalétique du sentier agricole proposant ainsi au promeneur l’observation et la découverte d’une nature, faune, flore et paysage à valoriser sur ce terrain agricole. Le Cora (Centre d’ornithologie Rhône-Alpes) utilise ce site comme pôle d’observation de la faune locale, plus d’une cinquantaine d’espèces d’oiseaux y vivent.

De tels efforts pour ramener la nature au cœur de la vallée de la chimie ne sont pas restés vains. Pour preuve, l’observation en 2012 de l’ortolan, de nouveau de passage sur le plateau après 6 ans d’absence et l’installation en 2007 d’un couple de faucons pèlerins ayant élu domicile sur l’une des torchères de la raffinerie.

Pour en savoir plus :

- Art et industrie : la raffinerie de Feyzin édité par Cité de la Création et Total, 2004,
- Site du Smiril,
- Site du Syndicat intercommunal du plateau des Grandes Terres,
- Site de la Compagnie Nationale du Rhône,
- Une journée de balade sur un développement durable à Feyzin inspirée du jeu de piste citoyen des Ateliers de la Citoyenneté : dépliant réalisé par l’Agenda 21, Feyzin et le Grand Lyon,
- Site de Naturama : la nature et ses acteurs,
- L’Effraie : la revue de la LPO Rhône éditée par la Maison rhodanienne de l’environnement,
- Grand Lyon : la nature au coeur de l’urbain. Point d’Actu réalisé par la Documentation Lyon et Rhône-Alpes en juin 2009.

Documentation régionale, 2013

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