Une Fabrique de l'innovation : l'aventure du jeu vidéo en Rhône-Alpes

- Modifié le 17/06/2016 par Bibliothèque municipale de Lyon

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La Bibliothèque municipale de Lyon programme du 5 novembre 2013 au 1er mars 2014 une série d’événements qui parlent des révolutions industrielles en Rhône-Alpes à travers les domaines des pôles de compétitivité : le textile (Techtera), la chimie (Axelera), la plasturgie (Plastipolis), l’automobile et les transports (Lyon Urban Trucks and Bus), les biotechnologies (Lyonbiopôle), et l’image-cinéma (Imaginove). Expositions et rencontres sont regroupées sous le label Une Fabrique de l’innovation.

A la fin du XIXème siècle, les frères Louis et Auguste Lumière créaient le cinéma à Lyon, positionnant la ville comme témoin des premières innovations liées à l’image animée.

Fort est de constater que la ville a su faire bon usage de l’héritage des frères Lumière. En effet, Lyon et la région se positionnent de façon internationale sur le marché du jeu vidéo, nouvel usage de l’image animée qui tire régulièrement son inspiration des scénarios cinématographiques et se voit comme un parent éloigné du cinéma.

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Jeux vidéo
La région Rhône-Alpes capitale du jeu vidéo.



Sommaire

Le jeu vidéo : une actualité lyonnaise

1. Une société à l’origine du développement des jeux vidéo en Rhône -Alpes

- L’entreprise innovante : Infogrames
- Mère de l’essaim lyonnais

2. Création d’un pôle de compétitivité

- Organismes de soutien
- Le Cluster : Imaginove

3. Les actions en Rhône-Alpes

- Evénements significatifs
- Développement des compétences

En résumé…

Pour en savoir plus

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Jeu vidéo Dishonored, création d’Arkane Studio
Site internet de Dishonored

2Le jeu vidéo : une actualité lyonnaise2

Le 9 octobre 2012, le jeu « Dishonored » a remporté le prix du meilleur jeu d’action/aventure lors de la cérémonie des Spike Video Game Awards organisée par le réseau de télévision américain Spike TV. Développé par la société lyonnaise Arkane Studio, son succès est l’occasion de rappeler que la ville de Lyon n’en est pas à son coup d’essai en matière de jeux vidéo !

Avec un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros en 2011, et qui pourrait atteindre 3,8 milliards en 2014, la France est le 3ème marché européen du jeu vidéo, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Avec 650 entreprises dans le domaine des industries créatives de l’image et du jeu vidéo, une vingtaine de laboratoires de recherche et 5 événements internationaux, la région Rhône-Alpes s’impose comme un territoire stratégique pour le secteur de l’image, en particulier celui du jeu vidéo.

Dans ce contexte, rappelons-nous l’évolution de ce domaine ludique dans la région, de ses débuts à la création d’un pôle de compétitivité, et au développement de nouvelles institutions dédiées aux jeux vidéo.

21. Une société à l’origine du développement des jeux vidéo en Rhône -Alpes2

[actu]L’entreprise innovante : Infogrames[actu]

L’histoire des jeux vidéo en Rhône-Alpes commence avec la conquête du secteur par le français Bruno Bonnell. Né le 6 octobre 1958 en Algérie Française, il a 8 ans lorsque sa famille s’installe à Lyon. Après son baccalauréat, il poursuit des études de mathématiques supérieures, puis suit une formation d’ingénieur chimiste à CPE Lyon, avant d’obtenir une maîtrise d’économie appliquée à l’Université Paris-Dauphine. En 1982, il rentre chez Thomson en tant qu’ingénieur d’affaires chargé du lancement et de la commercialisation dans une bonne partie de la France du premier ordinateur du groupe, le TO7. La même année, il écrit un livre, Pratique de l’ordinateur familial, accompagné de son ami rencontré en maths sup’ au lycée La Martinière à Lyon au début des années 1970, Christophe Sapet, qui travaille alors chez Texas Instruments. Grâce aux revenus générés par la vente de leur livre et à de l’argent emprunté aux amis, c’est ensemble qu’ils décident de quitter leurs emplois respectifs et de créer en juin 1983 une société de développement de jeux vidéo, Infogrames (contraction d’information et de programmes), aidé par un troisième passionné de micro-informatique, Thomas Shmider. Ils choisissent alors un logo publicitaire censé donner une valeur pérenne à leur entreprise, le tatou : « Ce dinosaure est notre symbole, déclare alors Bruno Bonnell. Le tatou a toujours survécu aux changements de son environnement, de la fonte des glaces aux pires des canicules. Nous voulons pareillement être là dans des millions d’années ».(« 5. L’arche du capitaine Blood », dans Bâtisseur de rêves, First Interactive, février 1997 )

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Evolution du logo d’Infogrames
(Source)

Des millions d’années, pourquoi pas, mais en attendant Infogrames a développé le domaine des jeux vidéo de façon considérable, et pas uniquement en Rhône-Alpes. Ils s’installent dans une échoppe du quartier d’Ainay à Lyon et développent très vite des logiciels adaptables à tous les ordinateurs et compact disc interactifs. De telle sorte qu’au bout de seulement 3 ans de durée de vie leur chiffre d’affaires est de 21 MF, et leur équipe s’est élargie à 30 personnes. De 1983 à 1989, la société édite plus de 75 jeux pour les ordinateurs Thomson, et à partir de la fin des années 1980, elle se spécialise dans l’adaptation en jeux vidéo de célèbres bandes-dessinées franco-belges telles que Tintin au Tibet, les Schtroumpfs, Spirou ou encore Les Tuniques bleues (North and South).

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Spirou
Couverture du jeu Spirou
adapté de la BD du même nom
par Infogrames en 1995.
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North and South
Couverture du jeu Les Tuniques bleues adapté de la BD du même nom par Infogrames en 1989.

Pour le 10ème anniversaire de son existence, en 1993, Infogrames devient la première société de loisirs interactifs à entrer à la Bourse de France. Le 16 décembre 1993, Infogrames s’introduit en Bourse sur le Second Marché, destiné aux jeunes entreprises ; pari risqué, mais qui appuie sa position internationale. Avec le rachat de différentes sociétés dans les années 1990 telles que Ocean, son homologue de Manchester, Gremlin, autre société britannique, mais également plusieurs américaines, Infogrames s’endette jusqu’à atteindre les 580 millions d’euros en 2002, ce qui entraîne une chute abyssale des actions en bourse et oblige une grande partie des actifs à être vendus. En mai 2003, Infogrames décide de changer de nom afin de marquer le passage d’une entreprise de taille modeste à un groupement mondial, passage qui ne s’est pas fait sans turbulences. Ainsi les dirigeants choisissent de reprendre le nom de la marque mythique Atari, qu’ils ont acquis à travers le rachat d’Hasbro Interactive, qui avait elle-même acheté les parts de la société en 1998.

[actu]Mère de l’essaim lyonnais[actu]

Depuis avril 2007, Bruno Bonnell ne fait plus partie de l’entreprise et a créé la société Robopolis spécialisée dans la robotique personnelle. Cela ne l’empêche pas pour autant de témoigner de l’impact qu’a eu Infogrames sur l’émergence d’une multitude d’entreprises dans Le journal des entreprises de mai 2012 : « Infogrames est à l’origine des deux tiers des entreprises de studio de développement, graphiques ou dans la musique » en France. Et selon lui ce phénomène s’observe aussi bien en région Rhône-Alpes qu’à l’étranger, comme aux Etats-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne… la société ayant été présente dans 52 pays. Il existe énormément de témoignages d’anciens salariés d’Infogrames relatant le soutien et les encouragements de leur ancien directeur dans la création de leur propre entreprise : Eric Baesa, qui avec quatre anciens associés d’Infogrames a fondé en 2003 Take off, définit Bruno Bonnell comme un « père spirituel » à qui il pourrait demander des conseils « pour des décisions stratégiques pour son entreprise », et évoque son ancienne société comme étant « une véritable porte d’entrée » : « Il existe une « diaspora Infogrames » à travers le monde ! On a vécu quelque chose de tellement fort qu’on est lié. Evoluant désormais dans le milieu du divertissement et des loisirs, partout je retrouve des anciens d’Infogrames. » David Belley, lui, a d’abord travaillé chez Infonie, un des tous premiers fournisseurs d’accès à Internet créé par Infogrames en 1995. Aujourd’hui, il est producteur d’un studio de développement de jeux vidéo basé à Lyon : Ivory Tower. Tout comme David Belley, Didier Chanfray a travaillé chez Infogrames près de 6 ans en tant qu’infographiste/game designer, et après une carrière déjà bien rempli, a créé sa propre entreprise d’études et de conseils vidéo-ludiques : Didier Chanfray SARL.

En plus d’être à l’origine de la création de nombreuses entreprises comme nous avons pu le voir, Infogrames a également participé à l’émancipation de la carrière de plusieurs de ses salariés. Pour exemple en 2010, Yves Bléhaut après avoir passé 25 ans chez Infogrames-Atari, dont 10 aux Etats-Unis, reprend la tête de Gravity Europe à Lyon et à Paris, filiale de Gravity Co, société coréenne leader dans le jeu vidéo qui est mondialement reconnue. Yves Bléhaut est désormais « en lien avec tous les grand dirigeants mondiaux du jeu vidéo ». Enfin pour donner un autre exemple, Oliver Masclef qui a travaillé pendant 6 ans chez Infogrames est le directeur général du studio de production de jeux vidéo et de séries interactives Kiniro depuis 2009.

On ne peut donc que constater l’influence créatrice qu’a apportée Infogrames à la région, sans même évoquer les autres domaines pour lesquels la société a œuvré, permettant ainsi à ses acteurs de rêver à une Silirhône vallée… (expression d’Isabelle Duriez dans son article pour l’Humanité du 18/02/2000, Rhône-Alpes. Lyon la capitale du jeu vidéo. Le rêve d’une silirhône vallée)

22. Création d’un pôle de compétitivité2

[actu]Organismes de soutien[actu]

Avec l’accroissement des sociétés de jeux vidéo, la région, et plus précisément l’agglomération lyonnaise comme élément central, a dû adopter une stratégie concernant la gestion et le développement de ces nouvelles entreprises. Pour cela, des associations ont œuvré, et œuvrent toujours pour certaines, à l’essor du domaine des jeux vidéo.

En 1996, une organisation professionnelle est créée par des entrepreneurs lyonnais [1] : Lyon Infocité.

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Logo de l’association
Lyon-Infocité.

Celle-ci fédère « les dirigeants d’entreprises, leurs partenaires et les acteurs au sens large de la croissance (cabinets de conseils, avocats, recrutement….) en région Rhône-Alpes. » qui font partie des sociétés du numérique au sens le plus étendu du terme : « des Technologies de l’information, de la communication et du jeu vidéo » (Page à propos du site Lyon Infocité).

Cette association professionnelle a pour objectifs d’accompagner le développement et la croissance des sociétés en fédérant les énergies créatrices, de soutenir leur mise en réseau et d’être un organisme permettant le relai de l’offre et de la demande en lançant des actions et des grands projets au service de ses adhérents. Plus largement, elle souhaite promouvoir les atouts de l’agglomération et du département dans le domaine des nouvelles technologies de la communication. En 2000, Infocité devient le noyau incontournable de la sphère des jeux vidéo. Elle a su s’imposer en tant que promoteur, lieu d’information, de rencontres et de partenariats auprès des entreprises, de façon incontournable. Si bien qu’elle fédère alors 70 entreprises du secteur des jeux vidéo. En avril 2003, Philippe Renaudin, Président de Doki Denki, société lyonnaise de développement de jeux vidéo et Président depuis peu de Lyon Infocité, estime que la quasi-totalité des entreprises de jeux vidéo du département adhère à l’association, représentant ainsi 55% de ses membres.

Devant les nombreuses adhésions des sociétés de jeux vidéo, Infocité décide de se réorganiser en deux pôles : en 2003, l’association prend le contrôle des TIC uniquement. Parallèlement, l’association Lyon Game, créée en 1999, qui regroupe les producteurs de jeux vidéo de la région Rhône-Alpes, a pour tâche le développement de la filière jeu vidéo de la région. Celle-ci fédère rapidement de nombreux développeurs dès sa mise en place.

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Logo de l’association
Lyon Game.

Ainsi Lyon Infocité et Lyon Game sont regroupées au sein d’une association bicéphale de structure loi 1901, qui est soutenue par le Grand Lyon, la région Rhône-Alpes, et le Conseil général du Rhône. Cette organisation originale qui s’appuie sur le partage des moyens et des ressources communes entre les entreprises, permet d’atteindre des objectifs considérables : en 2008, l’association regroupe environ 240 entreprises du secteur des TIC et du jeu vidéo localisées en région.

Avec l’augmentation du nombre d’entreprises présentes en Rhône-Alpes, les domaines d’activité sont de plus en plus singuliers, et chacun nécessite une attention toute particulière. Cela contraint donc Lyon Infocité-Lyon Game à créer des pôles distincts pour les activités en pleine émancipation comme celle du jeu vidéo.

[actu]Le Cluster : Imaginove[actu]

Dès 2005, la branche Lyon Game de l’association Lyon Infocité réfléchit à la mise en place d’un nouveau pôle en compagnie d’Images Rhône-Alpes, seule association professionnelle en France à représenter l’ensemble des métiers du secteur audiovisuel et cinéma, et de CITIA (Cité de l’Image en Mouvement d’Annecy), centre de ressources et de compétences dans le domaine de l’image en mouvement (interactivité et animation).

De l’initiative de ces trois fondateurs, est créée le 20 décembre 2006 (date de déclaration à la Préfecture du Rhône) l’association Imaginove. Celle-ci a alors pour objectifs « d’accompagner et de développer la compétitivité et la croissance des différents intervenants dans le secteur des loisirs numériques en région Rhône-Alpes. » (Journal Officiel)

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Logo du pôle de compétitivité.

Rapidement, elle obtient le label de pôle de compétitivité défini par la loi des finances de 2005 de telle sorte : « regroupement sur un même territoire d’entreprises, d’établissements d’enseignement supérieur et d’organismes de recherche publics ou privés qui ont vocation à travailler en synergie pour mettre en œuvre des projets de développement économique pour l’innovation. » En effet, fédérant plus de 200 entreprises, elle a pour objectif de développer les synergies entre les différentes filières de l’image en mouvement telles que le jeu vidéo, le cinéma audiovisuel, et l’animation et multimédia. En 2009, l’association Lyon Infocité-Lyon Game décide de lui confier sa branche d’activité dédiée aux jeux vidéo, Lyon Game, afin de renforcer son action. Après avoir œuvré pour le développement des industries du numérique en Rhône-Alpes pendant près de 13 ans, l’association Lyon Infocité décide en juillet 2009 de cesser son action puisqu’elle ne mène alors presque plus d’interventions, celles-ci ayant été transféré à d’autres associations comme Imaginove, et a de plus en plus de mal à trouver des financeurs alors que les subventions diminuent d’année en année. Ainsi le Tribunal de Grand Instance déclare sa liquidation judiciaire le 8 septembre 2009.

Imaginove est également, comme pour ses autres filières, un cluster (terme économique de pôle de compétence, de développement, d’excellence) en matière de jeu vidéo. Pour cela l’association fédère des entreprises avec un objectif commun : développer les synergies entre ces types d’entreprise en « favorisant l’anticipation et en stimulant l’innovation des professionnels. » Ainsi 23 entreprises dont le travail est axé sur le jeu vidéo ont adhéré à Imaginove (au 1er janvier 2013) :

2 OPEN GATES

AGHARTA STUDIO

ALKEMIGA

ARKANE STUDIOS

ARTEFACTS STUDIO

BREAK-FIRST

CONNECTION EVENTS

DIDIER CHANFRAY

DIG DOG

Events for Games

INTELLYSURF

IVORY TOWER

KINIRO

KOOLFING

NAMCO BANDAI

Ooki

Oxygene – LES TANUKIS

SBT-SCIENTIFIC BRAIN TRAINING

TAKE OFF

UBISOFT ANNECY

UPPER BYTE

VELVET

WHUMPE

La liste des adhérents d’Imaginove est consultable sur le site de l’association

Ces entreprises savent rester compétitives en matière de jeux PC et consoles qu’elles produisent de A à Z ou qu’elles sous-traitent, mais ont su également rebondir alors que le marché du jeu subit depuis quelques années une importante mutation avec l’émergence de nouveaux médias, de plateformes mobiles et de réseaux sociaux. Ainsi certaines d’entre elles exploitent désormais la filière des jeux dématérialisés sur Smartphones et tablettes.

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Jeu sur tablette
Image du Jeu ShufflePuck Cantina
proposé sur tablette par Agharta Studio.
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Jeu sur Smartphone
Image du jeu Crazy Escape
développé par le studio Kool Fing
ici sur iPhone,
adaptable aussi sur
iPod Touch et iPad.

Filière qui représentait déjà 30% du marché du jeu vidéo en 2010. D’autres développent leur savoir-faire autour des « serious game » qui ont pour vocation de rendre attrayant un sujet sérieux de type pédagogique, communicationnel, marketing (etc.), en le proposant sous une forme ludique.

Pour que ces entreprises puissent rester des concurrents performants sur le marché, le pôle doit accompagner ses adhérents et les guider à travers l’évolution des modes de consommation et donc à faire face aux nouveaux défis qu’impose le marché : dématérialisation, mobilité, élargissement de la cible des consommateurs.

Imaginove tente donc de soutenir ces entreprises sur le marché du jeu vidéo afin de développer un pôle compétitif de renommé mondial. Pour cela, l’association a créé plusieurs événements et développé la formation afin de disposer de nouveaux talents sur place.

23. Les actions en Rhône-Alpes2

[actu]Evénements significatifs[actu]

Plusieurs projets décisifs ont été mis en place pour la création d’un pôle de compétitivité du jeu vidéo dans la région, au départ par Lyon Game et par la suite par Imaginove. Depuis l’arrêt des activités de Lyon Infocité, la marque Lyon Game est utilisée en co-branding avec la marque Imaginove sur les événements et les salons dédiés aux jeux vidéo principalement lorsqu’ils ont une portée internationale.

Depuis 2001, se déroule tous les ans la Game Connection .

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Game connection
Entrée de la Game Connection Europe 2011
à deux pas de la défense.

Ce rassemblement est une convention d’affaires pour tous les acteurs du jeu vidéo. Son créateur, à l’époque Pierre Carde, le définit de la sorte : « La Game Connection est le marché de la création de jeux vidéo, comme il en existe sur d’autres secteurs, que ce soit la musique ou le cinéma. L’idée c’est que toutes les personnes qui sont intéressées pour acheter du jeu viennent voir les projets en cours des différents développeurs européens afin d’envisager de les financer ou pas. » (Interview de Pierre Carde). Dès sa 1ère édition à Lyon en décembre 2001, elle a réuni 27 développeurs français et 30 éditeurs internationaux. Ces chiffres n’ont cessé d’augmenter jusqu’à aujourd’hui. En 2004, le succès de cette convention a permis un partenariat avec la Game Developers Conference, donnant naissance à la Game Connection America

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Game Connection America
Affiche pour
la Game Connection America 2012
à San Francisco.

tenue à San Francisco, en parallèle de la Game Connection Europa, qui jusqu’alors organisée à Lyon, se réunit depuis 2011 à Paris. Cette réunion permet l’essor des entreprises rhônalpines comme l’explique Bruno Chabannel, responsable de la société lyonnaise Artefacts Studio, à la Game Connection de 2003 : « Grâce à la mise en ligne de nos premières maquettes sur le site de la Game Connection, nous avons rendez-vous avec tous les plus gros éditeurs, il n’en manque pas un. […] Aucune autre manifestation ne nous permettra jamais de nouer de tels contacts. » (Lyon joue encore/Game Connection, Sigot Françoise, Lyon Figaro, 18/11/2003)
Les associations lyonnaises ont également joué un rôle important pour la création d’un autre salon à résonnance nationale cette fois : la Serious Game Expo, qui se déroule à Lyon depuis 2004.

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Serious Game Expo
Affiche pour
la Serious Game Expo 2012
se déroulant à Lyon
depuis 2004.

Cette exposition est une galerie où se rencontrent chaque année les meilleurs acteurs du Serious Game de France : aussi bien les développeurs de serious games que ceux de learning games et d’advergames. Les organismes intéressés par l’acquisition de ce type de jeux peuvent ainsi rencontrer les entreprises expertes du domaine : l’événement est donc un relais grâce auquel on observe la naissance de divers partenariats. Depuis le tout premier forum, elle a acquis une notoriété considérable. En 2011, elle a accueilli plus de 1000 visiteurs venus rencontrer les 42 exposants et assister aux conférences. Rappelons que Lyon Infocité-Lyon Game n’a pas seulement été un instigateur de cet événement puisque son ancien directeur, Pierre Carde, dirige aujourd’hui la société Connection Events

, spécialisée dans l’événementiel et qui gère l’organisation du salon : le programme des conférences, la promotion, la commercialisation et la logistique.
Souhaitant organiser un événement transmédia (utilisation de plusieurs médias), Imaginove a développé en 2011 une nouvelle convention d’affaires : le Global Media Connect

. L’objectif est de faire de ce rendez-vous une occasion unique de présenter les projets cross-média et de rencontrer les partenaires potentiels en réunissant dans un même espace, des studios de toutes les filières (animation, jeu vidéo, web…), mais aussi des acheteurs (diffuseurs, éditeurs de jeux, site web…). D’après Ludovic Noel, directeur d’Imaginove de 2006 à 2011, « la région souhaite ainsi devenir, d’ici 5 ans, l’une des références en matière de fabrication et de diffusion de contenus plurimédias ».

[actu]Développement des compétences[actu]

Dans un contexte où les entreprises peinent à trouver une main-œuvre qualifiée, le pôle de compétitivité rhônalpin a axé sa politique sur le développement de nouvelles compétences afin de recruter des jeunes qualifiés sur les nouvelles technologies. Ainsi Imaginove souhaite repérer les nouveaux talents, les attirer, les fidéliser et développer leurs expertises dans l’idée que les ressources humaines sont garantes de la réussite des productions. Le cluster choisit donc d’accompagner les entreprises dans une démarche constructive autour des ressources humaines en proposant plusieurs choses. Tout d’abord, Imaginove met à disposition de ses adhérents des outils de ressources humaines leur permettant d’être accompagnés à travers le recrutement, les formations et l’anticipation de compétences (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences), puisque leur bon fonctionnement dépend de la qualité de leurs salariés d’autant plus lorsque le secteur traverse des périodes où les innovations mettent en péril le maintien de l’employabilité des salariés. Le cluster tente donc également de soutenir les salariés en démocratisant le recours à la formation continue et en sécurisant les parcours professionnels au sein du pôle « par la mise en place de dispositifs et d’outils propres à faciliter le pilotage, par les salariés, de leur parcours professionnel ».

Afin de faciliter l’intégration des étudiants et jeunes diplômés dans le monde professionnel, Imaginove a créé un réseau : « les écoles de l’image by Imaginove ».

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Les écoles de jeux vidéo
Source

Ce réseau a pour objectif de regrouper toutes les écoles proposant des formations délivrant des compétences nécessaires au développement de l’industrie de l’image, reconnues par les professionnels. Ainsi le cluster favorise et renforce le lien existant entre écoles et entreprises et joue un rôle important dans l’anticipation des besoins en capacités puisqu’il se tient informé en permanence et peut agir sur les formations directement. En 2006, Lyon Game a par exemple décidé de s’impliquer davantage dans le secteur du jeu vidéo en créant une école spécialisée, « Gamagora ». Basée sur l’idée d’une synergie entre public et privé, l’école est liée à l’Université Lumière Lyon 2 et aux entreprises du secteur. Ainsi depuis son ouverture à la rentrée 2007, Gamagora propose deux formations d’une durée d’un an, accessibles aux niveaux bac+2 et bac +4.

Les autres écoles de création de jeux vidéo labellisées Imaginove dans la région sont les suivantes :

BELLECOUR ECOLE D’ART

CCI FORMATION multimédia

ECOLE EMILE COHL

ECOLE GOBELINS – ANIMATION 3D

ICOM – GAMAGORA / UNIVERSITÉ LUMIERE LYON 2

Le cluster s’attache aussi à aider ces étudiants à trouver du travail. Pour cela, il a par exemple lancé le site talents.imaginove.com qui permet de déposer un CV lorsqu’on recherche du travail ou une annonce lorsqu’on propose un stage ou un poste. Cet outilsest relié directement au site de recrutement spécialisé dans les métiers de l’image (Ganuta), créé aussi par Imaginove et qui permet aux jeunes diplômés de rentrer en contact avec les entreprises de la région et de la France, mais aussi aux entreprises de renouveler leur personnel. De la même façon, Imaginove a mis en place la Talent Day
qui est une convention professionnelle sur la création, la formation et l’évolution des métiers de l’image où se réunissent les professionnels de l’image, les responsables des écoles, et les nouveaux talents afin d’aborder l’innovation et la créativité sous toutes leurs formes. Durant cette journée, les professionnels et les responsables de scolarité dialoguent sur les besoins des entreprises, afin que les formations soient les plus adaptées aux attentes des entreprises. De même, se met en place un job dating entre dirigeants de sociétés et jeunes talents ou freelances, permettant à ces derniers de décrocher des contrats.

Imaginove développe aussi les compétences en encourageant la recherche. C’est ainsi que le cluster a mis en place une usine à projets de R&D créative en 2012.


Illustration d'Imaginove représentant l'usine à projets.


Il est question ici de stimuler la créativité, de soutenir des projets innovants et surtout d’accompagner les acteurs dans le développement de leurs activités sur une durée de 9 mois.

Le cluster se veut donc complet : il rassemble en son sein des entreprises qui ont la volonté de s’épauler pour que le domaine de l’image soit plus fort chaque jour, des événements reconnus mondialement, des formations exemplaires et un pôle recherche à la poursuite de l’innovation. En regroupant ces différents aspects dans un même organisme, la région Rhône-Alpes fait office d’exemple pour les autres régions mais également pour les autres pôles de compétitivité. Unique en son genre, même si sa création est récente le pôle Imaginove fait déjà ses preuves et ne compte pas s’arrêter là !

2En résumé…2

Depuis la création de la société Infogrames, les entreprises de jeux vidéo n’ont cessé de prospérer dans la région. Développées par des anciens de la compagnie ou de nouveaux venus dans ce secteur, plusieurs sociétés ont survécu aux années et à la chute du géant quand d’autres sont tombées : WideScreen Games en 2009, Etranges Libellules plus récemment en 2012…

En effet, malgré les aides financières apportées par l’Etat (distribuées par le CNC), la France, et la région Rhône-Alpes sont en concurrence directe avec des régions du monde plus offensives sur les avantages accordés aux entreprises, comme à Montréal au Canada où ces dernières disposent d’allégements de charges de 50%. Cependant, même si la compétition est rude, on remarque que les entreprises qui mettent la clé sous la porte n’entraînent pas forcément avec elles leurs créateurs que l’on retrouve sur d’autres projets : ainsi Aurélien Kerbeci et Alexander Leboucher, deux anciens d’Etranges Libellules, sont des piliers d’Agharta Studio, à l’image de Bruno Bonnell aujourd’hui à la direction d’une société innovante en matière de robotique.

Bien que le géant Infogrames n’ait pas fait partie de l’association Lyon Infocité-Lyon Game ou d’Imaginove,on ne peut que constater que le pôle de compétitivité lyonnais (Imaginove) est le digne héritier de cette société. Et avec les projets poursuivis par celui-ci, l’avenir du jeu vidéo à Lyon s’annonce sous de bons hospices !

2Pour en savoir plus2

Sur la société Infogrames :

CHANOZ, Marc, Infogrames ou la stratégie du Tatou. Le Tout Lyon et le moniteur judiciaire réunis, 03/12/1993.

CHERKI, Marc, Infogrames se rebaptise Atari. Le Figaro, 07/05/2003.

COUSTEAU, Libie, Infogrames : visionnaire ou kamikaze ?/Industrie, deux lourdes acquisitions aux Etats-Unis fragilisent le numéro 2 mondial des jeux vidéo. Enjeux – Les Echos, 01/03/2001.

Infogrames : les ex-salariés auraient créé une centaine de PME. Le journal des entreprises : Rhône, mai 2012, n°60, p.3.

DURIEZ, Isabelle, Rhône-Alpes : Lyon la capitale du jeu vidéo : Le rêve d’une Silirhône Vallée. L’Humanité, 18/02/2000.

LARGERON, Dominique, Infogrames en bourse. Petites affiches lyonnaises, 08/12/1993.

LARGERON, Dominique, Avec le rachat d’Hasbro Interactive : Infogrames devient le n°1 américain du jeu sur PC. Petites affiches lyonnaises, 09/12/2000.

VACHER, Jean-Pierre, Jeux interactifs : Infogrames joue dans la cour des grands. Lyon Figaro, 12/04/1996.

Sur les associations lyonnaises et leurs événements :

J.-J.B, Autoroutes de l’information l’évangile selon Lyon Infocité. Le Progrès : le journal de Lyon et du Rhône, 01/01/1996.

KLIMBERG, Nathalie, Images Rhône-Alpes, acteur de la dynamique audiovisuelle en région. Sonovision, 01/09/2007, n°521, p.46-48.

LARGERON, Dominique, Economie : Lyon infocité adopte le système binaire… Petites affiches lyonnaises, 17/04/2004.

Lyon – Infocité,. Page à propos de l’association : contact, biographie, centres d’intérêt.

Consulté le 28/01/2013.

Lyon – Infocité,. Fin de l’histoire pour Lyon – Infocité

Consulté le 28/01/2013.

SIGOT, Françoise, Jeux video : Lyon joue encore/Game Connection. Lyon Figaro, 18/11/2003.

SIGOT, Françoise, Jeux vidéo : la Game Connection franchit l’Atlantique. Lyon Figaro, 19/02/2004.

THOMAS, Bruno, Lyon Infocité 2000/Un site renforcé et relooké. Le Progrès : le journal de Lyon et du Rhône, 07/02/2000.

VILLEDIEU, Julien, Lyon Infocité – Lyon Game, Soutien au développement du secteur des NTIC et du jeu vidéo. Observatoire des Territoires Numériques (OTeN). Consulté le 28/01/2013.

Sur Imaginove :

Imaginove : dossier. Top Rhône-Alpes, 01/10/2011, n°20, p.14.

LARGERON, Dominique, Informatique : trois projets pour booster le numérique. Petites affiches lyonnaises, 16/04/2007, n°843, p.19.

New Screens Magazine, Numéro 6 en ligne. Publication Imaginove. Consulté le 28/01/2013.

NOEL, Ludovic, IMAGINOVE, un pôle de compétitivité globale. Réalités industrielles, 01/05/2008, p. 23-28.

Pôles de compétitivité Imaginove : la convergence des images. Industries, 01/03/2008, n°130, p.23.

Sur le jeu vidéo en Rhône-Alpes :

DURAND, Didier, JOLY, Anne, Jeux vidéo : Lyon joue et gagne/Le match des géants : Infogrames : »Nous voulons être le Danone du jeu » : Electronics Arts : Un numéro 1 sur les terres de son challenger (etc.). Entreprises Rhône-Alpes, 01/05/2000.

Jeux vidéo : filière en mutation. Le journal des entreprises : Rhône, déc.2009, n°33, p.2-3.

La région se prête au jeu vidéo. Décisions : la lettre d’informations du conseil régional, juillet-août 2007, n°15, 2 p.

Lyon,carrefour des savoirs-faire du jeu vidéo. Serious Game et Nouveaux usages ! Vox Rhône-Alpes, 06/06/2011, n°282, p.2.


[1] (Yves-Armel Martin (à l’époque directeur du centre multimédia de la Communauté de communes du canton de Saint-Laurent de Chamousset et chargé de mission pour les TIC du Conseil général du Rhône), Philippe Gilbert (à l’époque directeur de développement de JetMultimédia), Jean-Philippe Passot (à l’époque chez EDS France) et Alain Laidet (à l’époque PDG de E-business)

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