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Louis Mouillard

- Modifié le 06/05/2017 par département Lyon et région

Né à Lyon le 30 septembre 1834 et mort au Caire le 20 septembre 1897, Louis-Pierre Mouillard, est un pionnier français de l’aéronautique du XIXe siècle. Il est notamment considéré comme un des précurseurs de l’aviation, et "l'inventeur" du vol à voile moderne.

Louis-Mouillard
Louis-Mouillard

Éléments Biographiques

Louis Mouillard nait dans une famille de commerçants Lyonnais aisés. Le père exerce la profession de négociant en soieries unies, entreprise qu’il fait prospérer grâce à l’ouverture du marché avec l’Algérie.

Louis est placé aux Lazaristes à l’âge de 10 ans. Il obtient un an plus tard le prix de botanique mais, pour le reste, c’est moins brillant.

En 1848 il se distingue par deux seconds prix: zoologie et dessin, on sent poindre une vocation future.

Dans le grenier de la teinturerie paternelle, Louis installe son « laboratoire de recherches ornithologiques », véritable « volière expérimentale » où il se passionne aux mystères du vol.  » J’avais quinze ans quand le hasard voulut qu’un oiseau produisit, devant moi, une évolution qui fut pour moi, une véritable révélation. Depuis lors, je n’ai plus douté, et je n’ai poussé plus loin cette étude que pour pouvoir persuader ceux qui n’ont pas vu. »1

En 1850, équipé d’un étrange appareil volant, confectionné à partir de draps, Louis projette de s’élancer du clocher de Fourvière pour tenter son premier saut plané. Heureusement, il est empêché par le sacristain de la chapelle.

Louis consacre une partie de son temps à une collaboration avec son père, mais le commerce n’est pas son fort. Il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts du Palais Saint-Pierre.

1855, Louis part pour Paris. Aux Beaux-Arts il a pour professeur Ingres. Il continue d’étudier le vol des oiseaux pour réunir les éléments de ses théories futures, « Le Choucas, pour se mettre en vol, ne bat des ailes. Il les ouvre seulement et, bec contre le vent, s’envole ainsi« .

A la mort de son père, en 1856, Louis se voit dans la nécessité de revenir à Lyon. Il est l’ainé de six enfants, on compte sur son soutien pour maintenir l’industrie familiale. Il s’en montre incapable. Au cours d’une grande réunion de famille il est finalement décidé que Louis partira avec son frère de 19 ans à Mustapha,  dans la banlieue d’Alger, pour s’occuper de la succursale du commerce familial.

S’il ne fait pas fortune, loin de là, la plaine de l’arrière-pays algérois lui permet d’étudier longuement le vol des rapaces. Les vautours, notamment, lui révèlent la possibilité de se maintenir et d’avancer dans l’air sans battements d’ailes.

1864, construction et expérimentation de l’aéroplane  N°2 , suivit en 1865 de l’aéroplane N°3. « En essayant les effets de mon appareil, j’avais sauté quelques mètres de hauteur. Je voyais qu’il portait bien et le temps me durait de mieux voir ce que cet aéroplane était capable de faire ».

La même année Louis effectue son 1er vol d’essai. Du haut d’un talus, il s’élance et réalise un parcours aérien de 42 mètres en 15 secondes. L’atterrissage est rude pour le pilote et la machine, « quelle peur j’avais eue… ». Il s’agit tout de même du premier record mondial de distance.

Cette même année une épizootie décime le bétail de la ferme. Le chercheur doit interrompre tous ses travaux et abandonner sa ferme. Fin septembre retour en France en compagnie de son frère.

1866, grâce à un appui égyptien Louis est nommé professeur de dessin à l’école polytechnique militaire du Caire. Il épouse quelque temps plus tard une hollandaise de modeste condition, Kath van Toqui, qui tient un commerce de mercerie.

Louis affine ses observations d’ornithologue. Il note que, par d’habiles réactions instinctives, les oiseaux planeurs parviennent, sans dépenses apparentes d’énergie, à se maintenir dans l’espace pendant des heures : « Grâce au gauchissement de l’extrémité de ses ailes, l’oiseau voilier possède un privilège: celui d’aller tantôt avec le vent pour y prendre sa vitesse et tantôt contre lui pour y puiser une nouvelle remontée ».

1878, Louis Mouillard conçoit son 4ème aéroplane. Il s’agit d’un planeur de 16m d’envergure et de 35m² de surface portante. « Je crains que ma mauvaise santé ne me permette de le mener à bien”. C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers symptômes d’une maladie qui paralysera graduellement et lentement tous ses membres.

Le « Grand n°4 » ne volera jamais. « Une année et plus est passée et je n’ai rien produit. Je renonce. Je me rends ».

Louis se replie alors sur les théories pures. En 1881 il parvient à faire éditer « L’Empire de l’air, essai d’ornithologie appliqué à l’aviation« , œuvre majeure selon les spécialistes. La même année il expose devant les membres de la Société de Navigation Française Aérienne, à Paris, que « l’homme volant ne sera pas fatalement un homme oiseau, ou, plus exactement, pas fatalement un rameur. Pour s’arracher du sol, il devra d’abord être un voilier. »

1882, le couple Mouillard réside momentanément en l’île Barbe à Lyon avant de se réinstaller au Caire où Louis assure au côté de son gendre, propriétaire de grands magasins de nouveauté, une responsabilité de gérant. Incapable à diriger une affaire commerciale Louis se retrouve simple caissier, et finit même par être exclut de ce dernier emploi.

Décès de Kath, le 28 janvier 1886. Louis est veuf, et sans ressources. La publication de « l’Empire de l’air », ne lui rapporte pas grand-chose. Il en est réduit à noter ses observations sur du papier d’emballage.

1892, Les théories principales de Louis Mouillard trouvent un écho toujours plus important auprès des chercheurs de langue anglaise. Octave Chanute,  un ingénieur américain né à Paris, entame une longue correspondance avec Louis. Chanute reçoit ainsi des informations précieuses sur le « gauchissement des ailes » ainsi que sur le fonctionnement du gouvernail.  Par la suite, il convainc Louis de déposer une demande de brevet américain pour un « système de vol aérien ».

Chanute dépose la traduction du texte français le 24 septembre 1892 sous le titre « Moyens pour le vol aérien ».

1893, Louis adresse à Chanute une copie de son nouveau livre « Le vol sans battement » . L’octroi officiel du brevet se faisant toujours attendre, Chanute déconseille à Mouillard de publier son ouvrage comportant ses dernières recherches.

Le 1er novembre 1896 Louis est frappé d’hémiplégie.

Le 18 mai 1897 enregistrement du brevet américain (déposé par Chanute en 1893) sous le n°282.757.louis-pierre-mouillard-patent-1897

Quatre mois plus tard, le 20 septembre 1897, Louis Mouillard meurt dans la misère.

L’ouvrage « Le Vol sans battement » est retrouvé après la mort de Louis Mouillard et publié en 1912.

« Que l’homme est petit devant la tempête ! Mais, entre deux embruns, ce démon d’oiseau filant sans effort, gracieusement même, s’élevant avec la montagne d’eau, redescendant ses pentes, explorant ses vallées…On le voit reparaître devant la crête monstrueuse d’une vague qui crève avec un bruit de tonnerre et ce spectacle terrifiant, n’est, pour lui, qu’un sujet de joie » (Louis Mouillard dans: Le Vol sans Battement).

Portrait inspiré de l’article: L’Initiateur lyonnais du vol à voile Louis Mouillard


Dans nos collections

Louis Mouillard

Histoire de l’aéronotique à Lyon

En texte intégral

Autre 

 Anecdote

Vers la fin de l’été 1848 débarque à Lyon une famille venue de Nîmes : Les Daudet avec leurs trois fils, dont Alphonse. Vincent Daudet, chef de cette famille, crée dans le quartier des Terreaux un commerce de foulards. Peut-être, avant de venir s’installer à Lyon, était-il déjà une relation d’affaires avec Jean-Louis Mouillard. Toujours est-il qu’une incontestable sympathie exista aussitôt entre les deux familles. Les enfants se retrouvent régulièrement pour jouer ensemble. Dans le flou de ces souvenirs d’enfance, Alphonse Daudet fera évoquer par le « Petit chose » l’arrivée du bateau à vapeur à Lyon: « Vers la fin du troisième jour, un brouillard épais dansait sur le fleuve…C’était Lyon…Il pleuvait ! »

Hommages lyonnais

En 1938 Edouard Herriot inaugure, sur le site de l’aéroport de Bron, la stèle élevée à la mémoire de Louis Mouillard. On peut en voir aujourd’hui les vestiges  devant le bloc d’accueil de l’aéroport de Bron.

Le 29 décembre 1988 sur l’initiative du Comité de Lyon-Aviation Rhône-Alpes, une plaque commémorative est apposée sur la façade de la maison natale de Louis MOUILLARD, 26 quai de Bondy à Lyon 5ème, en présence de Francisque Collomb, Maire de Lyon.

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On peut voir en passant devant cet immeuble un vitrail d’imposte de l’allée, en verre antique et plomb, réalisé par un créateur-verrier lyonnais, représentant le vol d’Otto Lilienthal.

Retro-Presse

1912, un fait nouveau vient de se produire en aéronautique riche de conséquences pour la vérité historique et l’industrie nationale. Il rend à Louis Mouillard la paternité d’une invention capitale « La gauchissement des ailes » revendiquée jusqu’alors par les frères Wright. C’est à lire dans  L’Intransigeant  du 14 mai 1912, et dans L’Univers du 12 septembre 1912

 

 

 

                   

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