Les Arméniens. Un siècle de présence en région Rhône-Alpes

- temps de lecture approximatif de 57 minutes 57 min - Modifié le 28/06/2016 par Laurent D

L'arrivée massive en France des arméniens rescapés du génocide de 1915 date du début des années 20. La plupart arrivent à Marseille complètement démunis. Ceux qui ne trouvent pas de travail remontent la vallée du Rhône à la recherche d'un emploi, de parents ou de compatriotes. Recrutés dans des entreprises de notre région, et malgré la dureté de la vie quotidienne, ils s'intègrent peu à peu dans leur milieu d'accueil, pour nombre d'entre eux définitivement.

Armenie une passion francaise
Armenie une passion francaise

L’arrivée massive en France des arméniens rescapés du génocide de 1915 date du début des années 20. La plupart arrivent à Marseille complètement démunis. Ceux qui ne trouvent pas de travail remontent la vallée du Rhône à la recherche d’un emploi, de parents ou de compatriotes. Recrutés dans des entreprises de notre région, et malgré la dureté de la vie quotidienne, ils s’intègrent peu à peu dans leur milieu d’accueil, pour nombre d’entre eux définitivement.

Aujourd’hui, près d’un siècle après l’exode massif des années 1920, on compte environ 100 000 Rhônalpins d’origine arménienne. Ceux-ci sont très présents dans l’agglomération lyonnaise et notamment à Décines. Ils sont aussi présents dans la Drôme et plus particulièrement à Romans-sur-Isère ou à Valence, celle que l’on nomme « l’arménienne ». Dans la Loire, à Saint-Etienne. Ils le sont enfin dans l’Isère à Grenoble et notamment à Vienne.

A l’occasion de la commémoration du centenaire du génocide arménien ce dossier se propose de présenter succinctement à travers une bibliographie raisonnée l’histoire de ces hommes et de ces femmes venus trouver refuge en France, et plus particulièrement dans notre région.

Sommaire

1. Arménie « une passion française »
Arménie – France au fil de l’histoire

2. Le génocide
•  Bref récit des événements
•  Cent ans après. Les connaissances actuelles

3. Sans retour possible

4. (1932-1939). La quête d’un refuge. La France
•  Une main d’œuvre disponible
•  L’installation des Arméniens en Rhône-Alpes
•  La crise des années 30

5. La guerre et l’après-guerre
•  Des Arméniens dans la guerre
•  Une intégration progressive. Une communauté en construction
•  Départs en Arménie soviétique

6. L’intégration

7. Une mémoire toujours ravivée

8. Ressources documentaires
•  Sources bibliographiques
•  Sites Internet
•  Répertoire des associations culturelles arméniennes en Rhône-Alpes

1. Arménie une passion française

« Je m’incline devant la mémoire des victimes et je viens dire à mes amis arméniens que nous n’oublierons jamais les tragédies que votre peuple a traversées ».
[1]

Le 24 avril 2015 François Hollande, et Níkos Anastasiádis le président de la République de Chypre, son homologue russe Vladimir Poutine, un émissaire du pape François, le cardinal Koch, et des dizaines de milliers de personnes se tenaient aux côtés du président arménien Serge Sarkissian, à Erevan dans le cadre des cérémonies de commémoration des cent ans du génocide des Arméniens.
François Hollande et son homologue chypriote étaient les seuls chefs d’Etat de l’Union européenne venus pour la commémoration. Les autres pays, y compris la vingtaine de ceux qui comme la France ont reconnu le génocide, étaient représentés à un moindre niveau.
La portée symbolique de la présence et du discours du président français n’en était que plus importante alors que la France – l’un des premier pays avec la Grande-Bretagne et la Russie à avoir qualifié dès 1915 de « crime contre l’humanité » les massacres d’Arméniens commis par l’Empire Ottoman, et Paris, première grande capitale européenne à avoir reconnu le génocide arménien par une loi en 2001 – insiste pour faire de ce centenaire un appel « à la paix et à la réconciliation ». [2]
« C’est l’illustration de nos liens avec l’Arménie et de l’importance de la communauté arménienne en France », précisait-on à l’Élysée.

Ces liens forts avec l’Arménie ont été largement mis à l’honneur à l’occasion de l’Année de l’Arménie en France lancée par le Président Jacques Chirac lors de sa visite d’état en Arménie le 30 septembre 2006. Cette manifestation avait pour ambition de mettre en lumière une culture souvent méconnue mais riche d’une histoire trois fois millénaire, et d’une diaspora répartie à travers le monde.
Ce fut l’occasion aussi de revenir sur l’importance de la question arménienne pour la France des droits de l’homme de la fin du XIX siècle grâce à l’intervention d’intellectuels comme Jean Jaurès, Anatole France, et les combats du mouvement Arménophile dont l’ouvrage – Arménie, une passion française : le mouvement Arménophile en France 1878-1923 , sous la direction de Claire MAOURADIAN, Magellan & Cie : Musée de Montmartre, 2007, paru à l’occasion d’une exposition du Musée de Montmartre – retrace l’histoire.

« A qui peut-il appartenir de porter la parole d’émancipation, de justice sociale, de paix heureuse, à la nation troublée par ce gouvernement absolu d’un seul (sous le règne du sultan Abdhülhamid II, connu en Europe sous le nom du « Sultan rouge ») dont l’Europe est à peine délivrée ? Qui parlera d’humanité au peuple souffrant d’un gouvernement inhumain ? Qui proclamera la nécessité d’un ordre solidaire entre les hommes, et lui donnera pour fondement le respect du droit, la justice ? Qui sera le peuple affranchisseur, le peuple humain, par le verbe et par l’acte ? A quel pays cet honneur ? Au siècle dernier, tous les hommes, d’une voix unanime, eussent désigné la France. Et vraiment avec la révolution française nous nous lançâmes noblement dans la haute aventure. Que faisons-nous aujourd’hui ? » [3]

Arménie – France au fil de l’histoire

Si l’immigration collective des arméniens en France  commence en 1922, conséquence du génocide de 1915, leur présence sur le territoire, en revanche, est liée à une histoire beaucoup plus ancienne, dont les débuts remontent au XII siècle. Quelques moments marquants de cette histoire :

• Au XIIe et XIIIe siècle, les croisés reçurent le soutien des Arméniens en Cilicie, sur la route des lieux saints […] Suite à des alliances, le trône avait été transmis à la noble famille française des Lusignans.

•  Après 1375, au moment de la chute de Cilicie de nombreux Arméniens émigrent vers l’occident. Une partie va vers l’Italie (XIV et XVe siécle) ; plus tard un groupe va vers la Hollande (XVIIe siècle), et, bien entendu vers la France. Dès le XIVe siècle, il y avait des Arméniens en Provence. « A Avignon, à la cour papale, des prêtres arméniens y enseignaient officiellement la langue de leur pays ». Le royaume arménien de Cilicie : XIIe-XIVe siècle

•  Les relations commerciales se développent au XVIe siècle, et, surtout au XVIIe siècle, avec la venue de nombreux négociants en France. En 1669 Colbert promulgue l’édit d’affranchissement du port de Marseille : « Pour convier les étrangers de fréquenter le port de Marseille, même d’y venir s’y établir… » [4]. Cette mesure contribue à attirer les marchands arméniens. A la fin du XVII siècle une petite communauté arménienne de commerçants de prêtres, d’imprimeurs se partage entre Marseille, Montpellier et Paris. On disait alors d’eux qu’ils étaient, « les meilleurs gens du monde, honnêtes, polis, plein de bon sens et de probité ».

•  Grâce aux directives de Richelieu, en 1633, un dictionnaire arménien-latin ainsi qu’une grammaire arménienne furent imprimés à Paris, pour faciliter l’apprentissage de cette langue.

•  En 1810, création à l’initiative de Napoléon d’une chaire d’Arménien à l’école spéciale des langues orientales de Paris. « Les professeurs feront connaitre à leurs élèves les rapports politiques et commerciaux qu’ont avec la république les peuples qui parlent les langues qu’ils sont chargés d’enseigner » [5]. Ces premiers enseignements d’Arménien donnés en France marquent les débuts officiels des études d’arménologie.

•  Depuis 1839, Paris est la ville où de nombreux étudiants arméniens viennent parachever leurs études (notamment à l’École de Médecine, à la faculté de Droit, à l’École centrale de Paris ou à l’École d’agronomie de Grignon, à l’École des Beaux-Arts), et devient un des centres de la « renaissance » culturelle et politique arménienne. Les étudiants y font leur éducation intellectuelle tout autant que sentimentale et politique. Ceux qui ont assisté à la révolution de 1848 ont été enthousiasmés par le peuple de Paris qu’ils ont vu sur les barricades, par les journalistes et les écrivains français qui réclament la liberté, l’égalité et la fraternité. C’est sous l’influence de ces événements et en écho au printemps des peuples qu’ils créent à Paris, en 1849, la société Araratienne dont les objectifs sont de faire entrer le peuple arménien dans la voie du progrès, de la modernité et de la démocratie.

•  Vers 1870, les Arméniens de Turquie viennent à Marseille créer leurs comptoirs. C’est ainsi que « en 1880-1881, la nouvelle colonie arménienne, composée de négociants arméniens ruses et Arméniens Ottomans, ayant de nouveau en main une bonne partie du commerce de l’Orient, prit consistance ». [6]

•  Après les massacres Hamidiens de 1894-1896, la révolution russe de 1905, les massacres d’Adana de 1909, plusieurs centaines d’arméniens appartenant souvent à des familles aisées s’installent en France. Des intellectuels trouvent à Paris un espace de liberté qui permettait d’échapper à la censure ottomane ou tsariste, mais aussi au contrôle idéologique des partis ottomans. Ainsi avant 1914 Paris a été le foyer où s’est formée l’intelligentsia arménienne de l’empire ottoman. Ville refuge pour les journalistes, les écrivains et les révolutionnaires arméniens, Paris a aussi servi de tribune pour la question arménienne.

•  Enfin en 1914 pendant la première guerre, certains Arméniens furent mobilisés en France et de nombreux autres se portèrent volontaires dans l’armée française.

〈 Par-delà les raisons d’État, un réseau affectif d’échanges et de correspondances remontant aux temps lointains des croisades s’établit entre la France et l’Arménie. Les écrivains au fil de l’histoire ont laissé le témoignage vivant de cette relation particulière. Redécouvrir l’Arménie au travers de leurs récits, telle est l’ambition de l’ouvrage de Gérard Bedrossian et Nicole Priollaud. Une histoire d’amour empreinte « de rapprochements et d’abandons » 


Le génocide de 1915

L’arrivée massive de réfugiés arméniens en France, dès 1922, est étroitement liée aux bouleversements géopolitiques survenus au Proche-Orient avec le Génocide des Arméniens en 1915.

Bref récit des événements

« En 1915 le ministre de l’Intérieur du gouvernement Jeunes Turcs, Talaat Pacha, décide d’une solution finale à l’encontre des Arméniens vivant en Arménie occidentale. L’explosion survient après l’arrestation de 650 intellectuels et notables arméniens de Constantinople les 24 et 25 avril 1915. L’extermination peut alors commencée. Conçue comme une opération stratégique, elle vise à désarmer l’adversaire, puis à le fragmenter et à l’éparpiller. Région par région les Arméniens reçoivent l’ordre de quitter leurs villes et leurs villages n’emportant qu’un minimum de bagages.
De 1915 à 1923, le déplacement forcé ou la fuite des populations arméniennes se sont fait selon trois axes différents. Au sud, les déserts syriens et mésopotamiens, Alep et Damas sont devenus le déversoir des arméniens de Cilicie et de la Turquie méridionale. A l’est et au nord-est, les Arméniens des Vilayets orientaux […] se réfugient au Caucase et en Perse. A l’ouest, les arméniens de Constantinople, d’Andrinople et de Smyrne […] ont gagné la Grèce et les Balkans.
Au moment de la signature de l’armistice de Moudros (30 octobre 1918) entre l’Empire ottoman et les alliés, nul n’envisage que cette situation puisse durer. Déportés ou fugitifs, isolés ou en groupes, les Arméniens ont cherché à regagner leurs foyers. Mais sauf à Constantinople et en Cilicie où les autorités anglaises et françaises organisèrent leur retour, ces tentatives échouèrent. Malgré de nombreuses promesses dont les alliés avaient gratifié le peuple arménien durant la guerre, le rapatriement se révéla « un mirage ». La dispersion des Arméniens s’amplifia avec la décision (1921) du gouvernement français confronté à la résistance kémaliste d’évacuer la Cilicie où 150 000 réfugiés arméniens recueillis dans les camps de Beyrouth, Alep et Port-Saïd avaient été rapidement rapatriés et installés avec la perspective de la création d’une Cilicie arménienne autonome sous mandat français. La signature du, traité de Lausanne qui annule le traité de Sèvres annule aussi tout espoir de création d’un foyer national arménien au Proche-Orient et accélère la dispersion. La mise en place d’une législation donnant à la jeune république turque (1923) les moyens de se débarrasser de sa population non musulmane (Grecs, Arméniens, Assyro-Chaldéens, juifs), tout en respectant les stipulations du traité de Lausanne prolongera les effets du génocide en « encourageant les départs » des Arméniens et en interdisant leur retour ». [7]

Cent ans après. Les connaissances actuelles 

D’importantes parutions marquent le centenaire de la tragédie de 1915. Elles témoignent des avancées de la recherche historique sur l’événement.

〈 Livre de référence organisé chronologiquement, le Mémorial a pour ambition de refléter la totalité des connaissances actuelles sur le génocide des Arméniens. Accompagné de photos, de cartes et de tableaux, il rassemble des centaines de textes de l’époque, officiels ou privés, accompagnés des commentaires et analyses des auteurs 〉 ©Electre 2014

〈 Cent ans après, l’ouvrage revient sur le génocide arménien. Les auteurs, spécialistes français de l’Arménie et de la Turquie, rétablissent la chronologie des massacres et des déportations et les interprètent à partir de l’histoire de l’Empire ottoman et dans le contexte de la Première Guerre mondiale. Ils développent aussi une analyse comparative avec les autres génocides du XXe siècle 〉 ©Electre 2015

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〈 Publié à l’occasion d’un colloque tenu à Paris fin mars 2015, cet ouvrage fait le point sur les connaissances accumulées autour du génocide perpétré dans l’Empire ottoman à partir de 1915 〉 ©Electre 2015

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〈 Un rassemblement de contributions sur le sujet du génocide du peuple arménien entre 1915 et 1916 et sur son passage sous silence jusqu’en 1984, quand le génocide commence à être reconnu par l’opinion mondiale 〉 ©Electre 2015

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〈 Étude comparative de ces deux génocides. Les contributions mettent en évidence les points de convergence et les éléments de différenciation dans l’anéantissement des communautés arméniennes et syriaques durant la Première Guerre mondiale et des Juifs et Tziganes pendant la Seconde Guerre mondiale. Une réflexion est menée sur les concepts de génocide et de Shoah 〉

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 « Cent ans après le génocide arménien perpétré en avril 1915, Michel Marian fait revivre deux histoires singulières et passionnelles, celle des Arméniens et celle des Turcs. Il suit les Arméniens sur le chemin séculaire de leur quête de justice, exigeant la réintégration de leur malheur dans la mémoire universelle. Il retrace le travail difficile mais remarquable qu’une partie du peuple turc a entrepris depuis une décennie pour se réapproprier un passé tragique et coupable. Il dévoile les surprises, les personnalités, les hasards, les occasions trouvées ou manquées qui ont séparé ces histoires, avant de leur donner une chance de se rencontrer. Michel Marian n’esquive aucune difficulté, mais rend accessibles et vivants tous ces débats. Il propose des réponses et ouvre la perspective d’un avenir partagé, tel qu’on peut espérer qu’il se dessine à la fin de cette année de commémoration ».

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Sans retour possible

La conclusion du traité de Lausanne met un terme à tous les espoirs de justice et de réparation pour l’extermination des arméniens. Cet abandon des alliés est d’autant plus notable pour la France qu’il représente une contradiction fondamentale avec les valeurs qu’elle porte, à savoir les droits universels et inaliénables de l’être humain. Sa revendication de la justice dans l’ordre civique et moral lui imposait de plaider avec force la cause de la communauté humaine universelle face au destin tragique des Arméniens, montrer qu’elle ne s’inscrivait pas seulement comme nation impériale, mais également comme nation politique aux valeurs démocratiques.

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〈 Le livre est consacré à une page presque méconnue de l’histoire de l’opinion publique française, le mouvement arménophile. Il s’agissait du soutien à la cause arménienne pour l’application des réformes prévues par le congrès de Berlin de 1878. Les sources de ce mouvement arménophile remontent à la période des massacres arméniens dans l’Empire ottoman (1894-1896) organisés par le sultan Abdul Hamid II. Ce mouvement comptait d’éminentes personnalités, telles Anatole France, Georges Clemenceau, Jean Jaurès et bien d’autres. Ayant dû supporter la « conspiration du silence » de la presse parisienne, ce mouvement devint, avec l’apparition du journal Pro Armenia en 1900, suffisamment puissant pour organiser des congrès en Europe, des meetings réunissant des milliers de participants, et surtout des interventions dans différents parlements européens.
Ce mouvement connut son déclin avec la révolution des Jeunes Turcs, en 1908, qui avait suscité de faux espoirs pour un meilleur futur des Arméniens.
l’histoire du mouvement arménophile est retracée par M. Marat Kharazian, sur la base d’une documentation exhaustive, puisée aux sources mêmes de la presse et des minutes parlementaires. La présente monographie est la première à traiter le sujet dans son ensemble, en lui donnant toute sa dimension morale et politique. Elle relate un temps fort des relations entre le peuple arménien et l’élite de la nation française 〉 [8]

IMPRESCRIPTIBLE est un site « répondant au besoin d’éclairer le grand public » sur le génocide arménien. Il comporte une base documentaire d’importance, dont une bibliothèque présentant des ouvrages, brochures et articles (textes d’époque), des documents d’archive, proposés en PDF et/ou en version intégrale. Sur la « Question arménienne » on pourra lire :

• L’Arménie, les massacres et la Question d’Orient, Emile DOUMERGUE, Editions de Foi et Vie, 1916.

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• L’Heure de l’Arménie, A. KRAFFT-BONNARD, Société générale d’imprimerie, Genève, 1922.
Les massacres d’Arménie, Jean JAURES, Action socialiste. 1899 (Chambre des députés, 3 novembre 1896). Texte en PDF ici.
• La Société des Nations et les Puissances devant le problème arménien, André MANDELSTAM, Paris, Pédone, 1926 ; rééd. Imprimerie Hamaskaïne, 1970

Dans son ouvrage: La France face au génocide des Arméniens : une nation impériale et le devoir d’humanité, Fayard, 2015, l’historien Vincent DUCLERT revient sur cette relation troublée de la France avec le génocide des Arméniens de 1915, entre arménophilie et défense des intérêts nationaux français.

« Ce livre est un projet ancien, découlant de mes recherches sur l’affaire Dreyfus. Précédant de quelques années l’engagement dreyfusard, les mêmes intellectuels se mobilisent pour la défense des Arméniens victimes de terribles massacres dans l’Empire ottoman d’Abdülhamid II. J’ai découvert ainsi l’importance de la question arménienne pour la France des droits de l’homme, et j’ai poursuivi l’enquête jusqu’à nos jours, démontrant comment une nation se saisit du devoir d’humanité et situant les responsabilités françaises dans le premier génocide du XXe siècle. » [9]


(1932-1939). La quête d’un refuge. La France.

L’espoir vain de retrouver une patrie et les difficultés de la vie dans les premiers pays d’accueil pousse rapidement les Arméniens à rechercher d’autres terres d’accueil. La France à qui il fallait des hommes pour réparer les pertes démographiques subies pendant la grande guerre sera l’une de leurs principales destinations.

« Venant par bateaux de Grèce, de Bulgarie, de Syrie, du Liban, de Turquie, les Arméniens débarquent à Marseille soit que ce port, le plus actif de la méditerranée représenta leur destination finale, soit qu’il fut une escale pour ceux qui souhaitaient se rendre à Paris ou en Amérique. Les historiens évaluent à 58 000 le nombre de migrants qui débarquent là en l’espace de 2 ans. Sur cent Arméniens débarquant sur le port, quarante restent à Marseille et s’entassent dans les camps Victor-Hugo, Mirabeau et Oddo (Il accueille, à partir de 1923, des milliers d’Arméniens rescapés du génocide. Prévu pour 900 à 1200 personnes, il en abritera jusqu’à 3000, dans des conditions d’extrême précarité) ».

 

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Cet ouvrage nous présente l’histoire de la communauté arménienne de Marseille et de ses institutions, depuis 1924, ainsi qu’une analyse les relations entre la société française et la communauté arménienne et leurs apports mutuels. Pour écrire ce livre, diverses sources ont été utilisées : sources écrites, auprès des divers organismes existants, comme les archives municipales, départementales, I.N.S.E.E., les bibliothèques ; mais aussi des sources orales, grâce aux interviews des habitants du quartier ou de ceux l’ayant habité (première, deuxième et troisième générations) auprès de la communauté apostolique et évangélique ; et des sources iconographiques, grâce aux prêts des particuliers, et d’associations arméniennes.

Une main-d’œuvre disponible 

Les entreprises françaises trouvent chez les Arméniens une main d’œuvre d’autant plus docile et peu regardante sur le travail à fournir qu’elle était dans une situation catastrophique. Beaucoup vont devoir exercer des métiers d’ouvriers, alors qu’ils sont soit paysans, soit très éduqués. Leur ignorance du Français, leur absence de formation professionnelle les ravale au rang de manœuvre. Une mise à l’essai indéfinie, les lenteurs de l’avancement prolongent cette stagnation professionnelle. Quant aux femmes arméniennes, rompant avec les règles de la société traditionnelle qui les confinaient dans leurs foyers elles sont nombreuses à entrer dans le monde du travail.
Peu au fait des réalités sociales du monde industriel, la plupart des nouveaux arrivants trouvent toutefois ce sort préférable à celui qui leur est réservé dans l’aire turbulente du Proche-Orient. De proche en proche, obtenant de leurs employeurs des promesses de contrat de travail pour leurs amis ou collatéraux, leur nombre augmentent selon un schéma migratoire désormais parfaitement connu, quand ce ne sont pas les employeurs français, très friands de cette main-d’œuvre non syndiquée, qui les incitent à faire venir leurs parents du « pays ».

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  • L’Arménien, Clotilde Heller-der GHOUGASSIAN, Presses du Midi, 2003 : Témoignage d’un rescapé du génocide exilé en France.

Henry Ohanessian a 80 ans lorsque sa petite cousine, Clotilde Heller-Der Ghougassian, lui demande de lui raconter l’histoire de sa vie.
Extrait : « Nous avons embarqué sur un cargo français. Nous partagions la cale avec d’autres Arméniens, qui eux aussi avaient obtenu du travail dans différents centres industriels. Les plus chanceux, et en général les plus cultivés d’entre nous, allaient à Paris. Nous les regardions avec admiration. J’étais triste de sentir l’Orient s’éloigner, et j’avais bien compris que je devais faire une croix sur mes vagues projets d’études en France. Il me faudrait travailler, pour aider à subvenir à nos besoins »

Pour aller plus loin

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Le Parti socialiste et l’immigration: le gouvernement Léon Blum, la main-d’œuvre immigrée et les réfugiés politiques (1920-1940) : russes, géorgiens, arméniens, italiens, espagnols, allemands, sarrois, autrichiens, allemands des Sudètes , Marcel LIVIAN, Ed. anthropos, 1982

Un chapitre de cet ouvrage abondamment documenté nous présente un coup d’œil d’ensemble de la politique française à l’égard des étrangers sur la période 1920-1940 (chapitre II)

L’installation des Arméniens en Rhône-Alpes

Le travail

Très vite de petites communautés arméniennes, de quelques dizaines à quelques centaines d’individus, apparaissent dans le sillon rhodanien où les emploient dans des conditions extrêmement dures les industries chimiques de la vallée du Rhône en particulier, mais aussi la sidérurgie et le textile rhodanien. Les Arméniens les plus chanceux obtiennent de précieux pactes de travail alors qu’ils sont en Grèce ou dans les pays du levant où des entreprises recrutent du personnel par l’intermédiaire de commissaires : « Maurice Cusin, dirigeant de la Société lyonnaise de soie artificielle (SLSA), inaugure en 1923 son usine à Décines. Aux ouvriers français il préfère des ouvriers « dociles ». Apprenant la “disponibilité“ de la main d’œuvre, ses faibles revendications salariales et son habileté à travailler le textile, le pragmatique patron entreprend d’aller “faire son marché“ en recrutant directement ses futurs ouvriers. Un intermédiaire arménien, Bared Beylerian, soyeux installé à Joyeuse en Ardèche a déjà fait venir de la main d’œuvre arménienne pour ses propres ateliers. » [10]

Le même schéma se reproduit ici ou là, des Arméniens sont recrutés par l’usine de tréfilage Alexandre Grammont de Pont-de-Chéruy, en Ardèche et dans la Drôme, c’est un certain Arménack Tcherkézian qui recrute des Arméniennes à Beyrouth pour le compte des entreprises de soie Babouin, de Saint-Vallier, et Bernaix, de Privas. A Aubenas, ce sont les moulinages de soies Eugène-Archambaud et fils qui font venir plusieurs orphelines d’Orient. A Valence, Antranik Nalbandian se charge de recruter du personnel en Grèce grâce à un correspondant basé à Thessalonique […] D’autres encore sont embauchés dans les soieries : Saint-Maurice à Montélimar ; moulinages Archambaud, à Aubenas, textiles artificiels du Sud-Est , à la Voulte (Ardèche), Rey, à Crest (Drôme), Naëf, à Saillans (Drôme) ; La viscose, à Echirolles… Les filatures de la vallée de l’Eyrieux, du Pouzin, de Flaviac profitent aussi de cette main d’œuvre. Mais la plupart des exilés trouvent du travail dans d’autres industries. Ainsi nombre d’Arméniens travaillent à Valence (pâtes alimentaires Gilibert et Tezier, Jourdan boulonnerie Calibrée…), à Romans (chaussures Jourdan, Fénestrier, tannerie Cara….), à Saint-Martin-d’Hères (biscuiterie Brun), à Grenoble (chocolaterie Cémoi), à Fontaine (tannerie Guillaumet), à Vienne (Ets Pellet, Ets réunis), à Montelimar (nougats Chabert-Guillot), à Chasse-sur-Rhône (les hauts-fourneaux), à Pont-de-Chéruy (tréfilerie Grammont), à Villard-bonnot (papèterie de Lancey ), à St-Etienne (manufacture d’armes et de cycles, puits « soleil » et « du Clapier », scierie de la Loire), à Saint-Chamond (forges et aciérie de la Marine…), à Izieux (teintureries), au Pouzin (fonderie Hormes et Buire). [11]

Le logement

A leur arrivée, les Arméniens se regroupent le plus souvent dans les quartiers les plus pauvres des villes. Bien souvent, les entreprises logent elles mêmes ces nouveaux employés. A Grenoble ou à Echirolles, dans une cité construite par la société Viscose, entreprise de soie artificielle qui les emploie, dans des baraquements, des vieux wagons à Valence, des casernes désaffectées à Chasse-sur-Rhône ou à Lyon, dans d’anciennes usines à Vienne, ou encore en dortoir à Crest (Drôme), ou Aubenas (Ardèche).  En ville, les Arméniens habitent le plus souvent dans le quartier de la Guillotière à Lyon, rue Tarentaize à St Etienne, rue Bouffier à Valence, rue Lafayette à Vienne. De véritables « petites Arménies » naissent dans le centre de Valence et à Vienne dans le « Kemp », quartier Estressin. [12]

Décines devient véritablement une colonie arménienne, constituant 44,5 % de l’effectif de la Société lyonnaise de soie artificielle. Le surnom de « Petite Arménie » n’est pas usurpé : en 1932 les 3 000 Arméniens représentent un quart de la population de la ville. Lire l’article « La communauté arménienne de Décines un siècle de présence dans l’agglomération, de la survie à l’affirmation d’une culture singulière ».

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〈 Des dizaines de familles rescapées du génocide arménien de 1915 répondent à l’appel de l’industrie textile viennoise et s’installent en 1922 dans une ancienne usine d’armement désaffectée. Se crée alors une sorte de phalanstère arménien avec ses traditions, ses souvenirs. Les nouveaux arrivés appellent eux-mêmes leurs logements « le Kemp », en référence à la prononciation américaine des camps d’orphelins arméniens du Liban-Syrie. La première partie de cet ouvrage, « Vienne, ou des étrangers dans la ville », est une étude historique de ce petit monde diasporique écrite par l’historienne Anahide Ter Minassian. La seconde partie est le témoignage de Jean Ayanian qui est né en 1932 au « Kemp » et y a grandi 〉

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〈 Au début du XXe de très nombreuses familles arméniennes rejoignent les moulinages et autres industries de Pont d’Aubenas. Le livre de Julie Lioré évoque l’histoire de cette communauté jamais écrite, à partir d’entretiens qu’elle a conduits auprès des Albenassiens, Arméniens ou non, témoins de ces années. L’installation des familles, la découverte d’une autre société, la volonté farouche de maintenir une discipline de vie, de s’insérer dans le monde du travail….〉
⇒ Lire particulièrement les pages 41 à 49 ; Le travail : les contrats d’embauche et l’usine. Les logements.

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〈 Cette publication traite de l’arrivée des Arméniens en Isère, de leur installation, des composantes de leur communauté […] Dans le chapitre : Histoires de vie, I. Les premiers arrivés, à lire de très intéressants témoignages 〉

  • Le Monde Alpin et Rhodanien : revue régionale d’ethnologie, n° 3-4 daté de 1989 est entièrement consacré au thème de l’immigration. Le dossier comprend un article intitulé, « Les Arméniens de Décines. Histoire et mémoire », auteur Mireille BARDAKDJIAN, à l’intérieur duquel est abordée en une dizaine de pages la question des Arméniens au travail sur la période de l’entre-deux-guerres, et le logement.

La crise des années 30

A partir de 1931 la crise économique, née aux Etats-Unis, s’installe en France, le chômage explose, passant de 2 % à 15 % avec une baisse de la production industrielle de 23 % à la fin 1931. Les mesures de réglementation qui touchaient la main d’œuvre étrangère eurent comme conséquence d’arrêter totalement l’immigration arménienne en France. Apatrides, les Arméniens ne furent pas expulsés et leurs cartes de travail furent renouvelées, mais ils tombèrent sous les rigueurs, de la loi du 10 août 1932, du gouvernement Laval « protégeant la main d’œuvre nationale ». Cette loi renforcera la préférence nationale en permettant de limiter la proportion d’étrangers dans les entreprises industrielles et commerciales, l’artisanat et les professions libérales. Les licenciements qui touchèrent les Arméniens affectèrent plus particulièrement ceux de la région Rhône-alpes. La crise économique conduit alors les Arméniens à se reconvertir et à développer leurs propres activités. C’est ainsi qu’apparait un nouveau type de travailleur : le marchand forain arménien. La vente ambulante est la seule planche de salut du chômeur. [13]

Cette situation inquiète les commerçants français. En 1936 les membres de la Chambre de commerce d’Annonay demande au ministre de l’intérieur : « qu’aucun étranger ne puisse s’établir en France comme commerçant sédentaire ou ambulant sans avoir été soumis à une enquête approfondie sur sa moralité et ses ressources et sans avoir présenté un casier judiciaire absolument net ». [14] Chambres de commerce et chambres des métiers se mobilisent avec succès. Suite au décret-loi du 12 novembre 1938, il devient interdit à tout étranger d’exercer sur le territoire français une profession commerciale ou industrielle sans justifier de posséder une carte d’identité spéciale portant la mention commerçant. La demande s’effectue à la préfecture, puis elle est transmise à la Chambre de commerce du département pour enquête et avis.
Cependant malgré ces difficultés, de nombreux Arméniens s’installent comme épiciers, bouchers, boulangers, cafetiers, coiffeurs, tailleurs, cordonniers ou photographes. Ils sont aussi, bien souvent, forains, vendant vêtements, chaussures, primeurs sur les marchés et les foires de la région, parfois à même le trottoir.

Depuis leur arrivée en France, les Arméniens ont cherché à améliorer leur situation sociale. La création d’entreprise a été un des moyens d’élever leur niveau de vie. Parmi ces hommes d’affaires, pour la région Rhône-alpes il convient de citer : Jacques Markarian (produits « bio » Markal), à Valence ; Barèd Beylerian (tapis d’Orient) à Joyeuse, Stéphane Kelian (chaussures), à Romans, Napoléon Bullukian (Astra-plastique, fabrication de bouchon en plastique) et Djebraiël Bahadourian (épicerie et grossiste) à Lyon. [15]

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〈 Récit d’un Arménien hors du commun qui devint, à force de travail et de ténacité un grand industriel et une personnalité incontournable de la vie lyonnaise au milieu du 20e siècle. Né à Malatia en 1905, victime du génocide, son témoignage de ses premières années de vie est particulièrement poignant. La fondation qui porte son nom soutient la recherche médicale, l’art et l’Arménie 〉

• Lire également dans, Les Arméniens dans la région Rhône-Alpes
Chapitre IV. – Types et portraits d’Arméniens. [16]

I – L’Arménien rhônalpin le plus célèbre, M. Napoléon Bullukian.p. 151.
II – Une famille de commerçants, les Bahadourian. p. 155.

• Dans une série d’articles publiés en 2014 intitulés, « Un lieu, un homme », le journal le Progrès Lyon revenait sur l’histoire de Djebraïl Bahadourian.


La guerre et l’après-guerre

Des Arméniens dans la guerre

La condition d’apatride des Arméniens ne les empêche pas de servir la France pendant la seconde guerre mondiale. Le 31 mars 1928, une loi a rendu obligatoire le service militaire pour tous les apatrides. Comme tous les Français, les Arméniens participent aux combats, avec leur part de victimes et le grand nombre de prisonniers qui se retrouvent dans les stalags après la débâcle de 1940. Le gouvernement allemand a sans doute pensé faire pression sur eux et détacher de la France ces soldats qui avaient été incorporés autoritairement. Entreprise qui se révélera inefficace. Plusieurs rejoignent la résistance.

Emile TÉMIME, pour la Revue Drômoise , rend compte dans un article intitulé « Des hommes dans la tourmente. Les Arméniens en France dans la seconde guerre mondiale », des comportements des Arméniens au cours de la seconde guerre mondiale et des conditions particulières de leur engagement dans le conflit. [17]

Pour aller plus loin :

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Cette brochure essentiellement constituée de documents émanant de personnalités politiques, d’officiers français et de la presse de l’époque, rappelle que « les Arméniens ont versé pour la France le meilleur de leur sang ». Lors de la Première Guerre mondiale, à l’appel d’Aram Turabian, les Arméniens de France, des Etats-Unis et d’Asie s’enrôlèrent pour défendre la liberté des autres. Ceux qui n’avaient pas la nationalité française furent versés dans la Légion étrangère où ils se distinguèrent […] Au cours de la Seconde Guerre mondiale, nombre de ces combattants, « étrangers » apatrides, dont les livrets étaient barrés de la mention : « ne possède pas la nationalité française », se retrouvèrent pourtant prisonniers dans les stalags. [18]

Dans la brochure il est précisé, sources d’inspiration :

–  On les nommait des étrangers : Les immigrés dans la Résistance Gaston LAROCHE, Les éditeurs français réunis, 1965.
–  « Historique des Anciens Combattants Volontaires Arméniens 1914-1945 », Lt-Colonel L HOPITALIER, Ed.association des anciens combattants, 1956

 Une intégration progressive. Une communauté en construction

Déracinés, exilés, les Arméniens comme tous les réfugies politiques crurent que leur présence en France était temporaire et qu’ils retourneraient en Arménie […] C’est l’expression de l’immense sentiment de frustration, de l’incommensurable nostalgie de la « patrie » de ceux qui se disent des « exilés » Arméniens. Les uns définissent la diaspora comme un « lieu de mort » où s’accomplira inéluctablement, où s’accomplit déjà l’assimilation. Les autres, au contraire, acceptent d’être « un peuple en diaspora ». Pour eux la diaspora peut être un conservatoire de l’identité et de la culture des arméniens occidentaux. Mais quelle que soit la perception que les Arméniens ont de l’avenir de la diaspora, les uns et les autres ont recours aux mêmes « techniques de survie » culturelles et s’appuient sur les mêmes institutions (églises, écoles, associations, partis) pour assurer le hayabahbanoum (le « maintien de ce qui est arménien »). [19]

Forcés de rester en exil, les Arméniens reconstruisirent une parcelle de territoire arménien en Rhône-Alpes et se rassemblent en diverses associations religieuses, politiques, philanthropiques sportives et culturelles. Les activités sont multiples allant de l’organisation de la vie religieuse et de l’enseignement de la culture arménienne à l’assistance aux membres.

• On lira à ce propos dans le chapitre intitulé, “Une identité préservée” de l’ouvrage Présence arménienne en Rhône-Alpes : histoire d’une communauté , Jean-Luc Huard, Ed. Le Dauphiné Libéré, 2014, une rapide synthèse de ces structures de sociabilité crées par les Arméniens de Rhône-Alpes. [20]

•  Lire également du même auteur le chapitre « Une identité bien vivante » dans l’ouvrage : Arméniens en Rhône-Alpes : histoire d’une communauté , Jean-Luc HUARD, Ed. Le Dauphiné libéré, 2008 [21]

•  Ainsi que l’article : La présence arménienne dans l’entre-deux-guerres dans la région Rhône-Alpes , paru dans le dossier “Diaspora arménienne et territorialité” de la revue Hommes et migrations, n°1265, janvier février, 2007

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〈 De son village natal de Medz Nor Kiugh (alors dans l’Empire ottoman) où il naît en 1894, jusqu’à son arrivée en France, et son installation en Isère, dans les années 1920, Yervant Der Goumcian conserve une mémoire étonnamment précise des faits dans lesquels se mêlent l’histoire familiale et celle de tous les Arméniens ottomans, confrontés aux massacres de masse organisé par le gouvernement Jeunes-Turcs, entre 1915 et 1916. En poursuivant son récit bien au-delà de l’exil, Yervant Der Goumcian livre également un témoignage d’un intérêt majeur sur les conditions d’existence de la diaspora arménienne de la première génération et la place qu’y occupe le lien communautaire. Un parcours de migrant qui fut celui de nombreux Arméniens réfugiés en France et atteste de la capacité d’intégration de cette population déracinée 〉 [22]

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Résumé : 〈 Les historiens qui se sont penchés sur l’histoire du peuple arménien, n’ont pas fini d’être étonnés par sa vitalité et par sa propension à renaître coûte que coûte, malgré les tragédies qui ont jalonné son histoire. Cet ouvrage permet de découvrir l’intégration d’un peuple déraciné, dans ses joies et ses peines, dans sa vie au quotidien, à travers les « Flâneries » hebdomadaires publiées par le Dauphiné Libéré. Ces rubriques, recueillies dans ce livre, nous font découvrir l’enfance, l’adolescence et aussi la vie d’adulte de ces enfants d’émigrés qui ont réussi à s’insérer dans la société malgré les difficultés de la guerre et de l’occupation  〉

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Suite au génocide de 1915, beaucoup d’Arméniens se réfugient en France. Alors que pour certains Saint-Étienne n’est qu’une escale, d’autres s’y installent. Ce livre se veut une trace de ces vies, de ces passages depuis les années 1920. Quels sont ces parcours migratoires ? Comment s’intègrent socialement et professionnellement ces Arméniens qui semblent parfois « invisibles » ? Quels choix font-ils quand à leur culture ? Quelles sont les particularités de l’implantation arménienne à Saint-Étienne au regard d’autres communautés arméniennes en France ou au regard d’autres communautés immigrées dans cette cité ? [23]

La visite de quelques sites vous renseignera également plus en détail sur ces questions identitaires, notamment au travers du rôle tenu par la religion apostolique, les partis politiques arméniens et les associations.

Résumé de l’article :
〈 Véritable ciment du peuple arménien, l’Église apostolique a joué un rôle important dans l’histoire arménienne, que ce soit en Asie Mineure avant le génocide de 1915 ou après lors de l’exil dans les pays riverains de l’Empire ottoman […]

Raxi Krikorian. Pont-de-Chéruy, 1993

L’Église apostolique, représentant plus de 80 % des réfugiés, va jouer un rôle très important au sein des communautés en s’impliquant dans la vie quotidienne des Arméniens. En dépit des divergences d’opinion qui divisaient les Arméniens, l’Église apostolique agit toujours pour rassembler les membres de ce peuple dispersé après la tragédie de 1915. Avec l’arrivée massive de réfugiés dans les années 1923-1924, elle devint la principale organisation arménienne. 〉

•  On lira dans l’article Diaspora en France – Les partis politiques , proposé sur le site de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (ACAM), le texte d’une série d’articles parus sous la plume de Jean-noël KOUYOUMDJIAN en 1988-1989 dans le mensuel France-Arménie, traitant de l’histoire des partis politiques arméniens.

•  Trois associations dont le but principal était l’entraide entre Arméniens existaient dans les années 1930 ; l’« Association nationale arménienne » (A.N.A.), représentait officiellement les réfugiés arméniens auprès des autorités françaises lorsque ces derniers avaient besoin de papiers en vue d’un mariage ou d’une naturalisation. L’« Union Générale Arménienne de Bienfaisance » (U.GA.B.), organisation internationale eut un bureau éphémère en 1931, et la « Croix Bleue des Arméniens de France », étaient des associations philanthropiques et eurent un rôle social important parmi la communauté.
• Toujours sur le site de l’« Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée » (ACAM), on trouvera un article retraçant l’historique de l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB), créée au Caire (Égypte) en 1906.

Départs en Arménie soviétique

A partir de 1945, les naturalisations accordées généreusement accélérèrent l’intégration des Arméniens. Pourtant retourner en Arménie est toujours d’actualité et c’est le rêve de tous. Depuis 1920, un seul territoire arménien à droit à ce nom : l’Arménie soviétique. À la suite des pertes humaines subies lors de la guerre par l’Arménie (175 000, soit 12 % de la population), Staline autorise une politique d’immigration dans le pays, nommée Nerkaght, où la diaspora est invitée à s’installer, à revitaliser la population et à renforcer ses forces vives. Les Arméniens vivant dans des pays comme Chypre, la France, la Grèce, l’Irak, le Liban et la Syrie, essentiellement des survivants ou des descendants de victimes du génocide, se voient offrir la prise en charge de leurs frais de retour par le gouvernement soviétique. Environ 150 000 Arméniens répondent à cet appel entre 1946 et 1948. Les motivations vont de l’espérance d’une vie meilleure, le prestige sans égal de l’Union soviétique, à un patriotisme ardent.

De cet engouement pour un nouveau départ Jean-Luc HUARD nous propose deux exemples, très différents, dans son article « La présence arménienne dans l’entre-deux-guerres dans la régions Rhône-Alpes », p.50-51.

– A valence, 9 personnes sur les 29 partants adressent une lettre de remerciements à M. Pécherot maire de la ville : « Avant de quitter définitivement la ville de Valence et le sol de la France pour rejoindre l’Arménie, nous croyons en notre devoir de venir vous exprimer toute notre gratitude pour la façon si accueillante avec laquelle la municipalité nous a toujours traités, nous considérant comme de véritables citoyens français. Nous vous prions d’être notre interprète auprès du gouvernement pour lui transmettre tous nos sincères remerciements et l’assurer que nous n’oublierons jamais la façon dont nous avons été reçus. Quoiqu’il advienne, nous considérons toujours la France comme notre seconde patrie […] »

– A romans, un groupe d’arméniens publie un article dans le journal communiste “Le travailleur alpin” du 14 mars 1936. Le ton est complètement différent : « Enfin notre rêve se réalise, dans quelques semaines nous serons citoyens libres de la grande Russie des Soviets, dans le pays où l’on ne connaît pas le chômage. Quelle joie pour nous, émigrés, qui avons connus doublement l’exploitation capitaliste. Les bourgeoisies de tous les pays se valent. Chassés par la bourgeoisie turque, nous avons été durement exploités par la bourgeoisie française […]

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Arrivés en URSS ils sont pour la plupart désabusés : « L’installation dans un pays exigu, misérable, au bord de la famine, sans logements, dans une période de durcissement du régime stalinien, aura pour les rapatriés valeur de traumatisme ». Leur retour en France devient rapidement une obsession, mais les autorités soviétiques font tout pour éviter un départ qui n’a pu se faire qu’a partir des années 60.

Dans l’ouvrage: Les naufragés de la terre promise : Arménie, 1947 , l’auteur, Robert ARNOUX, fait intervenir de nombreux témoins issus des générations qui se sont succédé dans cet exil ; témoignages souvent bouleversants de ce que fut la vie quotidienne de ces Français affamés, piégés, et dont les rêves de retour étaient sévèrement punis.

• Lire également le témoignage de Jean DESARKISSIAN « Quarante ans de vie en Arménie soviétique (1947-1987). [24] Jean Desarkissian est également l’auteur, avec son épouse Lucie du livre Les pommes rouges d’Arménie , Flammarion, 1987

 


L’intégration

A l’issue de la tourmente engendrée par la seconde guerre mondiale et des illusions liées au retour vers Erevan, l’heure est surtout durant les années cinquante naissantes à l’intégration en douceur des Arméniens de France.
Cette intégration va de pair avec l’organisation de la diaspora. Elle s’effectue par le biais de l’école, du service militaire, des naturalisations, des mariages mixtes. Cette intégration est avant tout le fait de la deuxième génération, qui améliora sensiblement son niveau de vie. Mais de toute évidence la deuxième génération est confrontée à un conflit intérieur, sa volonté de s’intégrer le mieux du monde à la société d’accueil l’emporte bien souvent sur la volonté de préserver son arménité et de la transmettre à ses descendants. La réussite est ainsi synonyme d’abandon des organisations communautaires.

Les Arméniens de France sont-ils Assimilés ?

Les Arméniens de France sont-ils assimilés ? René LÉONIAN, La Bégude-de-Mazenc, 1986

Les pages de ce livre, représentent pour l’essentiel un mémoire en sociologie déposé à l’Université Lyon 2 en 1985. L’appellation exacte était : « Intégration et / ou assimilation des arméniens de France ; le cas de l’Église Évangélique Arménienne de Lyon de 1924 à 1983 ».

Dans un Avant-propos l’auteur dit : « avoir voulu comprendre un peu mieux l’évolution des générations d’Arméniens en France. Intégrés ou assimilés ? Les Arméniens ne savent pas toujours se situer, encore moins l’opinion publique, voire les autorités françaises » […]

Les troisième et quatrième générations, nées et grandies dans les différents centres de la diaspora, se différencient radicalement des deux précédentes et sont les « vraies » générations de la diaspora. Elles ont les citoyennetés les plus diverses. Elles ont cessé d’être arménophones. Elles sont modernes, souvent diplômées et totalement intégrées aux classes moyenne urbaine et au secteur tertiaire des sociétés d’accueil et si elles occupent encore une place importante dans l’artisanat et le commerce, elles ont fait une entrée massive dans l’enseignement, la recherche, les professions libérales, les métiers d’ingénieurs, ceux du spectacle, des médias et de l’art.

⇒ Lire à ce sujet un article de Lyon Capitale publié le 23/04/2015, Ces Arméniens de Lyon. Portraits + L’inéluctable assimilation des Arméniens.


Une mémoire toujours ravivée

Dans la fin des années soixante, un nouvel élan communautaire est perceptible. La manifestation du 24 avril 1965 à Erevan lors de la commémoration du cinquantenaire du génocide et la création en France du Comité de défense de la cause arménienne, CDCA, injectent dans la question arménienne un élément nouveau qui va devenir dominant dans les années suivantes : la reconnaissance du génocide arménien. Les Arméniens traduisent pour la première fois leur présence en France en référence à cet événement. Celui-ci est en effet important puisqu’il servira de trait d’union futur et de référence dans l’histoire de cette migration en France.

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L’histoire des Arméniens est souvent évoquée dans les communes rhônalpines. Plaques de rues, stèles et monuments, sculptures, expositions, montrent que la mémoire arménienne reste vive et que les arméniens sont toujours fidèles à leur histoire. Ils sont aussi la preuve que la France n’oublie pas ce qu’ils ont enduré.

A la fin des années 90, les Valentinois d’origine arménienne ont exprimé le besoin de conserver leur histoire communautaire dans un lieu approprié. La municipalité à alors entrepris la réalisation du Centre du patrimoine arménien de Valence . Inauguré le 11 juin en 2005, ce centre est précurseur en Europe et s’inscrit dans le réseau des lieux consacrés à l’histoire de l’immigration.

Le 20 octobre 2013 est inauguré Le Centre National de la Mémoire Arménienne de Décines en présence de la ministre de la culture Aurélie Filippetti. Il est consacré à l’histoire arménienne et à celle du génocide arménien en particulier. Le lieu est dirigé depuis son ouverture par l’historienne Katia BOUDOYAN. La devise du centre national de la mémoire arménienne est : rester soi en devenant autre . Lire ici l’article: Décines. L’ouverture du Centre national de la mémoire arménienne est très attendue. Le Progrès Lyon, 30 juillet 2013

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Ce guide a pour but de présenter les traces de l’identité arménienne, visibles en France. La première partie comprend 150 pages de fiches monographiques placées dans l’ordre alphabétique des communes, avec plus de 600 photos et autant de textes explicatifs. Sont recensées dans l’ordre strictement alphabétique, les villes et les villages français où l’on peut voir les signes tangibles de cette identité (monuments divers, statues, lieux dits, lieux de vie religieux, socio-culturel, artistique et autres, plaques mémorielles). Si la présence des villes à forte densité de population d’origine arménienne comme Marseille, Paris, Lyon, Nice, Valence, Alfortville, Arnouville, Décines ou Issy-les-Moulineaux ne saurait surprendre, ce Guide révèle des communes « excentrées » et improbables où existent des marques insoupçonnées de l’identité arménienne.

Dans une annexe intitulée « Le Carnet », nous trouvons une liste indicative de renseignements utiles, sur le mouvement associatif arménien (adresse, téléphone, courriel, site Internet), liste qui se limite par principe à celles des organisations ayant contribué, directement ou indirectement, à l’implantation des expressions concrètes de l’identité arménienne. [25]

Pour aller plus loin
Pour comprendre les enjeux de l’institutionnalisation d’une mémoire collective de l’exil trois articles parus dans Revue Drômoise, n°515. [26]

  • Enjeux et paradoxes de la patrimonialisation de la mémoire collective : le Centre du patrimoine arménien de Valence, Martine HOVANESSIAN
  • Des objets révélateurs de l’identité arménienne, Stéphanie VUILLEMIN
  • Un exemple de « musée » d’histoire, Marie BACHY

Depuis l’indépendance de l’Arménie, des liens se tissent entre communes rhônalpines et arméniennes. Les jumelages se sont multipliés : Valence avec Itchevan, Bourg-lès-Valence avec Talin, Décines avec Stepanavan, Villeurbanne avec Abovyan, Vaulx-en-Velin avec Artik, Vienne avec Goris, Romans avec Vardenis, Chasse-sur-Rhône avec Nor-hadjin, Lyon avec Erevan…

Des articles de presse illustrant le dynamisme de ces jumelages:

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Epilogue

[…] Dès le 24 mai 1915, la France, la Grande Bretagne et la Russie ont dénoncé dans une déclaration commune des crimes contre l’humanité et contre la civilisation. C’était la première fois que les mots « crime contre l’humanité et contre la civilisation » étaient prononcés ; et ces mots-là l’ont été pour dénoncer le génocide arménien.  C’est au nom de cette condamnation que la France a accueilli une partie des rescapés du génocide. Ces naufragés sont arrivés en France avec comme seul bagage la tragédie qu’ils avaient vécue. Ils y ont trouvé une nouvelle patrie, cette patrie-là, la France, ils l’ont défendue avec courage quand elle fut attaquée par les nazis ; la France, ils ont contribué à la reconstruire après la guerre ; la France ils l’ont faite rayonner par leurs talents partout dans le monde mais jamais en oubliant leurs origines […]

Extrait du discours de François Hollande, Président de la République Française, lors des commémorations du centenaire du génocide arménien à Erevan, vendredi 24 avril 2015.


Ressources documentaires

Deux ouvrages principalement ont guidé et inspiré la construction de ce dossier :

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Sources bibliographiques

Livres

 Les Arméniens en France : du chaos à la reconnaissance , Claire MOURADIAN, Ed. de l’attribut, 2010
Une étude sociologique sur l’histoire de la présence arménienne en France depuis 1915, date du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman, acte fondateur traumatique de la diaspora actuelle. Des récits d’exilés ainsi que le portrait d’immigrés et d’enfants d’immigrés complètent l’ensemble.

La communauté arménienne de France : 1920-1950 , Cyril Le TALLEC, L’Harmattan, 2001
Montre comment cette communauté, après les massacres perpétrés au début du siècle par l’Empire ottoman, s’est renforcée et développée en France autour de diverses organisations.

La communauté arménienne de Lyon et de la région Rhône-Alpes , préf. de Gérard DEDEYAN, [S.l.] : [s.n.], 1994
Ce livre bilingue, en couleurs, richement illustré de photos d’archives inédites, fait revivre l’arrivée des premiers exilés Arméniens à Lyon et dans sa région. On y trouve tous les grands noms français et arméniens qui ont consacré leur vie au service de la communauté arménienne de la région dans les domaines les plus divers et en particulier celui de la construction des églises dans la région Rhône-Alpes.

Les Arméniens dans la région Rhône-Alpes : essai géographique sur les rapports d’une minorité ethnique avec son milieu d’accueil , Aïda BOUDJIKANIAN-KEUROGHLIAN, préface de Renée ROCHEFORT, Association des Amis de la Revue de Géographie de Lyon, 1978

Les Arméniens et leurs territoires , Martine HOVANESSIAN, Éd. « Autrement », 1995. Numéro spécial de « Autrement, Serie Monde », 84, mars 1995
Évoquant la place privilégiée de l’origine, du parcours migratoire du récit de survie de ceux qui ont fui le génocide, le livre de Martine Hovanessian nous montre que la première génération a su conserver le souvenir des catastrophes précédant l’exode en même temps que celui de la reconstruction des premiers liens communautaires. L’étude est consacrée à la communauté arménienne fixée à Issy-les-Moulineaux et à Alfortville.

Lyon, capitale des outre-mers : immigration des suds & culture coloniale en Rhône-Alpes & Auvergne , sous la direction de Nicolas BANCEL, Léla BENCHARIF, Pascal BLANCHARD ; en collaboration avec Ahmed BOUBEKER, Abdellatif CHAOUITE, Éric DEROO… [et al.] ; préface de Didier DAENINCKX, La Découverte : les Bâtisseurs de mémoire, 2007
Au travers de documents iconographiques et de récits, histoire de ces régions ouvertes sur les cultures du monde et qui entretiennent depuis la fin du XIXe siècle une relation unique avec une population de migrants venue des Suds.

La communauté arménienne de Décines : 1925-1971 , Geneviève BARDAKDJIAN, [S.l.] : G. Bardakdjian, 1972

L’éternel arménien : histoire de la communauté de Chasse-sur-Rhône au XXe siècle , Marie-Hélène COMTE et Nathalie GONOT, Chasse-sur-Rhône : Communauté arménienne, 1997

Mémorial du génocide arménien de 1915 : rue d’Arménie, Villeurbanne, textes écrits par Muriel PERNIN, Villeurbanne : la Ville, 2005

Revues

Les Églises arméniennes et les réfugiés en Rhône-Alpes dans l’entre-deux-guerres 1918-1940, Jean-Luc HUARD, Les Cahiers de la Méditerranée. Dossier : Migration et religion en France II

La formation de la communauté arménienne entre les deux guerres, Jean-Luc HUARD, Revues plurielles. Écarts d’identité, N°95-96, Printemps 2001

Ani cahiers arméniens : Histoire d’une immigration et d’une intégration en Rhone-Alpes, Sous la présidence de Pierre MARION, Rédacteur Pierre Ter-SARKISSIAN ; Sous la direction de J.-C. KABADJIAN

Arméniens : à la recherche d’une identité reconnue [Article], Joël MADILE, Ces lyonnais venus d’ailleurs. Résonance : l’hebdomadaire de la vie lyonnaise, No. 217. 10-24 juin 1980

L’immigration des Arméniens de la diaspora vers la RSS d’Arménie, 1946-1962 , claire MOURADIAN, Cahiers du monde russe et soviétique, Année 1979, Volume 20, n°20-1, pp.79-110

L’immigration arménienne et la construction de Décines, interview de Philippe VIDELIER, historien, chercheur au CNRS. Auteur du livre Décines : une ville, des vies , éditions Paroles d’Aube, 1996. Propos recueillis par Stéphane AUTRAN le 12 avril 2012. Millenaire3

La colonie arménienne de Valence sur Rhône , P. GARAGNON, revue de géographie alpine, 1956, volume 44, pp.523-538

Arménie-diaspora : mémoire et modernité , dirigé par Gérard CHALLIAND, Les Temps Modernes, 1988

Histoires croisées : diaspora : Arménie : Transcaucasie : 1880-1990 , Anahide Ter MINASSIAN, Editions Parenthèses, 1997

Géopolitique des diasporas, Revue HÉRODOTE, n°53, 2ème trimestre 1989, La Découverte.
Comporte un article intitulé : « La diaspora arménienne », auteur, Anahide Ter MINASSIAN

La longue marche des Arméniens : histoire et devenir d’une diaspora , Laurence RITTER, R. Laffont, 2007

Deux revues arméniennes de diffusion nationale ont leur siège en Rhône-Alpes : le bimensuel France Arménie, crée en 1982 à Lyon par le Comité de Défensse de la Cause Arménienne, et Azad Magazine, revue trimestrielle fondée en 1978 par Jean Maradjian du Comité des Arméniens de Grenoble.

En plus de ces journaux, quelques radios émettent dans la région à Décines, Vienne et Valence

La presse

Charles Aznavour à Lyon pour inaugurer le consulat Arménien,  Le Progrès Lyon, 20 juillet 2014

Les Arméniens une histoire d’amour avec l’est lyonnais.  Le Progrès Lyon, le 03 août 2003

Pont -de-Cheruy la troisième république d’Arménie célébrée.  Le Progrès, 25 septembre 2013

Rhône-Alpes, terre d’accueil des Arméniens. Le Progrès Lyon, 23 avril 2005

Rue d’Arménie, une reconnaissance pour la communauté. Le Progrès 16 août 2013

Vienne une école arménienne pour continuer à enseigner la langue. Le Progrès Lyon, 09 octobre 2014

Sites Internet

ACAM: Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

ADIC: Armenité, Diversité et Identité citoyenne.

ARAM: Association pour la Recherche et l’Archivage de la Mémoire Arménienne.

ARMENEWS.com: Portail internet du magazine Les Nouvelles d’Arménie.

ARMENOSCOPE: Informations des Arméniens et de leurs associations sur les activités culturelles (théâtre, concert, danse), scientifiques et communautaires armeniennes.

ARMENWEB: Carrefour de l’information sur ce peuple et ses personnalités.

DIASPORAMAG: Diasporamag, le site de la diaspora arménienne.

IMPRESCRIPTIBLE: Propose une base documentaire sur le génocide des Arméniens de la Turquie ottomane en 1915. Décrit aussi la stratégie des sites négationnistes.

Musée de l’histoire de l’immigration: L’histoire de l’immigration en France depuis deux siècle.

Répertoire des associations culturelles Arméniennes en Rhône-Alpes

Disponible sur le site de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée: un répertoire très complet d’associations, classées par départements.


[1] Extrait du discours de François Hollande, lors des commémorations du centenaire du génocide arménien à Erevan, vendredi 24 avril 2015

[2] Source, presse nationale

[3] Georges Clemenceau, 1896

[4] Article. Jules Mathorez. Les Arméniens en France du XIIe au XVIIIe. REA, T.II Paris 1922

[5] Germinal an 3 (mars 1795) décret portant qu’il sera établi à la bibliothèque nationale une école pour l’enseignement des langues orientales

[6] Les Arméniens de France sont-ils assimilés ? René Léonian, La Bégude-de-Mazenc, 1986

[7] Sources : Histoires croisées : diaspora : Arménie : Transcaucasie : 1880-1990 / Anahide Ter Minassian, Editions Parenthèses, 1997. 1915, le génocide des Arméniens, Gérard Chaliand,Yves Ternon

[8] Source : Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

[9] Source : le Monde des livres, vendredi 24 avril 2015, p.3.
Grande traversée Entretien. Vincent Duclert : « La France a une dette à l’égard des Arméniens »

[10] Arméniens : le creuset rhônalpin, [article], L’essor. Le 05 mai 2015 – Mathieu OZANAM. http://lessor.fr/armenie-le-creuset-rhonalpin-9934.html

[11] Arméniens en Rhône-Alpes : histoire d’une communauté, Jean-Luc HUARD, Ed. « Le Dauphiné libéré », 2008

[12] Présence arménienne en Rhône-Alpes : histoire d’une communauté, Jean-Luc HUARD Ed. Le Dauphiné Libéré, 2014

[13] Les Arméniens dans la région Rhône-Alpes : essai géographique sur les rapports d’une minorité ethnique avec son millieu d’accueil, Aida BOUDJIKANIAN-KEUROGHLIAN ; préf. de Renée ROCHEFORT, Association des Amis de la Revue de Geographie de Lyon, 1978. p.128-130

[14] Ibid. 11,p.29.

[15] Ibid. 11,p.24.

[16] Ibid. 13. p.151-157.

[17] Revue Drômoise, n°515 mars 2005 ; Les Arméniens de Valence. Histoire et mémoire.

[18] Source : Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

[19] Ibid. 7. p.27-28.

[20] Ibid12.p.60-75

[21] Ibid11.p.34-45

[22] Source : Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

[23] Source : Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

[24] Ibid. 17.p.89-94.

[25] Source : Imprescriptible, base documentaire sur le génocide arménien. http://www.imprescriptible.fr

[26] Ibid.17.p.113-138.

Cet article fait parti du dossier Lyon, carrefour des peuples.

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