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Jardins ouvriers, Montchat

Photographe : Blanchoz-Rhône, Sylviane, 21 février 2016.

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - par B. Yon

A l'heure où la tendance est à la végétalisation de nos villes pour lutter contre le réchauffement climatique, le jardinage urbain a le vent en poupe. Les listes d'attente pour obtenir une parcelle cultivable s'allongent d'années et années. Retour sur ces petits îlots de verdure au cœur de Lyon…

Jardins ouvriers, Montchat
Jardins ouvriers, Montchat

Les premières enclaves campagnardes  à voir le jour au sein de nos villes sont les jardins ouvriers.  Apparus  à la fin du XIXe siècle sous l’impulsion du clergé et du patronat, ils avaient pour objectif l’amélioration de la vie des ouvriers et de leur famille. Un deuxième but, moins avouable, était aussi d’éloigner les populations ouvrières des bistrots et des manifestations publiques en leur donnant des parcelles de terre à travailler.

Les jardins ouvriers de Montchat, gérés par l’Association des Jardins Ouvriers Communaux de Lyon (AJOCL), sont présents dans le 3e arrondissement depuis 1926. Le but initial était de compléter les ressources de leurs bénéficiaires, « à l’exclusion de tout usage commercial ». Ils représentent 16348 m2 divisés en 65 jardins ouvriers. Ils se répartissent de façon inégale de part et d’autre de la rue Jules-Massenet. Les deux tiers du terrain appartiennent aux Hospices Civils et l’autre à la ville. Ils sont depuis peu rattachés aux Espaces Verts de la ville, ce qui permet aux jardiniers d’avoir en appui conseils et savoirs-faire.

L’implantation de ces jardins dans une ville prenait en compte deux facteurs : trouver des espaces libres où installer les jardins, et la proximité avec les  quartiers ouvriers.

À Lyon, ces deux conditions placent les jardins dans la périphérie de la ville. On y trouve les grandes industries et les quartiers ouvriers. C’est aussi ici que l’on trouve du foncier disponible, aux pieds des anciens forts de Lyon. C’est donc à Montchat, à Gerland, dans le 9e arrondissement, ou encore dans le 5e arrondissement que ces jardins sont créées.

Aujourd’hui, il existe trois types de jardins urbains : les jardins familiaux, les jardins partagés ou collectifs, les jardins de rue.

À partir des années 1950, les jardins ouvriers deviennent des jardins familiaux, ensembles de parcelles individuelles attribuées par les autorités publiques. Si les jardins familiaux sont bien à l’origine du jardinage urbain, ils ne sont pas à l’initiative des habitants mais à celle des autorités publiques qui attribuent les parcelles. Néanmoins, les jardiniers sont tenus d’entretenir leur parcelle, ce qui demande un engagement personnel et citoyen important.

À partir des années 1970 aux États-Unis, dans des zones urbaines sinistrées frappées par la crise, des jardins voient le jour à l’initiative des habitants. L’objectif dans un premier temps est de pouvoir nourrir sa famille. Cette période coïncide avec les prémices d’une prise de conscience écologique. En 1979 a lieu la première conférence mondiale sur le climat à Genève. Le jardinage urbain va rapidement devenir un acte militant, contestation contre le tout béton qui dé-sociabilise et pollue nos villes. On voit alors émerger d’autres types de parcelles : les jardins partagés.

En France, cette tendance arrive dans les années 90. La première charte nationale des jardins partagés français, la  « Charte de la terre en partage », est rédigée en 1997. Elle met l’accent sur les habitants et leur rôle participatif dans la création et la gestion de ces jardins. Les jardins peuvent être établit dans des endroits privés comme des cours d’immeubles par exemple, dans des lieux publics comme les parcs, ou encore sur des espaces temporairement vacants comme les friches. Gérés de manière associative, ils vont peu à peu être intégrés aux politiques publiques de la ville. Contrairement aux jardins familiaux, les jardins partagés investissent le cœur de ville. À Lyon, ils sont disséminés un peu partout sur le territoire, avec une prédominance à la Croix-Rousse, quartier particulièrement militant et engagé à travers son histoire.

Et enfin, il y a les petits jardins de rue, qui apparaissent à Lyon à partir de 2005, et qui investissent des lieux même très restreints en terme d’espace. Le but ici n’est pas de cultiver, mais plutôt d’embellir et végétaliser la ville. On les trouve au pied d’un arbre, dans des jardinières posées à même le sol, dans les ouvertures faites dans le bitume, par la mairie ou par des habitants. Plus poétique, on trouve beaucoup de ses jardins à Montchat, à la Guillotière, et à la Croix-Rousse. Des quartiers aux caractéristiques socio-économiques plutôt privilégiées, hébergeant des populations de classe moyenne supérieure.

Pour en savoir plus, et que vous avez envie de jardiner dans Lyon, n’hésitez pas à consulter cet article d’Amélie Deschamps, très complet, ici

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