L’Info retrouvée

Le concours de Matefaim du Vieux-Lyon

- temps de lecture approximatif de 1 minutes 1 min - Modifié le 14/12/2019 par Laurent D

Cette rubrique propose de revenir sur des événements survenus à Lyon et dans la région au cours des deux derniers siècles, dans les domaines les plus divers, à travers un article de la presse locale de l’époque, une photographie, ou une illustration

Les matefaims de Lyon. Georges Vermard. © Bibliothèque municipale de Lyon

Dimanche 09 mai 1965. Dans le cadre des fêtes du « Joly May » organisées sous l’égide de la « Renaissance du Vieux-Lyon » plusieurs divertissements ont été prévus. Le plus attendu, un concours de matefaim mijoté par Simone Pelosse (la Muse du Vieux-Lyon). « Toutes les locataires des cambuses du quartier pourront mettre la main à la pâte et tenir la queue de la poêle pour concourir, sans distinction de sesque »1. Le jury est présidé par Paul Bocuse et Paul Lacombe (Léon de Lyon). Félix Benoît, grand chancelier du Taste-Matefaim, animateur de ce divertissement, distribuera les prix. Pour les organisateurs ce concours  permettra de rendre enfin au matefaim la place légitime qu’il mérite, car il convient de souligner « que la bonne vieille nourriture traditionnelle du lyonnais est encore ce qu’on a trouvé de mieux pour réaliser le bonheur des hommes en ce bas monde d’infortune »2. Le Président Benoit l’exprime d’ailleurs fort bien lors d’une allocution passée à la postérité : « En cette conjoncture où chacun s’interroge, il est nécessaire de tourner ses regards vers une valeur sûre, une valeur qui a fait ses preuves au même titre que  les gratons ou la confiture de gratte-cul, c’est-à-dire vers le matefaim (…)

Les deux « toques blanches », Paul Lacombe et Paul Bocuse donnent le départ du concours en se lançant joyeusement le disque doré à point sous les yeux de Félix Benoît. Bientôt, boulistes et amateurs de crêpes à la lyonnaise se massent autour des tréteaux. Le prix de « Reine du Matefaim » est attribué à une « sainte femme du quartier », Mme Alodie Debiole, 78 ans, qui pratique le culte du matefaim depuis sa première enfance.

Celle-ci n’a malheureusement voulu confier sa recette, ni à Léon de Lyon : « avec votre poêle d’or, vous pourriez pas faire les matefaims aussi bien que moi », ni à Paul Bocuse : « Tout ce que je peux dire, c’est qu’on mange les matefaims avec des pommes de terre en robe de chambre et de la salade. Et que c’est fameux ! »

1 : Guignol, « Le Joly May du Vieux-Lyon » 06/05/1965
2 : Guignol, 13/05/1965

Sources utilisées

– L’Echo-Liberté, 10 mai 1965

– Le Progrès de Lyon, 10 mai 1965

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