L’Info retrouvée

Inauguration d’un rond-point artistique à Villeurbanne

- temps de lecture approximatif de 1 minutes 1 min - Modifié le 20/02/2020 par Laurent D

Cette rubrique propose de revenir sur des événements survenus à Lyon et dans la région au cours des deux derniers siècles, dans les domaines les plus divers, à travers un article de la presse locale de l’époque, une photographie, ou une illustration

Giratoire du quartier de Buers. Robert Deyrail. Collection BML
Giratoire du quartier de Buers. Robert Deyrail. Collection BML

Le 29 novembre 1989, la municipalité de Villeurbanne inaugure Le Giratoire de Buers, la « sculpture rond-point », de la place Louise Michel. L’œuvre, une création de Patrick Raynaud, est composée d’une quarantaine de panneaux de signalisation qui indiquent diverses directions de villes françaises et étrangères où l’artiste a exposé.

« Pour trouver ça beau, il faut être de loin ». Les habitants de Buers ont du mal à accepter l’œuvre qui a pour objet, d’après son auteur, « d’exacerber les fonctions normales du giratoire au moyen des éléments normaux de sa signalisation ». Lors de son installation en juin 1989, la sculpture avait provoqué un tollé. Pour marquer son mécontentement la population avait eu recours à bien des stratagèmes : coup de pinceaux. Feutres. Graffitis. Les opposants s’étaient même insurgés avec virulence contre l’idée des adjoints à la culture d’implanter un peu partout dans la commune de Villeurbanne des giratoires artistiques au nom de l’art dans la rue, prétextant une fois encore que « l’argent du contribuable était bien mal utilisé ».

Pourtant, les carrefours giratoires, ou, plus familièrement, les ronds-points, semblent être très appréciés en France. Depuis le milieu des années 1980, on en compte près de 40.000 sur son seul territoire métropolitain, soit la moitié des ronds-points construits dans le reste monde ! « Le joyau de l’architecture française, ce n’est pas la tour Eiffel, le Quai Branly ou les châteaux de la Loire. Le joyau de l’architecture française, c’est le rond-point, une invention française qui a essaimée dans le monde entier (…) »1

Il fallait donc que la cérémonie d’inauguration se passe bien. Elle s’est bien passée. Distribution de vin chaud, badges représentatifs du giratoire. Vérone, Cologne, Barcelone, Los Angeles, Kyoto, Naples, Athènes ou Prague… les destinations indiquées sur le giratoire de Patrick Raynaud « permettent de voyager par le rêve » lance le maire, Charles Hernu, aux participants. « Nous on ira jamais jusqu’à là »… Entre la volonté des uns, et la vie concrète des autres, il existe une distance décidément infranchissable.


Sources consultées

• Lyon Figaro du 10/07/1989

• Lyon Libération du 12/07/1989

• Lyon Figaro du 30/11/1989

1  De l’art autoroutier à l’art giratoire

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