Il était une fois… la rose à Lyon

- temps de lecture approximatif de 16 minutes 16 min - Modifié le 17/06/2016 par SBR

Le 20 juin 2011 a été inaugurée à Lyon la Fresque des roses. Ce mur peint nous invite à un voyage dans le temps où la Ville était la capitale mondiale de la reine des fleurs. Une histoire colorée et parfumée avec en vedette des rosiéristes très inventifs. Un patrimoine horticole et culturel aussi, à (re)découvrir et à valoriser en attendant le grand rendez-vous prévu à Lyon en juin 2015 : le Congrès mondial des sociétés de roses.

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Sommaire

1. Un mur de roses dans le 8e arrondissement

2. L’éclosion de la reine des fleurs à Lyon

3. Quand Lyon était la capitale des roses

- Des rosiéristes novateurs : Guillot, Pernet-Ducher, Meilland et bien d’autres !
- Expositions et floralies
- Des roses et des peintres

4. La rose aujourd’hui à Lyon et dans sa région

- Une activité créatrice et économique qui perdure
- Roseraies et jardins
- Des associations très actives

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Fresque des roses/CitéCréation
(S. Blanchoz-Rhône)

21. Un mur de roses dans le 8e arrondissement2

A l’initiative de l’Association Roses anciennes en France, une fresque monumentale orne un immeuble de l’avenue Paul-Santy, à l’emplacement des anciennes serres des rosiéristes. Il s’agit du premier mur peint sur l’histoire de la rose à Lyon, réalisé par les artistes inspirés de CitéCréation. La partie haute comporte 4 variétés emblématiques : « Boule de neige » de F. Lacharme, « Mme Alfred Carrière » de J. Schwartz, « Marie van Houtte » de Cl. Ducher et « Mme Eugène Résal » de P. Guillot. La partie basse évoque l’histoire et le travail des rosiéristes avec un grand souci du détail.
Cette œuvre fera partie du parcours de la Rose, initiée par la mairie du 8e arrondissement. Elle va sans aucun doute participer à l’embellissement de ce secteur de Lyon dont l’histoire est riche bien que méconnue. Elle marque la première étape d’un circuit de fresques qui promènera Lyonnais et touristes de l’est à l’ouest de l’agglomération, tout en évoquant ce patrimoine fleuri.

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Fresque des roses/CitéCréation
(S. Blanchoz-Rhône)

22. L’éclosion de la reine des fleurs à Lyon2

En France, la culture des roses s’est imposée surtout à partir du 19e siècle. Un nombre très important de rosiéristes s’installent alors sur tout le territoire mais plus particulièrement dans le Bassin parisien, en Normandie et dans le Lyonnais. Une conjonction de facteurs a favorisé l’épanouissement de la reine des fleurs dans notre région.
C’est en partie grâce à Joséphine de Beauharnais que cette histoire a commencé au début du 19e siècle. Dans son château de la Malmaison, elle s’adonne à la passion des fleurs et des roses en particulier. Très attachée à Lyon où elle a effectué plusieurs séjours, elle offre au Jardin botanique de Lyon, alors situé à la Croix-Rousse, plusieurs arbustes, des plantes rares et de nombreuses variétés de rosiers.
Il se trouve aussi que les conditions naturelles locales se prêtent bien à cette culture. Le rosier sauvage se plaît dans la région, servant de porte-greffe. Le sol fertile et le climat continental avec des hivers rigoureux et des étés chauds permettent d’obtenir des variétés originales et robustes.
De plus, Lyon possède depuis la Renaissance, une grande tradition botaniste. Symphorien Champier n’a-t-il pas publié sa « Rosa Gallica » à cette époque ?
Enfin, en 1852, le rattachement à la ville de Lyon des communes de Vaise, la Croix-Rousse et la Guillotière favorisent l’implantation de nombreux maraîchers et rosiéristes, principalement sur la rive gauche du Rhône alors peu urbanisée. Progressivement, la culture de la rose va s’imposer dans la cité.

23. Quand Lyon était la capitale des roses2

De 1850 à 1940, Lyon a été véritablement une capitale de la reine des fleurs. A la fin du 19e siècle, les champs de roses s’étendent principalement à Monplaisir-la Plaine, autour de l’actuelle mairie du 8e et à la Guillotière.

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Souvenir de la Malmaison/J. Beluze
(Kurt Stüber/GNU Free documentation license)

[actu]Des rosiéristes novateurs : Guillot, Pernet-Ducher, Meilland et bien d’autres ![actu]

De 1860 à 1914 particulièrement, la Ville devient un haut lieu de la production et de la création de nouvelles variétés de roses. Les rosiéristes lyonnais se distinguent par la qualité et l’audace de leurs recherches ainsi que par les techniques innovantes qu’ils développent. Ils tirent parti de l’introduction de nouveaux rosiers, notamment de Chine pour créer par hybridation et par semis, des centaines de nouvelles variétés. Ils déploient une grande inventivité et beaucoup de ténacité, sachant qu’il faut en moyenne 6 à 8 ans pour créer une fleur nouvelle.
Parmi les précurseurs, Emile Plantier installé à la Guillotière crée en 1835 celle que l’on considère comme la première rose lyonnaise : « Eugénie Desgaches ». Il célèbre aussi son quartier avec « Reine de la Guillotière ». Son successeur, François Lacharme réalise de nombreuses obtentions comme « Madame Récamier » ou « Coquette de Lyon ». Jean Beluze est passé à la postérité avec « Souvenir de la Malmaison » en 1843, clin d’œil à l’impératrice Joséphine. Antoine Nérard à Vaise signe en 1846 un grand classique « le Géant des batailles ». Cette dernière fleur appartient au groupe des premiers hybrides remontants renommés pour leur résistance au froid et leur floraison prolongée. La réputation des rosiéristes lyonnais s’accroît avec leur maîtrise de ces nouvelles variétés. Mais ils vont atteindre une notoriété mondiale grâce au talent notamment de plusieurs dynasties de créateurs.

La famille Guillot

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La France/J.-B. Guillot fils
(Kurt Stüber/GNU Free documentation licence)

Elle compte 6 générations de rosiéristes. C’est une saga de plus de 2 siècles depuis l’arrivée de Guillot père qui s’installe à Lyon en 1827. Son établissement « Terre des Roses » se trouve à la Guillotière. Il réalise plusieurs fleurs célèbres comme « Lamartine », « Comtesse de Barbantane ». Son fils qui porte le même prénom, Jean-Baptiste, poursuit une brillante carrière d’obtenteur et de technicien : il invente en 1849 la greffe en écusson sur le collet de l’églantier qui va révolutionner la culture du rosier. Cette technique va être bien vite adoptée par la profession. En 1867, il crée la célèbre rose « la France » considérée comme la première des hybrides de thé. De couleur rose vif à l’extérieur et argentée à l’intérieur, cette fleur ouvre la voie aux roses modernes. Jean-Baptiste Guillot fils met aussi au point les premiers rosiers nains « polyanthas » avec ses roses « Pâquerette » et « Mignonnette ».
Toutes ces nouveautés valent à leur auteur une gloire mondiale et de nombreuses récompenses nationales et internationales. Son fils Pierre transfèrera l’entreprise familiale « Terre des Roses » au Bachut, à l’emplacement actuel de la Maison de la Danse. D’autres membres de cette famille continueront cette activité de création comme nous pouvons le voir dans l’ouvrage Deux siècles de roses : les créations Guillot : de François Joyaux.

Les familles Ducher, Pernet et Pernet-Ducher

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Soleil d’or/J. Pernet-Ducher
(A. Barra/GNU Free documentation licence)

C’est une autre dynastie illustre née de l’union de 2 familles d’obtenteurs, les Ducher et les Pernet. Elle a donné l’un des plus grands noms de l’histoire de la rose. En 1845, Claude Ducher installé à la Guillotière crée près de 80 rosiers. Parmi ses obtentions les plus connus, voici « Gloire de Lyon », « Notre-Dame de Fourvière », « Monplaisir », « Marie van Houtte ». A sa mort, sa femme, la Veuve Ducher obtient aussi des merveilles comme « Mlle Cécile Brunner ». Non loin de là, travaille une autre famille de rosiéristes, les Pernet. Le père, Jean crée entre autres « Merveille de Lyon » qui rencontre un grand succès. Son fils Joseph, après avoir épousé Marie Ducher, prend le nom de Pernet-Ducher et fonde la maison du même nom. Il va se révéler un artiste de génie. L’une de ses premières créations en 1890 est la rose « Mme Caroline Testout » dédiée à une couturière parisienne reconnue. De couleur rose, délicieusement parfumée, elle va faire le tour du monde. La ville de Portland (USA) l’achète en grande quantité pour décorer ses rues et ses jardins.
En 1898, la Roseraie Pernet-Ducher s’installe route d’Heyrieux (aujourd’hui avenue Paul-Santy) avant de partir plus tard à Vénissieux. En même temps, Joseph présente sa nouvelle œuvre « Soleil d’or » qui connait un succès retentissant. Il s’agit en effet de la première rose la plus jaune jamais créée, obtenue après plus de 13 ans de recherche. Aujourd’hui, c’est une couleur courante, à l’époque, non. Cette fleur donne naissance à une nouvelle variété, les Pernetiana qui occupent une grande place dans les catalogues à partir des années 1920. Il poursuit ses recherches et réalise en 1910 « Rayon d’or », « la plus jaune des jaunes » saluée en Angleterre par la National Rose Society.
Au cours de sa carrière, Joseph Pernet-Ducher reçoit de nombreux prix tant en France qu’à l’étranger comme la grande médaille d’or de l’Etat du Massachussets (USA). Il reçoit 13 fois le grand prix du Concours international de Bagatelle. Des spécialistes anglo-saxons lui décernent le titre de « magicien de Lyon ». Sa rose « Mme Edouard Herriot » reconnue internationalement est couronnée par la coupe d’or du « Daily Mail » à Londres en 1912 ainsi que par le prix de la Roseraie de l’Haÿ-les-Roses. La fin de sa vie est assombrie par la mort de ses 2 fils pendant la Première Guerre mondiale. Il leur dédie à chacun une rose.

La famille Meilland

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« Peace »/Meilland
(GNU Free documentation licence)

Bien que se soit une dynastie plus récente, elle s’inscrit aussi dans l’histoire de la rose à Lyon. Antoine, le père, originaire de la Loire, vient travailler à Monplaisir au début du 20e siècle. Il s’installe à Tassin-la-Demi-Lune après la Première Guerre mondiale. Son fils Francis après un voyage en Amérique, réorganise l’entreprise, lance un catalogue en couleurs. Il œuvre pour la cause des roses en travaillant à une protection juridique des variétés nouvellement créées. Son œuvre « Rouge Meilland » (1949) est la première à être brévetée en France et en Europe. Aujourd’hui, depuis la loi du 11 juin 1970, chaque rose nouvelle peut bénéficier d’un « certificat d’obtention végétale ».
Parmi ses créations les plus prestigieuses, on distingue « Golden State » (1937) qui recueille de nombreuses récompenses comme le titre de « plus belle rose de France » décernée à Lyon. Un autre de ses grands succès est « Mme Antoine Meilland » universellement appréciée. Cette fleur a également été appelée « Peace » parce que son baptême le 29 avril 1945 a coïncidé avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La famille Meilland a aussi créée les célèbres « Papa Meilland » et « Pierre de Ronsard ». En 1947, l’entreprise s’est délocalisée partiellement à Antibes. L’autre partie, les Etablissements Meilland-Richardier se consacrent à la production et à la vente.

…Et beaucoup d’autres encore !

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Mme E. Calvat/Veuve Schwartz
(Kurt Stüber/GNU Free documentation license)

A côté de ces grands noms, il faut citer, sans prétendre à l’exhaustivité : Alexandre Bernaix, auteur d’une cinquantaine de variétés, Joseph Bonnaire et sa rose « Souvenir de Victor Hugo » (1885), César-Antoine Chambard avec plus de 60 obtentions, Jean-Baptiste Croibier qui évoque l’actualité avec « Lindbergh » (1927), Francis Dubreuil célèbre pour « Perle d’or » (1884), Jean Liabaud et ses nombreuses réalisations. Et encore Antoine Levet surnommé « le père des roses » qui honore son quartier avec « Perfection de Monplaisir » (1871), Charles Mallerin, « le prince de la couleur », Frédéric Damaizin qui crée « Ardoisée de Lyon » (1858). Sans oublier Joseph Schwartz, le créateur entre autres d’un grand classique « Mme Alfred Carrière » (1871) et de « Reine Victoria » (1872), la Veuve Schwartz, auteur de « Mme Ernest Calvat » (1888)
En 1999, la Poste a rendu hommage à tous ces créateurs lyonnais souvent méconnus, en éditant un timbre représentant 3 de leurs plus célèbres roses.

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Roses anciennes
© La Poste

[actu]Expositions et floralies[actu]

Pour faire connaître leurs créations et mieux vendre leur production, les rosiéristes participent à de nombreuses manifestations. La plupart d’entre eux font partie de la Société d’horticulture pratique du Rhône fondée en 1844. Ils se retrouvent en compagnie de grainetiers, fleuristes, botanistes comme le directeur du Jardin des plantes, Nicolas-Charles Seringe. Cette société organise des expositions et des visites de plantations. Elle publie également un
Bulletin. La première de ses manifestations a lieu en septembre 1851 au Palais Saint-Pierre et suscite un grand engouement du public pour l’horticulture et la rose en particulier. La seconde, en 1852, est inaugurée par le prince Louis Napoléon Bonaparte en personne.
Peu à peu, les expositions se multiplient et requièrent de plus grands espaces : elles se tiennent d’abord dans le jardin du Palais Saint-Pierre, puis place Morand et ensuite Cours du Midi (actuel Cours de Verdun). Le marché aux fleurs du quai Saint-Antoine se déplace vers la place Bellecour, plus grande.
Toutes ces animations et en particulier les expositions internationales de 1872, 1894, 1914 contribuent à la gloire de l’horticulture lyonnaise comme nous le voyons dans ce Point d’actu. Une forte émulation existe entre les rosiéristes. On parle alors de la « marmite lyonnaise ». Dans la seconde moitié du 19e siècle, sur 80 variétés créées dans le monde chaque année, plus de la moitié proviennent des établissements lyonnais.
Les prix et les récompenses nationales et internationales apportent une reconnaissance officielle et permettent d’augmenter les ventes. Les roses nouvelles voyagent aussi. C’est ainsi qu’en 1901, au Canada, les fleurs les plus appréciées appartiennent à trois créateurs lyonnais. L’établissement à Lyon de la Société française des rosiéristes, fondée en 1896, est aussi un signe de reconnaissance et une aide précieuse.

[actu]Des roses et des peintres[actu]

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Simon Saint-Jean/Liabaud
(Revue des jardins et des champs)
BM-Lyon

« Lyon est la seule ville de France à créer une école des Beaux-Arts en partie destinée à fournir des dessinateurs aux soieries, et à posséder des jardins dont le but est d’offrir des modèles aux peintres et à ces mêmes dessinateurs ». Cette phrase de Noémie Elicaste dans La rose dans les arts lyonnais du XIXe siècle nous rappelle la proximité existant à cette époque entre l’Ecole des Beaux-arts installée au Palais Saint-Pierre et le Jardin botanique sur les pentes de la Croix-Rousse. Les élèves de la classe de fleurs dessinent en plein air ou dans les serres. Ils y puisent l’inspiration tandis que les horticulteurs ont l’occasion de faire connaître leur production. Au 19e siècle à Lyon, on dénombre plus de 70 peintres de fleurs. Parmi ceux qui choisissent la rose comme fleur d’élection, il faut citer Simon Saint-Jean (1808-1860) qui en cultive lui-même dans son jardin d’Ecully. Il atteint la gloire avec son tableau « la Jardinière » acheté par la Ville de Lyon en 1838. Il peint beaucoup de roses « centifolia ». En signe de reconnaissance, un rosiériste reconnu, Jean Liabaud installé à la Croix-Rousse lui dédie une rose.
André Perrachon (1828-1909) est un autre artiste célèbre dont l’œuvre est inséparable de la reine des fleurs. Parmi ses tableaux, plus de 35 ont pour thème les roses. D’autres peintres leur accordent une grande place comme Antoine Berjon, Marc Bruyas, Jean-François Bony, Jules Médard…

24. La rose aujourd’hui à Lyon et dans sa région2

[actu]Une activité créatrice et économique qui perdure[actu]

Peu à peu, les champs de roses ont quitté Lyon, repoussés hors de la ville par l’évolution urbaine, l’implantation d’industries. Ils ont déménagé progressivement vers la périphérie, Vénissieux, Bron, Saint-Priest, Tassin-la-Demi-Lune, puis dans les départements de l’Isère et de la Loire. Les deux guerres mondiales ont également laissé des traces dans les pépinières. Cependant, les descendants des illustres rosiéristes lyonnais poursuivent leurs activités de créateurs dans la région : les roseraies Guillot à Chamagnieu en Isère, Ducher à Châteauneuf dans la Loire, Meilland Richardier à Diemoz en Isère (et dans le Var). Il faut ajouter d’autres obtenteurs réputés : les maisons et établissements Croix à Bourg-Argental, Dorieux à Montagny, Gaujard à Feyzin (et à Bayonne), Laperrière à Saint-Quentin-Fallavier, Orard à Feyzin, Reuter à Saint-Georges-d’Espéranche. Lors des concours de roses nouvelles, ils obtiennent de nombreux prix.
Plus de la moitié des rosiéristes créateurs français sont installés dans la région Rhône-Alpes. Et environ 50 % des plants de roses français y sont produits. Depuis le 19e siècle, plus de 3000 variétés ont été créées en Rhône-Alpes.
En 2010, les obtenteurs rhônalpins ont participé à l’élaboration d’une roseraie présentée à l’Exposition universelle de Shanghai. Ils sont également partenaires avec le Jardin botanique de Lyon du laboratoire « Reproduction et développement des plantes » basé à l’Ecole normale supérieure. Mieux connaître tous les éléments constitutifs d’une rose (pétales, parfum, couleur…) serait une aide précieuse pour la création de nouvelles variétés.

[actu]Roseraies et jardins[actu]

La reine des fleurs est toujours bien présente à Lyon et alentours, au jardin du Rosaire sur la colline de Fourvière, au square Pernet-Ducher à Vénissieux, à la roseraie du cimetière communautaire de Bron, aux jardins de Bionnay dans le Beaujolais… Mais 2 lieux perpétuent particulièrement l’héritage de l’âge d’or de la rose à Lyon

Les roseraies du Parc de la Tête d’Or (Lyon)

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Roseraie internationale/Parc de la Tête d’or
(S. Blanchoz-Rhône)

La roseraie internationale regroupe sur 5 hectares plus de 35 000 rosiers et 350 variétés. Elle a obtenu en 2006 le titre de « Jardin d’excellence » attribué par la Fédération mondiale des sociétés de roses. Située entre le lac et la Cité internationale, elle se présente comme un espace où les rosiers sont organisés en massifs et côtoient de nombreuses autres plantes. Terrasse, pergolas, bassins, rocailles agrémentent le site. Son inauguration le 19 juin 1964, sous le mandat de Louis Pradel, a été fastueuse avec la venue de grandes personnalités : la Bégum, Grâce de Monaco, Maurice Herzog, Edgar Pisani, ministre de l’agriculture…
La roseraie historique du Jardin botanique rassemble près de 400 variétés. Elle a pour origine l’ancien jardin des plantes transféré au Parc de la Tête d’Or en 1856. Aménagée en 1980 dans sa forme actuelle, elle se divise en 2 parties : l’une consacrée aux rosiers sauvages, l’autre retrace l’histoire de la rose ancienne avec une bonne place réservée aux créateurs lyonnais. Le Jardin botanique s’efforce de retrouver ou de sauvegarder des variétés locales anciennes comme par exemple récemment la rose « François Gaulain ».
La roseraie de concours située au cœur du parc a été dessinée en 1931 par le paysagiste Philippe Lavenir. Chaque année depuis cette époque, se tient ici, au mois de juin, le Concours international de roses nouvelles organisée par la Société française des roses. En même temps est désignée la « plus belle rose de France ». Philippe Lavenir avait aussi conçu un projet de roseraie au Confluent qui n’a pas été retenu.

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Roseraie historique/Parc de la Tête d’or
© Ville de Lyon

Le jardin de la Bonne maison (La Mulatière)

Ce jardin privé de 9500 m2 qui surplombe la Saône est situé sur une colline, tout près de Lyon. Créé par sa propriétaire, Odile Masquelier, il recèle une collection importante de roses anciennes (plus de 800 variétés) ainsi que d’autres plantes qui les mettent en valeur. Le livre qui lui est dédié invite à la découverte.

[actu]Des associations très actives[actu]

Deux associations militent pour la défense et illustration de la rose. Il s’agit de la Société française des roses qui a toujours son siège à Lyon, au parc de la Tête d’Or et qui publie la revue Les Amis des roses.
De création plus récente (1995), Roses anciennes en France a pour principale mission de faire connaître et de sauvegarder le patrimoine des roses anciennes. Elle fait paraitre aussi un bulletin annuel, publié en français et en anglais.
En ce qui concerne la Société lyonnaise d’horticulture elle est toujours active et publie chaque trimestre, Lyon-horticole

En attendant le Congrès mondial des sociétés de roses en 2015, souhaitons que de nombreux projets fleurissent à Lyon, la ville inspiratrice de tant de noms de roses !

Pour en savoir plus :

Lyon-rose : 1796-2006, entre Lyon et la rose, trois siècles d’un roman d’amour, par Pierrick Eberhard, Ed. lyonnaises d’art et d’histoire

Fleurs, fruits, légumes : l’épopée lyonnaise, par Stéphane Crozat, Philippe Marchenay, Laurence Bérard, Ed. lyonnaises d’art et d’histoire

Histoire de la rose, de l’Orient à Vénissieux, par Gérard Petit, Association Viniciacum

Les rosiéristes de la région lyonnaise : élaboration des variétés : étude des marchés (1873-1939), par Nathalie Ferrand, Ruralia, 2007

La Société française des roses a cent ans : 1896-1996

Lyon 8e arrondissement : histoire et métamorphoses, par
Catherine Chambon, Ed. lyonnaises d’art et d’histoire

Roseraies et jardins de roses : guide des roseraies et jardins de roses en France, Société nationale d’horticulture de France

Un site consacré à la rose lyonnaise : La rose au cœur de Lyon

Documentation régionale, 2011

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