Echappées de lumière au marché de Noël de Lyon

- temps de lecture approximatif de 18 minutes 18 min - Modifié le 17/06/2016 par FGrignoux

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Il reste encore quelques jours avant Noël 2009, du temps pour penser à la décoration de nos intérieurs, pour chercher le cadeau adéquat, pour se munir des ingrédients indispensables à la réussite de succulents repas ; ou encore, pour aller simplement flâner et retrouver la féérie des marchés de Noël. A Lyon, le village de 140 chalets en bois décorés aux couleurs rutilantes s’illumine, chaque soir, place Carnot.



Sommaire

1. Le marché de Noël place Carnot

2. Brève histoire des marchés de Noël à Lyon

3. Une place dans un quartier théâtre d’importantes mutations

4. La place Carnot aujourd’hui

5. D’autres marchés de Noël, ailleurs

[actu]1. Le marché de Noël place Carnot [actu]

Le marché de Noël de la place Carnot, à Lyon, se poursuit jusqu’au 24 décembre. Ambiance magique pour les enfants qui retrouvent Alice au pays des merveilles, Blanche-Neige, les sept nains ou encore Spiderman. Dans les nombreux chalets, les métiers de bouche sont bien représentés. Des artisans venus de la région Rhône-Alpes et également d’autres régions proposent foie gras, confit de canard, pain d’épice à la coupe, thé, épices, confiseries alsaciennes, saucissons, fromages… C’est l’occasion de découvrir d’appétissants produits du terroir et de trouver peut-être de nouvelles idées pour nos menus.

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A déguster

Pour décorer le sapin, le choix est grand : boules, guirlandes, étoiles et divers petits personnages tout droit sortis de l’imaginaire foisonnant des contes de fées. On peut acquérir également de beaux objets de décoration pour la maison, à garder ou à offrir : santons, poteries, bougies, matriochkas de toute taille et de toute couleur ou bien un élégant fuseau provençal de lavande, fait main, aux rubans chatoyants. Parmi les cadeaux potentiels inédits d’intéressants jouets anciens.
Il est possible bien évidemment aussi de se restaurer : tartiflettes, rissoles aux pruneaux, cidre de glace… Le stand du Canada propose pour se réchauffer “le caribou chaud”, boisson à base de vin rouge, de whisky canadien et de sirop d’érable. Pour les visiteurs, de douces odeurs de cannelle, de gaufres, de chocolat et de vin chaud se succèdent.

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Chalet, Place Carnot
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Chalet, Place Carnot

Chaque jour, jusqu’au 24 décembre, de nouvelles animations sont proposées : concerts de jazz, fanfares, chorales. Pour les enfants : rencontres avec des peluches géantes (le chat botté, le Roi Lion…), maquillage, atelier pour découvrir comment fabriquer et peindre les santons…

- Voir : tous les détails du programme 2009

L’organisation du Marché de Noël pour les années 2009, 2010 et 2011 est confiée à l’Association R3AP – Comité de promotion des produits agro-alimentaires de Rhône-Alpes. Ce comité interconsulaire est créé en 1986 par la Chambre régionale d’agriculture, la Chambre régionale de commerce et d’industrie, et la Chambre régionale de métiers. Se sont associés par la suite, le Conseil régional Rhône-Alpes, des syndicats professionnels et autres. En 2009, le marché a lieu du jeudi 26 novembre, 10h30 au jeudi 24 décembre, 16h. Il est ouvert au public tous les jours de 10h30 à 20 heures, avec des nocturnes jusqu’à 22 heures les 27 novembre, 4, 5, 6, 7, 8, 11, 18 décembre 2009. Le comité de sélection souhaite que chaque année soit assuré un renouvellement de près de 30 %

des produits proposés.

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Place Carnot

Le quartier de la Croix-Rousse célèbre également cette période de préparation à Noël, du 5 au 24 décembre. Une trentaine de chalets sont installés ainsi qu’une « ferme de Noël » où sont hébergés chèvres, lapins, chiens de berger et autres animaux. Un calendrier de l’Avent géant entre en scène chaque soir à 18 heures ainsi que la plus grande guirlande du monde, les mercredis, samedis et dimanches de 14 à 18 heures.

Tout le programme est sur ce site.

A Villeurbanne, c’est une quarantaine de chalets et, le soir, un décor de fête qui attendent le public, avenue Barbusse.
A Villefranche-sur-Saône, place des Arts, une vingtaine de chalets propose des produits de qualité et, parmi les animations, pour les amateurs, possibilité de promenades en calèche.

Citons également la 13e édition du marché de Noël de Saint-Antoine l’abbaye (Isère) qui a lieu dans le cadre somptueux de la grande cour de l’abbaye, les 12 et 13 décembre 2009.

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Marché de Noël, Place Carnot
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Place Carnot

[actu]2. Brève histoire des marchés de Noël à Lyon[actu]

Dès le XVIIIè siècle à Lyon, « les baraques du jour de l’An », boutiques provisoires, se construisent sur le quai de Retz (aujourd’hui quai Jean Moulin). On y trouve des ustensiles en fer blanc, en faïence, des porcelaines et du bois sculpté. Le marché de Noël est né. Longtemps installé par le Syndicat des marchands forains sur les quais de Saône, il a lieu sur le cours de Verdun dans les années cinquante. Certains se souviennent encore d’être allés choisir quelques jouets sous de grandes tentes installées sur le cours qui, bien sûr, n’était pas encore coupé par le Centre d’échange de Perrache.

C’est en 1997, alors qu’existait déjà sur la place Carnot un marché aux santons qu’a lieu la première réédition du marché de Noël réunissant cinquante-deux exposants. Il débute alors le 8 décembre et se poursuit jusqu’au 24. En 1999, ce sont 82 exposants qui s’installent. Leur nombre chaque année ne cesse d’augmenter. En 2008, 140 chalets et emplacements ont accueilli les artisans et commerçants soit trois fois plus qu’en 1997, et plus de 900 demandes de participation au marché ont été reçues par les organisateurs. En 2007, c’est plus de 500 000 visiteurs qui sont venus le découvrir, 60 % venant de la région Rhône-Alpes, 30 % hors région et 10 % d’étrangers. Le marché de Noël de Lyon se classe aujourd’hui à la 2e ou 3e place des marchés de Noël français en termes de chiffres d’affaires.

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Le marché de Noël

[actu]3. Une place dans un quartier théâtre d’importantes mutations[actu]

La place Carnot a connu plusieurs changements, soumise qu’elle était à la mise en place des grands chantiers urbanistiques du quartier de Perrache initiée depuis la fin du XVIIIe, précisément depuis 1771, avec la création de la Compagnie Perrache. La place demeura longtemps un terrain vague et ne fut aménagée réellement que sous Charles X.
L’édification de la gare SNCF en 1856 consacre la coupure du quartier. La partie nord qui se construisait lentement autour de la place Carnot depuis le Premier Empire prend un grand essor, au détriment de la partie sud qui n’est plus reliée à la ville que par trois tunnels sinistres. Le quartier « derrière les voutes », comme l’appellent les Lyonnais, reste plutôt déshérité et populaire. En 1881, on compte dans le quartier Perrache pas moins de 37 usines, employant près de 4000 ouvriers dont 850 à la Manufacture des tabacs, cours de Verdun (actuel lycée Récamier), 750 à l’arsenal et 360 à l’usine à gaz.

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La place et l’hôtel Terminus
cartes postales BML
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La station des tramways
cartes postales BML

La place porte successivement les noms de : Place des Victoires (1er Empire), Louis XVIII en 1821 et n’est d’abord utilisée que pour les exécutions capitales, puis pour le marché aux chevaux. Elle prend ensuite le nom de place de la République puis de la Liberté en 1848, Napoléon en 1849 et Perrache en 1871.

La municipalité lyonnaise lui donne le nom de Carnot le 15 février 1889, année du centenaire de la Révolution française pour honorer la dynastie républicaine des Carnot. Lazare Carnot (1753-1823), « l’organisateur de la Victoire », est le grand-père de Sadi Carnot (1837-1894), président de la République entre 1887 et 1894, assassiné à Lyon, rue de la République en 1894 par Casério, un anarchiste italien de vingt ans.
Le cours de Verdun (cours du Midi jusqu’en 1916) s’ouvre lui en 1812, très vaste, fort apprécié par les Lyonnais, bordé de platanes, il abrite les compétitions boulistes, la plus grande vogue de Lyon, ainsi que de nombreux cirques (Rancy, de l’Athénée olympique, de la Ménagerie des Indes…). Se trouvait également à cet endroit un important terminus et croisement, d’abord de tramways puis d’autobus.

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La place avant l’échangeur
cartes postales BML
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les tramways autrefois
cartes postales BML

A partir de 1972, la construction du Centre d’échanges de Perrache, véritable nœud autoroutier en plein centre-ville, ainsi que la mise en place du métro modifient définitivement le quartier. Cet échangeur, « machine à circuler », faite d’acier, de verre et de béton est achevée en juin 1976. Il est au départ défini comme avant-gardiste, mais, ce cube de béton jonction des autoroutes A6 et A7, a le défaut d’être placé en plein cours Verdun et de masquer la façade de la gare, il a donc mauvaise presse auprès de certains Lyonnais. Cependant, c’est une prouesse technique et son côté fonctionnel est indéniable : il accueille le train, le métro (à partir de 1978), le tramway (à partir de 2000) et les bus, tout en ayant une galerie marchande, un parking automobile et même une garderie et un jardin suspendu. Aujourd’hui, les Lyonnais ont eu le temps de s’habituer à cette cohabitation d’édifices d’époques différentes et semblent assez bien s’en accommoder.

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Centre d’échanges et bassins

Avec le projet Confluence, initié en 1996 et qui aujourd’hui aboutit à la requalification du quartier c’est une nouvelle histoire qui débute pour le quartier Perrache, et un atout fort pour la métropole.

Pour en savoir plus :

Pourquoi pas Perrache ?
Catalogue de l’exposition organisée par les archives municipales de Lyon en 2002-2003

Le quartier Perrache : 1766-1946 : étude d’histoire et de géographie urbaines, par Félix Rivet, 1951
Une étude minutieuse de l’évolution du quartier durant cette période.

De mémoire de presqu’île…Perrache XVIIIe -XXe par Françoise Moiroux

Lyon, connaître son arrondissement, le 2ème, par Jean Pelletier
Fait partie de la série riche en informations et bientôt complète sur les arrondissements de Lyon

Lyon se penche sur ses berges > le confluent, notre dossier Repères.

Notamment le chapitre : Du confluent à la Confluence

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jeux de miroir
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Le Centre d’échanges

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[actu]4. La place Carnot aujourd’hui[actu]

La place Carnot joue un rôle de médiateur entre la gare Perrache et l’une des rues les plus commerçantes de Lyon : la rue Victor Hugo. C’est une place qui s’avère agréable. Des terrasses de café plutôt attirantes, une végétation très présente, avec de grands arbres, de nombreux bancs, un espace jeux très utilisé par les enfants, un manège et également un petit terrain de sports.

Au sud de la place, une rampe de grés rose agrémentée de bassins et d’eau courante mène au Centre d’échanges dont la façade miroir suggère la continuité de l’espace. Le Centre construit par Gagès, Prouvé et Vanderaa, grâce aux jeux des volumes et aux couleurs choisies a des qualités plastiques. A l’est et à l’ouest, deux sculptures ornent la place. Le monument à la République érigé en 1887, conçu par Etienne Peynot et V. A. Blavette pour célébrer le centenaire de la Révolution de 1789 trônait au centre de la place, il est déplacé à l’est en 1975 pour la construction du métro et est alors dépouillé de sa base ; seule reste la sculpture monumentale représentant la Ville de Lyon et placée à l’ouest, les autres éléments du monument sont aujourd’hui au parc Georges Bazin dans le 3e arrondissement.

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Le monument à la République
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Sculpture représentant
la Ville de Lyon

Les immeubles bourgeois du XIXe siècle présentent quelques façades qui sont parmi les plus ornées de Lyon, dont les n° 6 et 16.
La place est un lieu très fréquenté, matin et soir, par les voyageurs, mais elle est également très animée le dimanche matin, moment où les habitants du quartier et les promeneurs peuvent flâner, faire des emplettes aux différents marchés : aux légumes, aux vêtements et également aux chiens et aux chats qui a lieu quant à lui sur la place depuis plus d’un siècle. Tous les mercredis, sur le côté nord, c’est le marché du soir des producteurs fermiers qui prend place.

A proximité, au n°30 du cours de Verdun, une institution lyonnaise la Brasserie Georges créée en 1836 par un jeune brasseur alsacien Georges Hoffher.

Au n°12, siège l’imposant Hôtel Château-Perrache élevé en 1906 par Georges Chedanne. Son hall d’accueil, ancien salon de lecture, offre un remarquable exemple de décoration Art nouveau mise en place au début du XXe siècle.

[actu]5. D’autres marchés de Noël ailleurs[actu]

- En France, les marchés de Noël d’Alsace font partie intégrante des traditions de cette région.

Comme on peut le voir sur ce site, ils sont aujourd’hui particulièrement nombreux. Parmi les incontournables ceux de Strasbourg, Colmar, Kaysersberg,

Mulhouse, Riquewihr…

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Gâteau de Noël

Le marché de Noël de Strasbourg est le plus ancien de France. En 2009, il en est à sa 440e édition. C’est en 1570, sous l’influence du protestantisme strasbourgeois luttant contre les traditions catholiques qui s’attachaient au nom des saints, que le “Christkindelsmärik” (le “Marché de l’Enfant Jésus”) remplace le marché de la Saint Nicolas et s’installe autour de la prestigieuse cathédrale. Aujourd’hui la capitale de Noël ne compte pas moins d’une bonne dizaine de marchés dont plusieurs thématiques. En 2009 son invité d’honneur est la Russie.
La fabrication de breedle pour les fêtes de Noël fait partie en Alsace des traditions ancestrales. A Strasbourg, ils ont leur propre marché. Avec les springerle et les speculatius ces petits gâteaux de Noël en forme d’étoile, de cœur, de trèfle, de losange, de demi-lune ou de sapin embaument les maisons et les marchés de Noël de parfums d’anis, de vanille, cannelle, cardamone ou badiane.
D’importants marchés de Noël ont lieu également à Metz et à Lille.

- Une autre région en France reste très attachée aux rites de la préparation de Noël et invite la population à participer à de nombreuses animations, c’est la Provence. Le choix est grand parmi les nombreux

marchés de Noël et Foire aux santons en Provence.

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Santons

Une des coutumes : les 13 desserts du souper de Noël

- A Paris, le marché de Noël du parvis de la Défense est le plus grand marché de Noël de la ville.

Tout récemment, depuis 2008 il y a également un marché sur les Champs-Elysées, du rond point à la place de la Concorde composé de 170 cabanons en bois vosgien. A la Villette, on inaugure en 2009 un marché de Noël tropical. L’occasion de découvrir toutes sortes de douceurs créoles.

Voir : Les marchés de Noël de Paris.

- C’est en Allemagne, à Dresde, mentionné dès 1434, sous le règne de Frédéric II de Saxe qu’a lieu le striezelmarkt. Il est l’ancêtre des marchés de Noël. Dans la tradition germanique, il fait honneur à l’artisanat, aux échoppes éclairées de bougies et aux étoiles de l’Avent mais son petit plus repose sur son célèbre gâteau de levure “Stollen”, un pain de 3 500 kilos que le public vient se partager le 8 décembre (jour de la fête du Stollen).

Autre marché de Noël célèbre en Allemagne celui de Nuremberg

Voir : les principaux marchés de Noël en Europe

Parmi eux celui de Skansen en Suède, de Berlin, de Vienne

Sur ce site : des coups de cœurs, en France et en Europe

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Marché de Noël, Lyon

Quelques ouvrages :

Magie de Noël en Alsace par Robert Werner ; photographies de Bernard J. Naegelen, 2000

Noël d’Alsace : traditions et saveurs Christiane Desbordes ; photographies Alain Kauffmann, 2002

Noël en Alsace : traditions et gourmandises de l’Avent à l’Epiphanie par Laurence Dalon, 2004

Bredele d’Alsace : gourmandises et saveurs de mon enfance par Thierry Kappler, 2005

Santons et Noël en Provence texte, Christine Ferniot, photos, Camille Moirenc, 2004

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Marché de Noël de Lyon

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