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Complete cartas celestes . 1

José Antonio Rezende de Almeida Prado [1943-2010] est l’un des compositeurs brésiliens contemporains les plus prolifiques.

 

Formé à bonne école (successivement élève de Nadia Boulanger, Olivier Messiaen et György Ligeti, excusez du peu), il s’affranchit rapidement de contraintes compositionnelles trop rigides et s’installe dans une esthétique qu’il qualifie de « trans-tonale ». C’est ainsi que dans sa musique le système tonal et ses hiérarchies ne sont ni honnis ni éludés systématiquement, ni ne se révèlent un corset desséchant (équilibre subtil, qui cependant n’échappe pas à la perception instinctive de l’oreille, dépaysée, dirait-on, en territoire connu).

Il écrit aussi bien pour l’orchestre que pour le répertoire de chambre. Son oeuvre pour piano la plus marquante est sa série de 18 cartas celestes. Cette commande, qui date de 1974, devait tenir lieu de musique de scène à un spectacle donné au Planétarium de São Paulo. Il décrit certains des corps célestes que l’on peut voir dans le ciel brésilien pendant les mois d’août et de septembre, y compris la Voie lactée, les météores et la Nébuleuse d’Andromède.

Quinze des 18 Cartas Celestes sont écrites pour piano seul, tandis que trois autres présentent une orchestration différente. Quoique cette musique descriptive soit intellectuellement extrêmement élaborée (savantes correspondances entre notes et lettres grecques employées dans les cartes du ciel),  le résultat sonore n’est pas pour autant hermétique ni rébarbatif. Bien au contraire. Il y a là une réelle beauté musicale. Un usage généreux et ingénieux de la pédale induit des nombreuses résonances et réverbérations évoquant l’espace, la vibration infinie des espaces intersidéraux.

 

Infra-graves telluriques suggérant les fréquences abyssales des monstres gazeux que sont les planètes géantes, gerbes d’arpèges fuselés en bouquets de constellations, trilles crépitants et glissandi ruisselants dans la tessiture aigüe qui rappellent les pluies de météorites … tout cela, et plus encore, accroché à la voûte étoilée, selon la  fantaisie et la vision intérieure de chacun.

Une bien belle utilisation de l’instrument qui « malgré » la virtuosité implacable du jeune pianiste Aleyson Scopel, fait appel à notre imaginaire cosmique, nous introduit à un avatar de la musique des sphères  et nous fait entrevoir la poésie onirique et sidérale de « cette obscure clarté qui tombe des étoiles ».

Voir dans le catalogue de la BML

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