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Alan

Mohamed Rouabhi

On plonge dans les pensées d’Alan qui a une vie monotone, routinière et solitaire. Tous les jours, il fait le même trajet aller-retour de son bureau à son domicile. Il n'adresse la parole à personne, si ce n'est à lui-même. Il n'a pas d’amis et il ne prend jamais de vacances.

La visite d’un mystérieux inconnu va complètement changer sa vie. Un homme avec une tête de lapin vient lui rendre visite tous les soirs. Ce visiteur est de la même taille que lui  et porte le même costume que lui. Il semble être un double d’Alan. On ne sait pas si c’est une hallucination, si Alan est juste simple d’esprit ou s’il est schizophrène. Cet étrange visiteur est-il réel ou est-il le fruit de l’imagination d’Alan ? Le doute est entretenu.

C’est depuis cette rencontre, qu’il remarque sa collègue de travail, Mademoiselle Jones. Il se rend compte alors que, comme lui, elle lit des ouvrages sur les arbres et les animaux de la forêt…

Cette pièce fait penser à la métamorphose de Kafka. C’est un texte surprenant qui parle de la solitude, de la différence et de l’étranger. On s’attache au personnage décalé qu’est Alan et à sa tendre naïveté. Une pièce très poétique et haletante.

Pour adolescents  et adultes.

Mohamed Rouabhi (1965-…)

Né à Paris de parents algériens, Mohamed Rouabhi est comédien, metteur en scène et auteur dramatique. Il quitte l’école très tôt et exerce de nombreux métiers avant d’être admis au conservatoire. Pour en savoir plus.

Extrait

Dans l’appartement. La porte s’ouvre, apparaît l’étranger. Il porte le même costume qu’Alan. Il a une tête de lapin de garenne. Il porte des souliers noirs. Il marche dans le salon, il explore la maison. Il regarde par la fenêtre. Quand il marche, il laisse des traces sur le sol qui disparaissent aussitôt. Il semble se divertir. Soudain, il fait tomber une chaise qu’il remet à sa place, puis disparaît rapidement. Alan arrive dans le salon en pyjama avec une lampe torche.

ALAN. Qu’est-ce qui se passe Alan ? Pourquoi la porte de chez toi est-elle ainsi ouverte au beau milieu de la nuit ? Tu attends quelqu’un ?

Je ne connais personne.

Allons Alan. Tu as dû oublier de la fermer en rentrant du travail tout à l’heure voilà tout.

Je ferme toujours ma porte à double tour.

Eh bien cette fois-ci Alan tu avais la tête ailleurs et tu ne t’en souviens plus voilà tout.

C’est le silence. Je regarde cette porte que j’avais pris soin de fermer à double tour quand je suis rentré du travail, comme tous les jours, et je ne comprends pas pourquoi à présent, elle est grande ouverte au beau milieu de la nuit.

Peut-être que tu devrais commencer à t’inquiéter Alan.

Pourquoi ça ?

Eh bien, on dirait qu’il y a quelque chose qui se met à ne plus tourner très rond. Mhhhh… Tu ne sais plus très bien ce que tu fais. Tu es peut-être distrait par quelque chose.

Je ne vois pas quoi.

Ou par quelqu’un.

Je ne vois pas qui.

Tu as peut-être une maladie…

Je me sens parfaitement bien.

Mhhhh… Tu as peut-être une maladie qui ne se voit pas.

Quel genre de maladie ?

Je ne sais pas. Une maladie de la tête.

Je me sens parfaitement bien.

Alors referme cette porte et retourne te coucher Alan. Il est tard.

Voir dans le catalogue de la BML

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