Marionnettes

Théâtre d’objets : l’obsolescence au programme !

- temps de lecture approximatif de 5 minutes 5 min - Modifié le 22/09/2016 par le fonctionnaire inconnu

Le théâtre d’objets, dans sa forme actuelle, est apparu progressivement au cours des années 1970. Introduisant de nouveaux modes de récit, il essaie de constituer une mémoire de la société de consommation et de ses objets devenus jetables...

2010 / Breakfast on the rocks - La Fabrique Fastideuse - Julie Lefebvre / © Émile Zeizig - mascarille.com
2010 / Breakfast on the rocks - La Fabrique Fastideuse - Julie Lefebvre / © Émile Zeizig - mascarille.com

Dans le théâtre d’objets, les personnages principaux ne sont pas des figures (humaines ou sous forme de marionnettes) mais bel et bien des objets. Ce sont en général des objets à l’état brut, non transformés pour le spectacle et utilisés comme des personnages (un jouet d’enfant, un tube de dentifrice, un crayon, une vieille théière, un post-it, etc). Donner une seconde vie à des objets manufacturés produits en masse et délaissés par les consommateurs, est donc bien une des fonctions du théâtre d’objets. Ce décalage avec l’utilisation quotidienne des objets créant alors souvent des situations poétiques et humoristiques propices à l’imaginaire du spectateur.

Notre sélection de documents

  • Métamorphoses : la marionnette au XXe siècle / Henryk Jurkowski [Livre]
    Dans ce vaste tour d’horizon consacré à l’évolution de la marionnette au XXème siècle, l’auteur consacre un chapitre au théâtre d’objets et ses proches cousins que sont le « théâtre de projection » et le « théâtre de la matière » (« De l’objet à la matière », pp.181-199).
  • Le parti pris des choses [Article en ligne sur Lintermede.com]
    L’appellation Théâtre d’objet a perdu un peu de sa cohérence, étant désormais appliquée à des formes très diverses, mais correspond au départ à certains principes bien spécifiques. Revenir sur ces principes est l’occasion d’aborder une forme encore trop méconnue.
  • Le théâtre d’objet : mode d’emploi [Article en ligne sur agon.ens-lyon.fr]
    Textes de Christian Carrignon, codirecteur du Théâtre de cuisine (voir ci-dessous) sur la définition même de théâtre d’objets. « Qu’un objet de temps en temps raconte autre chose que notre minable identité, qu’il nous raconte un conte, l’Odyssée, ce que vous voulez, mais d’un peu grand, cet objet de peu n’aura pas vécu pour rien. »
    - Voir aussi Leçon de Christian Carrignon [Vidéo en ligne]- Voir aussi A la recherche du théâtre d’objet [Article en ligne sur themaa-marionnettes.com]
  • L’objet pauvre dans le théâtre contemporain [Article en ligne sur imagesrevues.revues.org]
    « L’observation du théâtre qui, à la marge, se développe depuis une trentaine d’années sous l’égide de l’objet récupéré, permet de cerner comment, malgré son insignifiance, il se présente sur les scènes marionettiques, des arts de la rue ou d’un certain théâtre « régulier », comme un objecteur : au jeu théâtral, à la représentation, mais aussi à l’obsolescence et l’oubli consécutif que prétendent compenser musées et commémorations. »- Voir aussi L’objet pauvre : mémoire et quotidien sur les scènes contemporaines françaises [Livre] / Jean-Luc Mattéoli

Les représentants du théâtre d’objet

  • Théâtre de Cuisine [Site web]
    Compagnie aux origines de la notion de « théâtre d’objet » ; cette expression est prononcée pour la première fois en 1980 par Katy Deville, codirectrice du Théâtre de Cuisine.
    « Depuis plus de 20 ans, ils ouvrent des brèches dans le réel. Ils revisitent l’Histoire, ses mythes et ses légendes, convoquent Jules Verne, Christophe Colomb, Barbe Bleu, Robinson Crusoé, Le Petit Poucet et Macbeth. Le Théâtre de cuisine puise aussi, sans complexe, dans le cinéma, les arts plastiques, la danse, le théâtre, les marionnettes. Il bricole, à partir d’objets manufacturés et reconnaissables par tous, des hypothèses de vie. Toute aussi bancales et fragiles, mais tellement plus désirables. Bien moins étriquées et enfin partageables. »
  • Vélo Théâtre [Site web]
    En 1981, Charlot Lemoine et Tania Castaing fondent, à Angers la Compagnie Vélo Théâtre. Ils proposent des spectacles basés sur l’image, pensant avec d’autres créateurs que si l’acteur peut interpréter un mot, une phrase, il peut aussi interpréter un objet, une série d’objets. Depuis ses débuts, le Vélo Théâtre trouve son équilibre dans le mouvement…
    - Voir aussi Coup de coeur spectacle : Première neige de Kopergietery [Article en ligne]


  • Théâtre en Ciel [Site web]
    La démarche artistique de Roland Schön, fondateur du Théâtre en Ciel en 1978, associe un travail d’écriture à un travail plastique, à l’origine de créations théâtrales où le jeu des acteurs se nourrit, s’enrichit de la présence ou de la manipulation d’objets, de marionnettes, d’ombres.
    - Voir aussi La petite encyclopédie de Volter Notzing / Roland Shön [Livre]
  • Turak [Site web]
    Le Turak, créé par Michel Laubu à Lyon en 1985, est actuellement un des représentants du théâtre d’objet les plus visibles, grâce à ses spectacles mais aussi ses expositions. Cette poésie bricolée pourrait se situer au carrefour de la danse, du théâtre gestuel et des arts plastiques. L’approche artistique du Turak repose sur un jeu avec l’objet usé. Passé imaginaire né de “la fatigue de l’objet”, mémoire et empreinte d’une civilisation inventée, c’est à partir de cette archéologie fictive que spectacles et expositions sont créés.- Voir aussi L’objet Turak : ordinaire de théâtres et archéologies fictives [Livre] / Michel Laubu- Voir aussi Michel Laubu / Guy Mousset [D.V.D]- Voir aussi Ka Bong Lao : théâtre d’objets / Michel Laubu [Livre]
  • Compagnie Médiane [Site web]
    Constituée en 1984, la Compagnie Médiane a la particularité de produire des spectacles de manipulation d’objets. D’abord très figuratifs, ils sont devenus abstraits, puis matières, jusqu’au vent…
  • Compagnie oPuS [Site web]
    Les créations de l’Office des Phabricants d’Univers Singuliers mêlent théâtre d’objet et arts de la rue. « C’est une sorte d’observatoire des gens modestes… C’est parfois un atelier graisseux où se bricolent de jubilatoires pièces à conviction… C’est aussi, dit-on, un musée contemporain de la bonne humeur… Mais c’est surtout un espace de créations singulières où des histoires presque vraies viennent s’enrouler autour d’imaginaires excroissances du réel… »

(Document remis à jour en décembre 2015)

 

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