Arts vivants

Le nouveau cirque, toute une histoire !

- Modifié le 05/06/2018 par Ketty

Quand on vous parle de cirque, vous avez en tête : chapiteau, Monsieur Loyal, des lions sautant dans des cerceaux de feu ? C’est que vous ne connaissez pas encore le nouveau cirque appelé également cirque contemporain. Dans le contexte actuel où les traditions sont interrogées avec le dressage des animaux, il nous a semblé pertinent de vous faire une rétrospective sur le nouveau cirque.

Biennale de la danse de Lyon / 2014 / Bomba Suicida - Tânia Carvalho / © Émile Zeizig - mascarille.com
Biennale de la danse de Lyon / 2014 / Bomba Suicida - Tânia Carvalho / © Émile Zeizig - mascarille.com

Le nouveau cirque en fait c’est quoi ?

  • La recherche d’un nouveau style esthétique, souvent unique et créatif.
  • La recherche d’un scénario, d’un fil conducteur entre les numéros.
  • On ne cherche plus par le corps à faire un exploit ou une prouesse physique. On le valorise plutôt comme l’objet d’une performance artistique.
  • Une apparition de spectacles mono disciplinaires.
  • Et toutefois, toujours des compagnies qui mélangent les domaines comme le Cirque Plume.
  • Moins d’animaux.
  • Une réflexion sur l’espace. Moins de pistes, de chapiteaux, pour plus de théâtre et de liberté sur les espaces choisis.
  • Une influence des autres arts vivants (danse, théâtre, musique…). Voir notre article sur Phia Ménard, l’artiste inclassable.
  • Un soupçon d’originalité, une pincée de talents et beaucoup d’émotions…
La compagnie Jérôme Thomas, spécialisée en jonglage :

Chloé Moglia aime jouer avec les lieux de représentation :

 

Mai 68 et la rupture du cirque

Le mouvement artistique du nouveau cirque émerge dans les années 60-70. En effet, le cirque traditionnel, avec ses compagnies familiales et ambulantes comme les troupes Pinder ou Bouglionne, s’essouffle. Il doit faire face aux crises économiques, culturelles, esthétiques et générationnelles de l’époque.

Avec la révolution de mai 68, on observe une évolution des mentalités et du public. On peut noter par exemple une révolte sur la condition des animaux et le dressage. Les animaux vont être ainsi de moins en moins présents dans le cirque. Le spectacle « No Animo Mas Anima » du Cirque Plume, où l’animal est remplacé par l’homme, en est un parfait exemple.
On peut noter également que les tournées sous chapiteau sont moins nombreuses car elles représentent un coût non négligeable face à la crise économique.

Merci l’État !

Face à ces bouleversements, l’Etat décide d’intervenir. Le cirque est reconnu et pris en charge par le ministère de la culture en 1979. Jusqu’alors il était en effet vu comme un art mineur et il était d’abord pensé comme relevant de la sphère commerciale.

Jean-Philippe Lecat, ministre de la culture, puis Jack Lang, créent des associations pour aider à la mise en place des décisions politiques. C’est le cas notamment de l’Association Nationale des Arts du Cirque (ANDAC) qui marque un temps fort dans le renouveau du cirque. L’Etat n’hésite pas à proposer des festivals, des stages et des colloques, grâce à des subventions.

En 1984, est annoncée la création d’un cirque national et d’un Centre National des Arts du Cirque (CNAC). Ces démarches s’inscrivent dans une recherche de modèle et de rayonnement national. Suite à des réductions de budget, le cirque national ne tiendra pas trois ans. Toutefois, le CNAC, perdure encore aujourd’hui et est à l’origine d’un élan majeur dans le mouvement du nouveau cirque.

L’école remplace la famille

Avant les années 80, l’enseignement du cirque est un héritage familial. Les compagnies perdurent de pères en fils et n’ont donc pas besoin d’écoles.

Avec le CNAC dirigé en 1985 par Richard Kubiak, le cirque devient accessible à tous et fédérateur d’un nouvel esthétisme. La formation propose de multiples activités et touche plusieurs domaines comme le trapèze, l’acrobatie, le jonglage… Elle ne se cantonne pas uniquement à une discipline, mais à d’autres arts comme la mise en scène ou les costumes. Cela vient d’un choix méticuleux et hétérogène des professeurs. Les étudiants d’une même promotion ont l’habitude de fonder des compagnies ensemble, comme c’est le cas de la Compagnie Anomalie. De grands noms du cirque comme Johann Le Guillerm, Didier Pasquette, Alain Raynaud ont été formé au CNAC.

Spectacle « Les Tailleurs » de la compagnie Anomalie :

Aujourd’hui on estime à plus de 800, les écoles et les ateliers dits de loisirs. Depuis 1998, un baccalauréat option cirque est même proposé.
Ces nouveaux apprentissages favorisent des spectacles chorégraphiés et originaux. On passe du divertissement à l’artistique.
Après leurs enseignements, seulement 5% des jeunes professionnels s’engagent dans le cirque traditionnel.

Et maintenant quoi de neuf ?

Pour aller plus loin :

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