Le cunnilingus ou l’art de la « caresse tendre et langoureuse »

- temps de lecture approximatif de 7 minutes 7 min - Modifié le 14/02/2017 par Sabine Bachut

En ce jour de la Saint-Valentin, penchons-nous plus particulièrement sur le partage des caresses et le plaisir des sens avec l'exemple du cunnilingus ! Plus joliment nommé baiser clitoridien d'après le Docteur Gérard Leleu, médecin, sexologue et thérapeute de couple, il est souvent apprécié des femmes. Pourquoi ? Comment ? Nous vous proposons quelques petites clés pour vous guider vers un plaisir commun avec des extraits d'ouvrages disponibles dans nos rayons.

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couple via pixabay

« Tu verras alors ses yeux briller d’une tremblante clarté, semblable aux rayons du soleil reflétés par le miroir des ondes. Puis viendront les plaintes mêlées d’un tendre murmure, les doux gémissements et ses paroles, émoustillantes, qui stimulent l’amour. »

Ovide, L’art d’aimer

 

D’après le Docteur Leleu, « le baiser clitoridien est la plus excitante et la plus somptueuse caresse qu’on puisse faire au clitoris, celle que les femmes apprécient le plus. »

Si c’est un homme qui offre cette caresse, les chiffres parlent de 45% d’orgasmes, alors que si c’est une femme qui le prodigue, le chiffre monte à 95%. Une femme sait mieux qu’un homme ce qui est bon pour elle. Par conséquent, messieurs, soyez attentifs à la suite !

« C’est une caresse tendre et langoureuse » poursuit le docteur Leleu. « La chair qui donne le baiser est moelleuse et généreuse en sensations comme la chair qui le reçoit. Chacun sait bien à quel point la bouche possède une extrême sensualité qui n’est égalée que par le sexe. Ici, la bouche embrasse la vulve, autant que la vulve embrasse la bouche »

« C’est enfin une caresse subtile : la pointe de la langue, par sa finesse, son habilité, sa précision, sa sensibilité, sa douceur et son humidité, sa chaleur, est l’agent idéal de la caresse au plus précieux, du plus sensible, du plus délicat et du plus petit des organes sensuels : le clitoris. Toutefois, prenez garde que la pointe ne soit pas trop dure : ça irrite, ça n’excite pas. Les lèvres de votre bouche présentent les mêmes qualités que la langue et bien que charnues elles sont agiles : quand il s’agira de sucer, elles trouveront d’instinct le délicat mouvement de préhension jadis destiné au mamelon. »

Alors, pourquoi n’atteint t-on pas les 100% d’orgasmes avec cette méthode ? Car les femmes veulent du temps, des caresses longues et pas forcément orientées obligatoirement vers un coït. Un souhait de séances partagées exclusivement consacrées aux caresses à l’un et à l’autre jusqu’aux orgasmes respectifs.

Le docteur Leleu précise  » Messieurs, je vous demande de ne pas sauter d’emblée sur le clitoris. Allez folâtrer sur  l’immense étendue de la peau, mettez le corps en fête. Puis, par des échappées vers des sites plus sensibles, mettez-le en effervescence : le sein et son mamelon, les fesses, la colline de Vénus… Que vos doigts agiles, que vos lèvres taquinent volètent, effleurent, titillent, pinçotent, escaladent, se posent, glissent, s’insinuent, levant ici une volée de plaisir, provoquant là un intense remue-ménage. Alors, lorsque vous aborderez la vallée des merveilles, vous y serez accueillis avec faste. »

Il vous reste à découvrir : Le grand bleu, Jouer avec le feu, Sublime offrande  et Les caresses d’accompagnement, décrites dans l’ouvrage Le traité des orgasmes du Docteur Leleu.

Dessins de Michel Four – Editions Fragments international

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Toutes les femmes ne sont pourtant pas réceptives à cette caresse, car toutes les femmes ne vivent pas leur sexe de la même façon.

« Pour recevoir cette attention, il faut en effet oser s’exposer, oser montrer son sexe à la vue et à l’observation de l’autre. C’est une chose que d’accepter la pénétration, de laisser les sexes s’arranger entre eux. C’en est une autre que d’être regardée dans ses plis et replis comme on ne s’est peut-être jamais vue soi-même. Le cunnilingus requiert une grande confiance en l’autre pour le laisser envisager si crûment ce que nous avons de plus intime. Ne va-t-il pas l’évaluer, l’analyser, le comparer, peut-être ? » interroge Catherine Blanc, psychanalyse et sexologue.

« Quand, dans la pénétration, la femme envisage son sexe à l’aune de ce qu’il procure de douceur et de plaisir, dans le cunnilingus, il la confronte au réel de sa chair. Ainsi, la confiance à accorder à son partenaire dépend de ce que la femme projette de son regard sur elle-même. Comment, sans être paisible quant à ce sexe de femme, sans être fière de ce qu’il représente, peut-on envisager avec confiance le regard de l’autre ? Si nous le fantasmons laid, pendant, sale, comment laisser des yeux, des lèvres, une langue s’en approcher ? Dans un tel jugement de soi, une telle caresse est compromise. D’autant qu’il invite la femme à oser seule l’expression de son  plaisir, quand le coït permet d’abriter la singularité de son émoi dans l’écho de plaisir partagé. »

« Il est question, pour la femme ainsi sollicitée, de l’idée qu’elle se fait de sa capacité, et de sa légitimité, à jouir très officiellement. Et, pour l’homme, de son adresse à lui en donner l’opportunité. Par ce que l’un fait et l’autre reçoit, on ne peut se cacher derrière l’agir ou le ressenti de l’autre, comme c’est le cas dans le cadre de la pénétration.

A ce titre, ce baiser génital est loin d’être anecdotique et certainement pas un passage obligé, ni pour l’un, ni pour l’autre. Il ne peut être qu’une aventure, osée et risquée, au détour de laquelle chacun se révèle dans son humanité. »

Lire la suite dans La sexualité décomplexée : 50 idées reçues… revues et corrigées par Catherine Blanc.

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Après ces précisions psychologiques sur l’état d’esprit féminin, si les deux partenaires sont en accord pour tenter cette caresse, suiviez les conseils de Ian Kerner, sexologue. Extraits choisis du livre : Elle d’abord… Petit guide à l’attention des hommes pour faire plaisir aux femmes.

 » De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins. »

Manifeste du Parti communiste

« A elle selon vos facultés, de vous selon ses besoins ».

Manifeste du cunnilinguiste

« Plus facile à dire qu’à faire ! Même Karl Marx reconnaissait que, pour que les mots se transforment en actions, les conditions préalables au succès devaient être réunies.

Dans la révolution du cunnilingus, nous ne devons pas sous-estimer les forces insidieuses de la peur, la honte et l’ignorance.

Il se peut qu’une femme vive un profond conflit intérieur à propos du cunnilingus et que l’expérience de celui-ci soit chargée d’anxiété. Qui sait avec exactitude quel bagage émotionnel elle porte en elle ? Ne tenez rien pour acquis. Il y a dans le cunnilingus une nudité crue, une vulnérabilité qu’il faut respecter et honorer. La femme s’expose à être vue, sentie, goûtée et observée de près. Elle permet l’exploration d’une partie de son corps qui lui est peut-être peu familière et mystérieuse. Elle croit peut-être que sa vulve est laide, négligée, imprévisible dans ses sécrétions, odorante et étrange. Elle pourrait insister pour faire l’amour dans l’obscurité, au propre comme au figuré.

A titre de cunnilinguistes, nous devons nous montrer assurés et inébranlables dans notre détermination. Si elle sent chez nous la moindre ambivalence, insincérité ou impatience, tous nos efforts échoueront. Ce n’est qu’en lui inspirant confiance que vous pourrez l’apaiser et l’attirer dans une zone plus profonde et plus instinctive de son être, dans un endroit où elle pourra perdre toutes ses inhibitions et s’abandonner à la douce et chaude moiteur de votre langue. A cette fin, voici les Trois assurances du manifeste du cunnilinguiste :

  • lui faire un cunnilingus vous allume ; vous y prenez autant de plaisir qu’elle
  • rien ne presse ; elle a tout son temps. Vous voulez savourer chaque seconde
  • son parfum est provoquant, son goût excitant : tous émanent de la même source magnifique

Communiquez-lui ces Trois assurances par votre attitude physique et par vos paroles, répétez-les de toutes les manières possible ; dites-les, manifestez-les, incarnez-les. Soyez fort, soyez compréhensif. Si elle a des inquiétudes, des peurs, résolvez-les par le dialogue. Apaisez son anxiété. Menez-la vers la grande éclaircie. Devenez son héros.

Un petit coup de langue de la part de l’homme, un grand frisson chez la femme.

Cunnilinguistes du monde, unissez-vous ! C’est la révolution !

Vive la vulve ! »

Le docteur Kerner poursuit ensuite avec quelques pages de conseils, si vous êtes mordus, ou plutôt… alléchés, poursuivez donc votre lecture en empruntant le livre !

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Le cunnilingus, du latin cunnus, « sexe féminin » et lingere, « lécher », est aussi baptisé  » La grotte du tigre blanc  » par les chinois. Il est très pratiqué en Chine. En effet, le taoïsme chinois considère que les fluides corporels sont des fluides vitaux. Les perdre engendre un amoindrissement de la vitalité et que, à contrario, les ingérer permet de recouvrer cette vitalité. La suite de l’histoire culturelle du cunnilingus est à découvrir sur la page Wikipédia .

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Un petit clin d’oeil à une célèbre scène du film : Les Amants de Louis Malle :

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Pour finir, si vous voulez mettre en pratique cette subtile caresse, en prenant le temps, voici  quelques conseils de mises en bouche tirés du livre du docteur Gérard Leleu :

« Pour donner le baiser clitoridien, veillez à prendre une position confortable. Le mieux est que la femme soit couchée sur le dos, cuisses fléchies et écartées et que l’homme soit allongé sur le ventre, parallèlement à la femme (et non perpendiculairement), tête bêche, le visage entre les cuisses de son adorée. Ne combinez pas ici le baiser clitoridien avec la fellation – pratique appelée 69. En effet, la femme qui s’occupe du sexe de l’homme ne peut se concentrer sur son plaisir clitoridien, et l’homme, distrait par son plaisir pénien, ne peut se consacrer au baiser clitoridien. Et puis, aujourd’hui, c’est la fête de la femme, c’est elle qu’on célèbre : elle n’a pas d’obligation de rendre ce qu’on lui offre.

Deux autres postures sont possibles : ou bien la femme est debout et l’homme à genoux le nez dans la vulve, posture très belle d’adoration, mais assez incommode. Ou bien, la femme est à cheval, jambes écartées sur l’homme couché, sa vulve ouverte étant à l’aplomb du visage masculin : il lui suffira d’abaisser son bassin pour lui offrir un des cadeaux les plus somptueux qu’une femme puisse faire. »

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