Purifier, détruire, combattre

- temps de lecture approximatif de 16 minutes 16 min - Modifié le 11/10/2019 par Département Civilisation

Des chercheurs français, à l'initiative de Jacques Sémelin, historien, politologue, directeur de recherche au CNRS, lançaient en avril dernier la première encyclopédie en ligne gratuite sur les violences de masse pour faire œuvre d'histoire et aider au travail de mémoire. Peu de temps après, paraissait l'ouvrage de Stéphane Audoin-Rouzeau , historien et directeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, « Combattre », dans lequel il vise à réhabiliter la violence du combat comme nouveau chantier pour les sciences sociales. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de mettre les historiens devant leur responsabilité.

Guernica de Pablo Picasso
Guernica de Pablo Picasso © flickr

Ecrire l’histoire des violences de masse

Faire face à la violence de Guerre

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Ecrire l’histoire des violences de masse 

Étudier les phénomènes de violence de masse et surtout diffuser la connaissance qu’en ont les historiens , tel est l’objectif de la première « encyclopédie électronique”, en accès libre sur internet.
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Online Encyclopedia of Mass Violence
- Le terme « violence de masse » ne doit rien au hasard. « Par violence de masse, nous entendons désigner les phénomènes de destructivité humaine collective dont les causes sont principalement politiques, sociales, religieuses ou culturelles ».
Il a été préféré à celui de génocide parce qu’il est plus englobant, plus neutre.
Ce site web se veut un outil pédagogique pour l’enseignement universitaire mais aussi un outil pour toutes celles et ceux qui s’intéressent à cette question. Il propose une entrée géographique, sans aucune volonté de hiérarchie. Exception faite pour les violences transfrontalières perpétrées dans l’empire ottoman , l’union soviétique, l’Europe nazie et la domination japonaise sur le Sud-Est asiatique durant la Seconde guerre mondiale, pour le reste , le site propose une synthèse historique par pays , des études de cas, un état des connaissances , un glossaire et pour finir un lieu de débats avec des contributions écrites de chercheurs, qui seraient un peu l’équivalent des articles publiés dans une revue scientifique.

Définition du génocide, comparaison, étude de la mémoire et de l’oubli…, ces thématiques traitées dans le site le sont aussi dans un certain nombre d’études généralistes sur la question.

Qu’est-ce qu’un génocide ?, par Rafaël LEMKIN, Ed. du Rocher
- juriste polonais d’origine juive, R. Lemkin (1900-1959) a forgé le concept de génocide, terme qui apparaît pour la première dans un écrit de 1944, pour définir les crimes nazis. Ce recueil contient les textes jalonnant son combat pour l’adoption d’une législation internationale permettant de poursuivre les criminels de guerre, les exterminateurs et les coupables de génocide.

Le siècle des génocides : violences, massacres et processus génocidaires de l’Arménie au Rwanda, par Bernard BRUNETEAU, Armand Colin
- Le siècle qui vient de s’achever restera celui de l’épouvante. Il a commencé avec l’éradication des populations arméniennes de l’empire ottoman et s’est terminé avec l’extermination des Tutsis du Rwanda et le ” nettoyage ethnique ” dans l’ex-Yougoslavie. Entre ces deux moments, le monde aura été le témoin des grands massacres de l’ère stalinienne, de l’immense tragédie de la Shoah, de la disparition d’une partie du peuple cambodgien. Créé en 1944 sous le coup de la barbarie nazie par le juriste Raphael Lemkin, le mot de génocide entend désigner un type de crime de masse où un groupe est détruit intentionnellement, en totalité ou en partie, au nom de critères nationaux, ethniques, raciaux ou religieux.
C’est en rendant compte de la fécondité de cette catégorie d’analyse que cet ouvrage met en perspective les entreprises exterminatrices les plus marquantes du XXe siècle. Leur histoire montre que le crime de génocide se fonde sur le ciblage stigmatisant d’un groupe à partir de la définition aussi arbitraire que délirante qu’en donne le perpétrateur. Faisant la part des situations qui rendent singulier chacun de ces génocides et des éléments qui permettent de les apparier, l’auteur s’attache en permanence à répondre à deux questions : qu’est-ce qui détermine l’intention ultime du génocidaire ? qu’est-ce qui autorise le génocide à se présenter comme une “solution” ? »

La concurrence des victimes. Génocides, identité, reconnaissance, par Michel CHAUMONT, La Découverte
- Rien ne va plus entre les victimes. Sous une unanimité de façade condensée dans quelques impératifs tels que ” plus jamais ça ” , des conflits virulents opposent les milieux de mémoire, déportés juifs contre déportés résistants, Juifs contre Tziganes, homosexuels contre politiques. Bien au-delà des victimes du nazisme, ces conflits entraînent dans une ronde infernale de soupçons et de récriminations Arméniens, Noirs américains, Amérindiens…Au cœur de ces tensions, une revendication hautement polémique, celle de l’unicité absolue de la Shoah, qui alimente depuis des années un débat interminable, passionné et vain. C’est d’abord ce débat qu’explore ici l’auteur, à travers les réflexions et les prises de position de personnalités aussi diverses que Bruno Bettelheim, Rony Brauman, Alain Finkielkraut, Tzvetan Todorov, Simone Veil ou Elie Wiesel. Pour sortir de l’impasse, Jean-Michel Chaumont ne se contente pas d’offrir une analyse subtile des diverses définitions du génocide et de l’ethnocide, de leurs limites et de leurs conséquences morales. Derrière les dérives du ” palmarès de la souffrance “, il décèle un enjeu latent beaucoup plus profond, qui engage toutes nos conceptions de l’identité sociale et de la dignité humaine : la lutte des individus et des groupes humains pour la reconnaissance, qui constitue le véritable chantier sociologique et philosophique de cet ouvrage.


L’histoire trouée. Négation et témoignage, par Catherine COQUIO, L’Atalante
- Né de l’important colloque tenu à la Sorbonne en septembre 2002, L’histoire trouée, négation et témoignage, propose une réflexion collective sur la mémoire et le déni des catastrophes historiques, génocides et crimes contre l’humanité survenus dans notre long vingtième siècle.
Universitaires, artistes, juristes et cliniciens – français et étrangers – se sont associés pour visiter le couple maudit de la négation et du témoignage. Étudiées en elles-mêmes, ces catastrophes historiques s’appréhendent aussi à l’échelle du monde entier. Si l’Europe a vu naître un négationnisme hors du commun, la diversité des lieux d’histoire mobilisés par la quarantaine d’auteurs fait écho à la diversité et à l’universalité du questionnement.
Sommes-nous entrés dans une ” ère de la négation ” ? Comment disparaît-on de l’histoire ? Qu’est-ce qui rend impensable le crime ? Qui sont les agents de la négation ? Quelle est la place de la fiction et de l’imaginaire dans le témoignage ? Quelles sont les temporalités propres à toutes ces questions ? Ouvrage d’utilité sociale, L’histoire trouée propose à ce sujet une somme unique d’informations, de réflexions et d’hypothèses.

Ces travaux d’historiens, dont les quelques livres cités ci-dessus ne sont qu’un petit aperçu, visent à construire la connaissance sur cette question des violences de masse et à la diffuser.

Faire face à la violence de guerre 

« Sans contester le bien-fondé de l’étude de la violence extrême infligée aux populations désarmées , on peut s’interroger sur l’aspect tronqué de toute démarche qui exclurait de son champs de préoccupation la violence des hommes armés entre eux. La violence de combat constituerait-elle une sorte d’invariant de l’activité guerrière, invariant que l’on pourrait se dispenser de dévoiler, de décrire, d’analyser ? Serait-elle en quelque sorte une donnée de fait face à laquelle le spécialiste des sciences sociales, et l’historien notamment, n’aurait tout simplement rien à dire et pourrait dès lors se dispenser d’intervenir ? »
Stéphane Audoin-Rouzeau regrette le retard de l’historiographie française dans ce domaine. Ce d’autant qu’il existe une grande porosité entre violence de combat et violence contre les populations désarmées. Se cantonner à un type de violence, n’est-ce pas se condamner à ne pas comprendre la violence elle-même ? C’est l’objet de son dernier livre :

Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIX-XXI°siècle), par Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, Ed. du Seuil
- L’expérience du combat a suscité de nombreux témoignages, mais peu de réflexions approfondies dans le champ des sciences humaines et sociales. Comme si la guerre au ras du sol était un objet pour eux interdit, rares sont les anthropologues et les historiens à s’y être intéressés, y compris parmi ceux qui portèrent les armes et connurent le feu des batailles (Marcel Mauss, Marc Bloch, Norbert Elias, Edward Evans-Pritchard, Edmund Leach, pour ne citer que les plus célèbres).
C’est à partir d’une enquête sur cet étrange silence que Stéphane Audoin-Rouzeau tente de poser les jalons d’une anthropologie historique de la guerre moderne, depuis le début du XIXe siècle jusqu’à l’aube du XXIe. Penser la violence de guerre au plus près du combattant, la placer au centre de l’investigation, c’est non seulement s’efforcer de combler une lacune, mais accepter de la regarder en face, dans ses moindres détails, et s’interroger à nouveaux frais sur la nature profonde de nos sociétés.

L’auteur présentera son livre à la bibliothèque municipale de Lyon , le mardi 10 juin 2008.

Quelques pistes de réflexion à approfondir à partir de cet ouvrage.

L’interdit qui touche à la violence de combat, s’il frappe tout particulièrement les historiens du contemporains confrontés à la mise en récit et à l’interprétation de cette violence spécifique , rejoint de près , les difficultés très comparables que semblent avoir rencontrés les reporters de guerre face à la mise en image du spectacle de la violence.

Voir, ne pas voir la guerre : histoire des représentations photographiques de la guerre, Exposition, Somogy
- Cet ouvrage révèle pour la première fois l’histoire des représentations photographiques de la guerre, depuis la Crimée en 1855 jusqu’à nos jours. De nombreuses recherches menées dans diverses collections internationales expliquent comment se sont mises en place les images fortes de ces temps d’affrontements. Au travers de clichés célèbres ou d’autres exhumés spécialement, non seulement sont retracés 150 ans de notre histoire, mais émergent également les grandes étrapes visuelles de ce qui fait encore notre actualité. Avec Robert Capa et ses carnets inédits ou les panoramas étonnants de la guerre les instantanés inconnus de la Première Guerre mondiale ou les visions terribles du Larry Burrows, c’est une rétrospective exceptionnelle qui se dessine. Etayé par les nombreux spécialistes, nul doute que ce livre aidera, dans notre ère médiatique où les armes ne sont malheureusement pas tues, à mieux comprendre ce que nous voyons.

 

La couverture du livre est significative et nous renvoie à l’évocation par Stéphane Audoin-Rouzeau du choix radical effectué à New York en 1995 par le photographe Alfredo Jaar, lors d’une exposition de ses photos sur le génocide rwandais : celles-ci n’étaient tout simplement pas visibles, car l’artiste les avaient enfermées dans des boîtes noires absolument opaques. Seules les légendes restaient offertes au regard du visiteur.

Autre interrogation lancinante, notre représentation courante, spontanée, de l’activité guerrière, ne présuppose-t-elle pas un très large fossé entre celle-ci et nos activités de paix ? Pourtant l’analyse un peu poussée de la violence de combat démontre plutôt ‘inverse, c’est-à-dire la facilité du passage entre pratiques du temps de paix et mise ne œuvre de la violence extrême des temps de guerre. Pour approfondir :

1914, les atrocités allemandes, John HORNE, Alan KRAMERN, Tallandier
- 4 août 1914. Les armées allemandes envahissent la Belgique neutre. Quelques jours après apparaissent les premières rumeurs d’atrocités : exécutions, prises d’otages, boucliers humains, viols, pillages et destructions… Les historiens irlandais John Horne et Alan Kramer ont mené l’enquête dans les archives de huit pays européens. Les sources livrent une réponse accablante : d’août à octobre 1914, près de 6 500 civils belges et français ont été intentionnellement assassinés, des centaines de villages (voire de villes) ravagés par l’armée allemande Comment la peur des francs-tireurs et de la résistance civile, mythe né pendant la guerre franco-prussienne de 1870, a-t-elle conduit les soldats allemands à des crimes systématiques et de grande ampleur ? Quelle fut l’influence des ” atrocités ” sur la propagande des deux camps, contribuant à donner au conflit mondial le sens d’une ” croisade ” contre la ” barbarie ” ? Comment ce thème, d’abord élément central du discours allié sur la ” culpabilité allemande ” et le jugement des criminels de guerre, a-t-il fini par rencontrer un scepticisme général, dès les années vingt ? Ce livre magistral sur un crime de guerre, son instrumentalisation et sa place dans la mémoire des belligérants trouve route son actualité alors que le sort des civils en temps de guerre et la portée de la justice internationale demeurent des sujets brûlants.

Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne, Christopher R. BROWNING, Belles Lettres
- A l’aube du 13 juillet 1942, les hommes du 101eme bataillon de police de réserve allemande entrent dans le village polonais de Josefow. Arrivés en Pologne quelques jours auparavant, la plupart d’entre eux sont des pères de famille trop âgés pour être envoyés au front. Dans le civil, ils étaient ouvriers, vendeurs, artisans, employés de bureau. Au soir de ce 13 juillet, ils se sont emparés des 1 800 juifs de Josefow, ont désigné 300 hommes comme ” Juifs de labeur “, et ont abattu à bout portant, au fusil, 1 500 femmes, enfants et vieillards. La plupart de ces réservistes ordinaires étaient devenus adultes avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir et n’avaient jamais été des nazis militants ni des racistes fanatiques. Pourtant en seize mois, ces hommes vont assassiner directement, d’une balle dans la tète, 38 000 Juifs, et en déporter 45 000 autres vers les chambres à gaz de Treblinka – un total de 83 000 victimes pour un bataillon de moins de 500 hommes. Utilisant les témoignages de 210 anciens de ce bataillon, Christopher Browning les laisse raconter avec leurs propres mots leur participation à la Solution finale – ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont pensé, comment ils ont rationalisé leur conduite meurtrière. Christopher Browning établit le bilan incontestable de l’activité d’extermination de ce bataillon, et accorde un soin minutieux à analyser l’environnement social et les actions personnelles des individus qui le composaient : il nous offre ainsi la preuve la plus accablante jamais établie à ce jour de l’ordinaire aptitude humaine à une extraordinaire inhumanité.

La violence du champ de bataille a été traitée plus facilement par des historiens anglo-saxons que par leurs homologues français :

Anatomie de la bataille. Azincourt 1415, Waterloo 1915, La Somme 1916, John KEEGAN, Robert Laffont
- Ouvrage de référence dans le monde anglo-saxon, ce livre restitue la bataille telle qu’elle est vécue par les hommes de troupe.
Azincourt, 1415. Quelle distance parcourent à pied les troupes anglaises avant de subir le choc de la cavalerie des barons français ? En quoi consistait l’intendance à l »époque ? Quelles blessures pouvaient être soignées ? Quel était le sort habituel des prisonniers ?
Waterloo, 1815. Une bataille où le feu joue un rôle décisif. Quelles troupes ? Quelle foi religieuse chez les combattants ? Quels types de rapports avec les officiers ?
Bataille de la Somme, 1916. La souffrance d’êtres de chair et de sang, terrés dans une guerre de tranchées, soumis à d’effroyables pilonnages avant de se lancer dans des assauts atrocement meurtriers.

Une parution très récente (en commande à la bibliothèque) montre que ce domaine commence à trouver sa place aussi chez les historiens français : L’archéologie de la Grande Guerre

Enfin, il ya les corps en guerre.

Toute expérience de guerre est avant tout, expérience du corps. A la guerre ce sont les corps qui infligent la violence, c’est au corps que la violence est infligée.. Le corps des soldats, le corps de l’ennemi, le corps des civils, le corps des femmes en particulier aussi.

Histoire du corps 3.Les mutations du regard : le XXe siècle, sous la direction d’Alain CORBIN, Jean-Jacques COURTINE, Georges VIGARELLO, Seuil
- Ce dernier volume entend faire la synthèse de la recherche historique sur l’évolution culturelle du corps dans la société occidentale de la fin du XIXe siècle à nos jours. Traite notamment des thèmes suivants : le corps et la guerre, le corps au cinéma, le statut du corps dans les camps d’extermination, le corps anormal, l’invention du corps génétique, le corps et la médecine.
Dans la quatrième partie, deux articles éclairent la question des guerres :
Stéphane Audoin-Rouzeau / Massacres, les corps et la guerre
Annette Becker/ Exterminations, les corps et les camps

Dictionnaire du corps, sous la direction de Michela MARZANO, PUF
- Notre corps est l’une des évidences de notre existence ; c’est dans et avec notre corps que nous sommes nés, que noue vivons, que nous mourons ; c’est dans et avec notre corps que noue construisons nos relations avec autrui… Notre corps est un ” objet ” mais cela n’implique pas nécessairement qu’on le considère comme un objet parmi d autres, sauf à envisager, au moins mentalement, la possibilité de s’affranchir de lui. Mais peut-on réellement mettre le corps à distance ? ” Aujourd’hui, le ” culte du corps ” est omniprésent. Mais qu’est-ce exactement que le corps ? Que représente-t-il ? Peut-on lui vouer un culte ? L’originalité de ce dictionnaire est de rassembler les langages différents de cet objet complexe, de leur donner une cohérence, de permettre aux lecteurs de tracer eux-mêmes un chemin de connaissance pour apprendre à regarder le corps et ses différentes facettes, s’interroger sur les frontières entre soi et les autres, sur l’ambiguïté entre l’être et le paraître, le visible et l’invisible, porter un regard d’ensemble sur des pratiques et des techniques du corps, comprendre ce que signifie parler du corps virtuel, du corps étranger ou du corps nomade, se poser des questions sur la sexualité, le narcissisme, la Jouissance, la violence, la santé physique et psychique, la dégénérescence, la mort… Plus de 190 auteurs ont rédigé environ 300 entrées (notions et concepts clefs, réflexions engagées, articles sur des penseurs et artistes), toutes accompagnées de renvois et d’une bibliographie. Deux index complètent cette entreprise unique en son genre, guide précieux pour nous aider à découvrir ” le sens et la valeur de l’être-au-monde charnel de chaque individu “.
Un article « Guerre » retiendra particulièrement l’attention. Une bibliographie sommaire est proposée.

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Corps en Guerre (1), Revue, Quasimodo
Et
Corps en Guerre (2) Revue, Quasimodo
- ce sont les numéros 8 et 9 de la revue Quasimodo.
Pour les stratèges militaires, les corps combattants constituent des objectifs mous, ou des cibles tendres, à neutraliser avec efficacité. Les civils, eux, subissent de plein fouet les violences de guerre : bombardements stratégiques, épurations, embargos, destructions économiques, dommages collatéraux…
Le corps de l’ennemi, façonné par des idéologies haineuses, focalise des dégoûts, des exécrations, des peurs et un racisme, qui favorisent la tuerie et confortent le geste exterminateur.
Mais les corps en guerre sont aussi des corps enrégimentés, galvanisés, pour monter à l’assaut, formés aux techniques de l’élimination physique, fanatisés jusqu’au sacrifice, tous enrôlés pour tuer.
Ces volumes de Quasimodo analysent le traitement des corps dans les opérations guerrières, les actes terroristes et les massacres génocidaires.
A noter tout particulièrement l’article intitulé : “Femmes, les nouveaux champs de bataille”, par Karima GUENIVET, dans le volume 2 p 197.

La Profanation des vagins. Le viol, arme de destruction massive), BOLYA, Ed. du Rocher
- Essayiste et romancier, l’auteur veut rappeler que sur nombre de théâtres de guerre, de tout temps mais particulièrement au cours des dernières années, le viol est perpétré, que ce soit au Rwanda, en Sierra Leone, au Libéria ou encore au Congo, en Tchétchénie, en Algérie, etc. Le monde entier se tait, mais cette pratique est courante même si les conventions de Genève la condamnent. Le viol de guerre est devenu une redoutable arme d’humiliation massive des femmes et des peuples.<br<
A noter tout particulièrement l’article intitulé : Femmes, les nouveaux champs de bataille, par Karima GUENIVET, dans le volume 2 p 197.

« L’écriture historique vise à calmer les morts qui hantent encore le présent et à leur offrir des tombeaux scripturaux »
Michel de Certeau

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