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Les usines META

Photographe : Georges Vermard, janvier 1970

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 15/09/2016 par dcizeron

En 1970, Georges Vermard part en reportage à Tarare. Il s'arrête devant une usine où se dressent des coques de bateaux sur cales. Ce sont les usines META. Comment un chantier naval a -t-il pu s'établir en plein monts du Lyonnais ?

META Chantier naval
META Chantier naval Georges Vermard, 1970-01, P0702 B04 16 887 00024

Pour toute histoire, il faut un point de départ. Ce peut-être un événement ou un homme. Ici c’est un homme, Jean Fricaud, métallurgiste autodidacte, fabriquant de pelles hydrauliques à Chauffailles (Saône-et-Loire) ; son entreprise est en pleine expansion dans les années 50. Dès 1962, toutes les possibilités d’agrandissement à Chauffailles sont épuisées. Jean Fricaud implante un atelier supplémentaire à Tarare. À l’origine, une simple extension de l’entreprise de matériel de travaux publics. Mais cela n’explique pas davantage comment cet atelier perdu en terre ferme a pu devenir META, référence dans la construction navale.

Nouveau départ. Une passion dévorante : Jean Fricaud aime la navigation. En 1952, à titre privé, il s’est construit un bateau à moteur en acier : Sainte-Marthe puis une vedette en 1963 : Nadine. Par le hasard des rencontres, Jean Fricaud réalise la coque en acier du Joshua pour le navigateur Bernard Moitessier avec lequel il participa à la première course à la voile autour du monde en solitaire et sans escale en 1968. Le bateau mythique, classé monument historique, appartient aujourd’hui au Musée maritime de La Rochelle.

1963 est aussi la date à laquelle Jean Fricaud vend son affaire de construction de pelles hydrauliques à un groupe industriel ; pour justement pouvoir se consacrer à plein temps à la pêche au gros. L’acquéreur n’est pas séduit par la nouvelle extension basée à Tarare, en bordure de la Nationale 7. Et Jean propose à son fils Joseph, alors sous-traitant de l’entreprise,  installé à Chauffailles sous l’enseigne META, d’y construire des bateaux en acier. Joseph quitte son petit atelier de Chauffailles, transfère ses machines à Tarare.

Le destin précipite les évènements : grâce à la publicité engendrée par les exploits de Bernard Moitessier, META devient un chantier naval reconnu. Antoine, le chanteur aux élucubrations passe aussi commande en 1974 du « Damien 2 ».

META chantier naval, Georges Vermard, 1970-01, P0702 B04 16 887 00019

META chantier naval, Georges Vermard, 1970-01, P0702 B04 16 887 00019

En  2005, Joseph Fricaud cède l’entreprise à Patrice Passinge, entré comme simple ouvrier à 17 ans (en 1984). Le chantier a gardé sa taille quasi artisanale avec ses 6 permanents, 2 apprentis et 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Il a fabriqué entre 450 à 500 bateaux de tout type et breveté en 1977 le Strongall, un procédé de remplacement de l’acier par un aluminium très épais, en triple couche, qui rend la coque indestructible tout en étant plus léger.

C’est dans cette matière, le Strongall, qu’a été construit en 2009 la bateau de Philippe Poupon et qu’a été mis au point un bateau hybride éco-conçu, l’Ecotroll. Le premier spécimen de 12 m est parti en 2010 pour un voyage d’un an, depuis Lyon jusqu’au Groenland avant retour un an plus tard au point de départ. L’usine META de Tarare, c’est vraiment l’histoire d’une passion.

 

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