Bain de pieds : une chaîne Youtube de sensibilisation au risque d’inondation

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - Modifié le 30/06/2020 par Shuy

En 2020, l’association La Turbine crée "Bain de pieds", une chaîne YouTube de sensibilisation au risque d’inondation. Ainsi, 11 épisodes veulent rappeler aux jeunes et à leurs parents les risques encourus en tant que riverains du Rhône ou de la Saône.

Témoin de niveau de crue du Rhône :
Témoin de niveau de crue du Rhône : Angle Grande-rue de la Guillotière / rue Gilbert Dru, 69007 Lyon ; SbR 2011

Le but de cette association est de faire acquérir la culture du risque au plus grand nombre afin de mieux appréhender les inondations lorsque l’on habite en zone inondable. Chaque séquence de « Bain de pieds » aborde de façon vivante un aspect géographique, économique ou encore historique du phénomène inondation donnant ainsi à l’ensemble des épisodes une vue globale. Le contenu scientifique est validé par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et par le Plan Rhône.

Depuis 2006, l’association La Turbine propose aussi Flux, un web-documentaire mais aussi différents projets ou ateliers pédagogiques autour du fleuve Rhône dont certains sur une péniche de type Freycinet aménagée  «Le Fargo», amarrée à Lyon, quai Gailleton à la hauteur du pont de l’Université.

 

Inondations de Lyon (1856) : vue de l'avenue de Saxe, de l'église et de la place Saint Pothin

Inondations de Lyon (1856) : vue de l’avenue de Saxe, de l’église et de la place Saint Pothin / Louis Froissart, BmL

Etant située au confluent de deux cours d’eau, Lyon fut de nombreuses fois inondée. Bon nombre des projets d’endiguement ou de déviation du cours des fleuves vont être évoqués mais il faut attendre 1757, date à laquelle la digue de la Tête d’Or fut construite, pour contribuer à fixer le lit principal du Rhône en amont de Lyon tout en le ramenant vers la rive droite dont il s’éloignait. Au début du XIXe siècle les ingénieurs des Ponts et Chaussées constatent qu’il est urgent de maitriser le courant rapide du Rhône, en consolidant les digues. Mais à l’automne 1840, le Rhône et la Saône, simultanément en crue, provoquent une inondation catastrophique entrainant une vingtaine de victimes, l’écroulement des cinq ponts existant à Lyon et la destruction de 650 maisons aux Brotteaux et à Vaise.

A partir de 1842, la Ville de Lyon impose alors un nouveau modèle de quai en trois parties : une esplanade haute et insubmersible, plantée d’arbres pour la promenade ; un mur vertical de soutènement avec escaliers ou rampes d’accès parallèles au fleuve et un bas port submersible, permettant la manutention et sur lequel vont être stockées les marchandises qui transitent par les fleuves : sable, charbon…

Mais de nouveau au printemps 1856, le Rhône et la Saône inondent les quartiers Est, suite à la rupture de la digue de la Tête d’Or, détruisant alors plus de 400 bâtiments dans le quartier des Brotteaux et de la Guillotière, laissant près de 30 000 sinistrés sans toit. Ces inondations auront pour conséquence un assainissement du quartier de la Part-Dieu et l’interdiction à Lyon de construire des murs en pisé.

Les quais normalisés par leur construction tripartite en pierre provenant des carrières de pierre de taille de Villebois (Ain) tiennent à distance le fleuve. La politique d’urbanisation de la ville de Lyon mise en place par le préfet Vaïsse (1853-1864) suite à ces inondations va donner aux rives lyonnaises une unité architecturale unique qui est leur physionomie actuelle.

Régulièrement les crues vont se renouveler, notamment en 1914, puis à la fin des années 1950, en 1981, 1999, 2001, 2003.

Crues du Rhône à Lyon, mars 2001

Crues du Rhône à Lyon, mars 2001 / Damien Charfeddine, BmL

Prendre les mesures adéquates et apprendre à connaître les bons réflexes pour se protéger peut éviter des catastrophes. En 2002 et en décembre 2003, les régions méditerranéennes ont connu des épisodes pluvieux d’une très grande ampleur, à l’origine du débordement de nombreux cours d’eau, notamment du Rhône qui dans sa partie aval a connu une crue comparable à celle de 1856.

Ces inondations ont fait prendre conscience qu’il fallait absolument concilier la prévention des inondations avec le développement urbain et les activités humaines en zone inondable.

Ainsi le besoin d’avoir une stratégie commune des territoires et acteurs concernés, a concuru à la création du 1er plan Rhône dont l’objectif consiste à traiter le cours du fleuve globalement, de la frontière suisse à la mer. Puis le 2e plan Rhône 2015-2020 a pour objectif, autour de 6 thématiques dont les inondations, de pérenniser l’interaction entre l’Etat et les territoires concernés, en partenariat avec les acteurs économiques pour permettre une maîtrise accrue et un développement et durable du fleuve Rhône.

Crues de la Saône en périphérie de Lyon, mars 2001

Crues de la Saône en périphérie de Lyon, mars 2001 / Marcos Quinones, BmL

Dans les collections de la Bibliothèque :

Lyon au fil des fleuves  exposition, Lyon, ELAC, 15 juin-15 sept. 1982 ; Palais Saint-Jean, 22 juin-31 juillet 1982 ; Atrium de la Caisse d’épargne, 8 juin-31 juillet 1982 ; [catalogue réd. par Pierre Plattier, M. Nicolas, E. Hardouin-Fugier, E. Grafe, B. Chardère, E. Alfonso, Ch. Bisson] ; éd. scient. Fondation nationale de la photographie

L’endiguement du Rhône et de la Saône : les quais de Lyon et leur efficacité contre les inondations  Villien, Les Études rhodaniennes, 1937 (consultable en ligne sur Persée)

Les Inondations du Rhône à Lyon : article de Jean Pelletier dans Eaux de Rhône Méditerranée Corse ; No 56, 1998

Les Inondations de Lyon : sinistres et images : article de Gilles Chomer dans les Cahiers d’histoire ; No 3-4, 1990, p. 321-332

Le Rhône et ses crues : exposition, 1982

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