Histoire

“Slave narratives”

le récit d'esclave entre littérature et histoire

- temps de lecture approximatif de 16 minutes 16 min - Modifié le 28/12/2021 par Département Civilisation

De nombreuses parutions récentes sur l'esclavage, la redécouverte d'une anthologie dans le silo de la bibliothèque et la sortie d'un ouvrage, nous ont incités à repartir à la recherche des récits d'esclaves présents dans nos collections et de vous faire part de nos trouvailles. Au gré de nos investigations, nous avons découvert un auteur, Michaël Roy, et un genre littéraire que les américains ont appelé "slave narratives"...

Esclaves en fuite
Esclaves en fuite

En mai 2021 est paru l’ouvrage de Michaël Roy Léon Chautard : un socialiste en Amérique : 1812-1890, traduction et publication commentée du récit d’évasion d’un socialiste français insurgé de 1848 et déporté au bagne en Guyane. Or Michaël Roy n’est pas spécialiste de la répression politique ni du bagne, il est américaniste et s’intéresse à l’esclavage et à son abolition. Il rédigeait une thèse sur les récits d’esclave lorsqu’il a découvert dans une lettre d’un abolitionniste datée de 1858 la mention de trois français réfugiés, dont un qui venait de publier un “récit captivant de son évasion de Cayenne“. Il décida alors de retrouver la trace de cet homme et de son texte. Pourquoi ? Car il s’était rendu compte que la situation de ces hommes ressemblait beaucoup à celle des esclaves fugitifs : fuyant des travaux forcés, ils avaient trouvé refuge auprès des abolitionnistes du Nord des États-Unis et avaient pu diffuser leurs récits sous forme de brochures puis de livres. Mais surtout, il leur trouva une étonnante similitude littéraire. Quelles sont donc les caractéristiques de ces récits d’esclaves devenus aux Etats-Unis un véritable style littéraire abondamment étudié ?

Une anthologie américaine

Slave Narratives est l’anthologie, éditée en 2000 par The Library of America, des 10 récits autobiographiques d’esclaves considérés comme fondateurs de la tradition littéraire afro-américaine, publiés entre 1772 et 1864, et dont les auteur-rices sont :  James Albert Ukawsaw Gronniosaw  ;  Olaudah Equiano ; Nat Turner Frederick Douglass ; William Wells Brown Henry Bibb ; Sojourner Truth ; William and Ellen Craft Harriet Ann Jacobs et Jacob D. Green.

Sept d’entre eux ont été traduits en français et sont disponibles à la Bibliothèque. Les voici :

  • le plus ancien : Ma véridique histoire : Africain, esclave en Amérique, homme libre / Olaudah Equiano (publié en 1789). Né libre en Afrique, dans l’actuel Nigéria, Olaudah fait le récit de sa vie, de son enlèvement par des chasseurs d’esclaves à sa vie de militant abolitionniste à Londres, en passant par de multiples plantations et maitres, et par un tour du monde. Son texte, outre son aspect romanesque, fait de multiples rebondissements, se veut beaucoup plus large, mêlant son destin à celui des africains et de la diaspora, étudiant et questionnant l’institution de esclavage et le racisme, autant que sa propre identité. Devenu un véritable classique, son récit a inauguré le style qui est celui de la narration des esclaves fugitifs et a influencé de nombreux écrivains afro-américains par la suite. En outre, on lui doit l’une des premières descriptions du passage du milieu, le voyage transatlantique subi par les esclaves à bord des navires négriers.

  • le révolté : Confessions de Nat Turner (publié en 1831). Né esclave en 1800 en Virginie, il va très tôt se distinguer par son intelligence et sa grande religiosité, apprendre à lire et écrire et être respecté dans sa communauté. Vu comme un prophète voué à un destin exceptionnel, c’est suite à une vision envoyée par “l’Esprit” qu’il fut persuadé d’avoir une mission divine à accomplir pour se libérer, lui et ses frères esclaves, une mission sanglante, à l’image du Christ crucifié. L’éclipse solaire du 12 février 1831 sera pour lui un signe céleste qui le mena à organiser une rébellion, durant la laquelle ils tuèrent leurs maitres et leurs familles (55 victimes blanches). Ils s’emparèrent des armes et partirent dans les alentours pour recruter d’autres esclaves, former une armée et marcher sur la ville du comté. La réaction et la répression fut rapide et sanglante. Il expliqua cela dans ses confessions, retranscrites par Thomas R. Gray (avocat blanc) avant son procès et son exécution : il sera pendu, écorché et démembré. Cette révolte qui a été largement instrumentalisée par les esclavagistes pour nourrir la peur et la haine au sein des propriétaires d’esclaves et des Blancs, est loin d’être la seule. L’historien Herbert Aptheker en a décompté environ 250 dès l’époque coloniale, dont l’une des plus importantes est celle de Stono en 1739. Ce texte est à la lisière entre deux traditions littéraires : la “littérature de potence” (confessions de criminels) et le récit d’esclave.

voir aussi : Nat Turner, le poids de l’héritage [D.V.D.] / réal. de Charles Burnett et The Birth of a Nation [D.V.D.] / réal. et scénario de Nate Parker

  • le plus célèbre : Vie d’un esclave américain / Frederick Douglass (publié en 1845). Frederick Douglass est né esclave de père blanc dans le Maryland en 1818. Né sous le nom de Bailey, il prit définitivement celui de Douglass à son arrivée à New Bedford, après avoir traversé d’autres villes et porté d’autres noms au fil de son évasion. Une de ses maitresses lui ayant appris à lire, il était convaincu que l’émancipation et la liberté passeraient par l’éducation et le savoir, et cet aspect a eu une place importante dans ses écrits et dans sa vie. Son livre fait le récit détaillé et glaçant de la vie des esclaves et des souffrances endurées. Une fois libre, il s’abonna au journal abolitionniste le Liberator, et tout d’abord réticent à l’idée de prendre la parole devant un public, blanc de surcroit, il se lança vraiment le 11 aout 1841 et ne cessa plus de plaider la cause de ses frères pour devenir une des plus grandes figures de l’abolitionnisme.

voir aussi : Autobiographies / Frederick Douglass

  • l’écrivain : Le récit de William Wells Brown, esclave fugitif, écrit par lui-même (publié en 1847). Né esclave dans le Missouri vers 1814, il réussit à fuir à 20 ans. Son récit se situe dans une zone à la frontière (la ligne Mason-Dixon) entre les états du Nord et ceux du Sud profond. Dans ses états “frontaliers”, l’esclavage fut maintenu mais ne reposa pas sur le système des grandes plantations de coton et de sucre, mais sur des petites fermes, consacrant les esclaves à des tâches domestiques, de travaux des champs ou d’artisanat. William Brown travailla notamment pour un marchand d’esclaves qui descendait le fleuve Mississippi pour vendre ses esclaves dans le Sud et à ce titre, son récit est une source précieuse pour connaitre cette seconde traite que fut la migration des esclaves du nord-ouest ou du nord vers le sud. Il vit ainsi sa propre mère et ses sœurs vendues au profit de l’économie de plantation sudiste. Contemporain de Frederick Douglass, il fut moins célèbre, mais son livre eut beaucoup de succès, et il est considéré comme le premier écrivain afro-américain professionnel, ayant publié un roman, deux pièces de théâtre et un récit de voyage. Enfin, la particularité de son récit tient aussi à son style teinté d’humour et parfois même d’autodérision.

  • l’indomptable : Récit de la vie et des aventures de Henry Bibb, esclave américain, écrit par lui-même (publié en 1849). Né esclave en 1815 dans le Kentucky, vendu de multiples fois, il fut esclave d’un maitre indien, puis réussit à s’enfuir au Canada. Séparé de sa femme et de son fils, il fit tout pour les retrouver jusqu’à ce qu’il apprenne qu’elle vivait avec son nouveau maitre. Il commença alors à sillonner le pays pour défendre la cause abolitionniste, déroulant son récit sous forme de spectacles, puis fut publié grâce à l’aide financière de l’AFASS (american and foreign anti-slavery society). Il joua un rôle majeur dans le combat abolitionniste, dans le soutien aux fugitifs installés au Canada et aux esclaves prisonniers dans le sud, tandis que son parcours et sa ténacité ont marqué bien des esprits. William Wells Brown a dit ceci de lui en guise d’éloge funèbre : un “esprit indomptable”, “d’une voix musicale” et “d’une éloquence naturelle”. En effet, il avait refusé sa situation d’esclave en tentant de fuir dès l’âge de dix ans. La publication de son récit et sa réception ont annoncé un tournant avec la prise de conscience de l’existence d’une littérature d’un nouveau genre. Ce que montre cet article de juillet 1849 dans le journal Liberator : “L’Amérique a le triste privilège de pouvoir ajouter un nouveau domaine à la littérature mondiale : celui des autobiographies d’esclaves fugitifs“.

  • la prédicatrice excentrique : Récit de Sojourner Truth : une esclave du Nord, émancipée de la servitude corporelle en 1828 par l’État de New York (publié en 1850). Née esclave en 1797 dans l’état de New York, elle dut s’enfuir de chez son maitre qui refusait de la libérer alors que l’esclavage avait été aboli dans l’état en 1827. Suite à une révélation spirituelle, elle changea de nom en 1843 et se mit à prêcher. Les particularités de ce récit sont qu’il fut auto-édité et dicté, Sojourner Truth ne sachant ni lire ni écrire, et qu’il décrit la situation d’une esclave au nord. En effet, nos représentations de l’esclavage centrées sur le système des plantations sudistes nous font oublier celui existant au nord dès l’arrivée des premiers colons néerlandais en 1624. Les premiers maitres de Sojourner étaient d’origine néerlandaise et la première langue qu’elle apprit fut le bas flamand. Prédicatrice à la prestance physique impressionnante, elle devint militante abolitionniste et féministe. Elle est connue par son fameux discours Ain’t I a Woman?, prononcé en 1851 à Akron dans l’Ohio et est devenue une référence pour les féministes noires. Son récit singulier, aussi récit de conversion et autobiographie spirituelle, a notamment influencé Toni Morrison pour écrire Beloved.

  • la cloitrée : Incidents dans la vie d’une jeune esclave / Harriet A. Jacobs (publié en 1861). Née esclave en Caroline du Nord vers 1813, sa première maitresse lui apprit à lire et écrire, tandis que son deuxième maitre la harcela sexuellement et la traqua. Pour lui échapper, elle décida de se cloitrer pendant sept ans dans une soupente, avant de s’enfuir définitivement à New York où elle travailla comme gouvernante. A nouveau poursuivie, elle fuit à Boston puis en Angleterre, avant d’être rachetée par l’American colonization society et émancipée en 1852. La rédaction et la publication de son récit ne fut pas facile, car la parole des femmes noires était peu écoutée, et parce qu’elle éprouvait un sentiment de honte d’avoir été la proie sexuelle de son maitre. Après bien des obstacles, il fut finalement édité à Boston puis à Londres en 1861, reçut un très bon accueil et fut notamment comparé à La Case de l’oncle Tom. Son texte est plutôt inhabituel au sein du corpus, elle y dénonçait à la fois l’institution esclavagiste et patriarcale, racontait sa lutte pour échapper au viol de son maitre et pour l’émancipation de ses propres enfants (et leur rachat), mais aussi l’enchevêtrement des vies entre esclaves et maitres. Devenue célèbre parmi les abolitionnistes, elle mit les fruits de son succès au service des esclaves en fuite.

On le voit, ces récits sont tous différents selon la région de naissance, l’histoire familiale, les anecdotes, la personnalité, les sensibilités et les opportunités rencontrées, mais ils n’en ont pas moins des points communs, celui d’être des sources pour l’histoire de l’esclavage, et celui d’être rattaché à un style littéraire à part entière qui a influencé toute la littérature américaine.

Une source pour l’histoire de l’esclavage

Longtemps tombés dans l’oubli, les récits d’esclaves vont être redécouverts dans les années 60 à la suite du mouvement des droits civiques et de l’institutionnalisation des études africaines-américaines. En effet, ils n’ont pas toujours été considérés comme une source historique fiable, leurs authenticité et véracité étant remises en cause par le fait qu’ils étaient des instruments de propagande abolitionniste et qu’ils avaient souvent été retranscrits ou retravaillés par des militants souvent blancs. L’un des premiers a revendiqué le recours à ces récits fut l’historien et sociologue W.E.B Du Bois en 1935.

Les récits d’esclaves avaient un vrai succès auprès de publics variés, ils exerçaient une sorte de fascination : le fait que le témoignage émane de la bouche même des victimes apportait aux américains du Nord une véritable information sur ce qui se passait au Sud, tandis que la fuite héroïque et souvent rocambolesque des esclaves avait un côté romanesque : tout cela satisfaisait le gout du public pour le sensationnel. Ils ont surtout été un élément essentiel du dispositif de conviction des mouvements abolitionnistes, qui à partir des années 1830 trouvèrent un nouvel essor et ce jusqu’à la guerre de Sécession et le XIIIe amendement (1865) qui aboli l’esclavage aux Etats-Unis. A ce titre, ils renseignent énormément sur les milieux abolitionnistes tout particulièrement actifs à Boston, New York et Philadelphie (associations, journaux, lieux de réunion…), sur les moyens d’évasion (underground railbord, traversée du Mississippi), et les réseaux d’aide aux esclaves (aide financière, rôle des Quakers…).

Famille d’esclaves séparée

Comme il serait difficile de résumer ici la mine d’informations que contiennent ces récits, voici quelques éléments qui nous ont tout particulièrement frappés. Au-delà de la vie quotidienne, du travail forcé, des souffrances et des maltraitances liées à la condition d’esclave, ce sont les distances parcourues tout au long de leurs vies, au gré de leurs ventes successives, qui déchiraient systématiquement les familles, et bien sûr, de leurs longues fuites qui les menaient parfois jusqu’en Angleterre. Plusieurs des nouvelles éditions de ces récits proposent d’ailleurs des cartes pour permettre aux lecteurs de visualiser cette mobilité permanente. A ces déplacements géographiques, s’ajoutent très souvent de nombreux changements d’identité, à chaque nouveau propriétaire puis, au moment de la fuite pour échapper aux poursuites. Ce changement de nom était aussi un geste symbolique marquant la naissance de l’homme ou de la femme libre, et affirmant un nom “de scène” au sein du réseau abolitionniste. La dimension religieuse est aussi très prégnante. Ce sont pour beaucoup des récits spirituels, dans lesquels la religion a motivé leurs actions, évoquant des épisodes de révélations ou de visions, et qui portent un regard très critique et moqueur sur la soi-disant religiosité de ceux qui les asservissent et leur font subir les tortures les plus inhumaines.

Enfin, on peut souligner le rôle important du Canada où l’esclavage fut aboli entre 1793 et 1800, et de la Grande Bretagne et ses colonies où il fut interdit en 1833. En effet, la loi de 1850 (fugitive slave act) avait durcit la constitution de 1787 (qui prévoyait qu’un fugitif puisse être rattrapé même dans un état libre) car elle obligeait les Nordistes à aider à leur recapture et limitait les droits des esclaves appréhendés. Ainsi à partir de cette date, les esclaves fugitifs cherchèrent de plus en plus à rejoindre le Canada, seul endroit où ils étaient sûrs de ne pas être poursuivis et d’échapper aux émeutes raciales qui se multipliaient dans le nord.

Un genre aux sources de la littérature américaine

Ces récits étaient écrits et diffusés essentiellement en direction du public blanc de classe moyenne. Aussi, leurs auteur-rices vont adoptés les stratégies narratives et les conventions en vigueur dans la littérature anglo-américaine, notamment des éléments des romans picaresques ou sentimentaux, ou des récits de captivité très populaires. Cela leur garantissait le succès commercial et donc l’influence politique recherchée.

Torture avec le battoir

Ainsi, un véritable genre littéraire apparait avec un découpage souvent identique, une série d’étapes et d’épreuves “clés” de la vie d’esclave : les origines et l’enfance, les relations avec les maitres et maitresses, les violences et brutalités subies (pénibilité du travail forcé, scène du fouet ou du battoir, description des privations et de la faim), les ventes successives entrainant la dislocation de la famille, les mariages forcés et amours contrariés, et au cœur du récit : la fuite. La description parfois minutieuse des tortures subies et des marques sur le corps est un des moments forts de ces textes, et visent clairement à choquer et émouvoir, mais selon les styles des auteur-rices, chacun va tirer davantage sur la corde émotionnelle, spirituelle, morale ou politique de leur public.

Les aventures de Huckleberry Finn

Tous ces récits vont avoir une influence primordiale sur la littérature afro-américaine et plus largement américaine du XIXe siècle et au-delà, les exemples les plus connus étant La Case de l’oncle Tom, Huckleberry Finn de Mark Twain, mais aussi par la suite Black Boy de Richard Wright, l’autobiographie de Malcolm X ou le roman Beloved de Toni Morrison… Cette approche très littéraire par les grands spécialistes de littérature afro-américaine a cependant eu pour conséquence de faire de la dénomination “récit d’esclave” une catégorie parfois trop restrictive, cristallisée autour d’un nombre réduit de titres. Le terme lui-même laissait planer quelques incertitudes, les textes étiquetés ‘récits d’esclaves’ ne répondant à aucune définition formelle spécifique, les interprétations les plus strictes comme les plus larges, aboutissaient à des corpus de tailles très variés. Or, «Marion Wilson Starling estime à plus de 6 000 le nombre total de récits d’esclaves, textes courts ou longs, publiés dans des périodiques, en volumes séparés, ou sous toute autre forme, écrits par les esclaves eux-mêmes ou retranscrits par quelque intermédiaire, à la première ou à la troisième personne, sur une période allant du début du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle ».

Michaël Roy a voulu avec d’autres collègues historien-nes se recentrer sur la dimension historique de ces récits, notamment en les appréhendant au prisme de l’histoire du livre. Il a cherché à analyser et comprendre quel fut le contexte historique qui a permis à des personnes marginalisées, tout juste libérées de leur servitude, d’avoir accès au monde du livre. Il s’intéresse à la fois au rapport entre l’édition et la question raciale, et à celui des afro-américains au livre et à l’imprimé, dont ils étaient le plus souvent éloignés. Il se penche sur la matérialité de ces livres pour étudier comment ils ont été produits, mais aussi diffusés et enfin reçus par le public. Ainsi, il montre que, bien que défini comme un genre littéraire précis, le récit d’esclave n’était pas un objet littéraire figé, mais très mouvant et varié, et qu’il était lu par un public divers, fait d’adultes de la classe moyenne blanche du nord, mais aussi de Sudistes, d’Africains-Américains et d’enfants.

Sources et bibliographies :

Ouvrages et articles de Michaël Roy :

Textes fugitifs : le récit d’esclave au prisme de l’histoire du livre

Le récit d’esclave africain-américain : réflexions sur une appellation générique

« Neither be, nor own, a slave ! », Lire les récits d’esclaves africains- américains dans l’Amérique antebellum

Aux origines de Twelve Years a Slave (Steve McQueen, 2013) : le récit d’esclave de Solomon Northup

Il faut aussi signaler La collection Récits d’esclaves au Presses Universitaires de Rouen et du Havre et notamment Claire Parfait et Marie-Jeanne Rossignol qui la dirige.

Voir aussi :

Un site avec de nombreux extraits de récits : Esclaves en Amérique Récits autobiographiques d’anciens esclaves 1760-1865

Un très beau documentaire de HBO, fait de lectures (en anglais) de récits d’esclaves : Unchained Memories, Readings from the Slave Narratives

Comment les récits d’esclaves se sont popularisés sur France Culture

La dernière parution remarquée sur l’esclavage : Les mondes de l’esclavage  : une histoire comparée / sous la direction de Paulin Ismard

Autres formes de témoignages

Cette forme littéraire du récit d’esclave est propre au contexte américain, dans les autres espaces esclavagistes comme les Antilles françaises ou anglaises, d’autres documents vont permettre de recueillir la parole des esclaves. Ce sont notamment les comptes rendus de procès, ou les annonces publiées pour esclaves en fuite. Voici quelques ouvrages qui s’appuient sur ces sources :

Maîtres accusés, esclaves accusateurs : les procès Gosset et Vivié, Martinique, 1848 / Caroline Oudin-Bastide

Des Nègres et des juges : la scandaleuse affaire Spoutourne (1831-1834) / Caroline Oudin-Bastide

Libres et sans fers : paroles d’esclaves français : Guadeloupe, Île Bourbon (Réunion), Martinique / Frédéric Régent

Voix d’esclaves : Antilles, Guyane et Louisiane françaises, XVIIIe-XIXe siècles / sous la direction de Dominique Rogers

Esclaves mais résistants : dans le monde des annonces pour esclaves en fuite : Louisiane, Jamaïque, Caroline du Sud (1801-1815) / Jean-Pierre Le Glaunec

Autres récits d’esclaves :

La véritable histoire de Mary Prince : esclave antillaise / Mary Prince

12 years a slave / Solomon Northup

La rivière de la liberté / John Parker

Up from slavery : ascension d’un esclave émancipé / Booker T. Washington

Barracoon : l’histoire de la dernière cargaison noire / Zora Neale Hurston

Itinéraires d’un esclave poète à Cuba : Juan Francisco Manzano (1797-1854), entre littérature et histoire / Marie-Claire Alexandrine-Sinapah

ESCLAVE A CUBA, Barnet, Miguel, aussi en version audio : Barnet, Miguel, EL CIMARRON/J.VILAR

L’homme qui vola sa liberté : odyssée d’un esclave : essai / Gísli Pálsson

L’esclave qui devint millionnaire : les vies extraordinaires de William Ellis / Karl Jacoby

Esclave et bourreau : l’histoire incroyable de Mathieu Léveillé, esclave de Martinique devenu bourreau au Canada / Serge Bilé

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