Ah, si j’étais riche !

- temps de lecture approximatif de 21 minutes 21 min - Modifié le 17/06/2016 par Gadji

« Pourquoi certains n'auraient pas tout ? Il y en a qui n'ont rien. Ca fait l'équilibre. » Michel Audiard

La richesse, aujourd’hui comme hier, est une notion polysémique et évolutive. La pensée occidentale entretient avec elle une relation paradoxale. Bien qu’elle ait toujours été incapable de définir le concept avec précision, elle a reconnu depuis longtemps que la recherche de la richesse pouvait être une motivation puissante du comportement humain, souvent pour le déplorer. Aujourd’ hui, on stigmatise les riches, infime pourcentage de la population qui pourtant, en s’accaparant l’essentiel des revenus nationaux détruirait la planète et l’environnement par des investissements irraisonnés.
Au XVIIIe siècle, les riches étaient accusés de favoriser la servilité des uns et la domination des autres. Par la suite, être riche a cessé d’être amoral. Les années 80, celles que l’on a appelées les années Tapie, ont marqué un tournant : les signes ostentatoires de richesse représentent désormais la condition sine qua none de réussite sociale.
En 2011 à nouveau, être riche rime souvent avec immoralité. Au fur et à mesure que des licenciements ravagent des régions entières, que les inégalités sociales se font de plus en plus oppressantes, que les effets de la dégradation de la planète affectent les populations les plus vulnérables, être riche ou « rester » riche est devenu indécent…
Mais qu’est-ce qu’être riche aujourd’hui, et comment vit-on lorsque l’on appartient à cette classe sociale ?

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Richesse et modes de vie

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner » Warren BUFFETT, New York Times, 26/11/2006

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Pour en finir avec les riches et les pauvres , Mouvements, octobre décembre 2010, Mouvements, octobre décembre 2010
Ce numéro 64 de la revue Mouvements est une somme d’articles consacrés à la richesse, abordée sous différents angles. L’entretien avec les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, synthétise les habitus de la classe dominante, classe à laquelle ils consacrent leurs travaux de recherche depuis des années. On apprend que l’élément significatif d’appartenance à cette classe est la possession d’un patrimoine non seulement économique, mais aussi culturel et social. Le nom, ou patronyme joue ici un rôle important, impliquant l’inscription dans une lignée, et donc l’appartenance à cette classe. Il ne suffit donc pas d’être fortuné, encore faut-il être sorti du bon moule… Plus ironique, un article est consacré à la création d’un collectif « Sauvons les riches », et dont l’ambition affichée est de les sauver…d’eux-mêmes !

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Les ghettos du Gotha, comment la bourgeoisie défend ses espaces, par Michel PINCON et Monique PINCON-CHARLOT, Seuil, 2007
« Les riches défendent leur pré carré grâce à un réseau dense d’associations, de comités, de conseils, de cercles. Des rivages bretons aux châteaux de l’Oise, des beaux quartiers parisiens aux parcs et jardins de Normandie, les élites fortunées se mobilisent pour leurs espaces.
Les auteurs ont mené l’enquête auprès de militants peu ordinaires. Ils ont assisté aux dîners et aux cocktails où, à Neuilly et dans le 16e arrondissement, la haute société se retrouve et se concerte pour préserver la qualité de ses lieux de vie et veiller sur un entre-soi qui lui est vital. La grande bourgeoisie se protège des autres, quitte à former des ghettos. Les ghettos du gotha. »

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Le président des riches, par Michel PINCON et Monique PINCON-CHARLOT, Zones, 2010
Etude de l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy. Cette classe dominante, ou aristocratie de l’argent, fonctionne sur un mode bien particulier. Sa force, c’est avant tout ce que l’on appelle le « capital social », autrement dit ses réseaux, qu’elle entretient et développe par le biais de mondanités en apparence futiles mais en réalité essentielles. C’est aussi une connivence inusitée entre le monde politique et le monde des affaires. Et c’est encore, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, une politique cohérente et systématique en sa faveur. La classe dominante n’est pas homogène : elle compte des catholiques, des protestants, des juifs. Et des sensibilités politiques diverses, de gauche comme de droite. Mais c’est une classe solidaire quand la mode est à l’individualisme, et qui défend énergiquement ses intérêts…

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La violence des riches par Michel et Monique PINCON-CHARLOT, Zones, 2013
Depuis 1987, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon travaillent ensemble sur la haute société, noblesse fortunée et grande bourgeoisie. En s’intéressant en particulier aux processus de reproduction sociale dans cet univers, ils démontent les rouages du cumul des fortunes et de cette quasi collectivisation chez les possédants. Leur analyse suit les changements apportés par ce début de siècle où l’argent est devenu fou, virtuel, dérégulé et coupé du corps social. La violence des riches, Chronique d’une immense casse sociale est leur dernier opus. Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot y dressent le constat d’une grande agression sociale, d’un véritable pilonnage des classes populaires : un monde social fracassé, au bord de l’implosion. Loin d’être l’œuvre d’un « adversaire sans visage », cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux..

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Ghettos de riches, par Thierry PAQUOT, Perrin, 2009
Un tour du monde des quartiers protégés, morceaux de villes en copropriétés qui se multiplient depuis 30 ans. Au départ créés pour des raisons de sécurité (voisins choisis, calme, verdure), ces quartiers se développent aujourd’hui selon d’autres critères, surveillance médicale, remise en forme, ou encore souci communautariste (végétariens, pratiquants d’une même religion, homosexuels, etc…). Cet ouvrage réunit plusieurs contributions, et détaille la vie quotidienne, les liens entre ces habitants et la nature de ce repli sur soi.

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Peut-on être milliardaire et de gauche, Marianne, 8 au 14 janvier 2011, pages 16 à 27
Cette question est le point de départ de l’article. Suivent un certain nombre d’interrogations sur le comportement de ces millionnaires de gauche (aucun milliardaire français ne s’étant visiblement déclaré « de gauche »…). Que pensent-ils de l’impôt ? Sont-ils plus généreux, plus philantrophes ? L’article souligne l’ironie de certaines situations : les français donneraient en silence (ceci pour mettre en avant la supposée vulgarité américaine qui fait du don un show…). Oui, mais cette délicate discrétion masquerait plutôt une avarice avérée : les très riches français ne donnent pas beaucoup, de droite comme de gauche. L’impôt étant conçu en France comme un outil fiscal de redistribution, s’acquitter de l’impôt c’est déjà pour certains être généreux…

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Le temps des riches : anatomie d’une sécession par Thierry PECH, Seuil, 2011
La France est le théâtre d’un puissant mouvement de sécession des riches. Installés comme en apesanteur au dessus de la société qui les a fait rois, ils semblent avoir oublié jusqu’au souvenir de ce qu’ils lui doivent. Ils suscitent pour cette raison une indignation croissante. Mais la sécession des riches est aussi l’œuvre d’une époque marquée par le culte de la réussite individuelle, la fascination pour l’argent et le refus de l’impôt. Cette contradiction est la signature d’une démocratie déchirée entre la religion de la compétition et les impératifs de la solidarité. On condamne en public ce que l’on attise en privé, on brûle les idoles que l’on célébrait hier…Comment sortir de cette impasse ?

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Salauds de riches par Georges-Tudo, FREDERIC, François Bourin, 2012
Alors que la stigmatisation anti-riches a pris des proportions importantes ces derniers mois avec le krach boursier et la crise financière, alors que ” la chasse aux nantis ” devient un sport national à l’approche des élections présidentielles, cet essai se veut un contrepoids à la démagogie politico-médiatique sur le sujet. Son propos n’est donc pas de défendre les riches mais de combattre les arguments de ceux qui font d’eux les parfaits boucs émissaires de tous les maux du monde en général et de l’Hexagone en particulier. D’inspiration clairement libérale, Salauds de riches n’a rien d’un brûlot stérile et partisan. Ecrit par un journaliste économique à l’issue d’une longue enquête, il foisonne d’arguments solides et de statistiques incontestables.

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Pourquoi les riches ont gagné par Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER, Albin Michel, 2014
Jean Louis Servan-Schreiber est journaliste économique et patron de Presse (Groupe l’Expansion). Partant du constat qu’il y a de plus en plus de riches à travers le monde, il en établit une typologie avant de s’interroger sur les liens entre richesse et inégalités/moralité. Le titre ne laisse aucun doute sur sa conclusion : il nous montre comment les riches tiennent les rênes de la société.

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Riche, pourquoi pas toi ? par Marion MONTAIGNE, Michel PINCON, Monique PINCON CHARLOT, Dargaud, 2013
Philippe Brocolis gagne au Loto. Lui et sa famille sont subitement projetés dans le monde de la grande bourgeoisie. Epaulés par les sociologues M. Pinçon-Charlot et M. Pinçon, ils découvrent la violence symbolique, la reproduction sociale, la distinction…

 

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Richesse et revenus

2% de la population mondiale détient la moitié des richesses. Ou pour le dire autrement, si le monde était un village de 100 personnes, 98 d’entre eux regarderaient les 2 derniers se partager la moitié de tous les avoirs financiers et matériels.“(Université des Nations Unies)
Six pour cent de la production annuelle de richesses : c’est la fortune aujourd’hui de 1011 milliardaires, selon le classement annuel du magazine Forbes. L’homme le plus riche de France, Bernard Arnault, aurait augmenté sa fortune au cours de la seule année 2009, de 11,5 milliards d’euros ….
Les foyers millionnaires ont crû de 15 pour cent entre 2008 et 2009.
Autant de phrases chocs lues ça et là dans la presse, pour nous rappeler qu’en ce début de siècle, les inégalités de revenus s’accroissent de manière exponentielle. Mais, que signifie donc la richesse du point de vue des revenus et du patrimoine ? Les chiffres sont différents suivant les études, et le seuil de la richesse économique en France varie suivant les analyses.

Les très hauts revenus : des différences de plus en plus marquées entre 2004 et 2007, Les revenus et le patrimoine des ménages, par Julie SOLARD, Insee Références, 2010
Pour la première fois, l’Insee publie dans son document annuel “Revenu et patrimoine des ménages des éléments sur les revenus des couches les plus aisées. Ils reflètent notamment, ce que les travaux menés au sein de l’Ecole d’économie de Paris par Thomas Piketty et Camille Landais avaient déjà montré, une envolée des très hauts revenus. Entre 2004 et 2007, les revenus moyens des très hauts revenus ont augmenté plus rapidement que ceux de l’ensemble de la population. Le nombre de personnes franchissant des seuils symboliques de revenus annuels s’est également accru, d’où une augmentation notable des inégalités par le haut.
Cette étude datée de 2007 indique que c’est à partir de 84 500 euros de revenu déclaré annuel par unité de consommation qu’une personne se situe parmi les 1 % les plus riches. Cette limite correspond, par exemple, à un couple de cadres supérieurs gagnant chacun 5 300 euros nets par mois. Ce seuil est également dépassé par un couple dont les revenus locatifs ou financiers s’élèvent à 2 600 euros mensuels et dont chacun des membres a un salaire net supérieur à 4 000 euros. En revanche, lorsque l’on considère des ménages avec deux enfants, le niveau de ressources mensuelles du ménage permettant d’être dans les très hauts revenus s’élève à près de 15 000 euros nets par mois.

Les très hauts salaires du secteur privé, – ,par Michel AMAR,Insee Première, 2010
En 2007, 1 % des salariés à temps complet, les mieux rémunérés du secteur privé, perçoivent un salaire annuel moyen de 215 600 euros : ce sont les très hauts salaires. C’est sept fois plus que la moyenne des salariés à temps complet.
Ce sont principalement des dirigeants d’entreprise, des professionnels de la finance ou des commerciaux. Relativement plus âgés que les autres salariés, ils travaillent majoritairement en Île-de-France et habitent souvent dans l’Ouest parisien.

Consommation et modes de vie : Les classes moyennes sous pression ,par Régis BIGOT, Crédoc, mars 2009
Cette étude, bien que traitant des classes moyennes, permet de situer les « riches » sur l’échelle des revenus. Lorsqu’on demande aux Français à partir de quel montant de ressources on peut se sentir riche, ils répondent en moyenne 4660 euros par mois par personne. Beaucoup seraient surpris d’apprendre que cela correspond à une somme que perçoivent seulement 3% de nos concitoyens. Malgré tout, 10 pour cent de la population a des revenus supérieurs à 3010 euros par mois (que l’on qualifie de hauts revenus).

Les inégalités de patrimoine en France, enquête de l’Observatoire des inégalités.
L’Observatoire des inégalités est un organisme indépendant d’information et d’analyse. Il cherche à établir un état des lieux des inégalités le plus complet possible et à publier les analyses les plus pertinentes du phénomène. Cette enquête sur le patrimoine des français révèle que le patrimoine des ouvriers s’élève à 9 600 euros (ouvriers non qualifiés) contre 200 000 euros pour les cadres supérieurs. Le patrimoine des cadres supérieurs est 22 fois plus élevé que celui des ouvriers non qualifiés. Le patrimoine des indépendants est encore supérieur, mais une partie correspond à leur outil de travail et à leur épargne retraite. Ces inégalités constituent le résultat d’une somme d’inégalités de revenus accumulées dans le temps. Logiquement, le patrimoine des plus jeunes est très nettement inférieur à celui des plus âgés, de même que celui des plus démunis.

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Le capital au XXIème siècle, Thomas Piketty, Le Seuil, 2013
Depuis plusieurs années, l’auteur analyse la répartition des richesses et réfléchit à la question des inégalités. Ses propositions de “révolution fiscale” permettent une remise à plat souhaitée par de nombreux contribuables, promise par nos gouvernants et très vite enterrée, de l’impôt sur le revenu en France.
Avec cette somme, au titre faisant référence à un classique avec lesquels les liens sont évidents, Thomas Piketty apporte un éclairage majeur sur la construction inexorable du capital et in finé des inégalités à travers trois siècles et une vingtaine de pays étudiés. Seul le retour à l’impôt progressif, “compromis idéal entre justice sociale et liberté individuelle”, idéalement appliqué au niveau mondial, permettrait d’inverser cette tendance.
IL est difficile de résumer la densité de cet ouvrage en quelques lignes. Aussi, avant de s’en emparer, on peut se reporter au site de l’auteur qui propose le sommaire, une revue de presse et de nombreux documents permettent une première approche.

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L’ idée même de richesse
par Alain CAILLE, La Découverte, 2012
Alain Caillé, sociologue, et directeur de la revue du MAUSS (Mouvement Anti-utilitariste dans les sciences sociales) tente de définir la notion de richesse dans ce petit essai. En effet, dans cette époque de transition, un nouveau monde post-néo libéral cherche à s’inventer. Nous sommes dans un paradoxe : conscients que s’obstiner dans la course démesurée vers la croissance provoquera un désastre écologique et en même temps incapables d’y renoncer. D’ après l’auteur, il nous faut apprendre à rechercher, à produire et à partager une richesse, des richesses qui ne soient pas exclusivement matérielles, économiques et marchandes

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Qui est riche ? : la vérité sur les riches, les pauvres et les autres, par Philippe VILLEMUS, Organisation, 2007
Un livre pour mieux comprendre un sujet d’actualité, la notion de richesse en France. A la fois pédagogique et d’une grande rigueur, l’auteur tente de donner une définition de la richesse et des riches tant du point de vue historique qu’économique. Enfin, en conclusion, il se pose les questions suivantes ? : Quelle sera ou seront les richesses de demain ? Quelles actions faut-il entreprendre pour mieux créer et répartir la richesse ?

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Les milliardaires : comment les ultra-riches nuisent à l’économie par Linda MCQUAIG, Lux, 2013
Notre société fait souvent des plus grandes fortunes le gage d’une réussite flamboyante ou d’un talent hors du commun. Il existerait des individus à tel point virtuoses et dont la contribution au progrès serait si décisive qu’ils mériteraient d’en être majestueusement remerciés. Pourtant, une telle concentration du pouvoir économique entre si peu de mains n’est pas sans dommages. Elle a un impact négatif sur la qualité de vie de millions de personnes et, surtout, elle constitue une menace directe au fonctionnement même de la démocratie. Bien documentée, cette satire mordante des prétendus bienfaits collectifs de
l’extrême richesse se termine en ouvrant les possibilités d’une fiscalité plus juste.

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Comment faut-il payer les patrons ?,, par Frédéric PALOMINO, rue d’Ulm, 2011
Ce petit ouvrage décrit en quelques pages les excès récemment observés concernant les rémunérations des grands patrons. Ce livre a un double sujet d’étude : les rémunérations et les conseils d’administration. Les rémunérations des patrons doivent être liées à leur performance et à leur action.

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Les patrons sont-ils trop payés ?,, par Patrick BONAZZA, Larousse, 2008
Oui, répond le rédacteur en chef du service “Economie” du magazine Le Point. Certes, il y a patrons et patrons : entre les 38 500 euros nets annuels, en moyenne, du dirigeant d’entreprise de moins de 20 personnes et les 2,2 millions d’euros des vedettes du CAC 40, c’est le jour et la nuit. C’est justement parce qu’il décrypte la partie la plus sombre des rémunérations que ce petit livre est intéressant : stock-options, actions gratuites, retraites et parachutes dorés, toutes les façons dont de nombreux patrons ont abusé de différents mécanismes pour s’octroyer des revenus de stars sont passées en revue.

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Taxer les riches, partager les revenus

Les débats récents sur l’impôt font apparaître que les revenus les plus élevés sont proportionnellement les moins taxés. Le raisonnement est simple. Si les riches accaparent la plupart des revenus et que les finances publiques sont déficitaires, pourquoi ne pas accroître la part d’impôt sur les plus hauts revenus afin de mieux répartir les richesses. A droite comme à gauche, les politiques s’accordent : le système fiscal français est perfectible et nécessite une profonde réforme. Une autre piste est envisagée : taxer le patrimoine.
A contrario, ceux qui envisagent de supprimer l’ISF, affirment que les riches sont créateurs d’emploi et qu’ils ne doivent pas être taxés de façon abusive sous peine de les voir s’expatrier vers des paradis fiscaux ou investir dans les pays émergents.
Impôt abusif ou pas, la fuite des capitaux est une réalité. La suppression de l’ISF permettra-t-elle d’empêcher l’investissement dans les pays émergents ? Il semblerait que ce ne soit pas les riches qui fuient l’hexagone mais les entrepreneurs.
Certains pensent qu’il est nécessaire de mieux partager les revenus et de redonner du sens au salariat par rapport aux revenus des actionnaires ? Toutes ces questions font débat aujourd’hui.
Les ouvrages suivants tentent de répondre à ces questions :

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Pourquoi il faut partager les revenus : le seul antidote à l’appauvrissement collectif, par Patrick ARTUS, Marie-Paule VIRARD, La Découverte, 2010
Patrick Artus et Marie-Paule Virard décortiquent les faiblesses des politiques économiques mises en œuvre en France et ailleurs, pour faire face aux effets de la crise. Ils expliquent pourquoi le seul moyen d’éviter en Europe un état de crise économique permanent, avec son cortège de chômage et de précarité, serait de promouvoir un nouveau partage des revenus au bénéfice de l’immense majorité des salariés.

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Il faut faire payer les riches, par Vincent DREZET, Liêm HOANG-NGOC, Seuil, 2010
Pédagogique et polémique, cet ouvrage va à contre-courant des idées et des pratiques qui, dîner au Fouquet’s et bouclier fiscal aidant, ont favorisé la reconstitution d’une classe de rentiers. Il montre de façon très claire qu’il n’est pas aberrant de vouloir ” faire payer les riches “. II expose les principes de la réforme fiscale dont les auteurs souhaitent que le camp du progrès s’empare et souligne la pertinence particulière dans le contexte actuel, de la montée en puissance de l’impôt progressif sur le revenu, assis sur une assiette large, comme instrument essentiel de redistribution et de financement des dépenses. II propose de faire table rase des prélèvements sur le patrimoine, partiels et imparfaits, pour leur substituer un impôt général sur le patrimoine, qu’une gauche décomplexée saura, le jour venu, mettre en œuvre.

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Les riches aussi ont le droit de payer des impôts par Marco VAN HEES, Aden, 2013
M. Van Hees dissèque avec humour les mécanismes permettant aux plus riches de ne pas payer d’impôts en Belgique : allégements fiscaux, plus-values sur actions, etc. Cet ouvrage documenté constitue un plaidoyer pour la taxe des milliardaires, qui propose d’aborder cette problématique en vingt questions.

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Pour une révolution fiscale : un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle, par Camille LANDAIS, Thomas PIKETTY, Emmanuel SAEZ, Seuil, 2011
Quand l’Ecole d’économie de Paris et Berkeley se rencontrent, cela donne ce petit livre détonnant ! Comme le livre précédent, les auteurs proposent de modifier profondément le système fiscal français qu’ils trouvent particulièrement injuste. La fiscalité ne joue plus un rôle de réducteur des inégalités. Elle aurait même tendance à les augmenter ! L’impôt français est régressif. Les 5 pour cent de ménages les plus riches sont imposés globalement (CSG, IR, TVA ect…) à un taux de 32 pour cent par rapport à la moyenne nationale où le taux d’imposition global s’élève à 47 pour cent.
Les auteurs proposent donc leur révolution fiscale par la création d’un nouvel impôt sur le revenu, remplaçant un grand nombre de taxes existantes, notamment : la contribution sociale généralisée (CSG), l’actuel impôt sur le revenu (IRPP), qui, sous sa forme actuelle, serait purement et simplement supprimé, ainsi que le prélèvement libératoire, la prime pour l’emploi, et le « bouclier fiscal »

Sous ce lien simulez votre propre réforme fiscale un simulateur fiscal, pour imaginer votre propre réforme et en voir les effets.

Christian Saint-Etienne, titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers propose lui aussi une réforme fiscale, comportant entre autres la suppression de l’ISF qui parfois défavorise ceux qui possèdent un patrimoine mais n’ont pas de gros revenus. Il propose de créer une surtaxe de 5 %(appelée impôt sur le revenu de la fortune) intégrée à l’impôt sur le revenu pour les contribuables relevant de la deuxième tranche de cet impôt. L’article ci-dessus présente les réflexions de C. Saint-Etienne.

Enfin, afin d’ échapper aux réformes, reste pour les riches, la solution de l’évasion fiscale sous le ciel clément des paradis !

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La grande évasion : le vrai scandale des paradis fiscaux, par Xavier HAREL, Actes Sud, 2012
Alertés par plusieurs scandales retentissants, au Liechtenstein et en Suisse, les pays membres du G20 ont lancé une offensive sans précédent contre ces territoires secrets. Ce livre est une plongée au coeur d’un système tout entier au service de l’évasion fiscale. Plus de 12 000 milliards de dollars continuent de dormir dans quelques soixante-dix “paradis” protégés par d’ingénieux banquiers jamais à court d’imagination pour dissimuler l’argent de leurs clients.

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La richesse cachée des nations : enquête sur les paradis fiscaux, par Gabriel ZUCMAN, Seuil, 2013
5800 milliards d’euros, soit 8 pour cent du patrimoine financier des ménages sont détenus dans les paradis fiscaux. 50 pour cent de ces fonds appartiendraient à des européens. Sans cette fuite des capitaux, la dette publique ne serait pas de 70 pour cent mais de 94 pour cent du PIB.
Pour certains économistes, l’ évasion dans les paradis fiscaux représente une infime partie des revenus pour les pays occidentaux, pour d’autres, il s’agit d’une question d’éthique.
Au-delà de ces chiffres surprenants, la lutte contre les paradis fiscaux s’enlise dans une nébuleuse opaque. Gabriel Zucman propose une stratégie agressive qui imposerait les mêmes contraintes à tous les offshores : créer une sorte de cadastre financier mondial qui enregistrerait toutes les transactions et saurait qui détient les titres.

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