Sciences sociales

Dans la tête des chercheurs

Marine Lambolez, une sociologue qui s'intéresse à la jeunesse

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 08/10/2022 par Karine

Nous sommes souvent fasciné.es ou intrigué.es par les découvertes scientifiques, mais que savons-nous du travail concret des chercheurs ? Quelles questions se posent-ils ? Quels problèmes rencontrent-ils ? Avec quels outils travaillent-ils ? Rencontre avec Marine Lambolez, doctorante en sociologie au Centre Max Weber - École normale supérieure de Lyon.

MLambolez
MLambolez © Fabrice Vergez

Quel métier rêviez-vous de faire quand vous étiez petite ?

J’ai toujours voulu être écrivaine, dès l’âge de 5 ans, avant même de savoir vraiment écrire. Je suis une grande lectrice et mes livres préférés aujourd’hui sont Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas et Supper Club de Lara Williams. Je garde également une grande tendresse pour la saga Harry Potter, avec laquelle j’ai appris à lire, en français et en anglais. Je suis fascinée par le rôle que peuvent jouer les fictions dans « la vraie vie », l’aide et le réconfort que l’on peut y trouver. Réussir à procurer ces sentiments à des inconnu·es serait un grand accomplissement, car si aujourd’hui je publie des articles de sociologie, c’est loin d’être de la fiction !

 

Comment en êtes-vous arrivée à devenir sociologue ? Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre cette orientation ?

J’ai intégré l’ENS de Lyon après une classe préparatoire littéraire. J’y ai d’abord étudié la littérature anglophone, et si j’ai énormément appris pendant cette première année, j’ai aussi commencé à me dire que ce n’était pas par cette voie que j’aiderai à construire un monde meilleur. La question de l’injustice et de la lutte contre les discriminations a toujours été très importante pour moi, dès le collège j’ai fait partie d’associations et participé à des manifestations. Je lisais beaucoup au sujet du  féminisme et de la défense des droits des personnes LGBTQIA+, parfois au lieu de lire les articles sur lesquels je devais travailler pour mes cours. C’est alors qu’une amie m’a parlé de la création du Master de Sciences sociales de l’ENS de Lyon, et m’a expliqué que toutes ces questions sur le fonctionnement de la société pouvaient être étudiées par une matière : la sociologie. J’ai donc changé de filière et je ne l’ai pas regretté.

 

Et concrètement, au quotidien, c’est quoi être sociologue ?

C’est surtout lire, un peu écrire, et beaucoup observer ! C’est aussi avoir un autre regard sur le monde, voir des choses auxquelles on ne ferait pas attention autrement, essayer de repérer les traces de certaines « mécaniques sociologiques » dans des situations du quotidien. De façon moins positive, c’est aussi devoir défendre la sociologie auprès de personnes qui ne comprennent pas que c’est une science, et devoir entendre énormément de fausses affirmations dans les médias sans avoir de plateforme pour démontrer en quoi elles le sont.

 

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Je travaille principalement sur ma thèse, qui porte sur les pratiques culturelles des adolescent·es et leur rôle dans la construction des représentations de ce que sont l’amour et le couple. Je fais également partie de deux groupes de recherche, un sur les études de réception et l’autre sur la recherche s’intéressant à l’amour.

 

Vous travaillez au Centre Max Weber, un laboratoire de sociologie généraliste. Quel est votre rôle au sein de cette structure ?

Je suis doctorante, en 2ème année, c’est-à-dire que je fais partie des « petits jeunes » du labo ! C’est un espace où nous pouvons à la fois échanger entre doctorant·es, s’entraider quand on rencontre les mêmes problèmes, et aussi demander les conseils de chercheureu·ses plus expérimenté·es. Nous sommes aussi formé·es par le laboratoire, qui offre des cours sur différentes méthodes sociologiques, sur l’utilisation de certains logiciels, sur le monde de la recherche…

 

Pour terminer, quels sont les ouvrages, films ou auteurs qui ont été marquants pour vous ou qui vous ont inspiré dans votre parcours ?

Je pense à deux choses qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La première c’est la série télé Gossip Girl, que j’ai beaucoup aimé quand j’étais adolescente, sur laquelle j’ai travaillé pour mon mémoire de M2, et qui m’a donné l’idée de mon sujet de thèse. La seconde, c’est le livre Nos mères de Christine Détrez, ma directrice de thèse, et Karine Bastide. Cette enquête montre avec brio que même ce qui est le plus intime peut être sujet de sociologie, et que la sociologie ne désenchante rien en expliquant.

Marine Lambolez viendra présenter son travail à la bibliothèque de la Part-Dieu le 8 novembre prochain dans le cadre du cycle Dans la tête des chercheurs.

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