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The sayings of Péter Bornemisza

György Kurtàg

Concision, densité, radicalité. Trois mots qui s'appliquent bien à la musique du hongrois György Kurtàg (né en 1926), un des derniers géants de la génération d'après 1945.

Sa musique s’abreuve aux sources populaires patiemment exhumées par son maître Bartok. Elle se reconnaît aussi de Webern, avec son extrême concentration, son sens de l’aphorisme musical et des jeux de timbres. Kurtàg  privilégie la forme brève, les fulgurances qui n’omettent pas la couleur.
Le choix des textes dans ses œuvres avec voix traduit le même souci de dépouillement. Des éclats de mots, âpres ou énigmatiques, soufflés dans des miniatures sonores pleines de silences, ou criblées d’accidents. Fragments de Beckett, de Hölderlin.., ou comme ici de Péter Bornemisza, prédicateur protestant du XVIè siècle..

Des écrits de Bornemisza, Kurtag a extrait un cycle de pièces très courtes pour piano et soprano. Un chapelet de visions et d’humeurs lapidaires, égrené en Confession, Péché, Mort et Printemps.  Grêles de notes compactes, piqués soudains, cascades brutales fouettent les sautes diaboliques de la voix. Quelques plages élégiaques, des suspens qui résonnent, des échos de musiques anciennes délient peu à peu cette tension, comme vient la mort.
Les mots puissants (à retrouver en français dans cet article) fusent entre sublime et abîme, sarcasme et recueillement.
Théâtre grinçant autant que poésie désolée, Les dits de Peter Bornemisza chantent un voyage inconfortable et magnifique.

Voir dans le catalogue de la BML

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