The Piano
Jane Campion
lu, vu, entendu par Pam - le 28/07/2026
Alisdair n’est plus. Hommage à Sam Neill.
Construit autour d’un piano qui permet à l’héroïne, Ada, d’exprimer toutes ses émotions aussi immenses et plurielles que le coin sombre, épais, profond de Nouvelle-Zélande où un mariage arrangé l’emmène, ce film est un chef-d’oeuvre brut et ciselé. Le subterfuge de la leçon inventé par Baines pour approcher cette créature d’apparence fragile à l’étrangeté, au silence et à la présence impressionnante terriblement attirants, noue une intrigue dans laquelle une femme va ôter toutes les couches superflues, physiques (tout l’attirail claustrant de robes sévères, cerceaux, jupons qui étouffe le corps) et morales, imposées par la société de l’époque (deuxième partie du XIXe siècle).
Si Holly Hunter joue Ada avec une intensité prodigieuse et qu’Harvey Keitel incarne avec douceur et ferveur l’amant ébloui, Sam Neill, dans le rôle du mari du triangle amoureux, joue une partition saisissante de nuances.



Propriétaire terrien, Alisdair accueille son épouse avec l’incapacité d’intimité et de vérité inhérente au poids des conventions rigides des colons murés dans un simulacre constant de vie. L’acteur personnifie admirablement cet homme qui, découvrant et devenant aveuglé par un désir qu’il ne parvient pas à vivre sans honte et violence, sombre dans la jalousie et la frustration.
Sam Neill, connu du grand public pour Jurassic Park, avait une filmographie dense et riche. De Possession à Evil Angels, Dead Calm, The Hunt for Red October, In the Mouth of Madness à The Horse Whisperer et tous les autres films dans lesquels il a tournés, il livrait des personnages d’une grande qualité.
« I don’t think I can overestimate how important ‘The Piano’ (1993) is for me in hindsight. It sits on my funny old CV like a medal on my chest. It wasn’t my film. It was Jane Campion’s. I wasn’t the star of the film. That was Holly Hunter. But there is honour to be found in the second fiddle. Or fourth. No one notices you much, you don’t get nominated for things. But you served. I was there in an important feminist film. I was there on the front line in an important New Zealand film. Neither of these labels does the film justice. It’s a work of art. And look, that tiny little figure in the fabric— see down there on the right—that’s me. It’s a film that will always have a place in cinema history. And I served in it. » (« Did I Ever Tell You This: A Memoir », Sam Neill, 2023)
Merci d’avoir si bien servi vos rôles.
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