Surréaliste
Martin Bellemare
lu, vu, entendu par Clémence - le 06/01/2026
Un comédien part sur les traces du poète Robert Desnos, et s’interroge sur l’héritage du surréalisme.
Desnos le rêveur éveillé
En 1924, André́ Breton rédige le premier Manifeste du surréalisme. La publication officialise l’existence et l’activité́ du groupe surréaliste. Il s’agit de traquer l’inconscient, d’affranchir l’être humain occidental du contrôle de la raison et des valeurs établies. Pendant un temps, le poète Robert Desnos incarne cette recherche au sein du groupe, par sa capacité à tomber en autohypnose lors de séances de rêve éveillé́.
Ici, le personnage principal s’appelle Le Comédien. On le suit dans sa quête, ses recherches pour monter un spectacle sur les surréalistes. Mais il se glisse aussi dans la peau de Robert Desnos, nous raconte son histoire, et à travers lui, celle du fameux mouvement artistique.
Les trois autres comédiens jouent Breton, Dali, Buñuel et plein d’autres personnages. On se promène entre l’époque d’aujourd’hui avec ce jeune homme qui veut monter un spectacle sur les surréalistes et l’époque surréaliste.
La pièce questionne l’héritage du surréalisme aujourd’hui, et notamment la façon dont la logique commerciale s’est emparée depuis un siècle des notions de rêve et de merveilleux.
La forme elle-même du texte est un hommage au célèbre mouvement artistique : la page est divisée en trois colonnes, comporte majuscules et minuscules. La structure habituelle d’une page est éclatée, ce qui ne gêne pas du tout la lecture, mais la rend au contraire très dynamique.
L’auteur
Diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada en 2008, Martin Bellemare écrit autant des pièces pour adultes que des pièces pour le jeune public.
Extrait
LONDRES
1610
EN PLEINE TEMPETE
DANS UN THEATRE
UN NOMMĒ SHAKESPEARE DIT :
Nous sommes
de la matière dont les rêves sont faits
Et notre vie
est entourée de sommeil
IL LE DIT EN ANGLAIS
Yes
VIENNE
1896
DANS SON SALON
EN PLEINE ĒRECTION
UN NOMMĒ FREUD DIT :
Le rêve ne pense pas
ne calcule pas
ne juge pas :
il se contente de
transformer
IL LE DIT EN ALLEMAND
Ja
PARIS
1924
EN PLEINE JOURNĒE
DANS UN CAFĒ
UN NOMMĒ BRETON DIT :
Il n’y a pas de frontière
entre le sommeil
et l’état de veille
IL LE DIT EN FRANÇAIS
Oui
C’est une pièce
polyglotte
Pour aller plus loin
Les œuvres de Robert Desnos [Catalogue]
Voir dans le catalogue de la BML
Poster un commentaire