logo-article

Portrait de la jeune fille en feu

Céline Sciamma

Ce film nous raconte une histoire (d’amour) de l’art contrarié(e). Voir ou être vu, peindre ou être dans l’incapacité de peindre, se mêlent et se dénouent dans un amour interdit et caché.

En 1770, Héloïse (Adèle Haenel) est en feu, elle brûle de désir pour Marianne (Noémie Merlant), un désir interdit, dangereux et réprimé. Elle est promise à un homme qu’elle ne connaît pas et refuse de l’épouser. Sur toutes les pages blanches / Pierre sang papier ou cendre, elle crie son opposition.  Sur la mer, sur les bateaux / Sur la montagne démente, sa liberté est sa force et sa faiblesse. Paysage escarpé, bord de mer sauvage, Héloïse désespérée, révoltée contre un destin qui n’est pas le sien, brûle de colère, de peur et de tristesse.

Elle rencontre Marianne, qui sur commande de son futur époux, doit réaliser son portrait, de mémoire, dans un atelier secret. Avant elle, un peintre avait échoué laissant une surface vide au niveau de la figure.

Marianne, la peinture une fois terminée, la dévoile à son modèle. Héloïse ne se reconnaît pas devant son image glacée, sans émotion ni vie. L’artiste blessée dans son orgueil, défigure le portrait d’un revers de main. Nous voilà de nouveau devant un portrait sans visage, comme celui qu’elle découvre en arrivant. Comment tenir tête quand la figure résiste ?

Deuxième tentative : un face à face. De nouveau face à une toile blanche, Marianne peint cette fois un modèle vivant et présent. Alors se met en place un jeu, une stratégie des regards. Etre regardé, regarder pour représenter. Toutes deux se découvrent, s’observent et s’éprouvent. Héloïse accepte d’être désirée, possédée quand elle refusait d’être « vendue » à un mari inconnu.

Le sujet ne s’oppose plus, le visage se dévoile, la peinture achevée va aussi les séparer.

Enfin, un délicieux clin d’œil à la littérature avec « Je me souviens » de Georges Perec : les deux amantes se racontent, se dévoilent dans un lit encore chaud d’amour. Elles déposent et tissent les liens de leurs premiers souvenirs, de leur rencontre, de leurs impressions.

 

Portrait de la jeune fille en feu est le quatrième long métrage de Céline Sciamma. Il obtient plusieurs prix au Festival de Cannes 2019, et aux César 2020, et de nombreuses autres récompenses. Son premier long métrage, Naissance des pieuvres (2007), Tomboy (2011) et Bande de filles (2014) sont trois films traitant avec brio de l’homosexualité au cinéma.

Voir dans le catalogue de la BML

Tags

Type :
Thèmes :

Partager

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *