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Etat de siège

Mahmoud Darwich (avec des photographies d'Olivier Thébaud)

Portraits, éclats de voix et choses vues dans Ramallah assiégée. Un recueil tardif et atypique de Mahmoud Darwich.

Les poèmes qui composent Etat de siège ont été écrits pendant le siège de Ramallah en 2002. Cependant, Darwich ne parle pas ici de la Palestine, ou pas seulement. Loin du ton enflammé et déclamatoire de ses débuts, il s’attache avant tout à décrire ce qu’il voit. Et ce qu’il voit, c’est la guerre, et ses conséquences éternelles sur les populations civiles.
Les personnages sont aussi peu caractérisés que possible (« la femme », « la mère », « le fils », « l’assassin ») accomplissant quelques gestes minimaux. Boire un café. Jouer au tric trac. Enterrer et pleurer les morts. Ils ont tous en commun d’être marqués par le deuil, mais aussi de plus se préoccuper de vivre que de chercher la vengeance.
Certes, on croise çà et là un “assassin”, une “victime” que le poète interpelle tour à tour, mais on ne trouvera pas de haine dans ces vers : ce qui domine, c’est l’incompréhension devant le gâchis, la nostalgie de ce qui aurait pu être, la perplexité vis-à-vis d’une humanité qui s’obstine à exister quand même.
Les photos accompagnant le texte laissent deviner un monde minéral où tout paraît figé. La violence ne transparaissant qu’indirectement, à travers les impacts de balles visibles sur les murs.
Un hommage à toutes les populations pour qui la guerre fait désormais partie de la normalité, car :

Ce siège durera jusqu’à ce que l’assiégeant,
Comme l’assiégé, réalise que l’ennui
Est un des attributs de l’Homme.

Voir dans le catalogue de la BML

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