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L’indomptable feu du printemps

Lemohang Jeremiah Mosese

Niché au cœur des montagnes du Lesotho, un petit village vit au rythme des belles joies et des grandes peines, célébrées par les chants qui forgent des légendes. Et celle qui s’en révèlera l’héroïne est une vieille femme, Mantoa, qui a décidé de se tenir debout, malgré tout.

Mantoa, 80 ans, doyenne du petit village de Nazareta, semble avoir tout perdu : son mari, sa fille, ses petits-enfants. Lorsqu’elle apprend que son fils vient de mourir, dans les mines d’Afrique du Sud, elle pense qu’elle n’a plus rien à attendre de la vie. Mais le projet d’un barrage, et la menace d’une submersion totale de la terre où ses ancêtres, sa famille, ses proches sont enterrés lui procure une force nouvelle et désespérée. Elle se dressera alors envers et contre tout.

Le titre original de l’indomptable feu du printemps est This is not a burial, it’s a resurrection, ce qui signifie littéralement : « ce ne sont pas des funérailles, c’est une résurrection », et c’est bien de cet état de grâce qui touche soudain cette femme hypnotisante dont on est témoin tout au long du film. Bercé.es par les paysages magnifiques de l’Afrique australe, on se laisse emporter par la voix du conteur, qui développe une histoire toute en tension. En toile de fond, on découvre avec révolte les expropriations abusives qui sévissent dans les terres encore peu industrialisées du Lesotho. Mantoa, au fond, incarne cette liberté désillusionnée qui s’effrite, la fin d’un monde qui échappait encore à la mondialisation, la perte que chacun.e porte en soi, et, toujours, l’histoire des luttes qui perdure tant qu’elle est racontée.

Un beau film, poignant et étrange, qui encourage à se souvenir de celles et ceux qui ont osé dire non.

Voir dans le catalogue de la BML

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