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Enfant de salaud

Sorj Chalandon

« Il faudra bien qu’il l’apprenne un jour ! C’est un enfant de salaud, et il faut qu’il le sache ! »

Sorj Chalandon dans ce récit évoque son père : cet éternel imposteur :

“Il était mon héros, il voulait m’éblouir, mais il m’a aveuglé.”.

Sa quête commence par un message sur son répondeur :

« J’étais Waffen-SS, j’étais dans la division Charlemagne et j’étais l’un des derniers à quitter le bunker d’Hitler en mai 1945 ».

Suite à cette révélation, la colère incite le fils à connaître l’identité du père, resté énigmatique durant la seconde guerre mondiale.

Etait-il un pétainiste, un résistant, un SS, un collabo ?

Emotionnellement le fils est affligé.

Pourquoi le père est-il incapable de discuter, simplement, avec lui ?

Pourquoi est-il, depuis toujours, un fabulateur, jonglant avec des récits abracadabrants ?

Cette enquête emmène le fils à la possession du dossier judiciaire du père durant le conflit et de sa condamnation.

Décidément rien n’est concluant.

En mai 1987, à Lyon, le procès du criminel nazi Klaus Barbie commence.

Il est, alors, temps pour le fils de confronter le père aux récits immondes de l’accusation face à Klaus Barbie et à son avocat Jacques Vergès.

L’auteur, journaliste à Libération, parvient à le faire rentrer dans le tribunal pour assister à ces débats historiques.

Le fils surveille, de loin, les réactions, les émotions du père pour démêler l’ambiguïté de cet homme.

« Je venais de faire entrer le procès de mon père dans la salle d’audience qui jugeait Klaus Barbie ».

Une force agressive se dégage de ce roman.

Le lecteur est subjugué par cette relation père fils où la violence n’est pas feinte. Tout est né de l’incompréhension, du désordre.

“Il a fait la guerre comme il aurait joué dans une cour de récréation. La vie de ma famille n’aurait pas été la même s’il avait raconté tout cela.”

L’évocation des faits de la seconde guerre mondiale avec Klaus Barbie met le lecteur à terre, notamment (entre autres) par la présence oppressante et dramatique des Enfants d’Izieu.

A lire.

A lire aussi : la légende de nos pères.

Le 6 avril 1944, 44 enfants qui avaient trouvé refuge dans la maison d’Izieu et 7 éducateurs étaient raflés et déportés sur ordre de Klaus Barbie.

Le 6 avril 1944, 44 enfants qui avaient trouvé refuge dans la maison d’Izieu et 7 éducateurs étaient raflés et déportés sur ordre de Klaus Barbie.

Voir dans le catalogue de la BML

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