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La légende de nos pères

Sorj Chalandon

"Son retour de camp, c’était cela. Des résistants en trop, des déportés en plus, une humanité barbelée dont on n’a su que faire."

Durant la guerre de 39-45, il y a eu des résistants et des gens qui vivaient comme ils pouvaient dans une continuité contrainte.

Il y a eu, aussi, les autres, les collaborateurs.

 

Marcel Frémaux est biographe familial.

Un jour Lupuline Beuzaboc lui demande de raconter la vie de son père : Tescelin, un ancien cheminot de l’Armée des ombres.

Marcel accepte, en mémoire de son propre père – Brumaire – héros de la résistance, qui ne s’est jamais étendu sur le sujet.

Marcel se souvient d’anecdotes diverses dont la fois où ils se baladaient en ville. Un enfant jouait sur un monument aux morts 39-45. L’enfant s’est fait disputer par un homme qui trouvait cela inadmissible. L’enfant pleurait. Après que l’homme fut parti, Brumaire est intervenu en disant à l’enfant de continuer à jouer car c’est pour cela que les combattants ont péri, pour sa liberté de jouer où il le souhaite encore et toujours.

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Lyon 69000 (Rhône-Métropole Lyon) Arrondissement : 6ème

 

Brumaire, Beuzaboc n’aiment pas les honneurs, ils ont fait ce qu’ils avaient à faire.

Brumaire n’a jamais évoqué la guerre avec son fils. Beuzaboc, lui, l’a racontée à sa fille.

Lupuline ne veut pas que la mémoire se perde, alors Marcel va s’entretenir avec Beuzaboc.

Marcel a accepté pour le souvenir de son propre père : Brumaire.

Beuzaboc a accepté pour permettre à Marcel d’évoquer Brumaire et pour satisfaire sa fille.

 

Le récit de La légende de nos pères est celui du travail du biographe. Mais très vite, la discussion évoquant les héros va virer dans une atmosphère tendue.

La légende de nos pères est une lecture prenante de l’histoire de cette guerre. Tout n’est pas évoqué, il s’agit là de témoignages bien précis.

Une question hante Marcel face à certains événements. Une question qu’il n’a jamais posée à son propre père.

Comment les résistants pouvaient continuer à faire leurs actions en sachant qu’à la suite les nazis exécuteront des otages ?

Il est évoqué, pour souligner cette question, l’affaire du massacre dans le village d’Ascq.  Beuzaboc était dans les parages à ce moment.

https://static.lexpress.fr/medias_11666/w_640,c_fill,g_north/le-carre-des-massacres-du-cimetiere-d-ascq-ou-les-victimes-sont-inhumees_5973244.jpg

Le « carré des massacrés » du cimetière d’Ascq, où les victimes sont inhumées. COLLECTION MÉMORIAL ASCQ 1944

Dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, 86 hommes de 15 à 75 ans furent exécutés à Ascq, près de Lille. Cinq ans plus tard, un tribunal militaire français déclarait coupables de cet assassinat collectif et condamnait 17 SS de la division Hitlerjugend (« Jeunesse hitlérienne »), parmi lesquels le sous-officier Karl Münter.

Une question primordiale pour Marcel.

 

La légende de nos pères évoque la guerre et la résistance mais surtout l’imposture.

Chalandon ne juge pas.

Un roman à lire surtout pour la confrontation entre ces deux hommes : Brumaire et Beuzaboc.

 

de Gaulle à Ascq

Le 29 juin 1947, Le général de Gaulle vient se recueillir au cimetière d’Ascq
devant « Le carré des Massacrés ».

 

 

Voir dans le catalogue de la BML

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