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Emile et Angèle, correspondance

Françoise Pillet et Joël da Silva

Angèle, 11 ans, parisienne et Emile, même âge, québécois, correspondent à la demande de leur professeur d'école. L'écriture n'est pas leur fort, pourtant, c'est par elle qu'ils apprennent à se connaître et c'est à travers elle qu'ils se rencontrent.

Après les premières lettres conventionnelles et hésitantes, ils rient, se chamaillent, se boudent, se réconcilient. Peu à peu, les deux enfants vont faire preuve d’une grande liberté et d’une grande créativité dans leurs lettres. Cela créera une drôle de correspondance, tout y passe : lettres, cartes postales, fax, courriels, cassettes audio.
Et de là surgira mille jeux et découvertes. Humour, poésie, sensibilité, surprises, toutes les armes sont bonnes pour ce duo proche du match d’improvisation.
Le lecteur entre peu à peu dans l’intimité des personnages. Il assiste à une amitié qui naît à travers de petits riens écrits ou de lettres interminables très dôles.
Ces deux enfants vont également apprendre à connaître le plaisir de l’écriture.

S’amusant à s’identifier à deux enfants de 11 ans, les deux auteurs, la française Françoise Pillet et le québécois Joël Da Silva ont réellement correspondu pendant plus d’un an entre le Québec et la France. Puis ils ont travaillé ensemble, à quatre mains, pour écrire une pièce à partir de ce matériau.

Cette pièce invite à une réflexion autour de l’écriture, la communication et la découverte de l’autre.

Extrait

« Emile- Lettre 2

Bonjour.

Je suis Emile Dodbout-Dodds, ton correspondant officiel. Ma première lettre sera très courte car je n’ai rien à te dire. Je me demande ce qu’on va pouvoir se raconter pendant toute l’année. La maîtresse dit qu’il faut parler de son vécu. Allons-y.
Mon père est francophone, et ma mère est anglophone. Ils s’aiment quand même et s’embrassent dans les deux langues. A l’école, tout le monde m’appelle God, comme Dieu, celui qu’on ne voit jamais. C’est tout pour le vécu. Que les maîtresses se mêlent de leurs oignons. Je ne sais rien de l’histoire du Québec, ni des Indiens, ni du sirop d’érable, excepté que c’est très bon sur les crêpes. Je ne suis même pas sûr d’avoir l’accent québécois. Moi je n’aime que les histoires diaboliques, les films d’horreur et les tueurs en série. Mais personnellement, je n’ai jamais fait de mal à une mouche, sauf une fois. Je te le raconterai plus tard, il faut que j’en garde pour les autres lettres.
Dans ma classe, y a un gars qui a reçu de son correspondant une gomme à effacer en forme de tour Eiffel. Mais moi, ce que j’aimerais, c’est un aiguisoir en forme de guillotine, votre machine à couper les têtes. Peux-tu me l’envoyer, s’il vous plaît ? C’est pour ma collection. Merci d’avance,

God

Ah oui, j’ai une petite soeur, elle s’appelle Justine. « 

Les auteurs

 » Joël Da Silva est auteur et comédien. Né à Montréal, il suit ses parents sur les routes du Québec pour donner des spectacles de marionnettes dont il écrit parfois les dialogues. Il étudie le jeu de l’acteur puis travaille dans des collectifs où il joue, compose et met en scène en direction du jeune public. En 1989, il crée son premier spectacle solo, La Nuit blanche de Barbe-Bleue, puis se remet à écrire des spectacles musicaux où il mêle sons et images. En 1999, il fonde le Théâtre Magasin afin de se doter d’un espace où questionner l’écriture, la mise en scène, et les processus de création. « 
(Editions théatrales)

« Le théâtre pour enfants doit, selon Joël da Silva, retourner aux sources du théâtre. Il souhaite faire un théâtre rigoureusement ludique. Il souhaite créer des formes qui interpellent à la fois l’enfant et l’adulte. Il cherche à développer une théâtralité dépouillée, au plus près de l’expérience sensible. »

« Ecrivain et metteur en scène, Françoise Pillet dirige le Centre Dramatique National « La Pomme Verte » pendant onze ans avant de s’engager dans des aventures artistiques au gré de ses rencontres et de s’associer plus librement à d’autres univers. Sur scène, elle continue de croiser son écriture avec celles de photographes, de peintres, de musiciens, l’inscrit dans des lieux du quotidien, sur des temps éclatés ou étirés. Elle aime se trouver où l’on ne l’attend pas et répondre aux demandes les plus improbables… Elle questionne sans cesse le rapport entre l’enfance et la création artistique. »

Voir dans le catalogue de la BML

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