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Canto di speranza

Nicolas Bacri

La musique de Nicolas Bacri se veut ouverte à tout le legs de l’histoire de la musique. Classique dans la forme, romantique par la sensibilité, moderne par les moyens musicaux..

Voici une oeuvre qui cherche une résonance au présent entre des esthétiques musicales successives. Une façon de les rendre contemporaines entre elles, plutôt que les figer dans le recyclage ou les congédier dans un dépassement perpétuel.

Le quatuor Psophos avait déjà enregistré 4 quatuors de Bacri en 2007.  Il offre une nouvelle et convaincante invitation à ce répertoire plein de finesse, aux beautés sans tapage, à l’écriture minutieuse.

« Omaggio a Haydn » s’ouvre sur un mouvement dramatique, dont l’animation semble regarder vers Chostakovitch. Un notturno tendre et désolé suit, avant l’exposition d’un thème de Haydn. Le 3è mouvement sonde cette mélodie, dans une série de variations entre malice, mystère et style galant

Le quatuor n°9 Canto di speranza se dévoile sur un nocturne suspendu. Surgit alors la forme-sonate, avec l’exposition agitée des thèmes. Ces motifs passent habilement d’une valse à un aria pour alto, avant de s’organiser en fugue…  Puis ces jeux savants se résolvent dans l’ample méditation finale, où une passacaille lente berce un chant douloureux.

L’œuvre saisit par son expressivité mordante. On y sent les rythmes et contrastes, les griffures et sonorités des grands modernes comme Bartok.  Ce qui n’empêche pas le classicisme de la forme, l’enchâssement rigoureux des lignes et du contrepoint, une plasticité architecturale héritée de Bach ou Beethoven.

Ces pièces donnent ainsi une impression d’étrange familiarité. On sent affleurer des formes anciennes, des structures classiques du discours musical. Mais elle sont toujours (r)animées par un traitement riche de modernité, dans un jeu de libre fidélité à la tradition.

 

Voir dans le catalogue de la BML

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