Théâtre

Laurent Terzieff, l’homme-théâtre

- temps de lecture approximatif de 5 minutes 5 min - Modifié le 27/02/2019 par Hélèna D.

Laurent Terzieff, légende du spectacle vivant, mi-homme mi-comédien, nous a quitté cet été à 75 ans. Sa flamme théâtrale brûlera encore longtemps et éclairera les futures générations d'acteurs de théâtre. "Si le théâtre se faisait homme, écrivait le critique Pierre Marcabru, il s’appellerait Laurent Terzieff. Il en est l’esprit incarné, l’âme, ce qui est au-delà de l’apparence et de la forme."

Laurent Terzieff
Laurent Terzieff

Ses choix théâtraux ont été tout au long de sa carrière intransigeants, car toujours en quête de  perfection.
Indépendant, exigeant et discret, cet autodidacte du théâtre révéla des auteurs tels que Andreiev, Mrozek, Milosz et les anglo-saxons James Saunders, Murray Schisdal, Edward Albee.

Né à Toulouse en 1935, il apprit à placer sa voix avec son père, sculpteur et musicien, un immigré russe qui lui enseigna le chant. Sa mère, originaire du pays cathare, était pour sa part céramiste. Ses parents ne s’opposeront pas à son désir de devenir acteur.

Repéré par Carné, il accèdera à la célébrité avec le film Les tricheurs. Avec son physique unique et si particulier, il était alors certain de faire carrière au cinéma, mais choisira plutôt de privilégier le théâtre.

Laurent Terzieff se consacra au théâtre après avoir vu, adolescent, La Sonate des spectres de Strinberg, mis en scène par Roger Blin, dont il sera le fils spirituel.

Pour lui jouer devient un sacerdoce. Il jouera même avec Fernandel dans Le voyage du père et Largo Winch 2. Il dira lui-même : « Il n’y a aucune raison que je fasse à l’écran ce que je ferai pas sur une scène. « 
Pour rester maître de sa carrière, il créera sa compagnie qui porte son nom. Avec les autres acteurs et le public, il communiquera sa soif de partage, sa liberté et sa fraternité artistique.

C’est un homme qui donnera tout, qui se dépassera lui-même. Il surpassera le texte pour atteindre l’universel et l’humain.
Metteur en scène et comédien, il a fait preuve tout au long de sa carrière d’une exigence intellectuelle, artistique et textuelle.

Ces deux dernières créations sont « L’habilleur » de Ronald Harwood (Molière du théâtre privé pour Laurent Terzieff et « Philoctète » de Jean Pierre Siméon d’après Sophocle (lui a valu un Molière du meilleur comédien).
Son secret est peut être qu’il a toujours su mettre de l’humour dans ses tragédies et du drame dans ses comédies.

« Je crois que le talent vient d’une inquiétude, d’un manque, d’une insatisfaction, de la souffrance… » disait-il.
Cet artiste d’exception a donné du bonheur à ses spectateurs et reste inoubliable.

Cet homme rare et incandescent marquera à jamais ceux qui l’ont vu jouer sur scène. Il parait impossible d’oublier son visage, le bleu unique de ses yeux, sa silhouette, son corps mince ou son âme slave… On ne peut non plus oublier sa voix au timbre unique.

Documents disponibles dans les BM de Lyon :

Articles dans la presse :

  • Politis (n° 1110, du 08 au 14 juillet 2010)
    « Laurent Terzieff, une lumière s’éteint » (p. 4-5)
  • Théâtral Magazine (n°26, Septembre-Octobre 2010)
    Hommage à Laurent Terzieff (p .5)
  • L’Avant-scène théâtre (n°1271, 15 octobre 2009)
    Portrait de l’auteur Jean-Pierre Siméon qui est à l’affiche de l’un des spectacles les plus attendus de cette rentrée théâtrale : Le Philoctète joué par Laurent Terzieff et mis en scène par Christian Schiaretti (p. 106-107).
  • L’Express (n°3079, du 07 au 13 juillet 2010)
    « Laurent le magnifique » (p. 98-99)

Pour aller plus loin :

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *