Théâtre

De la dramaturgie des attentats du 11 septembre 2001

- temps de lecture approximatif de 5 minutes 5 min - Modifié le 11/09/2021 par le fonctionnaire inconnu

L’émotion suscitée par les images de l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center a laissé la place au récit dramaturgique et à la fiction. Voici des pièces de théâtre qui se déroulent toutes fin août-début septembre... 2001...

- Providence / Neil LaBute / 2008 [Livre]
Une pièce essentielle dans laquelle un homme, resté en compagnie de sa maîtresse plutôt qu’à son travail dans une des tours du WTC, voudrait laisser penser à sa famille qu’il est mort dans les attentats.
Du grand cynisme. Un chef-d’oeuvre absolu !!!
Distribution : 1 H + 1 F

- Théorbe : compte à rebours, un matin de septembre / Christian Siméon / 2003 [Livre]
Le 11 septembre 2001 à New York, Jeanne doit passer une audition décisive pour sa carrière, lorsqu’elle se rend compte que son fiancé Gref l’a enfermée par mégarde dans l’appartement. Elle tente désespérément de le convaincre de quitter son lieu de travail, situé dans une des tours jumelles du World Trade Center, et de venir la libérer afin de lui permettre d’aller à son audition.
Christian Siméon met en place un suspens morbide.
Distribution : 3 H + 3 F

- Trois semaines après le paradis / Israël Horovitz / 2001 [Livre]
Ce monologue est plus un témoignage qu’un écrit de théâtre. Le dramaturge est en train de boire un café et de profiter des « dernières secondes de Paradis », lorsqu’il entend le premier avion percuter la tour. Après un premier temps de peur panique pour son fils, Israël Horovitz sombre lentement au fil des semaines dans la dépression. Il est obsédé par cette question : quel monde laisserons-nous à nos enfants ? Une lente descente aux enfers retranscrite simplement. Un monologue court très émouvant. Un très beau texte sur la filiation et sur la mort.
Distribution : 1 H

- John a disparu / Israël Horovitz / 2005 [Livre]
Un autre texte d’Israël Horovitz, moins personnel celui-là.
En résumé : John est mort dans l’attentat du World Trade Center quelques jours après avoir annoncé à sa fille et à sa femme qu’il allait quitter le foyer familial. Aucune des deux ne sait qu’il a parlé à l’autre, elles ne vont pas arriver à s’avouer la vérité au sujet de John, dont le fantôme hante la maison, créant un non-dit et un mensonge insupportables.
Distribution : 1 H + 2 F

- Salât al-Janâza / Fabrice Melquiot / 2005 [Livre]
Le destin de trois jeunes gens nés en Algérie. Leur père est mort. Nour a trente ans et provoque un cataclysme dans la ville de Nulle Part, peut-être New York. Nabil a vingt-cinq ans, fait le taxi à Lyon. Il veut s’installer à Tahiti. Avec sa soeur Nadia, vingt ans, qui veut être actrice et travaille comme serveuse, ils envoient de l’argent à leur oncle, resté en Algérie, pour faire une tombe à leur père. Tous deux sont en butte aux insultes et aux avances des Français fascinés. Nadia retrouve en Algérie sa cousine Yasmina. Elles vont au cimetière. Mais le père de Nadia n’a pas la tombe promise, il est « enterré avec les serpents ». Ces trois destins se concentrent autour d’un même instant, peut-être le 11 septembre, où « le monde s’est mis à croire en sa fin et [où] ensemble nous partions vers les ombres ».
Distribution : 5 H + 5 F

- Je rien Te Deum / Fabrice Melquiot / 2005 [Livre]
C’est le 11 septembre au matin, Bone se lave les mains dans les toilettes de la première tour. L’avion. La « belle horreur » au cœur du « tout réglé inox ». Bone ne cherche pas à se sauver par l’escalier ni par l’ascenseur. Il cherche un fil, « le fil pour sortir de là, autrement ». Soudain, le fil apparaît, qui mène à l’autre tour: un long fil d’argent qui brille « comme des monnaies sur le bitume, les jours de chance ». Il se lance, à trois cents mètres au-dessus du vide. Autour de lui et en lui, la pensée de son amour et la fin de son monde.
Distribution : 1 H

- Chef-d’oeuvre : de l’art, de la foi et du terrorisme / Christian Lollike / 2008 [Livre]
Cette pièce a été écrite à partir d’une phrase polémique du compositeur allemand K. Stockhausen sur les attentats du 11 septembre 2001 et leur valeur artistique. Elle décrit l’inanité de la société.
Distribution : 2 H + 2 F

- 11 septembre 2001 / Michel Vinaver / 2002 [Livre]
Ce libretto a été écrit dans les semaines qui ont suivi la destruction des « Twin Towers » de Manhattan. La forme se rapproche de celle des cantates et des oratorios, se composant d’airs (à une, deux ou trois voix), de parties chorales, et de récitatifs pris en charge par un « journaliste », fonction qui peut faire penser à celle de l’évangéliste dans les Passions de J.-S. Bach.(…)
« Ce qui m’a motivé, c’est le besoin de fixer l’événement hors de tout commentaire, nu dans son immédiateté. Peut-être contre l’empâtement de la mémoire, contre le travail de l’oubli. » (M.V.)
Distribution : 3 H + 3 F

- Le jardinier de la Maison Blanche / Alexandre Koutchevsky / 2005 [Livre]
Quelques semaines après son élection, le fils Bush chasse le père. Cette Maison Blanche, il décide d’y habiter tout seul maintenant qu’il est président. Le père s’exile dans sa vieille ferme du Massachusetts. Il emmène avec lui son fidèle ami Humphrey, le jardinier muet (ou sans le son) de la Maison Blanche. Et Humphrey emmène Eugénie, sa femme, et Eugénie emmène ses cigarettes et toute sa rancœur. Tout cela a lieu fin août-début septembre 2001.
Distribution : 4 H + 1 F

- Little boy – Manhattan / Jean-Pierre Spilmont / 2005 [Livre épuisé]
De 1911 à 1945, de Hiroshima au 11 septembre, de Sabra et Chatila au Caucase Russe, des textes de Walter Benjamin à « L’Apocalypse » de Jean, c’est de tous les terrorismes dont il est question par la présence d’un comédien unique entouré, « encerclé » par des voix multiples.
Le terrorisme artisanal et le terrorisme technologique, le terrorisme de gros et celui de détail se ressemblent terriblement. Fatalement. Celui des fondamentalistes religieux et celui des fondamentalistes de marché sont parfaitement semblables. Celui des désespérés et celui des puissants, celui des fous en liberté et celui des professionnels en uniforme.

- Avec Dashiell / Martine Drai / 2001 [pièce non éditée]
Des individus ordinaires ont construit leur vie sur un modèle : l’auteur de romans policiers Samuel Dashiell Hammett. Ils partent à la recherche de ses traces. Ils arrivent à New-York le 6 septembre 2001. Du modèle, il ne reste plus rien, qu’un mirage.
Les attentats du 11 septembre 2001 à New-York sont vécus à travers le prisme de la vie quotidienne et intime de quatre individus ordinaires.
La pièce raconte la surveillance des anonymes à leur insu, la manipulation de ces individus par le récit des événements. Elle évoque les disparus, Samuel Dashiell Hammett, mais aussi les disparus du 11 septembre.
Distribution : 2 H + 2 F

Enregistrer

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *