Où habiterons-nous dans un siècle ?

- Modifié le 04/07/2018 par Département Sciences

Surpopulation, changement climatique, migrations massives, villes gigantesques…

Tore de Standford (Donald Davis — NASA Ames Research Center)
Tore de Standford (Donald Davis — NASA Ames Research Center)

En 2050, les deux tiers des Terriens seront citadins. Les mégalopoles explosent déjà : Tokyo , 42 millions d’habitants, Djakarta, 31 millions, Delhi, 26 millions… On dénombre 20 mégalopoles de plus de 15 millions d’habitants. Avec les problèmes d’infrastructure qui croissent en même temps que la taille des cités (transports, logement, voirie, assainissement, réseaux d’électricité…), de nouveaux modes de vie collectifs sont à inventer afin d’éviter les conflits. Petit tour d’horizon des solutions envisagées.

 

 

Monade urbaine (ill. Bob Gaines)

 

 

Sur Terre

Inutile de rêver, la solution la plus réaliste sera d’utiliser l’espace terrestre qui nous est alloué. Mais dans une logique d’optimisation, pour éviter un étalement ingérable et synonyme de pollutions désormais interdites.

L’avenir sera fait de tours géantes capables d’accueillir plusieurs dizaines de milliers d’habitants : la plus haute tour du monde, la tour Burj Khalifa, dépasse les 800 m et une autre en construction atteindra le kilomètre.

On ne peut s’empêcher de penser au roman de science-fiction de Robert Silverberg, Les Monades urbaines, où toute l’humanité vit dans des constructions de 30 km de haut, autonomes et dans lesquelles sont reproduites les classes sociales, les plus pauvres en bas et les plus riches dans les nuages…

Utopie ou dystopie ? Rêve ou cauchemar ? On est en droit de se poser la question, notamment à cause de l’éloignement des campagnes, rendant la nature de plus en plus virtuelle. Les coûts astronomiques, les soucis de distribution et d’assainissement de ces cités verticales contribuent à les maintenir au stade de projets.

Conscients de ces limites, des architectes tentent d’imaginer d’autres possibilités. Une réintroduction du végétal en ville humaniserait ces projets. L’exemple le plus concret, car déjà terminé, s’appelle Bosco Verticale à Milan. Composé de deux tours de 76 et 110 mètres de haut, fortement végétalisées, avec des centaines d’essences de plantes et d’arbustes, ce « bosquet vertical » doit recréer une canopée verticale reproduisant, en ville, les conditions de vie de la proche campagne. Ce projet permettrait aussi de lutter contre l’étalement péri-urbain. On envisage même de l’adapter à l’échelle d’une ville entière.

 

Bosco Verticale (S. Boeri)

 

Sur mer (et dessous)

Inutile de se voiler la face : les terres surpeuplées et devenues arides à cause de la pollution ne pourront plus accueillir les populations. Il sera alors logique de se tourner vers l’océan (qui constitue, rappelons-le, les 3/4 de la surface de notre chère planète).

Un institut de recherches maritimes néerlandais a présenté l’année dernière un projet d’île flottante modulaire. Concrètement, ces îles artificielles seraient composées d’un ensemble de triangles accolés les uns aux autres, de manière à former des surfaces de presque 5 kilomètres de large. Non inondables, modulables et déplaçables, ces îles flottantes pourraient se voir affecter des zones spécifiques (stockage, loisirs, production d’énergie éolienne…) et pourraient même être déplacées en fonction des besoins ou de la météo. Seul bémol : cette structure géante sera-t-elle capable de résister aux tempêtes ?

Tout aussi ambitieux, les projets de ville flottante se multiplient, notamment là où les zones côtières comportent peu de relief, en Europe, ou dans les îles du Pacifique, comme la Polynésie afin de lutter contre une montée des eaux annoncée comme inéluctable.

Farfelu ? Pas tant que ça si on veut bien se souvenir que bien des cités néolithiques furent lacustres, et que nombre de villes sont bâties sur l’eau, de Bangkok à Venise. Voici dix projets actuels de villes du futur flottant sur l’eau.

Plus intrigant et encore utopique, un projet japonais de ville sous-marine a été présenté cette année, sous le nom de code Océan Spiral. Imaginez une sphère de 500 m de diamètre, suffisante pour faire vivre 4000 personnes. Elle puiserait son énergie de l’exploitation de la différence de température entre le point le plus haut et celui situé au plus bas.

Le paysage risque néanmoins de paraître monotone, en outre il ne faudra pas craindre l’humidité… Quelqu’un se dévoue ?

 

Projet de sphère sous-marine (Shimizu)

 

Dans l’espaaace …

Tout ça c’est bien beau, mais la mer sera devenue aussi stérile et polluée que les terres, et le dérèglement climatique aura transformé le moindre alizé en tempête effroyable… Non, la seule solution envisageable sera la grande migration dans l’espace !

Hollywood ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui de Elysium à Interstellar (pour ne parler que des plus récents) a scénarisé des projets pour la plupart sérieux, élaborés par des scientifiques reconnus.

Citons par exemple les cylindres O’Neill  (du nom de leur créateur), satellites de 30 km de long en rotation, mais aussi le Tore de Standford, anneau de 1,8 km de diamètre abritant jusqu’à 10 000 personnes.

Plus récemment, le projet Apogeios définit dans ses moindres détails le concept d’une cité spatiale. Il a d’ailleurs été primé par la Fondation Jacques Rougerie.

 

 

 

Cylindre de O’Neill (Rick Guidice, NASA Ames Research Center )

 

Et vous, chers lecteurs, quel habitat aurait votre préférence ?  (en admettant que dans le futur on puisse encore avoir le choix…)

 

 

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